Hommes-grenouilles de Syracuse.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

             La cité grecque d’Athènes désirait contrôler toute la Méditerranée. Le seul obstacle était Syracuse, riche et puissante cité portuaire de Sicile. Et voilà que les Grecs font voile vers la Sicile avec une armada de guerre. Thucydide, l’historien de service, raconte que l’entrée du port de Syracuse était protégée par des rangées de pieux tranchants piqués dans le fond de la mer. Les pointes acérées des pieux devaient percer les coques des bateaux des assaillants et les couler. Mais comme l’écrit Thucydide, les Athéniens usèrent d’un ingénieux stratagème contre ces défenses. Armés de scies, les soldats-plongeurs sautèrent de leurs bateaux, nagèrent sous l’eau en direction des pieux, et les scièrent à la base. La flotte grecque put alors attaquer et s’emparer de la ville. Thucydide, le « reporter de guerre » s’intéressait bien plus aux lauriers des guerriers grecs qu’à l’histoire de la plongée, ne dit rien de ce qu’étaient les moyens de plongée de ces premiers hommes-grenouilles de l’histoire. Nous ne saurons jamais si les Grecs ont utilisé lors de cette attaque un quelconque appareil de respiration, fût-il primaire, mais tous les spécialistes de la plongée sont d’accord pour affirmer que sans un appareil quelconque pour suppléer au manque d’air, l’opération était vouée à l’échec. La science moderne a donné la réponse. La profondeur qu’atteint un plongeur donne le poids de l’eau qui pèse sur lui, et plus il s’enfonce, plus cette pression augmente. Cela signifie qu’à dix mètres sous l’eau la pression qui s’exerce sur le corps du plongeur est le double de ce qu’elle est en surface ! A la surface de la terre nous pouvons respirer facilement parce que l’air qui nous entoure possède la même pression que celui qui se trouve dans nos poumons. Sous l’eau il en va autrement. Si un homme sous l’eau essayait d’inhaler de l’air à la pression normale, il ne pourrait le faire qu’avec une grande difficulté, parce que son thorax et ses poumons, et même son cœur, seraient comprimés par la pression de l’eau et dès lors ne pourraient fonctionner normalement. Pour qu’un homme puisse respirer sous l’eau, ses poumons doivent absorber un air à la même pression que celle de l’eau qui l’entoure ! Dans les temps anciens ce fait était inconnu.Au milieu du XIVème siècle, le célèbre Léonardo de Vinci réactualise le procédé de la respiration par un long tube, comme le tuba que nous connaissons aujourd’hui. Il renforçait les tubes avec de solides anneaux pour les empêcher de s’écraser, il ne songeait pas que le thorax et les poumons des plongeurs seraient soumis à la même pression.Que d’accidents depuis les premières brassées sous l’eau, que de drames mortels pour évoluer librement dans le milieu aquatique, que de sacrifices pour être heureux, heureux comme un poisson dans l’eau !

Le dauphin : amitié millénaire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

    Poisson superbe et attachant s'il en est, le dauphin depuis toujours ami inconditionnel de l'homme !    Depuis la nuit des temps, les hommes qui connaissaient la mer se sont aperçus que le dauphin outre sa beauté naturelle, son rictus coquin, sa facilité à jouer, possédait une intelligence bien supérieure à ses congénères marins. Il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne l’ami de l’homme. Les textes les plus anciens font état de cette amitié. Pline l’Ancien, qui vécut au 1er siècle de notre ère, de l’an 23 à l’an 79, rapporte dans son « Histoire naturelle » plusieurs cas de naufragés secourus par des dauphins. D’autres auteurs de l’Antiquité ont écrit des situations semblables. Par la suite, ces faits ont été parfois contestés, jusqu’à ce que d'irréfutables récits aient prouvé l’amitié du dauphin à l’égard de l’homme ce n’est pas qu’une légende parmi tant d’autres. Pendant la féroce guerre en mer de Corail en mai 1942, 6 aviateurs américains abattus par la DCA d’un porte-avion japonais, désespérés sur leur radeau de fortune, virent arriver des dauphins qui commencèrent à pousser du nez l’esquif vers la côte invisible au-delà de l’horizon. Le fait a été mentionné dans un rapport officiel de la Marine des Etats-Unis. En 1956, un dauphin apparut au milieu d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon dans l’eau, tout près de la plage d’Opononi, en Nouvelle-Zélande. Il se mêla à leur jeu, revenant plusieurs jours de suite et finalement se laissa chevaucher par une fillette de 13 ans. Plus proches de nous, le 26 septembre 1969, une scène surprenante s’est déroulée au large de Cannes en Méditerranée. L’équipage du thonier « Coriandre » aperçut sur la mer un cercle d’une vingtaine de dauphins, visiblement agités. Le patron mis le cap sur cette réunion et, une femelle vint à la proue du bateau, poussant devant elle son petit qui paraissait agoniser. Un jeune de 20 ans dont je tairais le nom, étudiant en médecine et passager du « Coriandre », plongea et alla saisir le petit dauphin que la mère lui abandonna sans difficulté. Le nouveau-né respirait à peine, et l’étudiant vit qu’il présentait une malformation de son évent. Il pratiqua sur lui une respiration artificielle que l’on peut dire un bouche à bouche mais hélas c’était trop tard et le bébé dauphin mourut. Le lendemain, lorsque le « Coriandre » reprit la mer, une vingtaine de dauphins l’attendaient au large de Cannes. Ilse mirent à l’escorter, jouant devant l’étrave, plongeant et reparaissant dans le bleu de la Méditerranée. En 1960, dans l’ex URSS, la chasse et le massacre des dauphins étaient sévèrement punies par la loi. Le Dr Serguei Klesnenberg a écrit que la loi de protection a été promulguée « à cause de l’attachement étonnant que les dauphins portent aux hommes et parce qu’on peut considérer comme énormes les perspectives de collaboration des dauphins avec l’homme marin ». De son côté le naturaliste anglais John Z.Young écrit quelques années plus tard : « une mystérieuse sympathie attire le dauphin vers l’homme. C’est l’expression d’une nostalgie millénaire, celle d’un temps où hommes et dauphins vivaient côte à côte. Le plus surprenant est qu’il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne un ami plurimillénaire de l’homme. L’intelligence du dauphin n’est plus à démontrer. Peut-être qu’il a compris que l’homme horrible exterminateur d’espèces comme la sardine, la daurade, le hareng, le thon, le phoque ou la baleine épargne sa famille pour diverses raisons. 

