La mer n’est pas un dépotoir.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

                Déjà en 2015, 192 pays déversaient 9,1 milliards de tonnes de plastiques dans les océans. Il y a plus de 634 000 kg de déchets déversés dans les océans chaque seconde, soit 20 milliards de tonnes de déchets par an dont 80 % proviennent  des terres ! La première conséquence des déchets plastiques est un effet visuel très désagréable : détritus échoués sur les bords de rivières au gré des crues, sur les plages au premier coup de mer, amas d’objets flottants en mer ballotés par les courants. Les grands cétacés à fanon, les mollusques tels les moules filtrent l’eau de mer, ingérant d’importantes quantités de micro plastiques. Les micros déchets peuvent être ingérés par le plancton, les invertébrés ou les poissons de petite taille. Le monde entier est en train de prendre conscience de nos propres erreurs, nos contradictions, notre inconscience ! L’homme a créé cette matière, le plastique, l’utilise en quantité colossale sans savoir ce que nous allons en faire par la suite. Sacs, bourses, sachets, emballages, bouteilles, canettes, sandales, tons, palmes, ballons, matelas pneumatiques, jouets de plage, mégots, flacons en tous genres… traînent sur les plages, ballotés au gré du vent et des vagues mais aussi gobelets, couverts, cure-oreilles, stylos, rasoirs, et tant d’autres…tous ses objets qui se sont rendus indispensables dans notre quotidien, après une seule utilisation de quelques minutes mettront plus d’un siècle à se décomposer. Le risque de pollution marine accidentelle est un risque non négligeable en raison du trafic maritime en Méditerranée dont le trafic d’hydrocarbures qui y transite est de 20 à 30 % du trafic mondial.

Les touristes qui découvrent chaque été nos espaces naturels ne sont en rien les seuls responsables de ce triste état sanitaire. A l’occasion de chaque épisode pluvieux la Têt, le Tech et l’Agly ne font que transporter vers la mer les déchets, témoignage des incivilités des résidents permanents des villages qu’elles traversent. Nos fossés, nos berges, nos voies de communication ne doivent plus être le dépotoir hétéroclite d’objets et autres plastiques agricoles.Il n’est pas sérieux de continuer à ce rythme ; nous condamnons les générations futures à vivre dans un monde où le volume de plastique dans les océans, les mers, les plans d’eau et les fleuves pourrait dépasser celui des poissons dès 2050.

 

Une fraîcheur de la mer exhalée,

me rend mon âme.

Poème de Paul Valéry, écrivain natif de Sète en Languedoc.

Sur la colline des Merveilles...le St Elme.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

IMG_9965.JPGCollioure n'a pas perdu son âme, elle reste encore aujourd'hui une pittoresque cité parsemée de témoignages historiques. En escaladant la colline de la Courtine jusqu'au pic Japonne sur lequel est assis le fort St Elme,vous découvrirez un panorama époustouflant à 360 degrès qui dévoile l'importance stratégique de ce joyau d'architecture militaire multi-centenaire bâti sur ordre de l'empereur Charles-Quint...  

Les Albères sont filles des Pyrénées, la baie de Collioure fille de la Méditerranée, chacune délivre naturellement beaucoup de poésie. Au gré des siècles, les hommes, pour diverses raisons, enrichissent ce recueil de la plus belle des manières. Collioure, passionnément, grave sur les pierres les pages de son histoire autour de la Méditerranée et les Albères déclinent jusqu’à la mer. Immortalisée par les plus grands peintres, la colline de la Courtine, tapissée d’oliviers, de vignes et d’une flore rase, ourlée de bâtisses historiques ne laisse personne insensible par sa beauté naturelle. Du niveau de la mer au fort St Elme, cette "montagnette", s’élève à 180 mètres, hauteur suffisante pour offrir un panorama époustouflant sur Collioure, Port-Vendres et tout le pays catalan.

