Avène, le pays de l’eau.

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Avène doit sa renommée aux propriétés de son eau de source, déjà connues des Romains qui y avaient construit des thermes, ensuite tombés en désuétude pendant de nombreux siècles. Ces propriétés médicinales seront redécouvertes au XVIIIème siècle, par hasard…et par un cheval. Les terres appartenaient alors au marquis Pons Rosset de Rocozels. Un jour de 1736, l’un de ses chevaux qui souffrait d’une vilaine pelade, vient se désaltérer et se rouler dans uns mare alimentée par une source d’eau tiède. Le manège se répète les jours suivants. Quelques temps après, l’animal est guéri, sa robe est redevenue superbe. Le marquis alerte des amis médecins, qui expérimentent cette eau sur certains de leurs patients. Ses effets thérapeutiques se confirment dans les cas de dermatoses et même d’ophtalmies. On crie au miracle, et on place la source sous la protection de Sainte Odile, la petite duchesse née aveugle à qui l’eau du baptême a redonné la vue. En 1743, un établissement thermal se construit où l’on soigne les maladies de la peau.

La source Ste Odile, au pied des Cévennes, jaillit à une température constante de 25,6 degrés, à raison de 70 000 litres par heure, après avoir cheminé pendant 40 ans dans le sous-sol cévennol. Bactériologiquement pure, l’eau d’Avène possède un pH neutre. Faiblement minéralisée, chargée d’oligo-éléments, très riche en silice, elle dépose sur la peau un film protecteur et apaisant. Ses propriétés se sont révélés bienfaitrices pour les affections dermatologiques (elle a servi à traiter avec succès les grands brûlés de l’incendie de Chicago aux USA en 1870), elle est reconnue d’utilité publique en 1874. Un siècle plus tard, Pierre Fabre, un industriel pharmaceutique, achète le petit établissement thermal et développe les recherches sur les propriétés de l’eau d’Avène. Ainsi débute le "thermalisme scientifique" qui trouve sa concrétisation dans l’inauguration, en 1990, d’un nouvel établissement moderne. Depuis les thermes d’Avène, traitent les curistes adultes et enfants (un patient sur trois), venus soigner des affections de la peau : eczémas, psoriasis, prurits divers et cicatrices de brûlures

Avène, est aussi l’une, des deux stations françaises à se consacrer exclusivement à la dermatologie. Cette eau thermale aux qualités exceptionnelles a donné naissance 1989 à une ligne de produits de soins derma-cosmétiques élaborés sur le site même, juste à côté de la source. Ces produits destinés aux peaux sensibles et allergiques, sont exportés à 65 % et connaissent notamment un grand succès jusqu’au Japon où l’on connaît le nom du modeste village de 275 habitants niché au cœur des vertes collines du Haut-Languedoc, aux confins du département de l’Hérault, où le nom de ce petit village de l’Hérault est ainsi devenu familier à tous.

La pêche au bœuf

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         Introduite vers 1720 dans le golfe du Lion par des Catalans, la pêche aux bœufs se développe rapidement dans la plupart des ports du Languedoc et de Provence, non sans provoquer des réactions hostiles notamment à Martigues et Marseille. Le nom de cette pêche évoque l’action du filet : tiré par deux bateaux qui naviguent côte à côte, comme deux bœufs liés par un joug, l’engin laboure les fonds de la mer à la façon d’une charrue qui trace des sillons sur un champ.