La science aidant, dans quelques décennies les spécialistes confirmeront ou pas cette hypothèse !

Pêche au saumon chez les Inuit.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

                  Contrairement à leurs frères du Groenland ou de l’Alaska qui sont sédentaires, les Inuits de l’Arctique canadien sont des nomades qui se déplacent suivant les saisons à la poursuite de ressources alimentaires. Septembre est le mois où les saumons remontent les rivières dans cette vaste région, un poisson dont la chair est très appréciée par la communauté aux coutumes ancestrales.

L’Esquimau profite de l’aubaine pour pratiquer une pêche aussi simple qu’ingénieuse. En eau peu profonde, il construit un barrage de pierre en travers de la rivière en prenant soin de laisser quelques ouvertures. Derrière ces ouvertures, en amont, il aménage, toujours avec les galets de la rivière, des «chambres». Le traquenard construit, il s’installe, tout à côté, dans sa tente et attend tranquillement que le poisson entre dans son piège machiavélique. Lorsque le poisson remonte à contre-courant vers les frayères, il bute sur ce mur. Obstiné, il cherche un passage et s’engage dans la chambre. Comme son instinct le pousse à aller de l’avant, c'est-à-dire remonter et non descendre, il y reste. Au bout de quelque temps si la montée est bonne, la chambre est pleine de poissons. L’Esquimau n’a plus qu’à sauter à l’eau, boucher l’entrée avec un caillou, puis harponner avec le kakivok, outil à long manche et à double branche courbe en os de bœuf musqué, ainsi fait qu’une fois le poisson empalé, il ne peut se décrocher. La scène est violente, car l’Esquimau, dans l’excitation que lui transmet la présence de nourriture pour toute la famille, flanque des coups de harpon à toute volée cependant que le saumon, se sentant pris saute pour échapper au massacre. L’opération a lieu deux fois par jour, le matin et l’après-midi. Aussitôt le poisson est partagé équitablement entre les pêcheurs et séché au soleil. A la suite de la répartition, un repas pantagruélique est organisé. Les hommes s’assoient en rond. Le premier attrape un poisson préalablement découpé dans le sens de la longueur, mord à pleine dents et coupe au moyen de son couteau circulaire (ulun), une tranche au ras de la bouche puis passe le reste à son voisin, toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Une ordonnance que tous respectent. La ripaille ne s’achève que quand les participants sont repus.

Le plus grand danger pour l’Esquimau est qu’il n’a jamais que quelques jours de nourriture devant lui, c'est-à-dire que la famine le guette. Et quand il trouve de quoi manger, il absorbe autant que son estomac peut contenir. Pour toute la communauté, demain sera un autre jour !

Sur le pont d’Avignon.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

            Qui ne connaît pas la célèbre chanson du pont d’Avignon sur lequel on danse ? Toutes les générations connaissent son refrain ! Très populaire, elle a fait le tour du monde. Plus nombreuses sont les personnes qui ignorent l’historique de ce trait d’union qui accouplait fraternellement le Languedoc et la Provence, facilitait les échanges entre le Nord et le Sud de l’Europe. L’histoire, mêlée de légende, de ce chef d’œuvre mérite d’être transmise de génération en génération.

Un jeune pâtre de petite taille (en provençal Bénézet veut dire petit Benoît) descendit en 1174 des montagnes de l’Ardèche car une voix lui ordonna de construire un pont sur le Rhône à Avignon. Guidé par un ange, le berger arrive en Avignon où son projet provoque les railleries des autochtones. Il prouve sa bonne foi en soulevant un énorme rocher et, en le portant jusqu’aux berges du Rhône, le dépose à l’endroit où le pont doit être bâti, éclairé par une intuition céleste. Ainsi la première pierre posée, commença les travaux.

