Quand un pont-canal devient monument.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

           Près d’une centaine de ponts-canaux ont étés édifiés en France au cours des siècles. La renommée européenne de Briare souligne la performance technique, humaine et esthétique qu’à représenté la construction du plus grand pont-canal métallique français. Le choix d’un ouvrage à bâche métallique s’impose à Léonce-Abel Mazoyer, ingénieur à qui l’on confie la réalisation de cette prouesse technologique. La réussite du pont-canal revient à ses constructeurs qui se sont relayés : la maçonnerie adjugée aux ateliers Eiffel, la construction métallique réalisée en acier doux par Daylé et Pillé, le tout dirigé par Mazoyer dès 1890. Le résultat est à la mesure des ambitions et des moyens mis en œuvre : 662,50 mètres soutenus par 16 travées d’une largeur de 11,50 m, à 11 m au-dessus du fleuve. Le poids de l’ensemble mis en eau est de 13 680 tonnes. A cette époque, la prouesse technique est fantastique !

          Le 16 septembre 1896, une grande étape de la navigation fluviale était franchie, par-dessus la Loire. Mais la majesté de l’ouvrage s’impose. La décoration utilisée à Briare illustre le souci pour ses auteurs de répondre au caractère monumental du pont. Soixante-deux candélabres et chimères, quatre obélisques à rostres, porte-lanternes, pilastres et quelques appliques s’alignent de par et d’autre du canal. Ce superbe ensemble s’offre au regard curieux des bateliers qui reconnaîtront les armes de Briare (ondées, ancres et cordages) à celles de Roanne, Nevers, Montargis et Paris, reliées par le canal. Et quel émerveillent quand ce décor féérique se mire dans son cours rectiligne. L’avant-garde énergétique s’introduit, aussi, dans la réalisation. Déjà au siècle dernier le pont-canal, alors ouvert à la navigation de 3 h à 21 h, était éclairé à l’électricité fournie par deux turbines entraînées par les eaux du canal.

        Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1976, le pont-canal de Briare a perdu aujourd’hui l’essentiel de sa fonction commerciale pour faire place à un important trafic de plaisance. Avec quelque 250 000 visiteurs qui s’y pressent chaque année, Briare figure parmi les sites les plus prestigieux du patrimoine.

Le superbe canal de Briare reliant la Seine à la Loire fut construit de 1604 à 1642. Sur le pont-canal les éléments ornementaux sont à la hauteur de l'ouvrage, magnifiques. A gauche, un cheval de trait reprend des forces.  

Puits naturels au Mexique.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

   Dans la région du Yucatàn au Mexique, les cenotes sont des puits naturels remplis d’eau douce. En Catalogne et Languedoc, la comparaison peut se faire avec le gouffre de l’Oeil Doux dans le massif de la Clape ou de la Font d’Estramar à Salses ou certains avens dans les Corbières.

La présence de la cité de Chichén Itza est due à la présence de 2 puits naturels qui constituent un trésor inestimable dans cette région dépourvue d’eau. La cité maya doit son nom à cette source : chi signifie bouche, chén puits et itza sorcier de l’eau en maya yucatèque. Le Cenote sacré de Chichén Itza est un grand puits naturel de 60 mètres de diamètre et 20 mètres de profondeur. Il est devenu un important lieu de pèlerinage et de dévotion religieuse pour la population. Lors de son exploration, on y a découvert des offrandes de valeur, de bijoux, d’objets divers en or ou en argent.

La légende raconte que des ossements de femmes et d’enfants se trouvent au fond de la cavité car en période de grande sécheresse les Mayas sacrifiaient solennellement aux aurores des vierges pour apaiser Chac, le dieu de la Pluie. Il arrivait parfois qu’une victime réussisse à se maintenir à la surface. Considérant que le dieu avait épargné cette victime, on descendait, à midi, une corde dans le puits pour hisser la miraculée sur la terre ferme.

Pour une ville située dans une région frappée régulièrement par la sécheresse, il était logique d’accepter en échange de la pluie, source de vie, des cœurs humains. Les rituels de sacrifices humains choquèrent profondément les conquérants espagnols et leurs missionnaires. 

Dhioliba le Père des fleuves.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

En traversant 5 pays, le fleuve Niger est une grande artère de l’Afrique. Ce n'est pas par hasard s'il est appelé le"fleuve Dieu". 

