La flotte catalane visite Marseille.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

         Sur les collines de la Garde et de Marseilleveyre qui domine la rade et la ville de Marseille des vigies humaines sont en place, chargées de scruter l’horizon pour détecter d’éventuels visiteurs indésirables. A Marseille, les gardiens de l’île Riou apparaissent dans les délibérations de la commune dès le début du XIVème siècle.

On les déclare nécessaire à la "sûreté de la ville" notamment en raison des « dangereuses incursions des Catalans » qui en cette période écument la Méditerranée avec une flotte imposante et des marins intrépides, l’une des meilleure naviguant sur Nostra Mar. Ils pratiquent la piraterie avec des galères ou d’autres bâtiments, capturent les pêcheurs et les navigateurs. Les gardiens sont trois dans l’île, dont deux en permanence, le troisième pouvant s’absenter pour aller au ravitaillement. Ils gagnaient maigrement leur vie. Prisonniers dans leur île, ils vivaient en marge du monde.

Quand les troupes de Charles-Quint, après avoir envahi la Provence, mirent le siège devant Marseille en septembre 1524, les guetteurs demeurent sans bouger à leur poste. Leur métier n’était pas sans risque.

Trois ans plus tard, en pleine paix, à la fin du mois de mai de l’année 1527, les gardiens de Marseilleveyre et de Riou sont tués par des "Turcs", ainsi on appelait sans distinction des pillards venant d’Afrique. A cette occasion, ils enlèvent aussi, une barque avec son équipage de pêcheurs du quartier Saint Jean, envoyée par la ville pour découvrir le sort de ces malheureux gardiens.

En 1661, des pirates algériens, sur 3 galères, trompent la surveillance des vigies et, réussissent à débarquer à Calellongue et à l’île de Jarre. Ce jour-là 150 bateaux étaient sortis, uniquement armés de filets de pêche et l’envie de ramener du poisson, les pillards font main basse sur une partie d’entre eux. Il y a 60 disparus emmenés en esclavage. Il y en aurait eu davantage encore sans l’arrivée inopinée de 6 galères napolitaines, chargées d’infanterie, qui allaient faire relâche au château d’If. Mais les brigands avaient pris la poudre d’escampette. La Méditerranée pullule de pirates sans foi ni loi où, justement, la loi du plus fort est la règle d’or, d’où la nécessité de renforcer la surveillance.

Pour protéger la cité phocéenne, mieux valaient désormais disposer de galères, en permanence, d’une bonne force de dissuasion. A partir de 1665, Louis XIV fait bâtir un arsenal nouveau qui en 1692 abrite 41 galères prêtes à défendre la ville. Alors qu’on avait porté à 4 le nombre des gardiens de Riou au début du XVIIème siècle, on le réduit à un seul en 1689 ou à deux (le père et le fils) en 1695.

Système de surveillance obsolète, le poste de garde du Riou est supprimé en 1696 après 400 ans d’existence !

Le canon de Banyuls sur Mer

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le canon de Banyuls sur Mer (Côte Vermeille). 

             Afin de lutter contre les incursions violentes et répétées des pirates, corsaires et flubustiers, durant le XVIIIème siècle un canon est installé en hauteur sur le cap d’Osna à l’entrée nord de la baie de Banyuls sur Mer et une redoute est bâtie au pied de la plage dans une zone encore vierge de toute construction. Vers 1850, le canon du cap d’Osna n’a plus aucune utilité ; il est enlevé en 1902. Pendant une longue période il décore le jardin d’une grande demeure locale; en 1967, la commune le récupère et l’installe sur un support de béton et de schiste en front de mer à la place qu’il occupe actuellement. Témoingnage d’une part importante de la riche histoire de Banyuls sur Mer, l’un des joyaux de la Côte Vermeille, qui ne fut pas épargnée par les hordes sauvages qui écumaient la Méditerranée en ce temps là. 

