Lavoirs

Lavandières et Grandes buées.

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

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Au cours du XIXème siècle, suite au courant hygiénique  et au développement de l’urbanisme les lavoirs sont bâtis massivement. Les lieux de « Grande buées » (lessive) se sont améliorés au fil des ans, facilitant la tâche des lavandières. De simples points d’eau .en bords de rivières se sont structurés allant jusqu’à la construction de petits abris dédiés à la lessive : les lavoirs. Selon les régions ou les familles, les « Grandes buées » avaient lieu de deux à quatre fois par an, et en particulier au printemps et à l’automne. Avant l’arrivée du lavoir, le linge était trié : linge blanc, coloré, lainages, linge fin… Les femmes triaient même le blanc selon son degré de saleté

Autrefois les lavandières se rendaient en bord de rivière avec leur brouette chargée de linge. Elles le faisaient tremper au préalable, puis le lavaient et le rinçaient. Ce travail difficile s’effectuait à genoux dans une « carosse » garnie de paille ou de coussins pour protéger leurs genoux. pour la phase du lavage, elles installaient le linge sur une pierre, plate de préférence, le savonnaient, puis le battaient avec un « battoir » pour faire pénétrer le savon à l’intérieur des fibres. La position des blanchisseuses au bord de l’eau était particulièrement pénible. Rappelons que l’eau était froide l’été et surtout glaciale en hiver.

Avec l’arrivée des lavoirs bâtis au cours de XIXème siècle, le confort de lavandières s’est amélioré. Elles ne sont plus à genoux par terre mais debout. Elles trouvent à présent des structures commodes leur permettant de laver leur linge au fil des saisons étant à l’abri des giboulées hivernales, de  la pluie glaçante, du vent violent et froid, du soleil torride etc…Fréquenté par des blanchisseuses professionnelles et des particuliers, le lavoir est un lieu de lien social. Relativement bruyant, le lavoir offrait aux femmes un moyen d’évasion de la maison familiale. Malgré la difficulté de la tâche et le peu de valorisation pour le travail pénible qu’est la lessive, les femmes pouvaient ici échanger, discuter et rire. Le linge renseigne également souvent sur la vie des familles, les confidences y étaient propices.

Jusqu’à ce que la douleur le lui enseigne,

l’homme ne sait vraiment pas quel trésor est l’eau.

Georges Byron appelé Lord, illustre poète britannique (1788-1824).