L'enfer au bout de la nuit

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Le 6 juin 1944, la mer est démontée mais l'opération pour la liberté est lancée. Et cette liberté, il faut la gagner coûte que coûte, 180 péniches s'échouent sur le sable de cette plage normande. Courage, toujours plus de courage est demandé aux soldats !

01 juin 2016.        L’eau est plus ou moins partout sur notre planète bleue, il suffit d'observer une photo satellite pour le remarquer. Cette eau contenue dans les océans est un maillon indispensable dans le cycle climatique de l'univers, une pièce majeure dans le système économique mondial, un réservoir alimentaire quasi inépuisable s'il est géré intelligemment, avec une biodiversité formidable pour l’humanité mais on n’imagine pas qu’elle peut être décisive pour la liberté des hommes. Et au petit matin du 6 juin 1944, cette liberté est venue de l’océan, il y a juste 72 ans. 

Aussi longtemps qu’on puisse aller dans le temps, l’histoire guerrière des hommes est parsemée de ruses qui ont changé le cours de l’histoire. La Deuxième Guerre mondiale ne déroge pas à la règle. Dans le but de libérer l’Europe du joug d’Hitler et de l’oppression nazie tous les coups sont permis, les plus invraisemblables comme les plus sommaires, y compris l’intox, une arme subtile et redoutable. Divulguées abondamment par les Alliés, les rumeurs de débarquement allaient bon train. Parfois il devait se faire en divers points sur la côte Atlantique, tantôt en Bretagne, parfois sur le littoral méditerranéen, sur le rivage normand ou encore sur les rivages de la Manche.

