Histoire d'ici

L’anguille de chez nous.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

         L’anguille est présente pratiquement dans tous les étangs littoraux du Languedoc–Roussillon. Elle est un poisson en constante métamorphose. Au début du printemps, elle pond ses œufs en mer des Sargasses, une lointaine et vaste zone de trois millions de km2 sur l’Atlantique nord. Dès l’éclosion, les larves sont portées par le puissant courant du Gulf Stream durant des mois jusqu’à nos côtes. Aux abords du continent européen, elles se transforment en « civelles » ou « pibales », bébés anguilles transparentes de quelques centimètres de long. Les civelles remontent alors vers les eaux douces et saumâtres pour s’alimenter et devenir adultes. Au premier contact avec les eaux saumâtres, la civelle se transforme à nouveau, devient vert-grisâtre puis sa robe tourne au jaune-verdâtre ou brun-olive.

L’anguille chasse surtout la nuit, restant enfouie dans la vase le jour. Après une dizaine d’années de croissance, l’anguille devient argentée, indice que l’instinct de reproduction apparaît. Dès lors, habitée d’une force irrésistible, elle prend le chemin inverse, jusqu’à la mer des Sargasses.

L’anguille peut mesurer de 50 à 150 cm de long et peser jusqu’à 6 kg. Dans notre région, la pêche à l’anguille est une tradition. Ce poisson est l’ingrédient essentiel de la fameuse bourride en Languedoc ou la succulente « boullinade d’anguilles » en Pays catalan.

Aujourd’hui, la population de ce mystérieux poisson ne cesse de diminuer du fait de la pollution et d’une pêche excessive de civelles. Seule l’anguille adulte est pêchée, uniquement du premier octobre au premier mai. La Prud’homie veille à l’application stricte de la période de pêche qu’elle veut respectueuse d’un développement durable.