Le dromadaire, le "vaisseau" du désert.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

        L’air bête, sa mine hautaine, ses pattes de grenouilles et son refus de caresses d’un inconnu rendent le dromadaire assez antipathique. Mais ce sont là les seules critiques à faire à cette étonnante « citerne sur pattes ». Elancé, souple, majestueux, il impressionne par sa démarche et par la charge qu’il trimbale sans avoir l’air de remarquer qu’autour de lui il fait plus de 40° C. Appelé « Camelus dromadarius » par les scientifiques, il a été introduit en Afrique par le sud de la péninsule arabique il y a 5 000 ans. Sur les 80 millions de dromadaires recensés de par le monde, 80% vivent dans les zones les plus désertiques de la planète (Sahara, Soudan, Somalie, Ethiopie, ect.). Cette aptitude à vivre et à travailler là où il fait le plus chaud et le plus sec, il la doit à son exceptionnelle gestion de l’eau et de son énergie. Pour pouvoir jeûner pendant 3 semaines en parcourant jusqu’à 130 km/jour, le dromadaire fait des réserves dans les 4 poches de son estomac. Il y stocke 5 kg de nourriture et conserve dans les alvéoles des parois jusqu’à 136 litres d’eau qu’il boit en quelques minutes seulement. Pendant ses périodes de repos, il se constitue une bosse de graisse qu’il utilise en cas de jeûne prolongé pour avoir de l’énergie et de l’eau métabolique. Il peut également prélever de l’eau dans ses cellules, le plasma et la lymphe de son organisme. Non content d’être le champion du stockage, le dromadaire est aussi le champion de l’économie. Lorsqu’il fait chaud, l’être humain transpire pour faire baisser sa température corporelle et protéger ainsi son cerveau, organe le plus sensible aux variations de température. Le dromadaire, lui, n’hésite pas à laisser monter sa température corporelle jusqu’à 42° C, ce qui explique qu’il transpire très peu. Dans la fraîcheur de la nuit (parfois en dessous de zéro dans le désert) le dromadaire diminue sa température jusqu’à 32° C, ce qui lui permet d’éviter de dépenser de l’énergie pour se réchauffer. A la différence du chien qui transpire par la gueule, le dromadaire n’halète pas, il se contente de ralentir son rythme respiratoire. De plus, en contractant ses narines, il fait de la rétention de vapeur d’eau quand il inspire et expire. Les gouttelettes de condensation qui en résultent sont directement envoyées dans la gueule par le sillon de sa lèvre supérieure. Ultime adaptation aux conditions extrêmes du désert, le dromadaire sécrète des hormones antidiurétiques qui augmentent la perméabilité cellulaire et favorise une meilleure récupération de l’eau dans les reins, le foie et l’intestin.

Les nomades du désert, par une température de 45° C, doivent boire plus de 7 litres d’eau par jour pour ne pas se déshydrater et à court de vivres, ils prélèvent de la graisse dans la bosse du dromadaire en pratiquant une incision qu’ils recousent ensuite. Lorsqu’ils ont une femelle allaitant, ils boivent volontiers son lait riche en potassium favorable à la rétention d’eau. Deux à quatre litres de ce précieux breuvage, équivalent à plus de 6 litres d’eau, suffisent pour la journée.

Le dromadaire mérite amplement le surnom de « vaisseau du désert ». 

Une colonie de chameaux s'abreuvent dans un oued au Sud du Sahara algérien. Photo de 1890 environ. 

C’est quoi l’énergie ?

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Lorsque vous soulevez un poids, lorsque vous pédalez sur votre bicyclette, vous dépensez de l’énergie. La chaleur que vous utilisez pour chauffer votre petit déjeuner, c’est aussi de l’énergie. Le vent qui gonfle la voile du kitesurf, c’est encore de l’énergie. La mer déchainée qui rejette ses vagues sur les rochers est une autre forme d’énergie.

Mais entre tous ces phénomènes, les liens n’apparaissent pas toujours évidents. La notion d’énergie demeura d’ailleurs très longtemps ignorée. Il fallut beaucoup de génie pour comprendre que, dans tous les cas, on se trouvait en présence d’un même facteur de mise en mouvement. Ce génie, c’est un physicien écossais, James Joule, qui l’eut peu avant 1850. Il se livra à des expériences demeurées célèbres. Ainsi Mr Joule fit agiter l’eau contenue dans un récipient par des palettes qui tournaient grâce à la descente d’un poids. Il varia la masse du poids et la hauteur de sa chute afin de créer des travaux mécaniques différents. Le physicien écossais constata que le rapport entre le travail et la chaleur était toujours le même, comme si l’un et l’autre n’étaient que deux formes d’une même réalité. Ce phénomène reçut le nom d’énergie.