Le débarquement est un formidable enjeu et l’élément de surprise est primordial. Il faut savoir que les Alliés ont usé de tous les stratagèmes imaginables pour faire croire à la préparation d’un débarquement au Pas de Calais. D’abord il était important de déplacer le quartier général factice des armés alliés vers le sud-est de l’Angleterre. Dans les champs, sont disposés quantité de chars gonflables en caoutchouc. Des véhicules et des canons en contreplaqué s’alignent le long des routes. La nuit des convois de camions, toujours les mêmes, sillonnent la région en long et en large, donnant une impression de nombre aux avions allemands. Les Alliés entretiennent une activité radio débordante entre les unités aussi « bidon » les unes que les autres. Pour berner les avions d’observations ennemis, que la DCA s’applique à louper, des pseudo-navires de débarquement construits de bric et de broc encombrent les estuaires, les criques et les ports. Et plus vrai que nature, un complexe pétrolier géant en carton-pâte voit le jour près de Douvres. Cette ruse fonctionnera au-delà de toutes les prévisions puisque l’état-major allemand déplace massivement ses unités dans le Pas de Calais. C’est ici que les allemands attendent de pied ferme les troupes alliées, c’est ici que se concentrent le plus gros de leurs troupes. La Normandie est presque dégarnie.
Les Alliés lancent le 6 juin 1944 la plus grande opération militaire collective que l’humanité ait connu. L’opération Neptune est le nom de code donné au débarquement des troupes Alliées en Normandie. Imaginons la planification d’une telle opération pour gérer le matériel et les hommes sans lesquels rien n’est possible. Les moyens matériels se composait de 6 939 navires dont 1 213 de guerre, 4 126 pour le transport des troupes et 1 600 de soutien parmi lesquels de nombreux bateaux marchands provenant d’une dizaine de marines différentes, principalement de l’US Navy, la Royal Navy accompagnés des canadiens, australiens, néozélandais, norvégiens, polonais, néerlandais, danois et français.
L’aviation assure une couverture constante au-dessus de la flotte de débarquement et des plages en complétant la préparation navale par un tapis de 4 000 tonnes de bombes surtout sur les 5 plages normandes du débarquement. Pour le jour J, 7 500 avions de reconnaissance, chasseurs et bombardiers légers étaient disponibles.
L’opération Neptune ne se limite pas seulement au transport des troupes d’assaut, elle doit assurer le ravitaillement des têtes de pont. L’absence de port en eau profonde complique les premiers jours de la bataille. Pour résoudre ce problème vital, les Alliés avaient prévu d’apporter « leur port avec eux » ! Une quinzaine de jours après le débarquement débuta la mise en place de 2 ports artificiels. Ces 2 ports devaient être capables de permettre le débarquement de 6 500 véhicules et de 40 000 tonnes d’approvisionnements par semaine
Sur l’océan, des centaines et des centaines de loupiotes dansent sur les flots, un ballet féérique enveloppé dans une nuit encore bleutée. Les premières péniches chargées d’hommes, l’estomac barbouillé par le mal de mer, le ventre noué par la peur attendent que la barge s’échoue sur les fonds sableux, puis la porte tombe lourdement sur l’avant invitant les hommes, lourd paquetage sur le dos et fusils aux mains, à sauter dans l’eau pour rejoindre la terre promise. Ces hommes sont héroïques mais deviennent aussitôt, des cibles vivantes offertes à la mitraille ennemie. Beaucoup ne poseront même pas les pieds sur cette terre qu’ils ne connaissent pas, qu’ils ne connaîtront jamais. Au bout de la nuit, il y a l’enfer. Sur ce coin de France, il n’y a pas d’héros, ou plutôt tous ces hommes sont des héros !
Beaucoup des objectifs initialement prévus ne sont pas atteint, la prise de certaines villes stratégiques ajournée. Les troupes allemandes se battent et opposent une résistance farouche aux forces débarquées. Du point de vue militaire, les résultats de la première journée de combats des Alliés sont positifs. C’est ce que claironne le commandement des Alliés !
Au soir du jour le plus long, les rescapés de ce massacre tremblent encore en reprenant leur souffle. Un « vétéran » chevronné synthétise pour l’éternité la situation. A l’abri dans une grotte avec un quarteron indemne, il dit : il y a 2 catégories d’hommes sur cette plage : les morts et ceux qui vont mourir, alors vite, tirons-nous de là ! S’ils ont échappé temporairement à un destin funeste c’est un miracle, mais le cauchemar ne fait que commencer au cœur du bocage normand. Pour vénérer l’amour de la liberté, des offrandes rituelles sont nécessaire !
L’approvisionnement en carburant était un des éléments décisifs à la réussite de l’opération. Les Alliés avaient estimé que jusqu’au 15 juillet leurs besoins se chiffraient à 15 000 tonnes pour approvisionner en essence les 200 000 véhicules débarqués mais également le carburant pour les avions et le mazout pour les navires de la zone. Pendant les 10 premiers jours, un terminal sommaire était installé, les Alliés faisaient aussi échouer sur les plages des jerricans d’essence.
A partir du 15 juillet, ces systèmes d’approvisionnement devaient être remplacés par des installations plus performantes. C’était sans compter sur la capacité de riposte de l’occupant, malgré de grosses pertes humaines, surpris par cette invasion en un lieu qui n’était pas envisagé sérieusement par le haut commandement allemand et sa force de destruction sur les points névralgiques, notamment sur le port de Cherbourg qui empêchait l’accostage du premier pétrolier que le 25 juillet. La reconquête de Cherbourg, plus difficile que prévu, le long nettoyage des eaux du port et le mauvais temps retardèrent sa mise en service de 6 semaines et ne put rentrer en fonction qu’au début août. Heureusement, le manque de carburant ne se fit pas sentir car la bataille fut rude et le front ne progressait pas ou peu !
Baptisés « Rupert » des centaines de mannequins ou poupées en caoutchouc de 1 m 30 de haut ressemblant à des combattants ont été largués derrière les lignes allemandes pour semer le doute chez l’ennemi. En touchant le sol, ils déclenchent automatiquement des pétarades et des sons stridents sensés leurrer les troupes ennemies.
La tête de pont alliée est solidement ancrée dans la campagne normande mais elle n’est pas encore à l’abri d’une contre-attaque allemande appuyée par les redoutables divisions de chars. La vaste armada des pays libérateurs continu de débarquer sur les plages.
Certains officiers allemands, agacés de ne pouvoir apporter un soutien vital à leurs compatriotes en difficulté ordonnent des opérations de représailles sous prétexte que des résistants français organisent des destructions ou attentats pour retarder l’arrivée sur la ligne de front de renforts humains et matériels.
A Oradour sur Glane petit village soupçonné d’être un repère de résistants, un horrible massacre a lieu le 10 juin : 644 villageois dont 246 femmes et 207 enfants sont tués.
La bataille de Normandie a duré 90 jours, du 6 juin à la fin août, une bataille de combats intenses, acharnés, dévastateurs, meurtriers.
Le prix de la liberté était à ce prix, 72 ans sont passés, citoyen du monde souviens toi !