En automne dernier, j’ai entrepris cette mini randonnée de 30 minutes (hors arrêts). Une ascension pas difficile mais bigrement pentue et hors du commun : chaque pas délivre un nouveau décor ! La colline de la Courtine se parcourt comme on lit un livre d’histoire, sans discontinuer, d’un seul trait. Il se feuillette à l’occasion d’une pause sur les différentes terrasses, les yeux s’attardent et l’esprit se laisse bercer par les paysages. Le couvent des Dominicains s’impose lieu de départ idoine, aussitôt le sentier effleure le Musée d’Art Moderne et se dirige vers le fumoir de Mr Pams. Un coup d’œil rapide et en piste vers le moulin. Une large clairière, plus ou moins ronde, ceinturé d’oliviers, une table de pique-nique et deux ou trois bancs accueillent tout visiteur. Un escalier de quelques marches propose, à qui le veut, l’accès au socle du moulin afin d’admirer les toits patinés de Collioure ou les reflets scintillants de la baie. Les parfums des pins résineux, des oliviers ou l’iode marin embaument la contrée. Revêtues de blanc, les tentaculaires ailes du moulin s’égosillent entraînées par le souffle inépuisable de la tramontane Imaginez ce miracle : enfanté au Moyen-Age (en 1337), puis réduit au silence, il ressuscite en 2001…et retrouve sa splendeur parmi les oliviers, comme autrefois. Et il couine, et il  grince, et il couine…de joie ! Attentivement le regard scrute la ville, s’attarde sur les traces d’un riche patrimoine architectural, témoignage de l’évolution de la structure de la ville depuis son passé antique. J’imagine, pêle-mêle, les pêcheurs décharger les paniers d’osier débordant de sardines et d’anchois, le château royal place forte imprenable, les barques catalanes « amourées » sur la plage du Boramar, la plage d’Avall, la sortie de nombreux fidèles de l’église Notre Dame des Anges, le « campanar » jadis tour de guet, la chapelle St Vincent et sa plage de galets, et… un déferlement de visiteurs éblouis par ce village d’un autre siècle. Une mouette joue avec le vent dans le ciel, improvise des figures, elle m’extirpe de mes utopies éphémères afin de reprendre la  sente vers le fort St Elme, ultime étape. Dans le dos, un chemin entre les oliviers convie à la poursuite de la randonnée. Un paysage pour rêver. La vision porte plus loin, la perspective change de surface, l’étendue de la plaine du Roussillon s’élargie, l’horizon de la Méditerranée s’éloigne. Le spectacle est renversant. Où que l’on pose le regard, c’est un nouveau tableau. Les majestueuses Pyrénées, perdues dans le ciel d’azur plongent résolument dans le bleu profond de la Méditerranée, la chaîne des Corbières court patauger dans les lagunes, résidus aquatiques délaissées lorsque la Grande Bleue s’est retirée.

Perché sur son belvédère, le fort St Elme propose depuis des siècles le meilleur point de vue sur Collioure, Port-Vendres, toute la plaine du Roussillon...mais aussi sur le golfe du Lion. Pour cette raison, l'empereur Charles-Quint fit bâtir le robuste fort St Elme. Un extraordinaire panorama apparaît : toute l’étendue et la beauté du Pays catalan jaillissent sous le regard ébloui, un regard arrimé aux verts tendres de la plaine entourée d’une barrière de montagnes et d’un flanc arrondi bordé par la magnifique Méditerranée qui offre un kaléidoscope de bleus époustouflants. Il semble qu’un architecte ivre de fantaisie, ses toits patinés par le temps, entouré de dentelle de pierres a imposé à Collioure sa silhouette altière au fil de son histoire millénaire et qu’un peintre a éclaboussé la ville de teintes les plus folles, le rouge des tuiles, rose, carmin, vert et des reflets bleutés de la Méditerranée qui s’estompent à l’horizon dans l’azur d’un ciel où brille un merveilleux soleil..

IMG_0402.JPGLa colline de la "Cortina" immortalisée par les plus grands peintres en visite à Collioure. On distingue le sentier traçant son chemin vers le pic Japone. Photo prise du fort St Elme. 

Laboratoire Arago de Banyuls sur Mer.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

            L’Observatoire Océanologique de Banyuls sur Mer est le nouveau nom du Laboratoire Arago. L’ancien nom, imprégné dans la mémoire collective, tient la dragée haute tant il fait partie intégrante du paysage de Banyuls, et, bien au-delà par sa notoriété internationale. La station marine conçue en 1882 par Henri de Lacaze-Duthiers, infatigable pionnier de la cause maritime devient un lieu privilégié pour l’étude de la biologie marine et de l’océanographie en Languedoc-Roussillon. Le Laboratoire est muni d’un aquarium dès 1884, cette date en fait l’un des plus anciens de la Méditerranée. Situé sur une superbe côte rocheuse à proximité de la frontière espagnole, il bénéficie d’un environnement exceptionnel par la diversité de ses biotopes, de sa faune et de sa flore dans les domaines marins et terrestres.

Actuellement, dans sa version moderne, la station associant, Sorbonne Université et CNRS, abrite : le Laboratoire d’Océanographie Microbienne, le Laboratoire d’Ecogéochimie des Environnements Benthiques, le Laboratoire de Biologie Intégrative des Organismes Marins, le Laboratoire Biodiversité et Biotechnologie Microbiennes. Ce laboratoire scientifique de premier plan regroupe 192 agents dont 74 CNRS, 4 plateformes scientifiques sur lesquels 500 chercheurs et 1 000 étudiants internationaux sont accueillis par an, 2 bateaux, 2 bouées d’observation, 4 marins, 2 plongeurs scientifiques, 1 structure de médiation scientifique, le  Biodiversarium. Ce dernier ouvert depuis 2010 est un parc naturel de 3 hectares dénommé le Jardin méditerranéen du Mas de la Serre. En 2017 est inauguré un Aquarium moderne et pédagogique, un lieu d’échange entre le public et le monde de la recherche situé face à la Méditerranée dans un cadre exceptionnel où commence la Réserve Marine Naturelle de Cerbère-Banyuls.

