Histoire d'ici

Le CNEC à Collioure.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

   Il est fort étrange lors d’une balade en famille dans les rues enrubanées de fanions des dernières festivités de Collioure de croiser tout à coup, une petite troupe de soldats au pas de course, embarquer sur plusieurs esquifs en caoutchouc et naviguer vers le large. La surprise passée, on peut se demander comment de jeunes soldats jouent, le visage brimé, une arme de guerre dans les mains, à la guerre au milieu de visiteurs qui déambulent paisiblement dans un village au cadre idyllique, justement pour oublier les séquences d’un monde en ébullition permanente.

Les plus anciens monuments donnent une réponse partielle. La « torre de Guardia » fut construite pour surveiller le trafic ou l’arrivée de bateaux indésirables naviguant sur le golfe du Lion, puis transformée en robuste bastion, le fort St Elme, sur ordre de l’empereur Charles-Quint. Afin de conquérir ou conserver ce petit territoire stratégique, les guerres entre le royaume d’Espagne et le royaume de France sont fréquentes et meurtrières.

Le Traité des Pyrénées signé en 1659 qui rattache le Roussillon et une partie de la Cerdagne à la France bouleverse le cours de l’histoire. Collioure endosse le rôle de place forte qui conduit à l’extension constante d’ouvrages fortifiés, dirigés par Vauban, architecte militaire de Louis XIV. D’importants travaux sont effectués également dans la baie de son port en eau profonde, Portus-Véneris. Vauban verrouille les Pyrénées en construisant la citadelle de Mont-Louis posté au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne. Il consolide le dispositif défensif dans la vallée de la Têt en édifiant une place forte : Villefranche de Conflent. Et il maintient une garnison militaire importante dans le village de pêcheurs qui perdurera jusqu’à la fin du XIXème siècle. Après avoir servi successivement de site de transit et de dépôt, le fort Miradou dominant le village, a vu s’installer en 1946, le centre d’instruction nautique du 11ème bataillon parachutisme de choc. Depuis le premier janvier 1964, il héberge un détachement du Centre National d’Entraînement Commando dont le contingent et l’autorité principale est logée dans la citadelle de Mont-Louis en Pyrénées catalanes. Les savoir-faire militaires constituent l’essence de l’instruction dispensée par les instructeurs du CNEC : nageurs de combats, techniques du corps à corps, tirs d’urgence, sabotages, survie en milieu hostile, terrestre ou maritime, harcèlement sur les arrières ennemis…Je peux avancer sans me tromper que ce sont des soldats d’élite de l’armée française.

Encore une observation, ce sont des hommes de l’ombre, secrets par définition professionnelle, alors avec votre appareil à photo soyez discrets, ils vous en seront reconnaissants. 

Un élève "commando" exécute un périlleux exercice aérien de franchissement d'obstacle au-dessus de la Méditerranée sur tyrolienne avec câble doublé.