Cette réalité présente aujourd’hui des aspects nettement plus variés que l’on ne pouvait imaginer lors de la découverte du génie écossais. Aux côtés de l’énergie mécanique et de l’énergie calorifique mesurée par James Joule, les physiciens connaissent l’énergie électrique, magnétique, sonore, radiante, chimique… Mieux encore, ils savent comment elles peuvent se convertir totalement ou partiellement. Autrement dit, comment, avec de la lumière, on fabrique de l’électricité, avec l’électricité, de la chaleur.

En hommage aux remarquables travaux du génial physicien écossais, on mesure l’énergie avec une seule et même unité, qui a tout naturellement, reçu le nom de Joule (J)…

Le hammam.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

              La pratique du hammam commença 600 ans après J.C. Hammam en langue arabe signifie « qui répand la chaleur ». Les Arabes découvrirent les bains romains lors de conquêtes en Syrie. Le prophète Mohammed, conquit, en fit l’apologie. Il croyait que la chaleur du hammam augmentait la fertilité et facilitait la reproduction des croyants. Auparavant les Arabes utilisaient l’eau froide pour se laver, et jamais dans des baignoires car pour eux cela revenait à se décrasser dans la saleté. Les religieux adoptèrent le bain de chaleur. Le hammam pris une signification religieuse et devint rapidement un complément à la mosquée. La pratique a suivi l’expansion de l’Islam. Il était utilisé afin de se conformer aux règles d’hygiène et de purification de l’Islam. Les femmes y étaient interdites. Mais lorsqu’on prit conscience des vertus hygiéniques, la « parole » du prophète fut réinterprétée et les femmes autorisées à s’y rendre après une maladie ou un accouchement. Très vite ce privilège devint un droit. C’était la seule distraction des femmes musulmanes. Elles pouvaient demander le divorce si leur mari leur interdisait d’y aller ! Les mères de famille profitaient des contacts aux bains pour déceler d’éventuelles épouses pour leurs fils car aucune tare physique ou inaptitude sociale ne pouvaient y passer inaperçue.

Après une petite douche on entre dans des salles de plus en plus chaudes saturées d’humidité en prenant son temps. C’est un lieu de retraite tranquille dans une pénombre où règne une atmosphère de farniente et de solitude. Un rituel inamovible depuis des siècles. Sur le plan architectural alors que les Romains avaient bâtit de grands thermes publics, les Arabes abaissent la voûte des plafonds et préfèrent en construire plusieurs plus petits disséminés à travers la ville. Le prix d’entrée était si bas que tout le monde pouvait en profiter. Le hammam s’appelle bains maures en Espagne en référence à l’Andalousie et bains turcs par les occidentaux. Au milieu du XIXème siècle, le déclin commença avec la révolution industrielle dans le monde occidental, le hammam perd ses clients les plus aisés bien que les bains avec douche n’aient pas encore parvenu au Proche Orient. Seules les classes les plus défavorisées sont fidèles.

Les fruits de mer.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

           Les mers et océans, 71% de la planète, constituent un monde où fourmillent des milliers d’êtres vivants de toutes les tailles, de toutes les couleurs. Dans ces vastes réservoirs de 1 320 millions de km3 d’eau salée évoluent des poissons mais aussi d’animaux comme les coquillages, mollusques et crustacés que l’on retrouve sur les étals des écaillers ou des poissonniers à l’orée des grandes fêtes de fin d’année. Langoustes, homards, huîtres, palourdes, moules trônent au milieu de la table excitant nos papilles. Les fruits de la mer rendent la fête plus belle…

Les crustacés ont tous un point communs : une armure protège leur chair des agressions extérieures. Les zoologistes les classent parmi les invertébrés, à l’instar des vers, des éponges ou des méduses. Mais, à l’inverse de ces derniers, ils ne sont pas flasques au toucher car ils sont enveloppés dans une coquille ou une carapace qu’il faut ouvrir ou briser pour déguster.

Les coquillages et les crustacés appartiennent à des groupes zoologiques distincts. Les premiers sont des mollusques, créatures au corps d’un seul tenant. Les seconds font partie des arthropodes, tout comme les insectes. Ils possèdent un corps segmenté en plusieurs morceaux, ainsi que des pattes et antennes articulées. Environ 45 000 espèces sont recensées.

Mais sur l’étal de l’écailler tous ne sont pas des mollusques ou des crustacés. C’est par exemple le cas des oursins, animaux en forme de ballon plus ou moins aplati et recouverts de piquants. Seules leurs glandes reproductrices, de couleurs orangées, sont comestibles.

