Tragique nuit de Noël en 1903.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

En 1951, le commandant Cousteau et son équipe de plongeurs explorent les fonds marins de l’île du Planier située à une quinzaine de kilomètres du Vieux-Port de Marseille, lorsque, par 30 mètres de fond, ils découvrent et photographient l’épave d’un cargo grec, le Dalton. L’histoire de ce navire remonte à la surface. La plus belle fête de l’année, la nuit de la Nativité se transforme en une nuit funeste. Une cicatrice éternellement ouverte. 

En cette douce nuit de Noël 1903, loin de leur famille, l’équipage festoie, entonne les plus beaux chants marins, essore les bouteilles de vin. Les marins aiment la ripaille, ils aiment aussi leur travail et lorsque le navire lève l’ancre, tous les marins sont ivres morts, du capitaine au moussaillon. La mer est calme avec une visibilité parfaite, hélas, à peine éloigné du Vieux-Port de Marseille, le Dalton se fracasse au pied du célèbre phare du Planier, sentinelle majestueusement élevée sur l’île du même nom à quelques milles marins du môle phocéen. Les gardiens du plus grand phare de Méditerranée sauvent une partie des matelots, d’autres disparaissent pour toujours. Ce n’est qu’après 48 ans d’immersion, lorsque les techniques de plongée le permettent, que les plongeurs découvrent une carcasse disloquée recouverte d’algues, il ne reste rien des corps des marins engloutis avec le navire, même les os ont été rongés par les bactéries sous-marines. Dans les cales enchevêtrées, les plongeurs trouvent des amas de bouteilles de vin et d’alcool. Bien peu sont encore pleines. La coque du cargo devenue sarcophage héberge homards, pieuvres, langoustes, mérous, loup de mer et divers petits poissons à l’abri des ennemis affamés. Avec ce décor fantomatique de tôles enchevêtrées, le commandant Cousteau réalise son film « Epaves » dont la projection planétaire contribue à faire découvrir le monde subaquatique grouillant de vie et de couleurs ! Ainsi débute vers les années 1950 l’exploration de cet univers fantastique qui n’a pas fini de nous émerveiller !

Sauver le corail rouge de Méditerranée.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

          Le magnifique corail rouge de Méditerranée est un cnidaise à croissance très lente qui vit dans des habitats rocheux ombragés entre 5 et 400 mètres sur les fonds marins de Mare Nostrum. Le « Corallium rubrum », son nom latin, est récolté depuis des millénaires, son squelette calcifié est un organisme marin fascinant, capable de susciter des passions que l’on soit pêcheur corailleur, bijoutier, femme élégante ou simple plongeur. Il est utilisé pour confectionner des bijoux, des amulettes et comme médication.

Depuis 2015, le corail rouge est inscrit sur la liste rouge de l’IUCN (Union pour la Conservation de la Nature) qui recense les espèces en voie d’extinction. En Catalunya, un rapport publié par un collectif de 14 scientifiques membres de 5 centres de recherche, a tiré la sonnette d’alarme en 2017 et préconisé un arrêt du prélèvement car 90% des colonies sont dans un « état de conservation critique ». Pire, la majorité des récifs seraient considérés comme « écologiquement éteinte » ! La Généralitat de Catalunya s’est aussitôt placée dans le sillage des spécialistes, en novembre 2017, elle a suspendu l’exploitation du corail rouge sur la partie nord de son littoral, pour une durée de 10 ans (jusqu’au 31 décembre 2027). Mais l’interdiction ne porte que sur les eaux intérieures, qui sont sous la responsabilisation du gouvernement catalan. C’est le moment qu’à choisi le gouvernement central de Madrid pour délivrer 12 licences d’exploitation et de vente du corail rouge sur une zone située entre le cap Bégur (province de Girona) et Arenys de Mar (province de Barcelona). Ces mesures à contre-courant des estimations de protection sont, ni plus, ni moins, qu’un permis d’éradication totale de cette espèce emblématique et de grand intérêt écologique non seulement sur la Costa Brava mais aussi sur le pourtour du golfe du Lion.