                De sa source au delta, le Niger s’écoule à travers la forêt, la savane et le désert sur 4 184 km. Pour les populations riveraines, le Niger est le Dhiolida, le « Père des fleuves ». Symbole à la fois de force bienfaisante et redoutable, il détermine par l’importance des crues les bonnes et mauvaises récoltes. Il est l’unique moyen d’existence des tribus Bozo, Sorko et Somono qui se partagent les zones de pêche, les pirogues voguant à la perche sur plus de 1 500 km. Parfois au retour, il manque des pêcheurs et des embarcations renversés par des troupeaux d’hippopotames ou de crocodiles.
Les religions ancestrales des génies perdurent sur les berges de Dhioliba. Les populations célèbrent cette onde le long des berges par des sacrifices de sang. Au pays Dogon, la danse rituelle des génies l’honore au rythme des tam-tam. Les danseurs portent des masques d’antilopes, de lapins ou d’autres animaux.
Au-dessus d’une nappe de nénuphars flottants, deux paumes ouvertes sortent de l’eau, l’Issa Koï, le maître du fleuve, immergé pendant plus d’une longue minute, est en train de devenir poisson.
Rien ne distingue cet homme de tous les pêcheurs dont les villages s’échelonnent tout au long du Niger dans le pays de Gao. Rien, si ce n’est que sur son passage tous ceux qui vivent de l’eau s’éloignent avec un respect un peu craintif, rien si ce n’est le seul qui ne pêche pas. Il se contente d’approcher des pirogues pleines pour y prendre, comme bon lui semble, tout le poisson dont il a besoin. Sa case est un peu à l’écart des autres, il se mêle peu aux autres villageois, qui lui font secrètement visite. Ils le craignent comme celui qui dispense à son gré la prospérité ou le malheur : personne n’oserait marcher sur l’ombre de l’Issa Koï, le maître des pêcheurs, le « Do », celui qui plonge dans l’eau. Sans doute ses ancêtres habitaient-ils là bien avant que les migrations aient installé le peuple Sorko sur près de 2 000 km de fleuve. Il tient son pouvoir de son père et le lègue à son fils ; sa puissance est absolue dans tout ce qui touche l’eau. Personne n’est témoin des gestes qui lui assurent cette royauté, mais chacun sait qu’il apaise ou déchaîne à son gré les génies du fleuve, qu’il commande les troupeaux d’hippopotames, et qu’il lui suffit de prononcer certaines formules pour qu’aussitôt les crocodiles sortent des profondeurs et glissent sur la rive au simple son de sa voix. Si quelque objet précieux a été perdu dans le fleuve, il en connaît aussitôt la place exacte ; il peut s’il le désire, ordonner aux poissons de venir dans la main qu’il aura désignée et qui n’aura plus qu’à se refermer sur eux, ou au contraire les faire fuir pendant des semaines loin de tout filet. Et lorsque les troupeaux franchissent l’eau à la nage, c’est lui qui leur désigne la route en jetant du lait dans le courant. Il ne peut parler aux génies que s’il est changé en silure, le seul poisson qu’il ne mange jamais.
Les deux mains dressées restent là où il allait redevenir un homme. Une pirogue qui approchait pour la cueillette des graines de nénuphars fait prudemment demi-tour. Puis le charme s’évanouit, l’Issa Koï surgit du fleuve jusqu’aux reins, glissa à l’extrémité de sa pirogue et reprit vers la ville sa cadence puissante de pagayeur. Les pêcheurs pouvaient partir tranquilles, un silure qui ressemblait maintenant à un homme avaient su apaiser les génies des eaux. Par le geste le groupe des Sorko venait de confirmer dans un système de forces collectives qui marque en propre sa place dans l’ensemble de l’univers.
Ce n’est pas par hasard que le Niger, fleuve symbole de l’Afrique, est appelé le « fleuve dieu !

La montagne c’est le territoire des dieux, le fleuve celui des hommes.

Alain Rey, lexicologue français né à Pont du Château le 30 août 1928.

Anne-Toussainte de Volvire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

De famille noble, Anne-Toussainte est née le 1er novembre de l’an 1653 à Néant sur Yvel dans le Morbihan, décédée dans la même ville en 1694. Encore adolescente, un accident dramatique bouleverse sa vie. 
Amourachée d’un jeune roturier du voisinage, son père s’oppose à cette liaison prétextant le modeste rang de son amoureux. En 1670, le jour de ses 17 printemps, la jeune fille a failli perdre la vie au cours d’une chasse à courre. Effrayé par le son du cor et les aboiements des chiens, son cheval s’emballe et s’écrase dans un ravin. Dans sa chute, elle réussit s’agripper une branche d’arbre, sa vie est suspendue à la résistance de l’arbuste, la chute étant fatale. Traumatisée, apeurée, en attendant les secours, elle fait le vœu de consacrer sa vie à Dieu si elle a la vie sauve.
Témoin du drame, le jeune roturier éconduit n’écoutant que son courage accourt et tire la jeune fille de ce mauvais pas. Le père heureux de serrer dans ses bras sa fille, enthousiasmé par le sang-froid et la bravoure du jeune homme consent alors le mariage. Mais c’était mal connaître la droiture d’Anne-Toussainte qui respecta sa promesse. Elle entre en religion chez les Visitandines et se consacre aux malades et aux déshérités. Sur le dos d’un âne, parfois accompagnée, parfois seule, elle chemine de village en village, s’arrête ici pour panser une plaie, là pour distribuer une aumône, plus loin pour offrir un sourire à un enfant déguenillé, là-bas partage une prière qui réchauffe le cœur.
Malheureusement, elle décède après 20 ans passés à soulager la souffrance des malades, la pauvreté des gens humbles et faire le bien sur cette Terre ravagé par la misère et les maladies.
Le jour de l’inhumation d’Anne-Toussainte se produit un événement miraculeux. La légende raconte qu’après l’office religieux à l’église, le convoi funèbre mené par des bœufs marque un arrêt à l’écart du village sur le chemin du cimetière. A l’ébahissement de la famille, des proches et de la population accompagnant le corps de la défunte pour la mise en terre, en ce lieu, une source limpide et abondante jaillit de terre. Un vrai miracle perçu comme un ultime adieu venant du ciel ! La bonté de cette sainte lui vaut d’être inhumée dans le carré des gens pauvres, mais toujours honorée du respect et de la reconnaissance populaire, ses cendres sont placées dans un tombeau au cœur de l’église du village.
Depuis le XVIIème siècle les "nécessiteux" mais aussi la population el les pèlerins vont à cette fontaine dont ils estiment que l’eau possède des vertus divines et curatives en raison de son jaillissement « miraculeux ». A l’époque on vient de loin pour obtenir des grâces et les invocations sont parmi les domaines les plus variés.
Aujourd'hui encore, cette fontaine continue de recevoir la visite de pèlerins. Pour preuve que cette source est toujours fréquentée, les fleurs renouvelées à longueur d’année et les plaques votives avec les dates de leur déposition sur le marbre de la fontaine, un marbre posé en 1881. 