Une armada de navires de guerre, des soldats et beaucoup de matériel à tuer sur une plage. Pris sous le feu de 2 casemates, une compagnie perd les deux tiers (2/3) de son effectif, sur 40 chars débarqués, 34 sont déjà hors d'usage. L'aube du 6 juin devient l'enfer, ce n'est que le début, le plus dur reste à faire. 

Critères de qualité de l’eau en Rome antique.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

16 mai 2016.                 Un texte de Vitruve* illustre la méthode des Romains pour apprécier la qualité des eaux, basée sur l’observation. Il écrivait : il est facile, au moyen d’épreuves et d’essais, de reconnaître la qualité des eaux d’un pays. Si elles coulent à découvert, il faut avant de les enfermer dans les conduites, considérer quel est l’état du corps des habitants. S’ils sont robustes, s’ils ont de belles couleurs, s’ils ne sont point sujets ni aux maux de jambes, ni aux fluxions des yeux, on peut être certain de la bonne qualité des eaux. Pour se rendre compte de la bonté d’une fontaine nouvellement découverte, il faut jeter quelques gouttes de son eau sur du cuivre de Corinthe ou sur d’autre bon cuivre, si elles ne font point tâche, c’est une marque que l’eau est excellente. Enfin on reconnaîtra qu’elle est légère et très salubre si, étant claire et belle dans sa source, elle ne produit dans les endroits qu’elle parcourt, ni joncs, ni mousse, ni autres saletés. Selon Vitruve, contemporain de Jules César, les Romains définissaient la qualité de l’eau en fonction de critères de bon sens. Ils observaient l’environnement, ils évaluaient la santé des hommes résidant autour de la source, celle des animaux (observation du foie). Ils se fiaient aussi à la limpidité de l’eau.
*Vitruve (Marcus Vitruvius Pollio) architecte romain (1er siècle avant J-C) est l’auteur d’un traité en 10 volumes « Sur l’architecture romaine »
Source: traduction de Claude Perrault paru en 1979 (Ballard).

A chacun ses coutumes

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

26 avril 2016                                                A chacun ses coutumes liées à l’eau dans le monde.

Les sociétés agraires ont à leurs dispositions une grande diversité de pratiques visant à capter et maintenir l’attention des dieux. Les rituels destinés à faire pleuvoir s’intègrent à la culture de la plupart des sociétés agricoles fondées sur le modèle tribal. Ainsi, les tribus africaines Angoni et Baronga provoquent-elles les dieux de l’eau en entonnant des chants empreints d’un humour impertinent et grossier. Des jeunes caucasiennes s’attellent à une charrue et la tirent vers le lit asséché d’une rivière. En Roumanie, dans la région de Transylvanie, elles s’assoient nues sur un herse. Dans certaines contrées de l’Inde méridionale, les femmes doivent attraper une grenouille vivante et l’attacher à un éventail ! Fleuves et eaux sacrées ont toujours inspiré sacrifices et offrandes; ces pratiques perdurent dans nombre de sociétés agraires au sein desquelles l’eau incarne la différence manifeste entre vie et mort, entre prospérité et destruction. C’est pourquoi les Massaïs d’Afrique occidentale jettent une poignée d’herbe dans le fleuve chaque fois qu’ils le traversent, et pourquoi les Burganda d’Afrique centrale lui font traditionnellement l’offrande de graines de caféier. Remercier l’esprit d’un puits pour son eau claire et pure était un rite fort répandu, notamment en Angleterre. Chaque été, on habillait le puits local de fleurs, puis était décoré de saints. Souvent, les fleurs étaient disposées pour former des motifs et des images complexes. Cette coutume est encore respectée à Tissington, dans le Derbyshire, comté dans les Midlands Est de l’Angleterre. La renommée des puits tenait fréquemment aux propriétés particulières de leurs eaux, d’où la spécificité de ce qu’on y jetait. Ces puits votifs attiraient donc pièces de monnaies, épingles, boutons, morceaux de vaisselle brisée. Par exemple, un puits réputé guérir les maux de dents, exigeait des rameaux de noisetier pour exercer son pouvoir. Un autre, censé transformer tout objet en métal précieux, exigeait qu’on y jette des cônes de pins. Quand aux puits influençant le temps, ils se voyaient offrir des pierres. Au Japon, les bains en plein air associent la chaleur d’une source naturelle à la magnificence d’un paysage pour favoriser l’accession à un « supplément d’âme ». Ces rotenburo, dont le sens littéral est « bain de rosée à ciel ouvert », ont la faveur toute l’année, y compris en plein hiver, au milieu des congères. Depuis les temps les plus reculés, la pensée médicale, sans exception, reconnaissait à l’eau son importance majeure, non seulement en tant que thérapie appliquée à des symptômes précis, mais également en tant que source de notre énergie vitale, c’est-à-dire de notre bonne santé. Les grecs et les romains recommandaient le bain comme mesure générale d’hygiène mentale et corporelle. Les chinois identifiaient en elle la source du t’chi ou énergie vitale. La pensée hindouiste y percevait la source du prâna, analogue du t’chi. 

