Critères de qualité de l’eau en Rome antique.

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16 mai 2016.                 Un texte de Vitruve* illustre la méthode des Romains pour apprécier la qualité des eaux, basée sur l’observation. Il écrivait : il est facile, au moyen d’épreuves et d’essais, de reconnaître la qualité des eaux d’un pays. Si elles coulent à découvert, il faut avant de les enfermer dans les conduites, considérer quel est l’état du corps des habitants. S’ils sont robustes, s’ils ont de belles couleurs, s’ils ne sont point sujets ni aux maux de jambes, ni aux fluxions des yeux, on peut être certain de la bonne qualité des eaux. Pour se rendre compte de la bonté d’une fontaine nouvellement découverte, il faut jeter quelques gouttes de son eau sur du cuivre de Corinthe ou sur d’autre bon cuivre, si elles ne font point tâche, c’est une marque que l’eau est excellente. Enfin on reconnaîtra qu’elle est légère et très salubre si, étant claire et belle dans sa source, elle ne produit dans les endroits qu’elle parcourt, ni joncs, ni mousse, ni autres saletés. Selon Vitruve, contemporain de Jules César, les Romains définissaient la qualité de l’eau en fonction de critères de bon sens. Ils observaient l’environnement, ils évaluaient la santé des hommes résidant autour de la source, celle des animaux (observation du foie). Ils se fiaient aussi à la limpidité de l’eau.
*Vitruve (Marcus Vitruvius Pollio) architecte romain (1er siècle avant J-C) est l’auteur d’un traité en 10 volumes « Sur l’architecture romaine »
Source: traduction de Claude Perrault paru en 1979 (Ballard).

A chacun ses coutumes

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26 avril 2016                                                A chacun ses coutumes liées à l’eau dans le monde.

Les sociétés agraires ont à leurs dispositions une grande diversité de pratiques visant à capter et maintenir l’attention des dieux. Les rituels destinés à faire pleuvoir s’intègrent à la culture de la plupart des sociétés agricoles fondées sur le modèle tribal. Ainsi, les tribus africaines Angoni et Baronga provoquent-elles les dieux de l’eau en entonnant des chants empreints d’un humour impertinent et grossier. Des jeunes caucasiennes s’attellent à une charrue et la tirent vers le lit asséché d’une rivière. En Roumanie, dans la région de Transylvanie, elles s’assoient nues sur un herse. Dans certaines contrées de l’Inde méridionale, les femmes doivent attraper une grenouille vivante et l’attacher à un éventail ! Fleuves et eaux sacrées ont toujours inspiré sacrifices et offrandes; ces pratiques perdurent dans nombre de sociétés agraires au sein desquelles l’eau incarne la différence manifeste entre vie et mort, entre prospérité et destruction. C’est pourquoi les Massaïs d’Afrique occidentale jettent une poignée d’herbe dans le fleuve chaque fois qu’ils le traversent, et pourquoi les Burganda d’Afrique centrale lui font traditionnellement l’offrande de graines de caféier. Remercier l’esprit d’un puits pour son eau claire et pure était un rite fort répandu, notamment en Angleterre. Chaque été, on habillait le puits local de fleurs, puis était décoré de saints. Souvent, les fleurs étaient disposées pour former des motifs et des images complexes. Cette coutume est encore respectée à Tissington, dans le Derbyshire, comté dans les Midlands Est de l’Angleterre. La renommée des puits tenait fréquemment aux propriétés particulières de leurs eaux, d’où la spécificité de ce qu’on y jetait. Ces puits votifs attiraient donc pièces de monnaies, épingles, boutons, morceaux de vaisselle brisée. Par exemple, un puits réputé guérir les maux de dents, exigeait des rameaux de noisetier pour exercer son pouvoir. Un autre, censé transformer tout objet en métal précieux, exigeait qu’on y jette des cônes de pins. Quand aux puits influençant le temps, ils se voyaient offrir des pierres. Au Japon, les bains en plein air associent la chaleur d’une source naturelle à la magnificence d’un paysage pour favoriser l’accession à un « supplément d’âme ». Ces rotenburo, dont le sens littéral est « bain de rosée à ciel ouvert », ont la faveur toute l’année, y compris en plein hiver, au milieu des congères. Depuis les temps les plus reculés, la pensée médicale, sans exception, reconnaissait à l’eau son importance majeure, non seulement en tant que thérapie appliquée à des symptômes précis, mais également en tant que source de notre énergie vitale, c’est-à-dire de notre bonne santé. Les grecs et les romains recommandaient le bain comme mesure générale d’hygiène mentale et corporelle. Les chinois identifiaient en elle la source du t’chi ou énergie vitale. La pensée hindouiste y percevait la source du prâna, analogue du t’chi. 

