La surpêche de la morue.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

        Comme au début du siècle, les chalutiers des années 1950 filaient leur chalut par le travers et ils salaient toujours les morues selon les méthodes traditionnelles. Ils ont disparus dépassés par la pêche arrière mise au point à Lorient vers les années 1960, plus performante, facilitant la récupération du chalut et du poisson. A la suite des années 1960, les chalutiers furent équipés d’un demi-pont couvert protégeant les matelots des paquets de mer arrivant de bâbord. Une machine à trancher servait d’appoint au travail des découpeurs. Elle préfigurait l’appareillage des chalutiers-usines équipés de machine à trancher, à faire des filets, à broyer les morceaux invendables qui mélangés aux faux poissons seront transformés en farine. Le temps des bateaux-usines est arrivé. Les navires et les senneurs deviennent des usines flottantes de conditionnement et de surgélation sur les lieux de pêche, dont la logique industrielle est déconnectée de la réalité de la mer. La pratique déraisonnable, universelle, de la senne tournante au début, puis le chalutage aidé par l’électronique, le massacre des faux poissons rejetés à la mer, les captures ravageuses de spécimen immatures à partie des années 60, la transformation massive d’autres espèces en aliments pour le bétail épuisèrent les bancs et lancèrent les Etats dans des palabres sans fin.
Quand une centaine de chalutiers pêchent en même temps sur un banc, capturent chacun 20 tonnes de morues en une demi-heure, la disparition de la morue est le début d’une catastrophe annoncée.
Apparus dans les années 1970, d’abord pour la pêche fraîche car la morue se tient plutôt près du fond, les chaluts pélagiques ne raclent pas le fond, chassent entre deux eaux, disposant d’une assistance électronique qui décuple leur capacité de prédation. La loupe à poisson, Fish-loop ou fish finger, détecte la présence d’un banc de poisson dans une tranche d’eau déterminée. Infailliblement réglée en profondeur par le capitaine en fonction de ces informations, l’immersion du filet est ajustée par la « netsonde » dont la base est fixée sur le dos du chalut, un sonar auquel rien n’échappe et qui mesure l’ouverture de la gueule, la distance du fond, et la présence des bancs de poissons alentour. Un chalutier de pêche arrière ramène couramment 60 tonnes de poisson en une demi-heure de trait, rentrées à bord d’un coup de treuil et, mises à l’abri. Ce n’est plus une pêche aveugle, mais une véritable traque organisée.
Dans les années 1980, des navires-usines congélateurs encore plus puissants ont été mis en service, avec des capacités de traitement automatisé dépassant 100 tonnes par trait, ils furent fatalement conduits à une surexploitation des fonds.
L’Islande commence à réagir devant l’appauvrissement de ses réserves halieutiques, interdisant ses eaux aux prédateurs qui se sont alors dirigés vers les eaux norvégiennes. En 1992, le Canada suspend à son tour la pêche pour préserver les espèces. Dans la foulée, la démesure des pratiques mondiales de la pêche conduit la Communauté européenne à adopter une « Politique commune des pêches » visant à geler, puis à réduire, les flottilles des Etat membres.
Le dernier terre-neuvas français a quitté Fécamp le 9 décembre 1987. Les français ne pêchent plus à Terre-Neuve.
L’autorégulation de la vie sur Terre a cessé de fonctionner, dépassée par la croissance exponentielle des agressions contre la Nature. En outre l’évolution climatique et le réchauffement ont perturbé le processus de peuplement, dont les effets négatifs s’ajoutent à la surpêche.

