Notre Méditerranée

Collioure dans le passé.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

           Collioure était bien avant l’ère chrétienne, l’avant-poste d’Illibéris (Elne actuelle). Son premier nom se rapporte à cette parenté : Cauco-Illbéris, devenu successivement, par la souple fantaisie de la phonique, Kouk-Illi-Berri (nom qui signifiait la conque), Cocolibera, Colluro, Copliura, Coliuro et finalement Collioure. Ce nom à voyelles est un heureux agencement philologique. Les ambassadeurs romains y débarquèrent pour se rendre à Ruscino (Castell Rossello), à quelques kilomètres à l’Est de Perpignan, dans le but de s’opposer au passage du redoutable Annibal. Au Moyen-âge, l’ambition des rois d’Aragon permit aux Catalans de se rendre maîtres de la Méditerranée. Les croisades avaient ouvert les chemins de l’Est ; les galiotes partaient de Valencia, Barcelona ou Collioure pour trafiquer au Moyen-Orient. On chargeait à Collioure les tissus fabriqués à Perpignan que l’on allait troquer contre des épices, des soieries, du pastel, de la garance ou autres produits exotiques.Ce trafic ne se faisait pas sans danger et les marins catalans eurent à évincer de dangereux rivaux des Républiques italiennes. Mais l’amiral d’un roi d’Aragon put dire à un moment donné que seuls les poissons de « mare nostrum » pouvaient y circuler librement, à condition toutefois qu’ils eussent fait graver sur leur dos les armes de la Catalogne. Orgueilleuse boutade ! Notons que c’est le port de Vénus (Port-Vendres), dépendance de Collioure en eaux profondes, que se trouvaient les galères qui faisaient partie de la marine militaire des rois d’Aragon et de Majorque. Un document de 1430 indique Port-Vendres comme « lo Port-Vendres de Copliure ».

Texte intégral de Horace Chauvet (1873-1962) journaliste et historien catalan. Il publia des nombreux livres dédiés à sa terre natale : Voyage pittoresque le long de la Côte Vermeille en 1951, Légendes du Roussillon, Traditions populaires du Roussillon et bien d'autres...

Le port d'Avall et le quartier du Faubourg à Collioure. On distingue le clocher du cloître des Dominlcains, les tours pointues de l'actuel musée, à gauche le socle de l'ancien moulin et, en haut, l'incontournable fort St Elme dominant le golfe du Lion. Photo de 1890 environ.