Le nuage est sombre mais, ce qui en tombe est de l'eau pure.

Proverbe séculaire d'Afghanistan.

La morue à Terre-Neuve

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20 avril 2016.      Chaque année le départ des Terre-Neuvas à l'occasion de la campagne de pêche à la morue vers Terre-Neuve donnait lieu à de grandes cérémonies religieuses dans tous les ports bretons. Cliché des voiliers enrubannés dans le port de St Malo en 1928.

 L’église catholique imposait à partir du Moyen-âge un grand nombre de jours de pénitence pendant les lesquels les rapports sexuels et la nourriture à base de viande étaient interdits. Cela concernait tous les vendredis (le jour de la brunification de Jésus), les 40 jours du Carême, et toute une série de jours spéciaux du calendrier religieux. Au total, la viande était bannie 160 jours par an. Elle était interdite car elle était considérée comme une nourriture « chaude » qui attise les passions et excite les sens ! Le poisson et le gibier d’eau étaient autorisés à titre de nourriture « froide ». De là est venue une forte demande de poisson. Malheureusement le poisson se conserve mal. A une époque où la réfrigération n’existait pas, la salaison était le seul moyen de conserver les aliments. On conservait ainsi le hareng. Mais sa chair est grasse et même salée et fumé, le hareng exposé à l’air ne peut se garder très longtemps. La morue par contre, a la chair très maigre, et une fois séchée et salée elle se conserve pendant des années et ne rancit pas. Au Moyen-âge, cette découverte a produit des bienfaits comparables à ceux de la congélation pour notre époque. La morue était abondante dans les mers froides et faciles à pêcher car elle aime les eaux peu profondes. La morue est devenue la nourriture du vendredi…Il fallait du sel, et il n’y a pas de sel dans les pays du Nord. Les Basques puis les Portugais qui disposaient de sel sont donc devenus les principaux fournisseurs de morue salée. La mer du Nord étant du domaine des Anglais et des Scandinaves, ils allaient à Terre Neuve. C’était loin, mais la morue y était incroyablement abondante. On raconte que les bancs de morues étaient si denses que les mouettes se reposaient dessus et que les doris (petite barque d’appoint) sombraient parfois sous le poids de la pêche après quelques minutes. La raison de cette abondance est qu’il y a là des hauts-fonds, les célèbres « Bancs », en particulier le réputé Grand Banc, dans les eaux froides riches de ce plancton qui est à la base de la chaîne alimentaire. Un fois la pêche terminée il suffisait d’aller à Terre Neuve, pour saler et faire sécher les filets de morues pendant quelques semaines avant de rentrer au pays. Les Bretons, les Basques, les Portugais, les Américains et bien d’autres sont venus aussi se servir à Terre Neuve. Mais après 4 siècles d’une pêche sans mesure la poule aux œufs d’or est moribonde ; la morue a pratiquement disparu et ne semble pas vouloir revenir malgré un moratoire sur la pêche. 

Le Marité dernier morutier français quitte le port de Sète après une visite remarquée. Le public languedocien lui a réservé un accueil de star. Escorté par les petites embarquations venues le saluer, le Marité après avoir longtemps écumé l'Antarctique, navigue vers d'autres aventures. Photo du 28 mars 2016.