C’est quand le rocher est découvert qu’il faut pêcher.
Proverbe breton

Rejets toxiques dans le Parc National des Calanques.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

            La stupeur suivie d’une légitime colère lorsqu’un reportage de Thalassa, émission phare de télé consacrée aux océans et regardée par tous les amoureux de la mer, apprennent brusquement que depuis 50 ans une usine de production d’alumine de Gardane, près d’Aix en Provence (Bouches du Rhône), bénéficie d’un passe-droit pour rejeter ses résidus toxiques dans la Fosse de Cassidaigne située dans le Parc National des Calanques (créé en 2012) près de Marseille.
Hélas, cela ne date pas d’hier. Depuis un demi-siècle, les industriels qui ont successivement dirigé l’usine se sont ingéniés à inventer bien des astuces pour faire accepter aux autorités politiques, scientifiques et sanitaires, ainsi qu’aux populations, de la faible nocivité des boues rouges, résidus de la transformation de la bauxite en alumine afin de poursuivre le rejet en mer Méditerranée.
Les effluents de boues rouges rejetés dans le parc des calanques contiennent « 53 substances polluantes », pour six d’entre elles, l’usine est autorisée à dépasser pendant six ans les valeurs limites d’émissions fixées par un arrêté ministériel de février 1998.
La réalité est que plus de 30 millions de tonnes de boues rouges toxiques ont été déversées dans les fonds marins de la Méditerranée par cette entreprise qui a obtenu de tous les gouvernements, alternativement au pouvoir, l’autorisation de continuer de larguer ses déchets dans le sanctuaire des calanques bien que plusieurs associations de défense de l’environnement et riverains aient dénoncé à plusieurs reprises la toxicité et la radioactivité de ces boues rouges.
La ministre de l’Environnement déclare : il aurait fallu avoir le courage d’imposer à l’entreprise une mutation du site et une dépollution. L’entreprise a obtenu une dérogation pour continuer à polluer a-t-elle déclarée, espérant qu’il y aura des recours pour que toute la clarté soit faite.
Les dernières enquêtes de l’Anses (agence française de sécurité alimentaire et sanitaire) ont démontré que sur la zone des rejets, il y avait une contamination beaucoup plus forte aux métaux lourds, confirmant une pollution dangereuse pour la santé.
Le débat se polarise sur la dualité chômage et pollution mais certainement qu’une solution peut être trouvée en conciliant les principaux obstacles. 

L'eau ne devient pas acide ou polluée toute seule,

incorrigible, l'homme est rarement étranger à cette situation.

Un grand pas pour une noble cause.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

       Les Etats-Unis possèdent une puissante industrie vorace de ressources naturelles et émettrice, hélas, d’une quantité phénoménale de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. En fait, les USA insèrent le cercle des pays parmi les plus pollueurs sur notre planète mais son Président Barak Obama semble vouloir changer cette politique suicidaire.

Hawaï est un des 50 états des Etats Unis constitué d’un archipel de 137 îles composées de plages interminables et de lagons bordés de palmiers, est un lieu paradisiaque. Une culture ancestrale, un climat chaud toute l’année, une faune et une flore exceptionnelle en font une destination majeure prisée aussi bien des touristes que des scientifiques. Barack Obama  est originaire de cette île mythique.

Fin août 2016, il concrétise une promesse en décrétant l’agrandissement de la réserve de Papahânaumokuàkéa dont les eaux profondes recèlent des monts sous-marins, de vastes récifs coralliens, des lagons et une biodiversité unique. L’ancienne réserve a quadruplé sa surface ; dorénavant elle couvre 151 millions de km2 sur une large partie du Pacifique soit près de 3 fois la superficie de la France métropolitaine. Elle est devenue la plus vaste réserve marine au monde protégeant la faune et la flore marine. Ce nom difficile à prononcer provient de la déesse hawaïenne Papahanaumokéa. Cette aire géante désormais protégée où la pêche commerciale devient interdite abrite quelques 7 000 espèces marines parmi lesquelles les baleines bleues, les albatros à queue courte, les tortues ou les phoques moines. On trouve dans ce réservoir de biodiversité du corail noir, qui peut vivre plus de 4 500 ans, record absolu pour une espèce marine.