En Catalunya, les écologistes catalans ont réagi aussitôt. Soixante-dix (70) associations motivées ont lancé une campagne de protestation et envoyé une lettre à la ministre de l’Environnement. Joaquim Garrabou, un chercheur de l’Institut des Sciences de la Mer (ICM) de Barcelona est devenu le porte-parole de ce mouvement. Il déclare : « les licences accordées vont compliquer la lutte contre le braconnage et la surexploitation du corail rouge sur la Costa Brava ». Il ajoute : logiquement les corailleurs ne peuvent prélever des coraux dont la taille est inférieure à 7 mm. Certains respectent ce diamètre minimal, mais d’autres ont tout arraché. D’autre part, les moyens de contrôles sont nettement insuffisants sur la zone afin d’éviter toute dérive. Les scientifiques et les écologistes brandissent les recommandations internationales de la Commission Générale de Pêche en Méditerranée (CGPM) qui préconise un arrêt temporaires des prélèvements « à des profondeurs inférieures à 50 mètres ». Un avertissement qui ne vaut pas seulement pour les colonies catalanes, mais pour tous les récifs de Méditerranée. En France, la pêche de corail en Méditerranée est réglementée. Il faut espérer que cette croisade pour sauver « l’or rouge » sera couronnée de succès car que sera notre Méditerranée sans l’un de ses fleurons parmi les beaux ! Il faut espérer que cette bouteille lancée à la mer n’échouera pas ! 

 

L'eau le plus fragile de nos trésors, 

protégeons cette ressource vitale. 

Le Lydia : le paquebot des sables.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Fatigué d'avoir bourlingué longtemps sur tous les océans du monde, le Lydia change de cap en s'échouant volontairement sur une plage déserte de Port-Barcarès. La proue tournée vers le majestueux massif du Canigou, le paquebot des sables est l'unique navire de cette taille amarré sur une mer de sable et, devient en juin 1967 la première construction du quartier du Grand-Large pour finalement endosser l'embléme de la nouvelle station de Port-Barcarès.  Cliché de 1970. 

        Bien que sa vie soit loin d’être achevée, le paquebot Lydia, vieux baroudeur des mers, est une légende que l’on peut admirer et visiter sur la plage du Grand Large à Port Barcarès en Roussillon. Dos à la mer, la proue dirigée vers l’intérieur des terres, il regarde le massif du Canigou, prisonnier volontaire depuis le 11 juin 1967 ancré sur un désert sable doré, il est en effet considéré comme le premier bâtiment sur la plage du Grand Large. Avant de s’ensabler définitivement sur la côte catalane il a vécu une vie trépidante partageant la joie de vivre de milliers de passagers sur toutes les mers du globe. Sa vie est un roman qui commence sur un chantier naval au Danemark à la demande d’une compagnie australienne. Baptisé Moonta, il est un très beau bébé qui dès la fin des travaux en 1931 s’émancipe par un premier voyage. Appareillage à Copenhague, escale obligée à Londres et cap vers l’Australie, plus précisément à Adelaïde, son premier port d’attache. Le 28 novembre 1931, ce magnifique et confortable navire accueille 157 passagers privilégiés et entame une croisière de rêve. Une boucle de 6 jours comprenant 6 escales car Moonta est un paquebot mixte puisqu’il transporte également du fret. Cette croisière est également le seul moyen pour relier les petites villes du sud de l’Australie qui est, à elle seule, un continent. Cela explique le prix dérisoire et le succès des croisières qui se prolongeront pendant 24 ans !