Après le rattachement du Roussillon à la France en 1659, cette "bombarde" posté à mi-hauteur sur le cap d'Osna (nord de la baie), défendait la baie afin de protéger la population de Banyuls de la Marenda face aux intrusions sauvages des pirates, nombreuses à cette époque.



Pirateries sur la Costa Brava.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

               Traditionnellement associés aux mers des Antilles et de Chine méridionale, les pirates ont toutefois été très actifs durant des siècles le long de la Costa Brava. Rarement avides d’or et joyaux, cliché habituel, ils s’intéressaient surtout aux épices, vins et céramiques, et, plus sinistrement, au trafic humain, pour l’esclavage ou les rançons.

Un des premiers actes de piraterie connu date de 75 avant Jésus-Christ. Des pirates grecs, revenant d’Empùries, kidnappèrent Jules César et réclamèrent une rançon dérisoire. Offensé par cette somme insignifiante et craignant pour sa réputation, Jules César ordonna à ses geôliers de doubler ce montant. Après sa libération, il traqua et captura ces mécréants, leur offrit un magnifique banquet pour les remercier de lui avoir permis de revenir à Rome en héros, avant de les faire exécuter tous.

L’âge d’or de la piraterie sur le littoral catalan s’étend du XIVème du XVIIème siècle. Les nombreuses structures défensives côtières édifiées durant cette époque assuraient une défense contre les nations belliqueuses mais aussi contre les attaques des pirates. Le castell de la Trinitat, forteresse de garnison construite en 1544, qui couronne la pointe de la Poncella et surplombe le phare et le port de Rosas est un exemple encore visible, comme la Torre dels Moros (tour des Maures) à Tossa de Mar. Des feux étaient allumés pour donner l’alarme et appeler les cités voisines à l’aide.

Les légendes et mythes abondent et la nationalité des pirates qui sévissaient sur la côte de l’Empordà est bien difficile à déterminer. Grecs, Turcs, Phéniciens, Libanais, Corses, et même les Vikings, ont été cités parmi les pirates de la Côte des Barbaresques, de l’Algérie au Maroc. D’après l’opinion générale, un grand nombre de navires pirates de l’Ampurdan emportaient des équipages renégats, recrutés dans tout le bassin méditerranéen ne manifestaient que peu ou pas d’allégeance à un Etat. Les équipages se composaient souvent de marins « affranchis » des vaisseaux sur lesquels ils avaient été enrôlés de force pour le compte d’une nation reconnaissante.

Le pirate turc Hayreddin plus connu sous le nom de Barberousse, compte parmi les pirates les plus tristement célèbres pour avoir terrorisé la Costa Brave. En 1543, son équipage attaque la ville de Palamos au petit matin, pillant tout sur son passage et massacrant la plupart des habitants. En fait, les pirates tels que Barberousse pourraient être plus clairement dénommés « corsaires », mercenaires marins accrédités par une nation souveraine désireuse de « se tenir à distance » des actes de pillage et de terreur qu’elle sponsorisait. Hayreddin alias Barberousse fut finalement récompensé de ses efforts en étant nommé Amiral de la Marine Ottomane.

Bien que la piraterie fasse partie du passé de la Costa Brava, à L’Estartit, en été, l’équipage d’un navire pirate « El corsari negre »( Le corsaire noir) superbe réplique d’une goélette en bois, propose des excursions à la découverte des criques et anses isolées qu’hantaient les pirates, y compris de leur légendaire repaire, les îles Mèdes. 

La Torra (tour) de Montgo à La Escala (Costa Brava) est une tour de guet édifiée au XVIème siècle sur la punta (pointe) de Trencabraços située au sud de la baie de Rosas. Le rôle de la tour était de prévenir les habitants de l'arrivée de visiteurs indésirables venant de la Méditerranée, notamment les hordes sauvages de pirates qui semaient la terreur en pillant et tuant les misérables villageois qui résistaient.