Cet archipel de petites îles et atolls inhabitées à faible altitude avait rejoint en 2010 la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, selon qu’il s’agit « aussi d’une zone d’habitats pélagiques et d’eaux profondes avec des caractéristiques remarquables telles que les monts sous-marins et des bancs submergés, de vastes récifs coralliens et des lagons ». L’Unesco rappelle que le Papahânaumokuàkéa Marine National Monument possède également « une signification cosmologique pour les natifs hawaïens, en tant qu’environnement ancestral, incarnation du concept de parenté entre les hommes et le monde naturel, berceau de la vie et terre d’accueil des esprits après la mort ».

La population locale a salué l’expansion de la réserve marine estimant que celle-ci permettrait de « renflouer les stocks de thons, d’encourager la biodiversité et de lutter contre le changement climatique. A l’opposé, regroupés dans une organisation se présentant comme les acteurs économiques vivant de la mer se sont déclarés déçus.

L’ONG Pew s’est félicité de la décision en rappelant que Papahaumokéa avait inspiré un mouvement international de protection de larges aires océaniques. De fait, des dizaines de pays ont pris des mesures en ce sens ces dernières années. La Nouvelle-Zélande a par exemple annoncé fin septembre 2015 son intention de créer dans le sud Pacifique, aux îles Kermadec, un gigantesque sanctuaire marin d’une superficie de 620 000 km2. La Nouvelle-Calédonie a de son côté façonné une aire marine protégée (AMP) de 1,3 millions de km2, la plus vaste de France et l’une des plus importantes au monde.

Depuis 2009, le Président américain a davantage protégé de surfaces pour préserver des espaces qu’aucun de ses prédécesseurs en recourant à l’Antiquities Act, une loi signée en 1906 par Roosewelt, ardent défenseur de la protection des ressources naturelles.

Médaille d’or pour l’Amazonie.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

C’est une grande médaille d’or collective que viennent de remporter à travers la planète tous les opposants à la construction d’un premier barrage sur le Rio Tapajos affluent de l’Amazone.
Le Rio Tapajos prend sa source dans l’Etat du Mato Grosso et serpente sur 810 km avant de se jeter dans le plus grand fleuve du monde, l’Amazone. Il régit la vie de milliers d’indigènes car les Mundurukus habitent sur les berges depuis la nuit des temps, auxquels il faut ajouter les riverains de grandes villes comme Itaituba et Santarem qu’il baigne.
La rivière et ses alternances faites d’inondations et de sécheresses constituent la principale source de vie dans ces communautés et divulgue un habitat à une faune et une flore d’une inestimable biodiversité.
En effet, le gouvernement brésilien prévoyait de construire plus de 40 barrages dans le bassin du Rio Tapajos. Les entreprises, des consortiums de multinationales, dont les françaises, toujours bonnes donneuses de leçons, fournissent les principaux éléments des barrages comme par exemples les turbines de haute technologie pour convertir la force hydraulique sont de rouages essentiels de ces projets. Les banques sont les autres composantes de ce marché (ah bon, c’est surprenant, non ?) car elles sont incontournables pour garantir les énormes investissements nécessaires pour concrétiser de tels projets.

Il aura fallu toute l’énergie, la volonté, l’opiniâtré et la pression de centaines de milliers d’opposants à travers le monde pour que le méga projet sur la rivière soit abandonné. La bonne nouvelle est tombée pendant les Jeux Olympiques. Indiscutablement la meilleure des médailles d’or car ce méga projet menaçait des centaines d’indiens Mundurukus qui vivent aux abords de la rivière. Ils auraient dû être déplacés loin de leurs terres ancestrales, il menaçait un écosystème unique, riche d’une biodiversité irremplaçable.
L'immense pression sur les constructeurs potentiels pour qu’ils prennent clairement leurs distances avec le projet a payé. Les arguments des dommages environnementaux et sociaux exposés aux instances officielles pour qu’ils prennent leurs responsabilités aussi.
Si ce projet est abandonné aujourd'hui, il reste 4 barrages en projet sur la même rivière et des centaines d’autres sur tout le parcours de l’Amazone et de ses affluents avec les mêmes méfaits environnementaux !