Le développement des structures routières et aériennes concurrencent la ligne maritime du Moonta. Les affairistes ne font pas du sentiment et en 1955, la compagnie australienne vend le bateau à un armateur grec qui élimine le côté fret et le transforme pour n’en faire plus qu’un navire de croisière pour voguer en Méditerranée. Rebaptisé Lydia, flamboyant, il embarque 460 passagers, son étrave pourfend les flots de la Méditerranée sur la ligne Marseille-Beyrouth, une destination touristique majeure, jusqu’en 1967. Et la aussi, il a régalé des milliers de voyageurs ! Cependant sa générosité, additionnée aux humeurs météorologiques imposées par la Méditerranée avec ses batailles homériques entame ses forces ; l’usure et le temps qui passe ont raison de sa robustesse. Il est écrit que le destin de ce « monument » maritime doit s’inscrire vers la postérité malgré son âge avancé.

En 1963, l’Etat français confie à la Mission Racine l’aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon. Le Barcarès, autrefois petit bourg de pêcheurs, fait partie de ce programme que des travaux colossaux transforment en une grande station touristique de premier plan et devient Port-Barcarès. Sur l’étroite bande entre la plage et l’étang, villas et immeubles s’étirent, interrompues de vastes zones de végétation. Les constructions galopent vers Port Leucate, la sœur jumelle !

La réflexion de l’urbanisation de la Grande Plage taraude les promoteurs. Le projet se veut ambitieux : logements et résidences de grand standing, centre commercial, hôtels de luxe, boîte de nuit, parcours culturel, jardins d’agrément, vastes parkings. De tous les desseins jaillit une idée géniale ! A Marseille, le Lydia, un paquebot de long de 90 mètres, d’un poids de 2 600 tonnes est voué aux démolisseurs. Il deviendra le symbole de la toute nouvelle station balnéaire de Port-Barcarès ! Aussitôt acheté, délesté de toutes ses machines, costumé de blanc et remorqué jusqu’au Barcarès. Entre temps, une société spécialisée s’est chargée de conduire le Lydia à bon port. Une drague a creusé un chenal de 7 mètres de profondeur afin que le paquebot puisse avancer dans les terres sans s’échouer. La manœuvre est risquée car le navire démuni de ses machines est dans l’incapacité d’avancer seul. Il a fallut le tracter, mètre après mètre, sur un canal qui en comportait 600. La mission a duré 8 heures. Il faut souligner le savoir-faire remarquable de l’entreprise hollandaise.

Le 11 juin 1967, l’image surréaliste de l’imposant Lydia prisonnier dans un désert de sable, fait la première page de la presse nationale, puis européenne et devient l’emblème incontestable et incontesté de la nouvelle station catalane. Il a parfaitement joué son rôle et même au-delà car dès son implantation les foules sont venues visiter le bateau des sables. Le casino, le restaurant et la boîte de nuit ont attiré les plus grandes célébrités de l’époque.

Aujourd’hui, le paquebot appartient à la commune du Barcarès. Il est considéré comme le premier immeuble construit sur le quartier du Grand-Large à Port-Barcarès. Voilà 50 ans que l’on ne se lasse pas de voir le paquebot ensablé, 88 ans qu’il est naît et pas une ride, toujours flamboyant.

Le Lydia est une réussite exceptionnelle, il attire la foule et maintenant il est le phare incontesté de la "Floride française" !

Milieu lagunaire.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Petits métiers de la pêche sur l'étang de Leucate-Salses. Au premier plan, pièges à anguilles, puis le pêcheur se déplace sur la lagune sur une barque à fond plat (localement une bétoune), enfin exposées plein soleil sur le versant sud du cap Leucate, les maisons de Leucate-Plage.      

