Observatoire Pic du Midi de Bigorre 02.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Construction d’un téléphérique.L’époque des ascensions d’une durée d'au moins 5 heures, généralement de 7 et parfois de 12 heures, harassantes par mauvais temps, souvent dangereuses par temps propice aux avalanches, est maintenant révolue. Un gros effort financier de l’Etat a permis la construction d’un téléphérique qui est l’un des plus longs et audacieux de France. Partant de la station de sports d’hiver de La Mongie, à 1 745 mètres, sur la route thermale, il atteint d’abord la crête du Taoulet, à 2 300 mètres d’altitude, ce premier tronçon, de 1 700 mètres de longueur, est ouvert au public, et c’est par dizaines de milliers que les skieurs l’empruntent chaque hiver, permettant ainsi une exploitation dont les recettes reviennent intégralement à l’Observatoire du Pic du Midi de Bigorre.

La Cerdagne-Capcir sous la neige.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Les hauts cantons des Pyrénées catalanes sont deux micro-régions, la Cerdagne et le Capcir, dont les activités principales fut, durant des siècles, l'agriculture, pastoralisme et l'exploitation forestière. La vigoureuse saison hivernale et les abondantes chutes de neige sont un handicap presque insurmontable. Parsemés de merveilleux petits villages, cernés par la neige une bonne partie de l'année, les habitants vivent frugalement de leurs maigres revenus. L'exode rural est une réalité. Pourtant, cette météo spécifiquement montagnarde va s'avérer un atout économique de grande valeur. Au début du XIXème siècle, la construction de la ligne ferroviaire Villefranche-Latour de Carol fut entreprise pour désenclaver ce minuscule territoire de montagne. Imaginez, en diligence il fallait compter 8 heures 30 pour le trajet Bourg-Madame-Perpignan et encore sans un incident sur le parcours ! Le "Train Jaune" devient l'embléme de cet ouvrage majeur au même moment où la mode de l'air pur, les sources d'eau chaudes et les loisirs de montagne se conjuguent pour un confort de vie meilleur. Font-Romeu et son luxueux Grand Hôtel est la première ville à se transformer en station de sports d'hiver. Au fil des ans, presque tous les villages imitent la ville pionnière. L'industrie du tourisme de montagne se développe durablement pour le bien-être des habitants de Cerdagne-Capcir. Les flocons gorgés d'eau sont appellés "l'or blanc" et lorsque "l'or blanc" se fait désirer, tout le monde prie le ciel pour qu'il tombe comme autrefois, c'est à dire abondanment ! Les engins de déblaiement modernes s'occuperont du surplus. Pour terminer, je voudrais rendre un hommage à notre tortillard, le "Canari", qui a été le meilleur ambassadeur pour sublimer les Pyrénées catalanes ! 

Bolquère-Pyrénées 2000.

  Bolquère-Pyrénées 2000  accueille le "Train Jaune" à 1 593 m, la gare la plus haute d'Europe. Village aux traditions ancestrales, il est aussi une station de sports d'hiver dont le domaine skiable est un des plus grand des Pyrénées catalanes adapté à toutes les pratiques de glisse. 

 Odeillo de Réal en Capcir.

    En hiver, les forêts du Madrès et les environs d'Odeillo invitent à longues ballades en raquettes ou en ski de fond, la cueillette des champignons en automne, la pêche au printemps. La belle saison est propice à tous les loisirs : les randonnées pédestres, la pratique du VTT et du cheval, tous les sports aquatiques sur le lac de Matemale. Un vaste territoire pour parcourir, par monts et par vaux, un environnement naturel préservé

La Cabanasse en Cerdagne.

 La Cabanasse est un paisible petit village de 670 habitants. Contrairement à ce que l'on croit souvent, La Cabanasse est une ville du Haut Conflent, pas de Cerdagne. La Cerdagne commence au col de la Perche, quelques kilomètres plus loin. N'empêche que c'est un village paisible et agréable en toutes saisons avec en face le majestueux Cambre d'Aze et sous la citadelle de Mont-Louis avec laquelle elle partage la gare du célèbre 'Train Jaune". 

  Planès en Cerdagne.