Les algues sont également assimilées aux fruits de mer, non parce qu’elles décorent les plateaux d’huîtres, mais parce que certaines sont consommées comme légumes ou comme condiments. Les plus fréquemment utilisées dans l’alimentation sont les ulves (laitues de mer) et les noris avec lesquels les Japonais confectionnent les makis (bouchées de poisson cru entouré de riz et d’algues). En Chine, les méduses, traitées comme des fruits de mer, se servent en salades !

Avant d’être des aliments, ces « fruits de mer » sont des animaux aux modes de vie parfois surprenants.

Manuvéra, L’oiseau du voyage.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

      Pen Duick IV est un voilier imaginé par Eric Tabarly, conçu en1968 par le chantier La Perrière à Lorient. Long de 20,80 m, 10,70 m de large pour un poids de 8 tonnes et une voilure de 107 m2, Pen Duick IV est l’invention la plus marquante d’Eric Tabarly. Pour concevoir le trimaran océanique qui va s’avérer le plus rapide du monde, il rompt avec la tradition des monocoques. Les hasards de la vie sont parfois à l’origine de belles histoires. Ce fut le cas pour Alain Colas, un « terrien » né à Clamecy, village de la Nièvre où l’on voit la mer que sur les photos de vacances. Rencontrer en Australie, à l’autre bout du monde, une légende vivante de la voile ne laisse personne indifférent, surtout lorsqu’il s’agit d’Eric Tabarly dont la personnalité éveille en vous les premiers frissons de matelot, attestant, aussi, sa passion pour son dernier-né, le Pen Duik IV. On ne peut espérer meilleur timonier ! 

Alain Colas, équipier de Tabarly, manœuvre le Pen Duick IV qu’il apprécie. Tours du monde, rêves les plus fous, victoires transocéaniques et mille projets hantent dans la tête de ce jeune homme de 35 ans, ambitieux et entreprenant. Il rachète la formule 1 des océans à son idole à l’automne 1969. Aussitôt, il remporte à bord de ce catamaran la Transat anglaise en 1972. Alain Colas le rebaptise Manureva, L'oiseau des îles en tahitien, y apporte des modifications en vue d’un tour du monde avec escales.

Le 5 novembre 1978, Alain Colas et Manuvera sont présent sur la ligne de départ de la Première Route du Rhum à St Malo. Il lance son premier message radio après 6 jours de course. Il est en tête, tout se passe bien. Il est optimiste car les vents portants favorisent son trimaran par rapport aux monocoques qui le poursuivent.

Mais les jours suivants le temps change, une tempête fait rage. Après un ultime appel le 16 novembre à proximité des Açores, la radio du Manuvera reste définitivement silencieuse. Un dénouement tragique traverse tous les esprits ! Dès lors, toutes les hypothèses sont envisagées, même les plus invraisemblables ! A-t-il été heurté par un cargo ? A-t-il été éperonné par un orque ou une baleine ? A-t-il été désarticulé par un phénomène météorologique ? A-t–il été la cible involontaire d’un missile lancé par un sous-marin ? Sans preuve indiscutable, personne ne peut répondre de façon affirmative !

La rumeur véhicule tout et son contraire, les suppositions les plus farfelues, les plus folles. C’était mal connaître Alain Colas pour jeter en pâture des ragots ignobles sans relations avec la vie et la personnalité exemplaire de ce marin. Les gens de la mer mais aussi la France profonde sont affectés par cette tragédie non élucidée, irrationnelle et incompréhensible. Déjà 50 ans que l’océan a emporté mystérieusement Alain Colas, 50 ans que la disparition de ce marin d’exception promis à une belle carrière est encore une énigme !

Quelques mois plus tard, en 1979, ce drame inspire Serge Gainsbourg qui écrit les paroles de la chanson Manuvera interprétée par Alain Chamfort. La chanson la plus célèbre de ce chanteur envahit les ondes et ne cesse de rendre hommage au dernier voyage de « L’oiseau du voyage».

En 2014, des proches d’Alain Colas mettent en avant l’état de délabrement du voilier pour expliquer les causes de la disparition du navigateur. 50 années d’interrogations et de chagrin, n’arrête pas une légende de briller, elle réchauffe toujours quelque part un cœur ! 

Alain Colas est le nouveau propriétaire du légendaire trimaran Pen Duick IV d'Eric Tabarly. Transformé en bête de course, rebaptisé Manuréva, mis à l'eau en 1972. Lors de la première Route du Rhum, le skipper  et son bateau disparaissent, Un mystère jamais éclairci, Peut-être un jour...