Tribune Font del gat

Les pieds dans l’eau.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

Le changement climatique et ses conséquences sont des phénomènes extrêmement complexes qu’il est difficile de résumer en quelques mots. Toutefois je vais essayer de le faire le plus simplement possible.

En fonction de la variation des hausses des températures (entre 2 ou 4 ° C) la montée des eaux aura des effets plus ou moins néfastes sur le littoral catalan. Un littoral toujours plus urbanisé qui n’est pas sans conséquences.

D’après presque tous les spécialistes la montée du niveau des mers est due à deux phénomènes qui se juxtaposent. Le premier c’est l’effet du réchauffement climatique et la fonte des pôles, c’est à dire des glaces continentales. Cela entraîne un apport d’eau douce qui n’existait pas avant. Mais la raison essentielle, c’est la dilatation ou expansion thermique de l’eau. L’air se réchauffe et les océans également. Même si on décide d’arrêter d’émettre les gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique, ils resteraient dans l’atmosphère plusieurs années ; 120 ans pour le dioxyde de carbone (CO2) par exemple. Un effet de retard et la température continuera à monter. Quand aux océans, ils jouent le rôle de bouillote. Comme ils absorbent de la chaleur, ils la restitueront un jour automatiquement, mais pas demain. C’est un phénomène qui est enclenché maintenant et qui mettra un millier d’années avant de revenir à l’état initial. Moins on émettra de gaz à effet de serre, moins la température s’élèvera. Par exemple, si le pic des émissions intervient en 2030, la stabilisation de CO2 interviendra 120 ans après. Les phénomènes, eux, comme la température et la hausse du niveau de la mer se stabiliseront encore plus tard. Si le pic des émissions se termine en 2030, on s’en tirera encore avec une hausse de 2,7 à 3°C par rapport à la période préindustrielle.

Les scientifiques pensent que l’élévation du niveau de la mer sera comprise entre 80 cm et 1mètre 50 par rapport à aujourd’hui. Ce n’est pas catastrophique mais cela aura une influence car les jours de tempête, on aura ce que l’on appelle une surcote, une élévation provisoire du niveau de la mer pouvant aller jusqu’à 1 m 70. Conjuguée à la montée des eaux, on pourra atteindre jusqu’à 3 mètres. A ce palier toutes les stations balnéaires du littoral seront inondées. Les plages de la côte rocheuse seront affectées mais les falaises diminueront les risques. C’est la côte sablonneuse qui sera la plus touchée, c’est aussi la zone où l’urbanisation en front de mer est la plus exposée.

Dans l’immédiat, deux mesures sont à prendre. Des mesures préventives qui sont d’arrêter de construire près du rivage et reculer l’urbanisation. Ce n’est pas facile à faire entendre mais c’est indispensable. Il faudra aussi se résoudre à démolir certaines maisons existantes qui sont trop près du rivage. Au Racou par exemple, déjà, quand il y a une tempête, les clôtures sont emportées. Cela empirera avec une surcote de plus en plus forte. Il ne faudra pas attendre que les maisons tombent toutes seules pour agir car c’est illusoire de penser que l’on peut se battre contre la nature, elle prendra toujours le dessus en regagnant ses droits.

Il est encore un constat observé dans les nappes phréatiques du département. Pas à cause de l’élévation du niveau de la mer, mais d’excès de prélèvement. Il prendra encore plus d’ampleur si les eaux montent. Il s’agit du problème des biseaux salés. Comme toutes les nappes se jettent à la mer, il y a un équilibre de densité entre l’eau douce et l’eau salée et cet équilibre dessine un coin que l’on appelle le biseau salé. L’élément déterminant dans cette affaire est le zéro du niveau de la mer. Si la mer augmente, ce coin salé pénètre plus à l’intérieur des nappes qui deviendront de plus en plus salées.

D’ores et déjà, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures d’urgence pour protéger les populations installées sur le bord de mer.