Planès minuscule et tranquille bourg agricole de 53 habitants au pied des Pyrénées, très proche de la Cerdagne mais encore dans la vallée de la Têt, vit au rythme des saisons. Un édifice religieux unique en son genre, emmerge dans un paysage campagnard saupodré de neige immaculée. Il s'agit de l'église du village : ronde, comprenant trois chapelles, dédiée à Notre Dame de la Merci et réputée guérrir la fièvre, la stérilité et protéger les récoltes

Saint Pierre dels Forcats

   L'histoire de St Pierre dels Forcats ne fut pas toujours une agréable station de sports d'hiver bordée de somptueuses forêts sur les flancs du remarquable massif du Cambre d'Aze, passant selon les saisons du blanc éteincelant au vert foncé. Au cours de l'hiver 1709, sous le prétexte de ne pas fournir du fourrage à l'armée française, stationnée à proximitè, les soldats pillent le village, emportant fourrage, céréales et légumes ainsi que tout ce qui pouvait servir de bois de chauffage (portes, planchers, meuble). Ruinés à la suite de ce pillage, les villageois durent demander une réduction des impôts ! Depuis il en a coulé de l'eau au moulin du village. En 1971, la commune se lance dans la construction d'une station de sports d'hiver, s'associe rapidement avec Eyne le village voisin, pour créer l'Espace du Cambre d'Aze dans un cirque extraordinaire. Aujoud'hui, l'Espace du Cambre d'Aze, au coeur des Pyrénées catalanes, est un fleuron du domaine skiable. 

Secrets de la neige de culture.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

           Pour fabriquer de la neige de culture, on utilise des ressources durables : simplement de l’eau et de l’air. La quantité de neige produite correspond grosso modo à deux fois la quantité d’eau. Lorsque le canon projette la neige, elle a une densité de 500 kg/m3 alors que l’eau est à 1000 KG/m3.

La neige de culture coûte cher aux stations : d’abord l’eau puisqu’elles doivent s’acquitter d’une taxe. Mais c’est surtout l’électricité qui revient cher même s’il y a eu d’énormes progrès réalisés sur le matériel. Les nouveaux « enneigeurs » demandent 30% d’énergie en moins pour fabriquer le même volume de neige.

Le public doit savoir que les stations de sport d’hiver produisent de la neige de culture pas pour se faire plaisir mais pour sécuriser l’activité du ski qui représente des revenus économiques très importants pour les populations des villages de montagne. Moins les usines à neige fonctionnent, mieux les stations se portent. Lorsqu’une station utilise son usine à neige, les frais de fonctionnement augmentent considérablement pendant la saison mais aussi à moyen ou long terme le matériel vieillit et remplacer le parc à canons devient inéluctable.

Au point de vue écologique, il faut rassurer les amoureux de la nature que la neige de culture est devenue une production totalement naturelle. Si au début, il y a une trentaine d’années, on ajoutait dans l’eau des additifs, aujourd’hui, en France ce n’est plus le cas. Quand à l’eau employée, elle représente des prélèvements corrects dans un milieu montagnard où la neige naturelle blanchit régulièrement, pendant la saison hivernale, les hauts sommets et les flancs des massifs montagneux ce qui se traduit lors de la fonte, au printemps, par des centaines de milliers de mètres cubes d’eau.

Les Pyrénées catalanes accueillent sur ses pentes une palette de stations de sport hiver à vocation familiale ou au prestige affirmé depuis très longtemps. Font-Romeu- Pyrénées 2000, la plus prestigieuse de toutes, table sur 540 000 m3 pour la saison, ce qui ne veut pas dire qu’elle utilisera la totalité. Elle pompe dans le réservoir des Bouillouses contenant 17 millions de m3, soit 3,17 %. Sur le Cambre d’Ase, station bien plus modeste, l’eau est aspirée et restituée sur ses versants, c’est un cycle aussi. En Capcir, Les Angles, grand domaine skiable, puise l’eau du lac artificiel de Matemale dans les mêmes conditions que Font-Romeu.

En fait, pour la fabrication de la culture de la neige l’eau prélevée est restituée, c’est tout simplement le cycle immuable de l’eau : évaporation, condensation, précipitation.

Núria, sanctuaire de Cerdagne.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

             L’aspect du sanctuaire de Núria dans les Pyrénées a évolué au fil des siècles depuis la modeste chapelle romane jusqu’à la bâtisse et ses dépendances actuelles qui datent de 1911. Notre-Dame de Núria et son lac artificiel (construit en 1956) baigne dans une atmosphère mythique héritée du paganisme que renforce le massif du Puigmal dont les hauts sommets illuminent la Cerdanyà .

Autrefois, les pèlerins partaient de Ribes de Freser sur un sentier muletier pour être plus près de la Vierge; un rude cheminement (3 heures) sur un sentier au bord d’une gorge étroite sur 13 km pour monter à 2 000 mètres sur les pentes ardues des Pyrénées catalanes. Les pénitents venaient implorer la bonté de la Vierge, patronne des bergers pyrénéens, pour vaincre la stérilité des femmes mais aussi, plus surprenant, la stérilité des champs.

