Notre Méditerranée

Amphores antiques 02

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

        Dans l’Antiquité, les chaussées, les chemins mal entretenus, les obstacles naturels que sont les fleuves, les rivières, les montagnes, les intempéries et les hordes de brigands ne sont pas des voies de communications idéales pour commercer. Le commerce par voie maritime propose de meilleures conditions à cette époque même si la navigation à voile ou à rames est une activité audacieuse, la météo n’existe pas encore, en tous cas très incertaine et les déroutages sont fréquents. Conquérants et ambitieux, les Phocéens, les Grecs, les Romains, établissent des comptoirs en Méditerranée. Ingénieux, ils fabriquent des récipients d’argile cuite, plus ou moins grands, indispensables à la livraison des denrées et des aliments. Parmi tous les emballages, l’amphore devient vite un précieux récipient approprié pour le négoce maritime au long cours. Transborder sur des navires à voile des denrées  liquides comme le vin ou l’huile sur une mer sous l’influence de vents violents, la Méditerranée particulièrement imprévisible et capricieuse, n’est pas une entreprise aisée. L’amphore avec sa forme fuselée, son col étroit et ses deux anses élégantes symbolise le conditionnement le plus efficace, le plus assorti à ce mode transport de l’époque antique. Il existe autant de types différents que de lieux où elle est fabriquée, autant de formes et de volumes que de marchandises qu’elle contient et utilisée pour le stockage dans les entrepôts et comme contenant pour le transport. C’est un emballage jetable, vidée, elle est pilée au mortier et mise en poudre, brisée pour devenir matériaux de construction, son col parfois employé comme élément de canalisation. C’est aussi une unité de mesure très précise : 19, 56 litres à Athènes et 26 litres à Rome qui conserve une amphore-étalon au Capitole. L’amphore est encore un support de communication. Comme aujourd’hui sur les conteneurs maritimes, il est inscrit des signes mystérieux pour les profanes. Sur l’argile fraîche est gravée une véritable étiquette du fret maritime. L’opercule de mortier qui sert de bouchon porte le plus souvent un cachet, sur l’épaule une estampille ou des sceaux gravés à la pointe ou encore des marques peintes permettent de dater très précisément la fabrication de l’amphore, de retrouver l’adresse de l’atelier du potier où elle a été fabriquée, son origine, sa destination, son contenu, mais aussi le commerçant. En traçabilité, on ne peut faire mieux ! 

Un homme heureux est une barque qui navigue sous un vent favorable. 

Proverbe Chinois