 

La "barraca" du pêcheur à l'étang.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

           L’espace lagunaire a été un milieu occupé et exploité de longue date par les hommes qui ont choisi de passer outre les conditions de vie pénibles pour bénéficier des ressources abondantes et faciles d’accès des étangs. Sur le littoral roussillonnais, cette communauté tournée vers le milieu lagunaire, habitait dans la « barraca » (cabane en français) au bord de l’eau sur le cordon de dunes que la tramontane s’acharnait à ériger et à déplacer au fil des saisons sur le littoral encore vierge de tout urbanisme. Une forme d’habitat ancestral qui a perduré sur la côte catalane et plus particulièrement en milieu lagunaire. Les pêcheurs édifiaient la « barraca », avec des matériaux de récupération. Une règle obligatoire : le vent dominant, la tramontane, toujours dans le dos. Souvent l’armature était en bois flotté que les tempêtes avaient rejeté sur le rivage. Les murs et le toit constitué de bottes de« sanils », le roseau qu’ils trouvaient sur place, astucieusement disposés empêchant les infiltrations d’eau ou les vents de pénétrer. Certaines possédaient une cheminée. Toute la communauté, unie comme les doigts d’une main s’entraidaient pour édifier le nid familial. Avec des moyens très limités, c’était du grand art ! 

Le village des pêcheurs de l'étang de Canet-St Nazaire, grandeur nature, plonge le visiteur dans une époque où la vie quotidienne était diffile et rude mais une grande solidarité soulageait le monde ! 

 

A mi-chemin entre Canet en Roussillon et St Cyprien, entre mer et étang, le lieu-dit les "Basses" est l'entrée principale d'un endroit qui retient le temps. Reconstruit à l'identique, le typique village des pêcheurs de l'étang bâti en roseaux prélevés sur place, vestige d'une époque pas si lointaine accuelle les visiteurs. Un sentier invite le promeneur à parcourir le grand tour de la lagune de Canet-St Nazaire seul, en famille, à pied, en VTC ou à cheval. Alors un parcours botanique et ornithologique de qualité vous réconcilie avec une nature sauvage et préservée. Seule, une douce tramontane d'été et les battements d'ailes des oiseaux rompent le silence. Et si, selon la saison, si vous entendez le singulier caquétement et découvrez une colonie de flamants roses au nord de l'étang qui se rassemble avant de s'envoler vers des contrées lointaines, vous serez récompensé par ce spectacle fabuleux. 

 

Les sentiers des douaniers.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

                 Transfrontalière avec l'Espagne, la côte catalane est bordée de sentiers empruntés autrefois par les douaniers afin de contrôler la contrebande, une activité lucrative mais illicite. Ces sentiers, que l’on emprunte pour se promener en bord de mer, ont été créés en 1791 par l’administration des douanes pour assurer la surveillance du littoral. Afin de permettre aux agents de l'Etat de circuler facilement tout au long du littoral à travers vignes, maquis ou criques discrètes, de petits aménagements y sont apportés, abris, guérittes, escaliers, petits ponts… Et lorsqu’une clôture barre le passage, les propriétaires sont tenus de prévoir des portes d’accès et d’en donner les clefs aux agents. De nombreux abris sont construits tout au long du parcours, pour permettre les haltes en cours de ronde mais également pour servir de poste d’observation. Avec cet accès sans restriction à l’ensemble des côtes, les douaniers peuvent empêcher la contrebande, prévenir les secours en cas de naufrage, enrayer le passage des clandestins mais également participer à la protection du territoire. En usage jusqu’au milieu du XXème siècle, ils sont peu à peu laissés à l’abandon jusqu’à ce qu’une loi de 1976 établisse le droit pour tous de circuler librement sur l’ensemble du littoral. Une servitude de passage de 3 m est instaurée sur les propriétés privées de bord de mer. Les sentiers des douaniers sont depuis réaménagés pour le plus grand plaisir de tous les promeneurs et randonneurs qui évoluent dans un cadre maritime grandiose. 

Dicton. Un bateau est une beauté et

un mystère quel que soit l’endroit où on le voit