Notre Méditerranée

Un littoral trop corseté.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

          La concentration des activités humaines sur la bande littorale et l’évolution des usages perturbent les milieux qui modifient les paysages. La multiplication des infrastructures contrarient le fonctionnement des lagunes. Le canal de la Robine, la voie ferrée entre Port la Nouvelle et La Franqui, le canal du Rhône à Sète, les voies rapides et les routes forment des barrières qui entravent la circulation des eaux. Plus stagnantes, elles s’oxygènent difficilement, ce qui favorise la prolifération des algues et les mauvaises eaux («malaigue») nauséabondes de l’été. Le phénomène est aggravé lors des épisodes pluvieux lorsque les eaux chargées de matières organiques, de nitrates et autres polluants se déversent dans les lagunes provoquant l’eutrophisation des milieux qui accélèrent le comblement des étangs. Dans le même temps, la domestication des cours d’eau par la construction en amont de barrages, de retenues ou le calibrage des rivières diminue les apports en matériaux, ce qui facilite l’érosion avec les courants sur le littoral. Les immeubles sur le front de mer, véritables murs de béton, empêchent les échanges de sable entre la plage et l’arrière-plage. Les cordons dunaires s’affaissent sous le piétinement des baigneurs. Les aménagements touristiques ont hérissé le littoral d’épis et de brise-lames le long des plages, de digues et d’enrochements aux abords des ports de plaisance.

L’intensification des usages contre nature sur le littoral du golfe du Lion démontre les enjeux de sa préservation.