Gilgamesh, le premier plongeur.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Gilgamesh était un roi de Sumer qui désirait connaître le secret de la vie éternelle. Lors d’une conversation, Utnapihtim, demi-dieu, apprend à Gilgameh l’existence d’une plante magique qui ressemble à un églantier et qui comme un rosier pique avec ses épines. Quand vous avez saisi cette plante qui pousse sous l’eau, retournez chez vous. Mettez-là dans la cité fortifiée d’Ourouk parce que le peuple doit en manger. Tous ceux qui mangent de cette plante redeviennent jeunes ! C’est ce que croyaient les Sumériens et, écrit avec la pointe d’un roseau aiguisé en lettre cunéiforme sur une tablette d’argile, un des plus vieux récits de l’humanité. Quand il eut entendu ces mots, le roi se précipita à la mer, attacha de lourdes pierres à ses pieds et s’élança dans la profondeur de la mer, il saisit la plante miraculeuse, bien qu’elle le piqua cruellement, il détacha alors les pierres de ses pieds et avec la plante dans ses mains Gilgamesh émergea des flots comme le racontent les tablettes, il se dirigea vers la ville d’Ourouk où il avait sa maison. Il était très impatient de goûter la plante épineuse et d’offrir aussi ce trésor à son peuple. Mais Gilgamesh était un homme guetté par la malchance. Il eut mieux valu pour lui de manger la plante tout de suite. S’il l’avait fait, il serait devenu jeune dans l’instant. Mais ce qui arriva, selon la légende, fut qu’il se trouva fatigué de son voyage de retour, qu’il décida de prendre un bain rafraîchissant dans un petit étang le long du chemin. Il laissa son trésor sur le bord, et quand il y revint, il trouva une peau de serpent vide étendue là où il avait laissé la plante. Le serpent avait fait un excellent repas, rajeunit et s’en alla en laissant sa vieille peau derrière lui. Il me semble qu’Utnapishtim n’a pas tout dit à Gilgamesh car la mer contient beaucoup de choses plus précieuses que la plante épineuse dont il espérait obtenir une éternelle jeunesse. Ces trésors sont cachés, parfois profondément, dans l’eau de mer : les animaux étranges, les poissons, les algues, le pétrole, le gaz, les minerais. Déjà depuis l’Antiquité, l’homme a tenté d’extraire les trésors des profondeurs et d’en user pour lui-même. Mais les curieux descendants modernes de Gilgamesh, ont remplacé ses "pierres lourdes" par des palmes en caoutchouc, des "bouteilles", des sous-marins, des bathyscaphes, et même des maisons sous-marines. Aujourd’hui l’homme est capable d’explorer les plus profonds des océans. Cependant pour le faire, il lui faut une grande variété d’équipements : bateaux océaniques, caméras de télévision et par des stations sous-marines équipées d’appareils scientifiques. Dans les régions de hauts fonds de la mer, pourvu simplement d’un masque, de palmes en caoutchouc, et d’un réservoir à air sur le dos il peut se déplacer librement, sans être gêné par la pesanteur. Cinq mille ans se sont écoulés entre le premier plongeur connu, le roi Gilgamesh, et un plongeur de nos jours muni d’un appareil respiratoire à mélange d’oxygène et d’hélium.

Collecte de l’eau de pluie.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

              Les Sundarbans est une région de l’Inde constituée de vastes îles entre lesquelles s’entrelacent, comme une toile d’araignée, les bras du Gange. L’eau douce du fleuve sacré se perd dans l’eau saumâtre du golfe du Bengale. Un écosystème exceptionnel qui lui vaut d’être classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987. Ses 102 îles sont habitées par 4 millions d’Indous qui doivent vivre avec une aridité sévère ou avec un excédent d’eau.

Depuis longtemps les autochtones creusent de petits bassins. La terre extraite sert à  surélever la maison pour se protéger des inondations fréquentes lors de la saison des pluies dans cette région située juste au-dessus du niveau de la mer. Les réserves d’eau permettent de subvenir à certains besoins domestiques tels les bains, les lessives ou encore l’élevage de quelques poissons. Jamais ces petites réserves n’étaient utilisées pour quelconque activité commerciale ou pour irriguer les champs.

La pluie tombe pendant les 4 mois de la mousson, de juin à septembre, ce qui permet le remplissage, ensuite plus rien, la sécheresse absolue en attendant la prochaine saison des pluies. Généralement les paysans réalisent une seule récolte après la saison des pluies mais il est difficile de boucler l’année, leurs besoins et ceux de la population sont largement supérieurs. Partir à Calcutta grossir les bidonvilles misérables de la capitale semble la meilleure solution. Ce n’est que pure illusion, les conditions de vie sont exécrables, encore plus dures car la chaleur et la solidarité familiale font grandement défaut.