Le climat méditerranéen.

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15 juin 2016.     La pluie signifie, en général, une précipitation d’eau qui tombe du ciel vers le sol. L’eau qui forme la pluie provient de l’évaporation de l’humidité qui existe sur Terre, principalement des fleuves, des lacs, des océans mais aussi des plantes et des humains. Elle se forme à partir de la condensation de la vapeur d’eau qui a été évaporée par la chaleur du soleil. Plus légères que l’air, invisibles à l’œil nu, ces minuscules vapeurs d’eau s’élèvent continuellement vers les cieux. Transportées par les vents, elles s’assemblent par le refroidissement de l’air en altitude et forment les nuages. Quand elles deviennent plus lourdes que l’air, elles tombent formant ainsi la pluie.
Il pleut, il ne pleut pas, l’eau baisse, l’eau monte, c’est le cycle méditerranéen. La Méditerranée a donné son nom à ce type de climat. Le territoire catalan est doté d’un climat méditerranéen, c’est-à-dire chaud et sec en été, tempéré l’hiver. Le vent dominant, la Tramontane vient du Nord-ouest, froide, parfois violente en hiver, très sèche en été. Un climat avec ses excès. La situation s’aggrave inexorablement lorsque la canicule et la tramontane s’allient pendant l’été. Les faibles précipitations et un état de sécheresse persistant pénalisent l’activité économique, surtout l’agriculture, et présente des inconvénients lourds de conséquences pour les rivières et torrents, à un degré moindre, pour les lacs de montagnes. Les milieux aquatiques souffrent par la faiblesse du débit des cours d’eau car le faible niveau d’eau a pour effet de limiter l’habitat, l’oxygène se raréfie, donc réduit la nourriture de la faune, assèche la flore. Lorsque les précipitations deviennent rares voire inexistantes au printemps ou en saison estivale, l’aridité favorise les incendies de maquis et de forêts détruisant la faune, la flore et notre environnement naturel. La canicule de l’été fragilise les nappes phréatiques car sollicitées intensément pendant la longue période sèche. En fait, c’est tout ce qui vit dans et autour du milieu aquatique qui en pâtit. Il est alors essentiel que les pluies arrivent pour rafraîchir les terres et les rivières. Autrefois dans nos campagnes des processions imploraient les saints pour obtenir de la pluie pour les cultures ou au contraire contre la sécheresse ou encore contre les fortes pluies qui détruisaient les récoltes. Le climat de notre région, comme l’ensemble des pays autour de la Méditerranée, est sujet à des séquences brutales de précipitations. Après une longue pénurie, en période automnale ou printanière, des pluies diluviennes véhiculées par le vent marin s’abattent en quelques jours qui transforment les fleuves côtiers, les rivières en dangereux torrents qui inondent la plaine. Courtes dans le temps, il peut tomber en quelles heures, quelques jours, des masses d’eau colossales pouvant être très violentes et dévastatrices en matériel et en vies humaines. Les dégâts occasionnés par ce déferlement d’eau sont souvent considérables. L’eau du ciel tant souhaitée peut, aussi, être destructive, féroce et meurtrière.
Sur Terre, la pluie est un mal nécessaire. Lorsqu’une pluie fine étalée sur le temps s’infiltre en douceur, régénère les nappes phréatiques et aquifères, les cours d’eau retrouvent un niveau normal. C’est profitable à tous : pour les humains, la faune et la flore ! Arrosée avec délicatesse, la nature retrouve les nuances qui nous enchantent !
Dans nos régions méridionales, c’est la fréquence ou la brutalité qui posent problème. En Catalogne on dit communément que la pluie ne sait pas pleuvoir.