L'eau qui chante

Histoire des joutes languedociennes.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

           

       Les joutes languedociennes sont apparues dans le Languedoc dès le XIIIème siècle. On en trouve une première trace à Aigues-Mortes en

1270. A cette époque, croisés, soldats et marins s’affrontaient à bord d’embarcations en attendant leur départ pour la Terre Sainte. D’après

certains documents, les premières joutes nautiques languedociennes ont été organisées à Agde le 31 mai 1601 pour la venue du duc de

Montmorency. En 1629 et 1637, des joutes ont lieu à Frontignan en l’honneur du Cardinal de Richelieu puis du duc d’Halluin, gouverneur du Languedoc. 

Le 29 juillet 1666, le port de Sète est inauguré. A cette occasion, des joutes languedociennes y sont organisées et décrites comme des tournois

chevaleresques du Moyen-âge. Une désignation qui demeure puisque les jouteurs sont encore appelés les « Chevaliers de la Tintaine ». C’est

en 1743 aux alentours du 25 août, que le premier tournoi de joutes de la St Louis est créé à Sète. Lors de ce grand prix, les meilleurs jouteurs

de lrégion se mesurent sur le canal principal de la ville de Sète appelé « Cadre Royal » et ensuite à la Révolution « Canal Royal ». 

Aujourd’hui, ce tournoi représente l’événement de l’année. Il cristallise autour de lui rivalités entre quartiers et entre villes. La joute devient

le lieu privilégié d’affirmation d’une identité. A l’origine, la confrontation nautique opposait 2 équipages, celui des hommes mariés, devenu de

nos jours la barque rouge, et celui des jeunes hommes, aujourd’hui la barque bleue. Jusqu’en 1846, la victoire était collective, même si des prix

individuels, récompensaient les jouteurs qui avaient renversé le plus d’adversaires. Pour connaître un nom parmi ces vainqueurs tutélaires, il 

faudra attendre 1740. Cette année-là, Barthélémy Aubenque, dit le Terrible, assura la victoire à la barque des mariés. Après avoir terrassé

tous ses adversaires, il lança un défi à l’ancien pont de la Bourse…et dit-on, parvint à arrêter sa barque avec sa lance.

Les sociétés de joutes languedociennes ont tenté de se rassembler sous une fédération officielle à partir de 1920. Ce regroupement ne va pas de

soi étant donné la forte identité de chaque société, de nombreux essais furent infructueux. A partir du premier janvier 1975, deux ligues vont

coexister : Ligue Provence-Côte d’Azur et la Ligue Languedoc-Roussillon, qui respectent chacune des règles légèrement différentes. 

Aujourd’hui, la Ligue languedocienne rassemble pas moins de 18 sociétés de joutes et 2 sociétés-écoles. Sept d’entre elles et une école, l’Ecole de 

joutes de la Marine qui fête cette année son quarantième anniversaire, se situent à Sète même, faisant de la ville une place de référence en la

matière. La Saint Louis sur le Cadre Royal de Sète délivre chaque année sous un soleil de feu une fête passionnante, colorée, exubérente, où chaque supporteur pousse sa barque favorite, autant qu'il le peut, vers la victoire, mais respecte tous les acteurs, quels qu'ils soient.

Une tradition ancestrale où jouteurs et spectateurs, villes et villages sont d'authentiques "Chevaliers de la Tintaine"! 

 

 

 Un jouteur en route vers un inévitable plongeon dans le eaux  du canal Royal de Sète. Le plongeaon c'est la double peine, le bain forcé et

l'élimination de la compétition