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Faiseur de pluie chinois

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      Au début du XXème siècle dans une région très pauvre de la Chine, à Kiou-Chou, la pluie se fait attendre depuis plusieurs décennies. Les ruisseaux et les rivières sont à sec, rien ne pousse dans les champs, la sécheresse est telle que les hommes et les animaux meurent par centaines. Les gens essayent par tous les moyens connus d'obtenir la pluie. Les invocations, les prières, les processions sont vaines.
Plongés dans le plus grand désespoir, les paysans organisent une réunion à la fontaine principale sur la place qui depuis longtemps ne donne plus la moindre goutte d'eau. La communauté après une discussion animée, confie à un volontaire la mission de l'ultime recours. Rencontrer, convaincre et faire venir une connaissance, ancien habitant, fameux « faiseur de pluie » retiré dans un hameau isolé dans les hautes montagnes aux confins de la région afin d'apporter son savoir à la communauté.
Après deux jours d'un périple sur le dos d'un mulet, le mandataire retrouve et rencontre l'homme de la dernière chance qui, malgré une santé précaire s'engage à aider le village de son cœur frappé par le tragique fléau.
C'est dans une charrette couverte qu'un petit vieux décharné redécouvre le lieu de sa jeunesse, une cité qui a bien changé. Des retrouvailles chaleureuses empreintes d'une grande émotion mais qui ne peut masquer la répugnance évidente de l'air qu'il respire.
Aussitôt ses sens se mettent au travail. Ce vieillard sans âge demande que l'on mette à sa disposition, à l'extérieur du bourg, une petite hutte et qu'on le laisse seul. Même les repas doivent être déposés à l'extérieur, devant la porte.
Pendant 3 jours, on n'entend plus parler de lui. Puis le miracle se produit, non seulement il se mit à pleuvoir des cordes mais il y eut aussi une grosse chute de neige, ce qui ne s'était jamais vu à cette époque de l'année !
Très impressionné, le Gouverneur du village, obtint un entretien avec le vieillard et lui demanda de quelle façon il s'y était pris pour faire de la pluie et même de la neige. Le faiseur de pluie lui répond : mais ce n'est pas moi qui ai fait la pluie ! Et je ne fais pas de neige ! Bien sûr que non ! Monsieur le Gouverneur insista : il y avait une terrible sécheresse avant votre venue et puis après 3 jours voilà qu'il pleut et neige en abondance !
Le vieillard plein de sagesse lui répond : Oh, cela je peux l'expliquer, voyez-vous je viens d'un endroit où les gens sont en ordre, alors le temps, aussi, est en ordre ! Mais à cause de la sécheresse, la nature et tous les hommes ici, étaient perturbés, sortis du Tao (1). Quand je suis arrivé dans mon ancien village, moi aussi je me suis senti perturbé, contaminé ; c'était grave. Je suis resté seul jusqu'à ce que je sois en ordre. Et il m'a fallu mon ordre, mon harmonie avec le Tao, et c'est alors, ajoute-t-il avec un beau sourire, c'est alors, que naturellement il s'est mis à pleuvoir et neiger !

Tao (1) : le Tao est un terme de philosophie chinoise (souvent religieux). Il est la force fondamentale qui coule en toutes choses dans l'Univers, vivantes ou inertes.

