Histoire d'ici

Printemps et pêche à la truite.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

Un mois de février doux comme un agneau invite le printemps à colorer précocement la terre catalane. La nature insensible au calendrier des hommes, guidée par l’astre solaire, s’empare irrésistiblement de la terre, éveille la flore et la faune, embellie de mille pigmentations la campagne. Les mimosas chargés de grappes jaunes exhibent ses boutons d’or et les amandiers costumés de pétales d’une blancheur divine ensorcellent les abeilles. Les oiseaux, ivres de bonheur, s’égosillent tapageusement dans un ciel d’azur. De la Méditerranée aux premiers contreforts des Pyrénées, janvier et février déroulent des températures exquises, il y a comme une magie.

Cet épisode printanier dont le mérite est d’être prématuré en cette année 2019, repose sur des dates ancrées sur le temps : si le 20 mars annonce officiellement le premier jour du printemps, le 9 mars coïncide avec l’ouverture tant attendue de la pêche à la truite. Un rendez-vous incontournable avec la nature et une soif de rencontre avec tous les acteurs du réseau hydrographique naturel densément peuplés que les frimas de l’hiver ont épargné. Fort nombreux au fond des étroites vallées, les torrents aux eaux vives, les rivières fougueuses et plans d’eau bien oxygénés, gonflés par la fonte des neiges, dans lesquels règnent la truite avec sa compagnie de vairons, chevesnes et chabots, accueillent une armada de pêcheurs armés de cannes à pêche, enchantés de retrouver un décor aquatique bourgeonnant et agréable, témoignages d’une nouvelle saison arrivée avant l’heure.

La pêche à la truite, un jeu de cache-cache entre le poisson et l’homme, consiste à présenter un appât naturel sur le fond d’un cours d’eau. Cette technique dénommée la pêche au Toc provient de la subtile vibration ressentie sur la canne lorsque la truite saisit l’appât. Bufflée mais combative, la truite va défendre chèrement sa vie. Sa dénomination tirerait son origine des pêcheurs pyrénéens.

Avec deux mois d’avance, le printemps 2019 est irrésistiblement sublime. De belles journées ensoleillées, une tramontane apaisée, un ciel velouté invitent à la promenade au bord de la Méditerranée ou à parcourir les flancs des Pyrénées catalanes. Invisible sur les écrans météo, imperceptible sur le terrain mais où se terre l'hiver ? A l'heure où j’écris ces quelques lignes, sans états d’âme le soleil écrase son ennemi irréductible ; le premier jour de mars, le thermomètre atteste plus de 20° C. Mais attention, l’hiver est toujours tenace et revanchard, il n’a pas dit son dernier mot et peut encore sortir ses griffes et ses morsures. Il possède plus d’un tour dans sa besace !  

 La rivière et ses abords broussailleux est un lieu à la beauté sauvage dans lequel la flore, la faune et l'homme vivent des instants de tension, d'émotion et de sérénité. Photo de 1959. 

Apprécier la beauté et la diversité des cours d'eau,

c'est déjà faire un pas vers leur protection.