Depuis les années 2000, pour éviter les migrations vers la mégapole de Calcutta, les dirigeants d’une association locale prônent le creusement de bassins pour l’agriculture en consacrant un tiers de la surface agricoles à des cuvettes collectives profondes de 3 mètres et de la surface d’une moitié de terrain de football. L’association organise des foires agricoles pour convaincre les paysans de l’intérêt des bassins de collecte de l’eau de pluie, démontrant que le système préconisé autorise 2 récoltes par an. Mais la plupart sont des excavations individuelles qui ne mesurent pas plus de 10 mètres de large. La terre sert à surélever la parcelle de un mètre environ. Le terrain, ainsi protégé des inondations, produit diverses cultures : des légumes, du riz, des fruits ou encore de la nourriture pour le bétail. Il contribue aussi à réduire l’érosion de la terre arable pendant les fortes pluies. 

Bien exploité, un terrain permet d’assurer les besoins alimentaires d’une famille d’une vingtaine de personnes pour un coût d’environ 4 000 euros. Les frais d’entretien sont minimes. Un autre avantage. Chaque trou fournit du travail à 50 terrassiers pendant un mois contribuant ainsi à l’activité économique dans une région parmi les pauvres de l’Inde.

Constatant le succès de l’opération, le gouvernement indien a lancé en 2007 un programme qui prend le relais grâce à un prêt 20 millions d’euros accordé par la Banque asiatique de développement. L’objectif est d’atteindre 50.000 bassins. En 2010, 15 000 réservoirs étaient déjà creusés. 

Cloacina, déesse romaine des égouts.

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       Lactance relate dans ses écrits que Tatius, roi Sabin, trouva une représentation d’une divinité dans les égouts et ne sachant pas qui elle était, la consacra avec le nom de l’endroit où il l’avait trouvée. Cette déesse était liée à Vénus Cluacina issue de la mythologie étrusque. Elle est représentée sous les traits de la déesse de l’Amour. Pendant les guerres sabines, les Romains se purifiaient en offrant des branches de myrte à la statue.

Tarquin l’Ancien, roi romain d’origine étrusque, construit le Forum et le Circus Maximus à Rome. Pour assainir les bas quartiers il met au point le système d’égouts pour drainer les eaux vers le Tibre. Au début cet égout n’était qu’un canal de 800 mètres à ciel ouvert.

C’est plus tard que Tarquin décide de mettre son égout principal sous la protection de la déesse Cloacina. Dorénavant elle protège la Cloaca Maxima le principal égout de la Rome Antique. On parle donc de la Vénus Cloacina, c’est-à-dire la déesse qui purifie. A l’endroit où les égouts entraient dans le Forum Romain, un sanctuaire fut même construit pour l’honorer !

Les Romains couvrirent ce réseau d’égout pour des raisons d’hygiène car Rome était fréquemment la proie d’épidémies. Par travaux successifs, au cours des siècles, il devint un vrai égout souterrain, ne le devenant complètement qu’après le IIème siècle avant J.C.

Les Romains attachaient la plus grande importance à la qualité de l’eau qu’ils buvaient et dans laquelle ils baignaient.

Le daï, un outil de pêche ancestral.

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     Au Cambodge, sur le Tonlé Sap, ce qui veut dire rivière d’eau fraîche en langue khmer, la pêche industrielle appauvrit davantage les populations déjà misérables. Au plus fort de la décrue, certaines espèces de poissons migrent en banc du Grand Lac vers le Mékong. Les patrons de pêche installent alors de grands barrages dénommés daï en langue khmer. Le daï est un piège à poisson très efficace utilisé par les pêcheurs sur le Tonlé Sap ou sur le Mékong, lors de la migration des poissons. Il est fixé et tenu par des radeaux de bambous ancrés, formant des sections de 25 mètres de long sur 10 mètres de profondeur. Les mailles se rétrécissent de 10 cm à l’entrée du piège pour 10 mm à l’autre extrémité où un panier de rotin est fixé. De nos jours, les filtres de bambou et de filets, véritables pièges à poissons, peuvent atteindre 200 mètres et plus. Un daï permet de capturer 400 tonnes de poisson par saison. Par an, c’est 230 000 tonnes, ce qui constitue presque la moitié de toute la production du Cambodge! Les pêches sont particulièrement miraculeuses pendant les pleines lunes de décembre, janvier et février. Le coût officiel de l’emplacement d’un daï sur le fleuve, en l’année 2000, était d’environ de 2 000 dollars. Cette pêche permet de capturer jusqu’à 75 % des petits poissons qui serviront à la fabrication du prahoc qui est une pâte de poisson fermenté. Le fretin est immédiatement vendu aux riverains, les khmers qui prépare le prahoc. Ils vident les poissons vivants et les laissent gonfler au soleil avant de les entasser dans des paniers circulaires, puis piétinent cette masse de chair pour la réduire. Mélangée à du sel, elle se conserve toute l’année dans des jarres.C’est une nourriture importante pour les cambodgiens, très friands de prahoc dont il existe diverses qualités selon le poisson utilisé. Les paysans viennent l’échanger contre du riz. Ils le consomment pur ou ajouté de porc, avec des crudités, ou comme accompagnement du riz, aliment majeur.

