Histoire d'ici

Salins du Languedoc.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

01 septenbre 2016.          Le chlorure de sodium (sel de table) est initialement connu et utilisé comme produit alimentaire nécessaire à l’homme et aux animaux. Aujourd’hui, il connaît de nombreuses utilisations ; il est devenu une matière première de base employée dans toutes les industries. En hiver lorsqu’il neige sur les routes, surtout en montagne, le réseau routier utilise le gros sel en grandes quantités pour le « salage » afin de fondre la neige et le verglas et dégager la chaussée. La production de sel de mer nécessite le concours de plusieurs facteurs favorables : terrains plats en très grande superficie et imperméables situés en bord de mer avec des saisons ensoleillées, sèches et ventées. L’exploitation du sel est soumise, comme bien d’autres activités agricoles, aux caprices des conditions météorologiques. Le dépôt de sel se produit pendant 130 à 150 jours par an, mais selon les pluies pendant la campagne, il peut varier du simple au double ; les sauniers doivent donc prêter une attention toute particulière au temps pour limiter les pertes possibles causées par les précipitations. Seuls les moyens techniques mis en œuvre pour la préparation de la récolte et la récolte elle-même différent en fonction de la dimension des salins, mais dans tous les cas, le procédé reste le même. La Méditerranée ne connaissant pas de marées, l’eau de mer qui contient en moyenne 37 grammes de chlorure de sodium par litre est pompée dès le mois de mars. Ainsi, selon la taille des salins, ce sont plusieurs dizaines de millions de m3 d’eau de mer qui sont introduits dans l’exploitation au moyen de puissantes pompes, puis, par une série de stations de pompage, judicieusement réparties, ainsi que par le fait d’une simple dénivellation, l’eau circule dans les étangs appelés « surface de pré-concentration » ou « partènements ». Durant toute la période de mars à septembre, l’eau circule continuellement de façon à garder un niveau constant et une concentration homogène à un endroit donné. Au cours de ce périple et sous l’effet conjugué du soleil et du vent, environ 9/10ème du volume d’eau introduit sur le salin est évaporé, faisant ainsi passer la teneur en sel à 260 grammes environ par litre de saumure. Cette saumure est alors dirigée sur les tables salantes ou « cristallisoirs » dont le sol a été soigneusement nivelé et roulé et y dépose son sel par cristallisation. La récolte débute fin août pour être terminée avant les pluies d’automne.
Avant la dernière guerre, elle se faisait à la main, par des centaines d’ouvriers saisonniers, qui, au moyen de pelles et de brouettes, ramassaient le sel. Depuis d’énormes progrès ont été accomplis, presque tout se fait mécaniquement de nos jours. La couche de sel est prélevée par de gros engins récolteurs qui, par l’intermédiaire d’une chaîne de transporteurs à bande, entassent le sel sur le bord des tables en cordon de « camelles » provisoires. Sur d’autres salins, les engins récolteurs déversent leur sel directement dans les remorques qui le conduisent à une fosse de lavage. Il est ensuite immédiatement stocké en camelle définitive où il attendra son expédition vers une usine ou des ultimes traitements avant sa commercialisation. Sur certains salins, la récolte fonctionne jour et nuit, sans interruption. La couleur rose de l’eau qui recouvre les cristallisoirs, est due à la présence d’animalcules. A l’état naturel, l’eau de mer contient de nombreux êtres vivants, notamment des « Artemia salina », genre de crevettes microscopiques. L’Artemia salina se nourrit d’une algue monocellulaire rose, la « Dunallula salina ». Lorsque la concentration de sel et chlorure de sodium a atteint environ 250 g par litre, les Artemia salina meurent et les Dunullela salina prolifèrent, donnant une couleur rose aux saumures des tables salantes. 

La récolte des cristaux de chlorure de sodium (le sel) dans les salins de l'île St Martin à Gruissan (Aude). Le paysage tout blanc sur 400 hectares ressemble à un paysage nordique mais c'est bien au bord de la Méditerranée en Languedoc que les marais-salants de l'île St Martin sont installés depuis plus d'un siècle. .