Pêche au saumon chez les Inuit.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

                  Contrairement à leurs frères du Groenland ou de l’Alaska qui sont sédentaires, les Inuits de l’Arctique canadien sont des nomades qui se déplacent suivant les saisons à la poursuite de ressources alimentaires. Septembre est le mois où les saumons remontent les rivières dans cette vaste région, un poisson dont la chair est très appréciée par la communauté aux coutumes ancestrales.

L’Esquimau profite de l’aubaine pour pratiquer une pêche aussi simple qu’ingénieuse. En eau peu profonde, il construit un barrage de pierre en travers de la rivière en prenant soin de laisser quelques ouvertures. Derrière ces ouvertures, en amont, il aménage, toujours avec les galets de la rivière, des «chambres». Le traquenard construit, il s’installe, tout à côté, dans sa tente et attend tranquillement que le poisson entre dans son piège machiavélique. Lorsque le poisson remonte à contre-courant vers les frayères, il bute sur ce mur. Obstiné, il cherche un passage et s’engage dans la chambre. Comme son instinct le pousse à aller de l’avant, c'est-à-dire remonter et non descendre, il y reste. Au bout de quelque temps si la montée est bonne, la chambre est pleine de poissons. L’Esquimau n’a plus qu’à sauter à l’eau, boucher l’entrée avec un caillou, puis harponner avec le kakivok, outil à long manche et à double branche courbe en os de bœuf musqué, ainsi fait qu’une fois le poisson empalé, il ne peut se décrocher. La scène est violente, car l’Esquimau, dans l’excitation que lui transmet la présence de nourriture pour toute la famille, flanque des coups de harpon à toute volée cependant que le saumon, se sentant pris saute pour échapper au massacre. L’opération a lieu deux fois par jour, le matin et l’après-midi. Aussitôt le poisson est partagé équitablement entre les pêcheurs et séché au soleil. A la suite de la répartition, un repas pantagruélique est organisé. Les hommes s’assoient en rond. Le premier attrape un poisson préalablement découpé dans le sens de la longueur, mord à pleine dents et coupe au moyen de son couteau circulaire (ulun), une tranche au ras de la bouche puis passe le reste à son voisin, toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Une ordonnance que tous respectent. La ripaille ne s’achève que quand les participants sont repus.

Le plus grand danger pour l’Esquimau est qu’il n’a jamais que quelques jours de nourriture devant lui, c'est-à-dire que la famine le guette. Et quand il trouve de quoi manger, il absorbe autant que son estomac peut contenir. Pour toute la communauté, demain sera un autre jour !

Sur le pont d’Avignon.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

            Qui ne connaît pas la célèbre chanson du pont d’Avignon sur lequel on danse ? Toutes les générations connaissent son refrain ! Très populaire, elle a fait le tour du monde. Plus nombreuses sont les personnes qui ignorent l’historique de ce trait d’union qui accouplait fraternellement le Languedoc et la Provence, facilitait les échanges entre le Nord et le Sud de l’Europe. L’histoire, mêlée de légende, de ce chef d’œuvre mérite d’être transmise de génération en génération.

Un jeune pâtre de petite taille (en provençal Bénézet veut dire petit Benoît) descendit en 1174 des montagnes de l’Ardèche car une voix lui ordonna de construire un pont sur le Rhône à Avignon. Guidé par un ange, le berger arrive en Avignon où son projet provoque les railleries des autochtones. Il prouve sa bonne foi en soulevant un énorme rocher et, en le portant jusqu’aux berges du Rhône, le dépose à l’endroit où le pont doit être bâti, éclairé par une intuition céleste. Ainsi la première pierre posée, commença les travaux.

Impressionnés par cette force surhumaine, les habitants furent convaincus dès lors, que Bénézet était accompagné par une volonté divine. Ils s’attelèrent rapidement à la tâche, construisirent l’édifice avec au milieu du pont une chapelle. Construit de 1177 à 1185, l’ouvrage comportait 22 arches sur une longueur de 920 mètres et d’une largeur de 4 mètres, c’était vraiment une entreprise hors du commun pour l’époque. Bénézet a vraiment existé. Il fonda l’ordre des frères pontifes qui n’étaient pas constructeurs, mais récolteurs de fonds auprès des fidèles. Frères hospitaliers, ils apportaient aussi des bienfaits aux malades et miséreux. Avant la construction du célèbre pont, on traversait le fleuve en barque et ce grand fleuve que l’homme n’avait pas encore domestiqué rendait la traversée quelquefois périlleuse. Pendant une période, c’était le seul passage permettant de traverser le Rhône entre Lyon et la mer. En 1603, suite à de fortes crues, une arche s’écroule, puis les flots emportent 3 autres en 1605. Bénézet est mort en 1184 soit un an avant la fin des travaux. Le pont menaçait tant de s’effondrer que les reliques de Saint Bénézet furent enlevées de la chapelle St Nicolas en 1674. Il ne reste aujourd’hui que 4 arches, la superbe chapelle et bien sûr la célèbre chanson qui a fait le tour de la planète. 

