Lavoirs

Lavandières de Montpellier.

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

        Toutes les villes et villages se construisent et se développent sur les fleuves et rivières car l’eau est une ressource indispensable pour tout ce qui vit mais aussi en matière de salubrité publique. Montpellier, la capitale du Languedoc, est traversée principalement par le Lez, fleuve côtier et diverses petites rivières pour le plus grand bonheur des lavandières locales.

Autrefois, le long du Lez, du pont Juvénal au pont de Castelnau, la gente féminine s’affairait, en toutes saisons, été comme hiver. Les « blanchisseuses du Lez », parfois surnommées « lessiveuses », étaient plus volontiers appelées « bugadières », un nom venant de bugada c’est dire lessive. Certaines se rendaient à pied jusqu’à la rivière poussant une brouette remplie de linge en vrac, heureuses de retrouver des voisines pour raconter les dernieres nouvelles, bonnes ou mauvaises, du quartier. Contrairement à ce que certains racontent ce n'était pas que du négatif, bien au contraire, il y avait beaucoup de convivialité, de solidarité, d'amitié entre ces femmes valeureuses. Pendant la bonne saison, elles étaient coiffé d’un chapeau de paille à larges bords afin de se protéger des insolations. D’autres, des professionnelles, emmenaient des paquets plus conséquents sur un charreton tracté par un âne jusqu’au bord de l’eau. La tâche était extrêmement difficile pour ses ouvrières de la lessive confrontées aux froids de l’hiver ou à la chaleur des mois d’été, les mains déformées par l’eau et pour éviter les maux de reins, certaines frottaient le linge sur des tables faites de tréteaux. Les pieds de ces femmes sont protégés par d’étranges bottes de zinc ou de fer blanc : garnies de paille, ces bottes devaient protéger du froid, mais aussi éviter l’apparition de rhumatisme dû au contact trop fréquent avec l’eau. Les bugadières pouvaient se procurer ce matériel chez un étameur spécialisé, installé rue de l’Aiguillerie en centre-ville de Montpellier.