Sur les traces de l'Arche de Nöé

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L'histoire de l'Arche de Noé commence lorsque Dieu observe la méchanceté, la fourberie, l'égoïsme et la perversité des hommes. L'Eternel se repend d'avoir fait l'homme sur Terre, son cœur est affligé par cette vie insipide et désolante. Il s'aperçoit qu'il s'est trompé grave. Dans cette société le Mal domine largement le Bien, une situation insupportable pour cet homme de bien, l'Eternel. Il explore des solutions et décide de faire tomber un déluge sur Terre pour y détruire toute vie, depuis l'homme jusqu'aux bestiaux, aux bestioles et aux oiseaux du ciel.
En clair il veut donner un grand coup de balai pour reconstruire un monde dont la générosité et l'entraide ne serait pas que des mots vains !
Seul un homme trouve grâce aux yeux du Tout Puissant. Fidèle compagnon, juste et intègre parmi ses contemporains, Noé est choisi pour survivre et perpétuer sa lignée. Il confie à cet homme humble le soin de construire une arche. Comme un vieux charpentier de marine expérimenté, Dieu conseille son disciple : fais-toi une arche en bois résineux de 300 coudées pour la longueur, 50 coudées pour la largeur et 30 pour la hauteur. Fixe un toit avec une coudée plus haute qui couvrira un premier, un deuxième et un troisième étage. Tu cloisonnes l'ensemble avec des roseaux enduis de bitume de chaque côté. Pour la lumière ouvre une grande fenêtre et une porte sur le côté. Ces mesures correspondent à une grande barge sans mât de 137 mètres de long, 26 de large et 16 de haut. Pour l'époque c'est une grande innovation dans la construction navale. Lorsque le chantier est terminé l'immense bateau hérite logiquement du nom de son constructeur : l'Arche de Noé.
Dieu supporte de moins en moins ce monde dépossédé de sagesse et de valeurs. Pour sauver l'humanité pècheresse dans sa grande miséricorde il veut sauver les hommes. Il recommande à Noé d'emmener son épouse, d'embarquer ses fils, Sem, Cham, Japhet, leurs femmes et d'engranger à bord des vivres pour toute la famille. Sans oublier les spécimens de toutes les espèces animales existantes.
Noé, commandant de bord improvisé, à peine monté à bord au milieu sa famille et des animaux que soudain, toutes les écluses célestes du ciel déversent de l'eau sur la planète. La pluie tombe ensuite sans discontinuer sur la Terre pendant 40 jours et 40 nuits. Les eaux finissent par couvrir les plus hautes montagnes de 15 coudées. Toutes les créatures vivantes expirent et, seuls Noé et les siens survivent.
Le monde fut inondé, toute vie détruite à l'exception d'un couple de chaque spécimen animal et d'une famille humaine, celle de Noé et de ses fils.
Après 220 jours d'errance sur les flots apparaissent les sommets des montagnes. Finalement ce n'est qu'au bout de 40 jours que les eaux refluent ce qui permet à l'Arche de s'échouer sur les monts d'Ararat.
Si lorsque les cataclysmes surviennent sur Terre on ne sait qui implorer, dans ce cas précis la responsabilité est bien établie !
Noé décide alors d'envoyer en éclaireur un corbeau pour examiner l'état des lieux. Le constat est désolant, de l'eau partout ! Ensuite Noé dépêche une colombe, laquelle ne trouve aucun endroit dégagé des eaux où poser les pattes. La tentative fut renouvelée sans succès. Elle va et vient en attendant que les eaux sèchent sur la Terre mais une telle quantité ne s'évapore pas facilement.
Après 7 autres jours, enfin, la colombe rentre avec dans le bec un rameau d'olivier tout frais ce qui apprend à Noé que le niveau des eaux baisse. Il lâche la colombe à nouveau après une semaine mais l'oiseau ne réintègre pas l'Arche. Ce présage annonce la fin de l'épreuve.
Alors l'Eternel s'adresse à Noé : sors de l'Arche avec toute ta famille, ainsi que tous les animaux, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur Terre, fait les sortir avec toi : qu'ils pullulent, qu'ils soient féconds et qu'ils se multiplient sur Terre.
Au début de l'aventure le Tout Puissant voyait en Noé le conservateur de la semence de l'humanité.
Noé fait de nombreux sacrifices à Dieu. Il se dévouera encore pour accomplir celui-là. En serviteur fidèle Noé accomplira cette tâche.
Satisfait de ce comportement, le Tout Puissant se résolut pour sa part à ne plus maudire la Terre à cause des hommes et, à ne plus jamais détruire toute vie de cette manière. En signe de cette promesse, Dieu installe un Arc en Ciel dans les nuages et déclare : lorsque j'assemblerais les nuées sur Terre et que l'Arc apparaitra en forme de voûte, je me souviendrais de l'alliance qu'il y a entre moi et tous les êtres vivants.
Il faut croire que 2 000 ans plus tard rien n'a changé, on peut même avancer que la situation empire de jour en jour ! A quand un déluge moderne pour noyer cette société qui a perdu ses élémentaires valeurs afin de recréer un monde plus solidaire ?
PS : Ce récit biblique présente des similitudes avec d'autres religions à travers le monde. L'histoire est universelle avec des variantes.