 Le littoral du Languedoc-Roussillon, de St Cyprien au Grau du Roi, est jalonné de nombreux étangs dont l’eau jouait un rôle économique important auprès de la population depuis l’Antiquité. Alimentés par des rivières d’eau douce, presque tous au fil des transformations naturelles ou par les interventions des hommes contiennent de l’eau plus ou moins saumâtre. Une des principales caractéristiques des milieux lagunaires du Midi est la teneur élevée en substances nutritives. Les apports d’éléments fertilisants favorisent le développement de riches chaînes alimentaires : algues, crustacés, poissons. On a estimé que la productivité en poissons des étangs était, à superficie égale, 40 fois supérieure à celle de la mer. Les lagunes saumâtres sont toutes exploitées pour la pêche, et certaines parmi les plus profondes, comme l’étang de Thau et l’étang de Salses-Leucate renferment des zones d’élevages coquilliers.

Le peuplement en poissons ou crustacés des lagunes saumâtres est essentiellement d’origine marine et il a lieu dès le début du printemps : les alevins provenant de frayères littorales y pénètrent par les graus, ou en l’absence de communication permanente avec la mer, sont entraînés par les vagues qui parviennent à franchir la barre du cordon littoral, lors des tempêtes d’équinoxe. Au cours de l’automne, dès que la température de l’eau subit une chute remarquée, la plupart des espèces retournent à la mer pour effectuer leur reproduction en novembre-décembre pour la daurade, janvier-février pour le loup de mer.

Dans le cas particulier de l’anguille, la pénétration des alevins ou civelles a lieu principalement en hiver, du mois de novembre au mois d'avril. Pendant toute sa phase de croissance, ce poisson demeurera dans les étangs ou les eaux douces. A l’issue d’une période s’étendant, selon les sexes, entre 7 et 18 ans, l’anguille subit une métamorphose qui l’amènera au stade d’anguille fine pré-génétique appelée par les pêcheurs « anguille fine » ou « argentée ». La coloration de son corps, de vert-jaune passe au gris foncé sur le dos, et argent sur le flanc ; le museau devient plus effilé, le diamètre de l’œil augmente, de même que la taille des nageoires pectorales. Cette métamorphose accomplie, les anguilles fines, en banc compact, chercheront à regagner la mer où se situent leurs frayères. Il est toutefois intéressant de préciser le cas particulier de l’anguille « caros » ou « carrossée" (stérile) qui restera dans l’étang jusqu’à sa mort (40 ans et plus).

La pêche dans ces lagunes revêt un caractère rationnel ; elle est pratiquée de manière individuelle et artisanale, ayant peu évolué durant de nombreuses années.

Sur les eaux dormantes de l'étang de Thau en Languedoc, chaque lever ou coucher du soleil est un spectacle splendide orchestré par les éléments naturels que sont le ciel, le soleil, le vent et l'eau sur laquelle les hommes sur des embarcations tracent des volutes éphémères. 

Expression en catalan : neu de cùcut ou en français neige du coucou. 

Neu de cùcut, c'est la neige du coucou

qui tombe quelque fois légèrement à la fin avril ou début mai. 

Pourtour du golfe du Lion

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

                   Le pourtour du golfe du Lion exhibe une côte façonnée par la Méditerranée depuis les temps immémoriaux. Maladroitement l’homme, pour des raisons bassement mercantiles, a emmuré de béton ce rivage et de nombreux ouvrages artificiels, parfois inopportuns empêchant la mer de respirer à son rythme. Aujourd’hui, on essaie d’amortir les erreurs d’autrefois avec plus ou moins de réussite. Le Languedoc, le Roussillon et la Costa Brava ont entamé depuis quelques décennies leur part dans cette longue besogne de réhabilitation. Heureusement ce littoral est encore ourlé de magnifiques plages plus belles les unes que les autres, le visiteur peut choisir, tous les goûts sont représentés : sablonneuse, rocheuse, naturelle, sauvage, citadine, familiale. Et encore des criques, des anses plus ou moins solitaires, de longuesplages de sable fin doré où une multitude partage amicalement les rayons de soleil ou encore une côte rocheuse pour ceux qui aiment la discrétion ou les passionnés de plongée subaquatique Partout, transparence et tranquillité des eaux vous invitent au bain.