Histoire d'ici

Les « fontades » sur les flancs de Montjuic.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

 De ses origines à 1854, Barcelona était ceinturée de murailles pour dissuader et refouler les hordes sauvages débarquant de la Méditerranée infestée de brigands. Hélas les murs fussent-ils épais et de hauteur respectable n’ont jamais protégé les populations des épidémies de peste et de choléra qui décimèrent la ville. Comble de malheur, cette population déjà misérable a été bombardée, à plusieurs reprises depuis la forteresse de Montjuïc.

La révolution industrielle n’arrange en rien la vie quotidienne de la ville. Bien au contraire, elle provoque une explosion démographique : de 118 000 habitants en 1835, la population passe à 173 000 en 1849 sans que la surface habitable, toujours emmurée, n’augmente. Dans la ville s’installe une situation de mal-être, suffocante et tendue propice aux émeutes constantes. Il était facile de dresser une barricade dans les rues étroites où la lumière naturelle ne pouvait entrer. Les voitures (à cheval) pouvaient à peine tourner pour passer d’une rue à l’autre. A cette époque les gens travaillaient beaucoup dans des conditions pénibles, des journées sans fin et épuisantes. Profiter d’une journée de détente et de soleil dans la cité était rare. Les moyens de transport inexistants, la mer complètement boudée ne permettaient pas de s’évader très longtemps de la grande ville devenue étouffante, pas facile à vivre en ce temps-là. Au cours de la seconde moitié du XIXème et une bonne partie du XXème siècle les classes modestes de Barcelona s’approprient la montagne de Montjuic, toute proche et fut de nombreuses années, la campagne et le jardin des Barcelonais. L’histoire rapporte que jadis les populations environnantes avaient coutume de faire des «fontades» sur la montagne sacrée de Montjuic.

Dévotion populaire oblige, de petites chapelles, chacune héritant le nom d’un saint, sont érigées sur les versants de la montagne, à proximité d’une source. Ces oratoires modestes ou fontaines sacrées sont devenues des lieux de culte, de pèlerinages, d’excursions. Des emplacements sont aménagés pour organiser des rassemblements religieux autour de l’eau dotée de vertus sacrées ou curatives. Les barcelonais instaurent à nouveau les « fontades », cette tradition commencée il y a des siècles autour des petits édifices religieux. De nombreuses sources éparpillées sur les versants de la montagne de Montjuic deviennent des lieux de rencontres prisés des habitants. Elles furent aménagées en fontaines reposantes ce qui permis aux classes moyennes de Barcelona de se rassembler les dimanches et célébrer les jours fériés. Familles, couples et groupes d’amis ont joui de l’environnement naturel pour se détendre autour de magnifiques points d’eau. On mangeait, jouait, chantait, dansait, sous les frondaisons tout en profitant de l’excellente eau des sources. Ce belvédère permettait d’embrasser entièrement, dans toute sa splendeur, la ville et ses alentours. Un endroit idyllique pour se détendre et apprécier un espace à proximité de la cité mais au milieu de la nature. Les populations ont profité de l’environnement naturel pour se détendre. La colline Montjuïc domine le port et la tentaculaire capitale catalane, offrant un panorama exceptionnel, en fait un lieu incontournable pour découvrir la ville. 

A l'endroit où les classes populaires de Barcelona venaient se divertir les jours fériés autour des nombreuses sources naturelles fut créé, par un Barcelonais fortuné, le magnifique jardin Laribal. Tous les griffons furent aménagés, chacun avec sa particularité. A proximité s'écoule paisiblement, la Font del Gat, la plus populaire des sources de la Catalunya.