Pendant le XVIIIème siècle, les propriétaires de bordigues, les pêcheurs à la senne ou aux palangres exigent l’interdiction de cet art traînant qui, lorsqu’il écume les plages, ramasse une trop grande quantité de jeunes poissons. Plusieurs ordonnances demandent la destruction des bateaux et des engins. En 1754, une centaine de barques pratiquant cette pêche son détruites. Bien qu’un décret de 1803 prône une nouvelle fois l’interdiction de la pêche aux bœufs, celle pratique est tolérée puis finalement autorisée sous la Restauration. Le golfe du Lion, vaste plateau continental, qui s’étend de la Camargue au cap de Creus en Catalogne est « labouré » par ce type d’attelage. En 1893, Martigues accueille 34 tartanes formant 17 couples. Sète avec 72  bateaux-bœufs en 1906,  est le port d’attache de la plus importante flottille languedocienne. En Roussillon, presque tous les petits ports comptent, chacun, quelques unités. Rosas, important port de pêche de la Costa Brava abrite une petite armada de bateaux-bœufs. Issu de la tartane provençale, le véritable bateau-bœuf est une robuste embarcation, très forte à l’avant,  plus fine et rétrécie à l’arrière, d’une longueur de 14 à 16 mètres. Sur ce voilier, le plus grand bateau de pêche de nos côtes méditerranéennes, le mât fait à peu près la longueur de la quille et l’antenne mesure de 21 à 22 mètres de hauteur. Une immense voile latine, la « mestre » » ou la « grand maïstre », taillée dans du coton de qualité, fait 110 m2 environ. En pêche, les deux bateaux qui forment un couple, se tiennent à une distance constante de près de 80 mètres, l’un en retrait, par rapport à l’autre. Ils traînent le filet (le gangui) pendant plusieurs heures jusqu’à des profondeurs de 90 à 100 mètres. Lorsque le capitaine estime que la poche est suffisamment pleine, les deux bateaux se rapprochent et celui qui dirige les manœuvres, le « baou », hisse le filet à bord. Le tri des poulpes, merlans, raies, grondins, poissons plats, etc… est fait  sur le bateau. Le soir, toutes les embarcations rentrent en même temps, profitant de la brise du large.

Bages d’Aude, village de pêcheurs.

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      Nourri par le vignoble gorgé de soleil méditerranéen, de la richesse de sa lagune, la colline de Bages d’Aude est habitée bien avant l’Antiquité. Logique, le site est bien protégé, les ressources sont à disposition immédiate et sa hauteur domine la totalité de la lagune ce qui lui permet de voir arriver les malintentionnés de loin, que se soit par voie terrestre ou par voie maritime. A l’époque romaine, il est en face du second port de Méditerranée, le port de Narbo Martius (Narbonne). Telle une île, le village regarde vers l’horizon, le lien avec l’étang est viscéral. En fait, dès sa naissance, le Bagéen pose un pied sur une barque, l’autre dans une vigne ! Les pêcheurs-vignerons de Bages peuvent ainsi revendiquer deux traditions millénaires… Une pêche artisanale et saisonnière, dénommée « petits métiers », fait appel à un arsenal de techniques de pêche qui ont peu évolué à travers les siècles. Certes discret mais néanmoins bien visible dans le paysage portuaire : des filets séchent au soleil et au souffle de la tramontane, piquets de fixation des nasses, petites embarcations remontées sur la rives et port en plastique grand comme une boîte d"allumettes. L’activité s’appuie sur le cycle biologique des poissons et respecte parfaitement l’environnement lagunaire. Ainsi afin de revenir à quai avec une bonne sélection de poissons à vendre, le pêcheur doit faire preuve d’une excellente connaissance de son périmètre de pêche, les habitats, les courants, la météo et le savoir-faire … mais aussi connaître le comportement des différentes espèces : daurades, loups, joëls ou anguilles.

La pêche est un métier de passion et pour en savoir davantage, le mieux est encore de partir à la rencontre des gens qui travaillent sur la lagune. Et pourquoi pas à la vente directe, un beau matin de printemps, attendre sur le rivage le retour des barques amenant le poisson frais de l’étang de Bages 

Lagunes du Languedoc-Roussillon

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Les lagunes en Languedoc-Roussillon sont des étendues d’eau salées, peu profondes, de salinité et volume d’eaux variables séparées de la mer, généralement par une lande de terre, de sable ou de galets plus ou moins large appelé lido. Des contacts et échanges existent entre la lagune et la Méditerranée par des passages étroits à travers le lido appelés, au singulier « grau ». La salinité peut varier, allant de l’eau saumâtre à l’hyper salinité selon la pluviosité et les apports d’eau marine lors des tempêtes, d’un envahissement temporaire par la mer en hiver et à cause des marées. Les lagunes ont un rôle paysager indéniable participant à l’identité locale et un rôle fonctionnel de premier plan par tous les habitats humides péri-lagunaire dont la diversité est remarquable. De plus, ce sont des milieux à forte productivité biologique importants pour les hommes (pêche, conchyliculture, chasse) et la faune, surtout les oiseaux (sternes, aigrettes, hérons, cormorans, flamants roses…). 