Cette pratique de la pêche à grande échelle est particulièrement alarmante pour l’avenir car la ressource est en déclin évident. La raison principale de ce déclin est la surexploitation. La pêche artisanale pratiquée autrefois est difficile malgré quelques mesures politiques importantes afin d’améliorer cette gestion déséquilibrée. La majorité des habitants vivent sur les villages flottants et ne possèdent que d’autre ressource que la pêche ou des activités dépendant d’elle. La diminution des ressources naturelles et l’augmentation de la population a déjà eu comme conséquence la dramatique diminution du niveau de vie dans tout la région du lac. Depuis longtemps présente, la pauvreté e la précarité augmente encore. 

Entre toutes, la gondole fut reine !

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Gracieuse, effilée, romantique, la gondole ensorcelle tous les amoureux de la Terre, elle est la princesse des eaux de Venise ! Photo de 1928.

       A l’origine, les constructions de Venise étaient moins entassées ; les rues et les « piazza » (les places) n’étaient pas encore pavées, et les jardins ne manquaient pas. Jusqu’au XIVème siècle, Venise fit grand usage des chevaux et des mulets pour le transport des hommes et des marchandises. Mais sur des îles morcelées par les canaux et les ponts, les équins étaient, à bien regarder, des intrus. A cela, s’ajoutait des problèmes d’hygiène…

Et Venise peu à peu devint le domaine exclusif des barques de tous types, de toutes formes et de toutes dimensions. Les Vénitiens étaient d’excellents constructeurs de bateaux. Les chantiers navals, dénommés « squeri » sont nombreux, disséminés dans la ville ils prospérent en construisant et entretenant une multitude d’embarcations. Elles se multiplièrent rapidement, se transformant à travers les siècles : barques, bachots, barcasses, chalands, canots, chaloupes, gabares, coches d’eau, galères marchandes, et cent autres types de bateaux.

Entre toutes, la gondole fut reine. S’avez-vous que la gondole n’a rien moins que mille ans, mentionnée dès 1094 dans un document officiel ! 

    Elancée comme une flèche, silencieuse, élégante, gracile, elle glisse au long des palais sur le miroir verdâtre duquel le gondolier la guide délicatement en maniant une seule rame et, bien sûr, la plus belle façon de fouiller ou découvrir dans les moindres recoins, hors circuits touristiques, Venise, tour à tour mystérieuse, libertine, secrète, romantique ou ésotérique. Une merveilleuse tradition...

De très nombreuses familles possédaient des gondoles et, devant les portails qui s’ouvraient sur l’eau, étaient amarrées les gondoles particulières. Elle était la plus élégante des embarcations vénitiennes, peinte de couleurs vives mais son aspect actuel remonte au XVIème siècle. Un décret, en 1562, impose la couleur noire afin de mettre un terme à la rivalité qui opposait les riches vénitiens, ambitieux de posséder l’embarcation la plus décorée. Seules de riches étoffes pour le confort et embellir la gondole furent tolérées.

Il ne faut pas moins de 280 pièces de bois pour la fabriquer : noyer, noisetier, hêtre, acajou, mélèze, cèdre, chêne, cerisier…la gondole est un art. A celles qui servait au transport des marchandises à l’ancre et les entrepôts s’ajoutaient celles qui reliaient Venise à Padoue, Rovigo, Vérone, Vicente et nombre de commune de l’intérieur, grâce à un vaste réseau de navigation fluviale. Cette armada de bateaux affluant dans les canaux de la Sérénissime posait des problèmes de navigation quasi insolubles, analogues à ceux de la circulation et du stationnement des automobiles d’une grande agglomération. Aux environs de 1650, le Magistrato delle Acque (Magistrat des eaux) commença à intervenir en règlementant le trafic et surtout le stazio, c'est-à-dire l’endroit où les bateaux étaient autorisés à s’arrêter pour charger et décharger. Ces emplacements varièrent en fonction de la provenance et du genre de marchandise : les chalands transportant la pierre et du sable devaient décharger aux Incurables, les trains de bois à la Misericordia et aux Fondamente Nuove. Les Dalmates furent autorisés à accoster sur ce point du rivage, prenant le nom de Rive des Esclavons.

Aujourd’hui encore existent divers types de bateaux, destinés à des usages différents. La présence pittoresque d’humbles bateaux dans les rios, participent à l’atmosphère quotidienne de Venise. En découvrant ses palais secrets, ses ruellesmystèrieuses, l’étrangeté de son caractère lacustre, passer sous les ponts édifiés au fil des siècles, le globe-trotter est encore plus surpris par l’incroyable charme qui se dégage de cette cité ensorcelante en partageant le mode vie de ses habitants : pour les déplacements la gondole est le moyen préféré des Vénitiens, des musiciens, des écrivains, des peintres… et des têtes couronnées ! De quoi tomber, une fois encore, amoureux de la ville des amoureux. 

Venise, cette ville qu'on dirait plantée

par un décorateur de théâtre.

Théophile Gautier poète, romancier français né à Tarbes le 30 août 1811, décédé à Neuilly sur Seine le 23 octobre 1872.