Tribune Font del gat

Projections du Conseil mondial de l'eau.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

         Les projections du Conseil mondial de l’eau montrent qu’en 2025, environ 4 milliards d’humains, soit la moitié de la population sur terre vivront en situation de stress hydrique, c'est-à-dire de pénurie d’eau potable. L’urbanisation et l’agriculture irriguée progressant vite mais les besoins augmentent deux fois plus rapidement que la population mondiale. Or l’eau douce représente moins de 3 % de toutes les ressources aqueuse de la planète bleue. Dans ce contexte, il est tentant de se tourner vers une réserve quasi inépuisable : les mers et océans qui nous entourent. Hélas, cette eau est imbuvable car sa teneur en sel, contient jusqu’à 50 grammes de sel par litre, soit 100 fois plus que le taux fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour être consommable. Extraire ce chlorure de sodium peut dans l’avenir désaltérer une partie de l’humanité.

En Europe le long du littoral méditerranéen, l’Espagne depuis une décennie a mis en place un vaste programme de traitement de l’eau salée en eau douce. Plus de 700 usines y ont été construite le long du littoral méditerranéen produisant près de 2 millions de m3 d’eau douce chaque jour, ce qui place le pays parmi les premiers utilisateurs de la technologie de dessalement dans le monde.

Un nombre croissant de pays se sont décidés à recourir aux technologies de dessalement, c’est le cas notamment au Moyen Orient et au Maghreb, des régions où il n’y a ni nappes phréatiques assez vastes, ni de précipitations suffisantes pour satisfaire les besoins de la population.

La plus grande usine au monde se trouve d’ailleurs dans les Emirats Arabes Unis, à Jebel Ali à 30 km de Dubaï. Elle peut produire 900 000 mètres cubes d’eau douce par jour. Une solution indispensable car l’Arabie Saoudite ne pourrait plus produire son propre blé ou d’autres denrées qui garantissent sa quasi autonomie alimentaire. De nombreux pays sont également tributaire de l’eau dessalée. Au Qatar par exemple, près de 95 % de l’eau douce est issue d’une transformation de l’eau de mer. Pour Israël aussi développer cette technologie est devenu une question de survie : sans elle, le pays serait dans l’obligation importer son eau par bateau-citerne. L’Inde est en course pour mettre ses propres usines, les Etats Unis emploient de plus en plus les leurs pour contrer l’assèchement de la Californie, et les Chinois ne sont pas en reste…d’autre part, le dessalement pourrait désamorcer de potentielles « guerres de l’eau », comme celles pour le contrôle des ressources du Jourdain ou du Nil.

Néammoins cette technologie provoque des problèmes écologiques pas négligeables. Ce sera le sujet d’une autre page.