Nos Pyrénées

Núria, sanctuaire de Cerdagne.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

             L’aspect du sanctuaire de Núria dans les Pyrénées a évolué au fil des siècles depuis la modeste chapelle romane jusqu’à la bâtisse et ses dépendances actuelles qui datent de 1911. Notre-Dame de Núria et son lac artificiel (construit en 1956) baigne dans une atmosphère mythique héritée du paganisme que renforce le massif du Puigmal dont les hauts sommets illuminent la Cerdanyà .

Autrefois, les pèlerins partaient de Ribes de Freser sur un sentier muletier pour être plus près de la Vierge; un rude cheminement (3 heures) sur un sentier au bord d’une gorge étroite sur 13 km pour monter à 2 000 mètres sur les pentes ardues des Pyrénées catalanes. Les pénitents venaient implorer la bonté de la Vierge, patronne des bergers pyrénéens, pour vaincre la stérilité des femmes mais aussi, plus surprenant, la stérilité des champs.

Ce n’est qu’en 1931 qu’une ligne ferroviaire est inaugurée, longue de 12,5 kilomètres dont 7 à crémaillère. On peut toujours emprunter le chemin des pèlerins mais seulement si l’on est un randonneur physiquement en bonne forme.

La guerre civile espagnole modifie le sort de Núria. Un bataillon de skieurs alpins, une école de haute montagne et un sanatorium prennent possession des lieux. Le 22 juillet 1936, alors qu’un détachement de miliciens arrive au sanctuaire, un homme, Bonaventura Carrera, pense à protéger la Vierge Noire. Il l’emporte avec lui dans un sac à dos, s’échappe par le col des Finestrelles et bascule en Cerdagne française. Arrivé en Suisse, il confie la « moreneta » (la petite noire) de Núria à l’archevêque de Fribourg qui met la statuette en sureté. Elle retrouve l’amplitude de son fief naturel, au pied du Puigmal d’Err, le 20 janvier 1941

Dans un pays ravagé par une guerre fratricide sans concession, un homme, motivé par le sauvetage d’une icône religieuse essentielle du patrimoine catalan accomplit une action courageuse. La motivation religieuse ou pas de Bonaventura Carrera ne nous regarde pas. Le retour de la Vierge en pays catalan a fait beaucoup de gens heureux et c’est bien, là, l’essentiel !

La beauté spectaculaire de l’endroit inspira un célèbre poème à Joan Maragall : « Verge de la vall de Nùria, voltada de soledats… » cela donne en français « Vierge de la vallée de Nùria, entourée de solitudes…ect, ect. 

Le train à crémaillère permettait de "monter" jusqu'au sanctuaire et aux pistes de skl en toutes saisons.Le pittoresque et ancien tortillard a été remplacé par une automotrice moderne pour transporter les amateurs de skl de plus en plus nombreux. Photo de 1960