Impressionnés par cette force surhumaine, les habitants furent convaincus dès lors, que Bénézet était accompagné par une volonté divine. Ils s’attelèrent rapidement à la tâche, construisirent l’édifice avec au milieu du pont une chapelle. Construit de 1177 à 1185, l’ouvrage comportait 22 arches sur une longueur de 920 mètres et d’une largeur de 4 mètres, c’était vraiment une entreprise hors du commun pour l’époque. Bénézet a vraiment existé. Il fonda l’ordre des frères pontifes qui n’étaient pas constructeurs, mais récolteurs de fonds auprès des fidèles. Frères hospitaliers, ils apportaient aussi des bienfaits aux malades et miséreux. Avant la construction du célèbre pont, on traversait le fleuve en barque et ce grand fleuve que l’homme n’avait pas encore domestiqué rendait la traversée quelquefois périlleuse. Pendant une période, c’était le seul passage permettant de traverser le Rhône entre Lyon et la mer. En 1603, suite à de fortes crues, une arche s’écroule, puis les flots emportent 3 autres en 1605. Bénézet est mort en 1184 soit un an avant la fin des travaux. Le pont menaçait tant de s’effondrer que les reliques de Saint Bénézet furent enlevées de la chapelle St Nicolas en 1674. Il ne reste aujourd’hui que 4 arches, la superbe chapelle et bien sûr la célèbre chanson qui a fait le tour de la planète. 

Le pont Bénézet se jette sur le Rhône à Avignon, il a été construit entre 1177 et 1186 sous l'inspiration du pâtre Bénézet dont l'intervention pris un caractère miraculeux et légendaire. La chapelle Saint Nicolas reste la seule des nombreux oratoires édifiés sur le tablier. Son charisme est à l'origine de la célèbre chanson.

Qui n’a jamais fredonné : sur le pont d’Avignon on y danse, on y danse, sur le pont d’Avignon on y danse tous en rond.

S’il y en un seul qui ne l’a jamais chantonnée, il est grand temps, aujourd’hui, de réparer cette impardonnable lacune !

Ensemble : 1, 2, 3, sur le pont d’Avignon on y danse, on y danse, sur le pont d’Avignon on y danse tous en rond !

Des crabes rouges par millions.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

               Si les crabes sont un met que beaucoup apprécient, l’incroyable diversité de ces animaux aux formes, aux couleurs et aux modes de vie étonnants reste méconnue. La minuscule île de Christmas, localisée sur l’océan Indien, est le théâtre d’un spectacle hors du commun. Chaque année, fin novembre, avec les premières pluies de la mousson toute la population des crabes rouges (Gecarcoidea natalis) entament par dizaines de millions une spectaculaire migration vers le littoral. Ces animaux à la carapace large de 10 à 12 cm peuplent les sous-bois humides de la forêt située sur les hauteurs de l’île. Le but du pèlerinage annuel des crustacés en direction de l’océan est de reproduire l’espèce. La majeure partie de la colonie déboule presque en même sur le rivage au bout de 5 à 7 jours après avoir parcouru 8 kilomètres. Prévoyants, les déplacements ont lieu le matin de bonne heure et en fin d’après-midi quand le roi Soleil est moins flamboyant. Chemin faisant, ils traversent les villages, montent sur les trottoirs, rentrent dans les maisons, traversent jardins et écoles, escaladent les clôtures et piétinent tout sur leur passage. Les rues sont alors envahies d’une marée écarlate bruyante. Malgré leur empressement, ils n’ont jamais blessé personne avec leurs grosses pinces tranchantes mais ils crèvent parfois les pneus des vélos en essayant de grimper dessus. Leur périple dure une quinzaine de jours et n’est pas sans danger : beaucoup d’entre eux meurent écrasés en cours de route sous les roues d’automobiles ou les essieux de trains. Dès leur arrivée sur les plages de l’océan, les mâles creusent des terriers dans lesquels se conçoivent les accouplements. Aussitôt ce devoir accompli, ils reprennent les mêmes chemins utilisés années après années pour retrouver leur habitat tandis que les femelles pondent des œufs par milliers et squattent les terriers durant deux semaines d’incubation. Instinctivement, les femelles exécutent une sorte de danse en secouant leurs corps et expulsent les derniers œufs. Ces derniers, au contact de l’eau, éclosent immédiatement et des nuages de jeunes larves tourbillonnent près du littoral avant d’être éparpillées par les vagues. Nombreuses seront goulûment avalées par les raies-mantas et les requins-baleines attirés par le festin. Les rescapés rejoindront la forêt de leurs ancêtres et accompliront la rituelle migration afin de perpétuer l’espèce des crabes rouges.

Inoubliable le spectacle de Dame Nature qui ne peut que sensibiliser profondément toute personne attaché à l’environnement délicieux qui nous entoure.