Le pont Bénézet se jette sur le Rhône à Avignon, il a été construit entre 1177 et 1186 sous l'inspiration du pâtre Bénézet dont l'intervention pris un caractère miraculeux et légendaire. La chapelle Saint Nicolas reste la seule des nombreux oratoires édifiés sur le tablier. Son charisme est à l'origine de la célèbre chanson.

Qui n’a jamais fredonné : sur le pont d’Avignon on y danse, on y danse, sur le pont d’Avignon on y danse tous en rond.

S’il y en un seul qui ne l’a jamais chantonnée, il est grand temps, aujourd’hui, de réparer cette impardonnable lacune !

Ensemble : 1, 2, 3, sur le pont d’Avignon on y danse, on y danse, sur le pont d’Avignon on y danse tous en rond !

Des crabes rouges par millions.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

               Si les crabes sont un met que beaucoup apprécient, l’incroyable diversité de ces animaux aux formes, aux couleurs et aux modes de vie étonnants reste méconnue. La minuscule île de Christmas, localisée sur l’océan Indien, est le théâtre d’un spectacle hors du commun. Chaque année, fin novembre, avec les premières pluies de la mousson toute la population des crabes rouges (Gecarcoidea natalis) entament par dizaines de millions une spectaculaire migration vers le littoral. Ces animaux à la carapace large de 10 à 12 cm peuplent les sous-bois humides de la forêt située sur les hauteurs de l’île. Le but du pèlerinage annuel des crustacés en direction de l’océan est de reproduire l’espèce. La majeure partie de la colonie déboule presque en même sur le rivage au bout de 5 à 7 jours après avoir parcouru 8 kilomètres. Prévoyants, les déplacements ont lieu le matin de bonne heure et en fin d’après-midi quand le roi Soleil est moins flamboyant. Chemin faisant, ils traversent les villages, montent sur les trottoirs, rentrent dans les maisons, traversent jardins et écoles, escaladent les clôtures et piétinent tout sur leur passage. Les rues sont alors envahies d’une marée écarlate bruyante. Malgré leur empressement, ils n’ont jamais blessé personne avec leurs grosses pinces tranchantes mais ils crèvent parfois les pneus des vélos en essayant de grimper dessus. Leur périple dure une quinzaine de jours et n’est pas sans danger : beaucoup d’entre eux meurent écrasés en cours de route sous les roues d’automobiles ou les essieux de trains. Dès leur arrivée sur les plages de l’océan, les mâles creusent des terriers dans lesquels se conçoivent les accouplements. Aussitôt ce devoir accompli, ils reprennent les mêmes chemins utilisés années après années pour retrouver leur habitat tandis que les femelles pondent des œufs par milliers et squattent les terriers durant deux semaines d’incubation. Instinctivement, les femelles exécutent une sorte de danse en secouant leurs corps et expulsent les derniers œufs. Ces derniers, au contact de l’eau, éclosent immédiatement et des nuages de jeunes larves tourbillonnent près du littoral avant d’être éparpillées par les vagues. Nombreuses seront goulûment avalées par les raies-mantas et les requins-baleines attirés par le festin. Les rescapés rejoindront la forêt de leurs ancêtres et accompliront la rituelle migration afin de perpétuer l’espèce des crabes rouges.

Inoubliable le spectacle de Dame Nature qui ne peut que sensibiliser profondément toute personne attaché à l’environnement délicieux qui nous entoure.

Le dromadaire, le "vaisseau" du désert.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