Le tarif d’entrée de l’Aquarium offre la visite couplée avec le Jardin méditerranéen du mas de la Serre, ce qui est complémentaire et recommandée pour comprendre le monde de demain…

Les espaces marins sont le bien commun de l’humanité,

soyons attentifs à une gestion écologique durable.

La Franqui-Leucate.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

               Nous sommes sous le règne d’Henri IV lorsque quelques constructions voient le jour sur le site de La Franqui…Il faut attendre la fin di XIXème siècle pour que La Franqui devienne une station de bains de mer. C’est Emile Bertrand, l’oncle d’Henri de Monfreid qui va lui donner véritablement sa vocation touristique. Architecte, il dessinera  en 1889 un projet d’établissement de bains. Ace moment là, La Franqui était seulement un vaste domaine agricole au centre duquel on trouvait le bâtiment qui allait devenir l’Hôtel Excelsior. Propriété de la famille Beltrand, il fut transformé, modernisé à partir de 1890 devenant un établissement de luxe où se côtoyaient les célébrités de l’époque ; offrant à ses clients un terrain de tennis, un kiosque à musique, une piste de skating…et même une petite chapelle élevée à proximité. Les constructions sont rares, on trouve la villa Amélie où naîtra Henri de Monfreid et à flanc de falaise la bâtisse de la douane et plus bac la villa Bonnery. Au début du XXème siècle, Emile Bertrand finance avec ses propres deniers, d’importants travaux dignes de la nouvelle station : la route du front de mer et celle qui reliera la station à la gare de la Compagnie des Chemins de Fer du Midi. D’architecte, Emile Bertrand  est devenu promoteur. En 1913, les premières villas sont construites en front de mer et au pied de la falaise. La maison familiale du nouveau promoteur « L’Albatros » et une copropriété le « Madrigal » donnent juste en face de la grande plage dont la vue s’étire jusqu’à Port la Nouvelle. La plupart des maisons existent encore aujourd’hui.

Après la Deuxième guerre mondiale, qui provoque quelques destructions, c’est la fille du promoteur qui continuera l’œuvre entreprise. Début des années 1960, l’eau du projet arrive enfin à La Franqui qui se transforme en station familiale avec ses nombreux meublés, ses terrains de camping populaires. Les Toulousains sont nombreux à venir passer leurs vacances. Le camping sauvage n’est pas encore interdit et la plage des Coussoules est très appréciée. L’Hôtel Excelsior est devenu l’Hôtel du Parc ; la station  compte alors 2 cinémas, un dancing, un bowling, de nombreux commerces l’hôtel de la Plage sort de terre. Les enfants de Lézignan viennent en colonie…La route qui borde l’étang est construite. les années 1980 marquent un tournant, l’hôtel du Parc ferme ses portes remplacé par une maison de retraite. La station se développe, l’urbanisation s’accélère avec l’apparition des lotissements. Aujourd’hui La Franqui s’agrandit à petits pas et le nombre d’habitants à l’année augment se manière significative. Les sports de glisse trouvent ici un véritable paradis, donnant par là même une nouvelle image, jeune, sportive et dynamique à La Franqui. Du cap des Trois frères aux Coussoules, La Franqui située dans le Parc Naturel Régional de la Narbonnaise, bénéficie d’un cadre naturel exceptionnel qui ne demande qu’à être valorisé et protégé.

Les étangs et les flamants roses, l'immense plage de sable fin, la garrigue odorante et, la forêt de pins centenaires d'où s'échappe un concert offert par les cigales ! Comme dirait ma grand-mère, on n'a pas de la morue à La Franqui mais on possède un orchestre de cigales dont le chef d'orchestre naturel est le soleil ! 

Amphores antiques 01

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

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Deux modèles d'amphores prisonnières depuis 2 000 ans au fond l'anse de Portus-Vénéris (Port-Vendres).

Lors de fouilles sur le site de l'anse Girbal dans la rade de Port-Vendres durant les années 1960, ces amphores ont été découvertes et extraites de leur gangue, protectrice, de vase et de boue. Pendant l'Antiquité, en l'absence de véritable port, les frêles et peu maniables bateaux Grecs et Romains, chargés d'amphores et de diverses marchandises transitaient de Narbo-Martius (Narbonne), le grand port de la riche province du Languedoc à Empùries (baie de Rosas) ou vers le sud de l'Ibérie (Espagne) ou encore vers la lointaine Lusitanie (Portugal). Lorsque la tramontane soufflait très fort soutenue par la mer Méditerranée en tempête, prudents, les marins relâchaient l'ancre dans l'anse de Portus-Vénéris, nom d'origine grecque. Le cap Béar, le cap Cerbère et le cap de Creus étaient des passages très dangereux et risqués, les équipages préféraient attendre sagement, à l'abri, le retour du beau temps.