Ce n’est qu’en 1931 qu’une ligne ferroviaire est inaugurée, longue de 12,5 kilomètres dont 7 à crémaillère. On peut toujours emprunter le chemin des pèlerins mais seulement si l’on est un randonneur physiquement en bonne forme.

La guerre civile espagnole modifie le sort de Núria. Un bataillon de skieurs alpins, une école de haute montagne et un sanatorium prennent possession des lieux. Le 22 juillet 1936, alors qu’un détachement de miliciens arrive au sanctuaire, un homme, Bonaventura Carrera, pense à protéger la Vierge Noire. Il l’emporte avec lui dans un sac à dos, s’échappe par le col des Finestrelles et bascule en Cerdagne française. Arrivé en Suisse, il confie la « moreneta » (la petite noire) de Núria à l’archevêque de Fribourg qui met la statuette en sureté. Elle retrouve l’amplitude de son fief naturel, au pied du Puigmal d’Err, le 20 janvier 1941

Dans un pays ravagé par une guerre fratricide sans concession, un homme, motivé par le sauvetage d’une icône religieuse essentielle du patrimoine catalan accomplit une action courageuse. La motivation religieuse ou pas de Bonaventura Carrera ne nous regarde pas. Le retour de la Vierge en pays catalan a fait beaucoup de gens heureux et c’est bien, là, l’essentiel !

La beauté spectaculaire de l’endroit inspira un célèbre poème à Joan Maragall : « Verge de la vall de Nùria, voltada de soledats… » cela donne en français « Vierge de la vallée de Nùria, entourée de solitudes…ect, ect. 

Le train à crémaillère permettait de "monter" jusqu'au sanctuaire et aux pistes de skl en toutes saisons.Le pittoresque et ancien tortillard a été remplacé par une automotrice moderne pour transporter les amateurs de skl de plus en plus nombreux. Photo de 1960

 

L’eau dans les Pyrénées catalanes.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

       Que la forêt serait triste sans le murmure de ce petit torrent de montagne, apprécié de la faune et de la flore.  

         L’eau en Pyrénées catalanes est une extraordinaire ressource vivante dont il convient de comprendre les approches pour un bon usage et la protéger durablement. De par leur configuration les montagnes catalanes récoltent chaque goutte d’eau qui tombe. Le département des Pyrénées Orientales est presque un bassin versant*à lui tout seul !

Les petits et impétueux torrents des montagnes pyrénéennes se gonflent de précipitations orageuses et de la fonte des neiges étalée dans le temps des saisons, cavalent les versants abrupts, s’écoulent à grande vitesse et creusent sans relâche leur chemin. L’eau des torrents et des ruisseaux tirée vers le bas par gravité façonnent les paysages, reprend son souffle dans de magnifiques lacs, puis entame au fond des vallées une course folle vers la Méditerranée.

Une course trop rapide que nos « anciens », visionnaires hors pairs, ont ralenti en édifiant de barrages en travers des vallées dont certains ont la fonction de produire de l’électricité (hydroélectricité), une énergie propre indispensable aux activités des hommes. Les réservoirs du Lanoux, Matemale, Puyvalador au cœur des Pyrénées catalanes, produisent de l’énergie sans pollution que l’on dénomme aujourd’hui « énergie durable ». Plus bas dans les vallées de la Têt et de l’Agly, les barrages de Vinça (24,5 millions de m3) et de Caramany (27,5 millions de m3) stockent l’eau provenant de la montagne.

Grâce à ces barrages qui alimentent les canaux d’irrigation et indirectement les nappes phréatiques cette eau est précieuse dans la plaine en période d’étiage. Parallèlement, les barrages jouent un rôle de régulateur important en période de crues.

L’enjeu est de répondre à tous les besoins (eau potable, eau d’irrigation, qualité des cours d’eau, maintien des débits d’étiage) dans un contexte de réchauffement climatique.

Cette richesse naturelle, don du ciel faut-il le rappeler, fait partie intégrante de tout le système économique départemental dans la mesure où elle permet à l’agriculture de se développer, de fournir une eau de qualité à l’industrie touristique, une activité devenue vitale à notre territoire.

Il nous appartient de bien gérer cette ressource avec parcimonie et respect.

Bassin versant * est une zone qui draine l’ensemble des eaux vers un exutoire commun, cours d’eau, lac ou mer.