Action éco-citoyenne

Sauver le corail rouge de Méditerranée.

Écrit par Super User. Publié dans Action éco-citoyenne.

             Le magnifique corail rouge de Méditerranée est un cnidaise à croissance très lente qui vit dans des habitats rocheux ombragés entre 5 et 400 mètres sur les fonds marins de Mare Nostrum. Le « Corallium rubrum », son nom latin, est récolté depuis des millénaires, son squelette calcifié est un organisme marin fascinant, capable de susciter des passions que l’on soit pêcheur corailleur, bijoutier, femme élégante ou simple plongeur. Il est utilisé pour confectionner des bijoux, des amulettes et comme médication. Depuis 2015, le corail rouge est inscrit sur la liste de l’IUCN (Union pour la Conservation de la Nature) qui recense les espèces en voie d’extinction.

En Catalunya, un rapport publié par un collectif de 14 scientifiques membres de 5 centres de recherche, a tiré la sonnette d’alarme en 2017 et préconisé un arrêt du prélèvement car 90% des colonies sont dans un « état de conservation critique ». Pire, la majorité des récifs seraient considérés comme « écologiquement éteinte » ! La Généralitat s’est aussitôt placée dans le sillage des spécialistes, en novembre 2017, elle a suspendu l’exploitation du corail rouge sur la partie nord de son littoral, pour une durée de 10 ans (jusqu’au 31 décembre 2027). Mais l’interdiction ne porte que sur les eaux intérieures, qui sont sous la responsabilisation du gouvernement catalan. C’est le moment qu’à choisi le gouvernement central de Madrid pour délivrer 12 licences d’exploitation et de vente du corail rouge sur une zone située entre le cap Bégur (province de Girona) et Arenys de Mar (province de Barcelona). Ces mesures à contre-courant des estimations de protection sont, ni plus, ni moins, qu’un permis d’éradication totale de cette espèce emblématique et de grand intérêt écologique non seulement sur la Costa Brava mais aussi sur le pourtour du golfe du Lion.

En Catalunya, les écologistes catalans ont réagi aussitôt. Soixante-dix (70) associations motivées ont lancé une campagne de protestation et envoyé une lettre à la ministre de l’Environnement. Joaquim Garrabou, un chercheur de l’Institut des Sciences de la Mer (ICM) de Barcelona est devenu le porte-parole de ce mouvement. Il déclare : « les licences accordées vont compliquer la lutte contre le braconnage et la surexploitation du corail rouge sur la Costa Brava ». Il ajoute : logiquement les corailleurs ne peuvent prélever des coraux dont la taille est inférieure à 7 mm. Certains respectent ce diamètre minimal, mais d’autres ont tout arraché. D’autre part, les moyens de contrôles sont nettement insuffisants sur la zone afin d’éviter toute dérive.

Les scientifiques et les écologistes brandissent les recommandations internationales de la Commission Générale de Pêche en Méditerranée (CGPM) qui préconise un arrêt temporaires des prélèvements « à des profondeurs inférieures à 50 mètres ». Un avertissement qui ne vaut pas seulement pour les colonies catalanes, mais pour tous les récifs de Méditerranée. En France, la pêche de corail en Méditerranée est réglementée. Il faut espérer que cette croisade pour sauver « l’or rouge » sera couronnée de succès car que sera notre Méditerranée sans l’un de ses fleurons parmi les beaux ! Il faut espérer que cette bouteille lancée à la mer n’échouera pas !