        L’air bête, sa mine hautaine, ses pattes de grenouilles et son refus de caresses d’un inconnu rendent le dromadaire assez antipathique. Mais ce sont là les seules critiques à faire à cette étonnante « citerne sur pattes ». Elancé, souple, majestueux, il impressionne par sa démarche et par la charge qu’il trimbale sans avoir l’air de remarquer qu’autour de lui il fait plus de 40° C. Appelé « Camelus dromadarius » par les scientifiques, il a été introduit en Afrique par le sud de la péninsule arabique il y a 5 000 ans. Sur les 80 millions de dromadaires recensés de par le monde, 80% vivent dans les zones les plus désertiques de la planète (Sahara, Soudan, Somalie, Ethiopie, ect.). Cette aptitude à vivre et à travailler là où il fait le plus chaud et le plus sec, il la doit à son exceptionnelle gestion de l’eau et de son énergie. Pour pouvoir jeûner pendant 3 semaines en parcourant jusqu’à 130 km/jour, le dromadaire fait des réserves dans les 4 poches de son estomac. Il y stocke 5 kg de nourriture et conserve dans les alvéoles des parois jusqu’à 136 litres d’eau qu’il boit en quelques minutes seulement. Pendant ses périodes de repos, il se constitue une bosse de graisse qu’il utilise en cas de jeûne prolongé pour avoir de l’énergie et de l’eau métabolique. Il peut également prélever de l’eau dans ses cellules, le plasma et la lymphe de son organisme. Non content d’être le champion du stockage, le dromadaire est aussi le champion de l’économie. Lorsqu’il fait chaud, l’être humain transpire pour faire baisser sa température corporelle et protéger ainsi son cerveau, organe le plus sensible aux variations de température. Le dromadaire, lui, n’hésite pas à laisser monter sa température corporelle jusqu’à 42° C, ce qui explique qu’il transpire très peu. Dans la fraîcheur de la nuit (parfois en dessous de zéro dans le désert) le dromadaire diminue sa température jusqu’à 32° C, ce qui lui permet d’éviter de dépenser de l’énergie pour se réchauffer. A la différence du chien qui transpire par la gueule, le dromadaire n’halète pas, il se contente de ralentir son rythme respiratoire. De plus, en contractant ses narines, il fait de la rétention de vapeur d’eau quand il inspire et expire. Les gouttelettes de condensation qui en résultent sont directement envoyées dans la gueule par le sillon de sa lèvre supérieure. Ultime adaptation aux conditions extrêmes du désert, le dromadaire sécrète des hormones antidiurétiques qui augmentent la perméabilité cellulaire et favorise une meilleure récupération de l’eau dans les reins, le foie et l’intestin.

Les nomades du désert, par une température de 45° C, doivent boire plus de 7 litres d’eau par jour pour ne pas se déshydrater et à court de vivres, ils prélèvent de la graisse dans la bosse du dromadaire en pratiquant une incision qu’ils recousent ensuite. Lorsqu’ils ont une femelle allaitant, ils boivent volontiers son lait riche en potassium favorable à la rétention d’eau. Deux à quatre litres de ce précieux breuvage, équivalent à plus de 6 litres d’eau, suffisent pour la journée.

Le dromadaire mérite amplement le surnom de « vaisseau du désert ». 

Une colonie de chameaux s'abreuvent dans un oued au Sud du Sahara algérien. Photo de 1890 environ. 

C’est quoi l’énergie ?

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Lorsque vous soulevez un poids, lorsque vous pédalez sur votre bicyclette, vous dépensez de l’énergie. La chaleur que vous utilisez pour chauffer votre petit déjeuner, c’est aussi de l’énergie. Le vent qui gonfle la voile du kitesurf, c’est encore de l’énergie. La mer déchainée qui rejette ses vagues sur les rochers est une autre forme d’énergie.

Mais entre tous ces phénomènes, les liens n’apparaissent pas toujours évidents. La notion d’énergie demeura d’ailleurs très longtemps ignorée. Il fallut beaucoup de génie pour comprendre que, dans tous les cas, on se trouvait en présence d’un même facteur de mise en mouvement. Ce génie, c’est un physicien écossais, James Joule, qui l’eut peu avant 1850. Il se livra à des expériences demeurées célèbres. Ainsi Mr Joule fit agiter l’eau contenue dans un récipient par des palettes qui tournaient grâce à la descente d’un poids. Il varia la masse du poids et la hauteur de sa chute afin de créer des travaux mécaniques différents. Le physicien écossais constata que le rapport entre le travail et la chaleur était toujours le même, comme si l’un et l’autre n’étaient que deux formes d’une même réalité. Ce phénomène reçut le nom d’énergie.

Cette réalité présente aujourd’hui des aspects nettement plus variés que l’on ne pouvait imaginer lors de la découverte du génie écossais. Aux côtés de l’énergie mécanique et de l’énergie calorifique mesurée par James Joule, les physiciens connaissent l’énergie électrique, magnétique, sonore, radiante, chimique… Mieux encore, ils savent comment elles peuvent se convertir totalement ou partiellement. Autrement dit, comment, avec de la lumière, on fabrique de l’électricité, avec l’électricité, de la chaleur.

En hommage aux remarquables travaux du génial physicien écossais, on mesure l’énergie avec une seule et même unité, qui a tout naturellement, reçu le nom de Joule (J)…