Tribune Font del gat

Touchez pas la loi Littoral.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

C’est une loi qui a été adoptée à l’unanimité au Parlement le 3 janvier 1986 approuvée et soutenue par 90 % des français. Elle est reconnue par la très grande majorité de la population comme le bouclier protecteur de notre patrimoine que constituent nos rivages maritimes.

Le littoral est un espace rare et fragile. Toucher les territoires littoraux est une grave atteinte à l’écologie et à un bien collectif. On sait comment ça commence et on sait aussi comment ça fini : du béton et du bitume partout. Nous devons anticiper afin d’éviter que la libéralisation n’entraîne des constructions et ouvrages irréversibles. Vouloir abroger, retoucher ou assouplir la loi Littoral à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi sous prétexte d’anticiper les impacts du changement climatique est une atteinte grave à l’intérêt général au profit de quelques intérêts particuliers. Viser à encadrer l’aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière et permettre le libre accès au public sur les sentiers littoraux et les plans d’eau intérieurs les plus importants légitime le refus d’abroger ou réaménager cette loi qui protège efficacement notre littoral.

Les années 1970 ont vu se développer des projets immobiliers de grande ampleur sur la côte du Languedoc-Roussillon et une ou deux décennies avant pour la Costa Brava avec des mégas complexes : hôtels, commerces, ports, immeubles, marinas, campings au bord de l’eau ont défiguré à tout jamais des paysages remarquables. Pour simplifier je dirais que les projets ont été surdimensionnés et les retombées économiques surévaluées ; les résultats sont très mitigés. Cette loi ne doit pas être retouchée à moins de vouloir ressembler aux côtes du sud de l’Espagne où on a des kilomètres de logements vides la plupart de l’année sur un littoral abîmé ! Et le site de l’usine de Paulilles à Port-Vendres ne serait pas le lieu extraordinaire qu’il est devenu aujourd’hui si les autorités avaient laissé faire un promoteur zélé.

L’adaptation des littoraux au changement climatique doit se faire en concertation avec la population locale et les gens de la mer ; pour les cas les plus exposés ou controversés les urnes doivent départager !

 Supprimer même partiellement ou réaménager la loi serait un contre-sens à l’histoire écologique et environnementale, longue vie à la loi Littoral actuelle.