Histoires du monde

Terre Neuve : le stock épuisé.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

                   L’église catholique imposait à partir du Moyen-âge un grand nombre de jours de pénitence pendant lesquels les rapports sexuels et la nourriture à base de viande étaient interdits. Cela concernait tous les vendredis (le jour de la brunification de Jésus), les 40 jours du Carême et toute une série de jours spéciaux du calendrier religieux. Au total, la viande était bannie 160 jours par an. Elle était interdite car elle était considérée comme une nourriture « chaude » qui attise les passions et excite les sens ! Le poisson et le gibier d’eau étaient autorisés à titre de nourriture « froide ». De là est venue une forte demande de poisson. Malheureusement le poisson se conserve mal. A une époque où la réfrigération n’existait pas, la salaison était le seul moyen de conserver les aliments. On conservait ainsi le hareng. Mais sa chair est grasse et même salée et fumée, le hareng exposé à l’air ne peut se garder très longtemps. La morue par contre, à la chair très maigre, une fois séchée et salée se conserve pendant des années et ne rancit pas. Au Moyen-âge, cette découverte a produit des bienfaits comparables à ceux de la congélation pour notre époque. La morue était abondante dans les mers froides et faciles à pêcher car elle aime les eaux peu profondes. La morue est devenue la nourriture du vendredi…Il fallait du sel mais il n’y avait pas de sel dans les pays du Nord. Les Basques puis les Portugais qui disposaient de sel sont donc devenus les principaux fournisseurs de morue salée. La mer du Nord étant du domaine des Anglais et des Scandinaves, ils allaient à Terre Neuve. C’était loin, mais la morue y était incroyablement abondante. On raconte que les bancs de morues étaient si denses que les mouettes se reposaient dessus et que les doris (petite barque d’appoint) sombraient parfois sous le poids de la pêche après quelques minutes. La raison de cette abondance est qu’il y a là des hauts-fonds, les célèbres « Bancs », en particulier le réputé Grand Banc, dans les eaux froides riches de ce plancton qui est à la base de la chaîne alimentaire. Un fois la pêche terminée il suffisait d’aller à Terre Neuve, pour saler et faire sécher les filets de morues pendant quelques semainesavant de rentrer au pays. Les Bretons, les Basques, les Portugais, les Américains et bien d’autres sont venus aussi se servir à Terre Neuve. Mais après 4 siècles d’une pêche sans mesure, la poule aux œufs d’or est moribonde ; la morue a pratiquement disparu et ne semble pas vouloir revenir malgré un moratoire sur la pêche. 

On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va.

Christophe Colomb, le meilleur navigateur de tous les temps.