 

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L'insolite ponton de l'Association "Bonança" à la Font del Port à St Hippolyte en Pays catalan. Le chantier de restauration de barques traditionnelles en bois fonctionnent avec des bénévoles. Lùna, superbe berger et son maître sont membre actifs de "Bonança". Lùna adore se baigner mais aujourd'hui en attendant son maître, il déguste le magnifique panorama de la lagune de Salses-Leucate, un site réservé aux multiples activités catalanes traditionnelles : restauration de barques, pêche artisanale, pratique des sports de glisse, lieu de convivialité autour d'une spécialité culinaire du pays catalan, etc...

 Le saviez-vous ? Communément appelé étang, la lagune de Salses-Leucate dont une moitié est dans le département de l’Aude et l’autre dans le département de Pyrénées Orientales est principalement alimentée en eau douce par deux résurgences naturelles, l’une la « Font Estramar » peut se visiter, l’autre, la « Font Dame », jaillit dans une propriété privée avant de s’écouler dans l’étang. Situées à proximité l’une de l’autre dans la commune de Salses le Château, les eaux des deux sources proviennent du sous-sol calcaire du massif des Corbières.

Fiche d’identité de l'étang de Salses-Leucate :

  • Classé : Natura 2000
  • Surface : 5 400 hectares avec trois (3) graus.
  • Profondeur moyenne : 2, 10 m côté audois, 3, 70 m côté catalan.
  • Usages : pêche, conchyliculture, sports nautiques, chasse au gibier d'eau en hiver.
  • Complexe lagunaire de Salses-Leucate : site européen majeur pour la conservation de la biodiversité.

Défense de la côte du Languedoc.

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           La défense militaire de la Côte du Languedoc participe à sa manière à l’appropriation du littoral. Initiative de l’Etat et non des populations locales, cette entreprise dont les temps forts sont le XVII et XVIIIèmes siècles marquent le territoire de ses ouvrages et l’inscrit dans l’Histoire de France. La monarchie française est à l’origine de la création de plusieurs cités portuaires. La volonté est d’offrir des ouvertures sur la mer pour le négoce tout en sécurisant la côte. Cité fondée ex-nihilo par Saint Louis au XIIIème siècle lors des Croisades, Aigues-Mortes est le premier port capétien en Méditerranée et une place forte à l’emplacement stratégique. Au cours des siècles, afin de compléter le dispositif de défense au service de la protection des salins, de la frontière avec la Provence et des influences huguenotes, le pouvoir fit construire la tour de Carbonniére qui en interdit l’unique route jusqu’au XIXème siècle, et le fort de Paccais. Au XIIIème siècle, Aigues-Mortes est essentiellement une ville de garnison jusqu’au XVIIIème, l’occupation du mont St Clair a été continue, ne laissant aucune trace de développement d’une agglomération.

Après une première tentative sous Henri IV, la cité portuaire de Cette (Sète) naît finalement en 1666 sous l’impulsion de Colbert. Parallèlement à son développement économique tourné vers la mer, la ville protégée et fortifiée sert de pivot à la défense de la Côte languedocienne. Le fort Richelieu abrite aujourd’hui un sémaphore qui surveille le secteur maritime Marseille-Cerbère. 

 

Aigues MortesAigues-Mortes, ancien port sur la Méditerranée, est un des plus expréssifs témoignages de l'architecture militaire du Moyen-âge avec ses remparts et ses tours. Construite par la volonté de Saint Louis roi de France, la cité gardoise devenue port fluvial déroule aujourd'hui un milieu aquatique naturel unique sur les eaux dormantes des marais. Photo de 1950.