Vénérée de tous, Anne-Toussainte de Volvire devient la sainte de Néant sur Yvel, son village natal. 


Néant sur Yvel est un pittoresque et petit village comptant 990 habitants situé à proximité de la forêt de Paimpont dans la région de Bretagne.

Biscuit de mer.

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              Jadis la vie à bord des navires était extrêmement rude et précaire. Au fil des mois, voire des années, les expéditions maritimes se transformaient en aventure. La discipline, l’inconfort, les tempêtes, l’hiver et surtout la maladie provoquée par l’absence de vivres frais dans l’alimentation journalière sapaient le moral des marins. Mal nourris, les hommes affaiblis par le scorbut perdaient au bout de quelques jours leurs dents, étaient exténués et souvent mouraient. En l’absence de système de conservation, il était difficile de maintenir longtemps la fraîcheur des provisions embarquées.

Peu chère, peu encombrante, une galette très dure constituait un élément de base pour les aventuriers au long cours. Le biscuit que nous mangions n’était pas du pain, témoigne Pigafetta, un fidèle compagnon de Magellan, mais une poussière mêlée de vers qui avaient mangé toute la substance. Et, lorsque le biscuit n’est transformé en miettes, c’est à peine mieux : cette galette est si dure qu’il faut la casser à coups de marteau, et la mettre à tremper pour obtenir une sorte de bouillie. Mais l’eau que l’on puise au « charnier » grouille d’animaux, elle aussi, et comme dit le second de Magellan, elle est putride et puante. Dans les dures conditions qui président au premier tour du monde, les officiers ne sont pas mieux traités que les matelots. Magellan lui-même donne l’exemple : il se condamne à de plus grandes privations que le reste de l’équipage. Pour les explorations de très longue durée sur les mers et océans, la solution était d’aménager sur le pont un parc réservé aux animaux vivants pour embarquer cochons, chèvres, moutons, volailles. Pour les missions de la Marine nationale française, Richelieu fait construire en 1638 le splendide vaisseau « La Couronne » long de 70 mètres, dont le parc pouvait contenir quantité de moutons, volailles ou lapins, sacrifiés en haute mer pour procurer des vivres frais et améliorer l’ordinaire. Il est vrai qu’il fallait nourrir 643 hommes et 3 cuisines, toujours fumantes afin de préparer les repas des officiers et des matelots. Au milieu du XVIIIème siècle, les pratiques commencent à changer même si les cambusiers embarquent des barils pleins d’haricots blancs, du lard salé, de la viande en conserve. C’est bien suffisant pour les hommes s’esclaffent certains.

Mais un anglais, navigateur-explorateur et cartographe reconnu, James Cook, lui, a une autre idée. Il veut que ses marins soient en bonne santé. Il charge les cales de nouvelles denrées telles que  la choucroute, la bière, des céleris, des herbes médicinales et des animaux vivants de manière à varier les menus. Il donne des ordres accueillis encore par des ricanements : les marins doivent se laver, changer régulièrement de vêtements, les postes d’équipages seront aérés 2 fois par semaine. Les matelots ont l’habitude de vivre sales dans de vieux habits. Pourtant la discipline, l’amélioration de l’alimentation, la propreté des hommes et des vaisseaux renforcent naturellement le moral des troupes. Les mesures imposées par James Cook portent leurs fruits : sur ses navires, le scorbut devient une maladie inconnue. Vingt ans plus tôt, sur les 691 marins d’une expédition autour du monde, 686 étaient morts du scorbut ! Et les pirates comment faisaient-ils me demanderez-vous ? La méthode des pirates est plus radicale lorsque les vivres commencent à diminuer, la provision est rétablie par l’abordage d’un navire marchand en haute mer ou par un pillage en règle d'un village sur la terre ferme ! 

 

L'humanité ne manque pas d'eau,

elle manque d'eau potable.