Tribune Font del gat

Rejets toxiques dans le Parc National des Calanques.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

            La stupeur suivie d’une légitime colère lorsqu’un reportage de Thalassa, émission phare de télé consacrée aux océans et regardée par tous les amoureux de la mer, apprennent brusquement que depuis 50 ans une usine de production d’alumine de Gardane, près d’Aix en Provence (Bouches du Rhône), bénéficie d’un passe-droit pour rejeter ses résidus toxiques dans la Fosse de Cassidaigne située dans le Parc National des Calanques (créé en 2012) près de Marseille.
Hélas, cela ne date pas d’hier. Depuis un demi-siècle, les industriels qui ont successivement dirigé l’usine se sont ingéniés à inventer bien des astuces pour faire accepter aux autorités politiques, scientifiques et sanitaires, ainsi qu’aux populations, de la faible nocivité des boues rouges, résidus de la transformation de la bauxite en alumine afin de poursuivre le rejet en mer Méditerranée.
Les effluents de boues rouges rejetés dans le parc des calanques contiennent « 53 substances polluantes », pour six d’entre elles, l’usine est autorisée à dépasser pendant six ans les valeurs limites d’émissions fixées par un arrêté ministériel de février 1998.
La réalité est que plus de 30 millions de tonnes de boues rouges toxiques ont été déversées dans les fonds marins de la Méditerranée par cette entreprise qui a obtenu de tous les gouvernements, alternativement au pouvoir, l’autorisation de continuer de larguer ses déchets dans le sanctuaire des calanques bien que plusieurs associations de défense de l’environnement et riverains aient dénoncé à plusieurs reprises la toxicité et la radioactivité de ces boues rouges.
La ministre de l’Environnement déclare : il aurait fallu avoir le courage d’imposer à l’entreprise une mutation du site et une dépollution. L’entreprise a obtenu une dérogation pour continuer à polluer a-t-elle déclarée, espérant qu’il y aura des recours pour que toute la clarté soit faite.
Les dernières enquêtes de l’Anses (agence française de sécurité alimentaire et sanitaire) ont démontré que sur la zone des rejets, il y avait une contamination beaucoup plus forte aux métaux lourds, confirmant une pollution dangereuse pour la santé.
Le débat se polarise sur la dualité chômage et pollution mais certainement qu’une solution peut être trouvée en conciliant les principaux obstacles. 

L'eau ne devient pas acide ou polluée toute seule,

incorrigible, l'homme est rarement étranger à cette situation.