Le nuage est sombre mais, ce qui en tombe est de l'eau pure.

Proverbe séculaire d'Afghanistan.

La morue à Terre-Neuve

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

20 avril 2016.      Chaque année le départ des Terre-Neuvas à l'occasion de la campagne de pêche à la morue vers Terre-Neuve donnait lieu à de grandes cérémonies religieuses dans tous les ports bretons. Cliché des voiliers enrubannés dans le port de St Malo en 1928.

 L’église catholique imposait à partir du Moyen-âge un grand nombre de jours de pénitence pendant les lesquels les rapports sexuels et la nourriture à base de viande étaient interdits. Cela concernait tous les vendredis (le jour de la brunification de Jésus), les 40 jours du Carême, et toute une série de jours spéciaux du calendrier religieux. Au total, la viande était bannie 160 jours par an. Elle était interdite car elle était considérée comme une nourriture « chaude » qui attise les passions et excite les sens ! Le poisson et le gibier d’eau étaient autorisés à titre de nourriture « froide ». De là est venue une forte demande de poisson. Malheureusement le poisson se conserve mal. A une époque où la réfrigération n’existait pas, la salaison était le seul moyen de conserver les aliments. On conservait ainsi le hareng. Mais sa chair est grasse et même salée et fumé, le hareng exposé à l’air ne peut se garder très longtemps. La morue par contre, a la chair très maigre, et une fois séchée et salée elle se conserve pendant des années et ne rancit pas. Au Moyen-âge, cette découverte a produit des bienfaits comparables à ceux de la congélation pour notre époque. La morue était abondante dans les mers froides et faciles à pêcher car elle aime les eaux peu profondes. La morue est devenue la nourriture du vendredi…Il fallait du sel, et il n’y a pas de sel dans les pays du Nord. Les Basques puis les Portugais qui disposaient de sel sont donc devenus les principaux fournisseurs de morue salée. La mer du Nord étant du domaine des Anglais et des Scandinaves, ils allaient à Terre Neuve. C’était loin, mais la morue y était incroyablement abondante. On raconte que les bancs de morues étaient si denses que les mouettes se reposaient dessus et que les doris (petite barque d’appoint) sombraient parfois sous le poids de la pêche après quelques minutes. La raison de cette abondance est qu’il y a là des hauts-fonds, les célèbres « Bancs », en particulier le réputé Grand Banc, dans les eaux froides riches de ce plancton qui est à la base de la chaîne alimentaire. Un fois la pêche terminée il suffisait d’aller à Terre Neuve, pour saler et faire sécher les filets de morues pendant quelques semaines avant de rentrer au pays. Les Bretons, les Basques, les Portugais, les Américains et bien d’autres sont venus aussi se servir à Terre Neuve. Mais après 4 siècles d’une pêche sans mesure la poule aux œufs d’or est moribonde ; la morue a pratiquement disparu et ne semble pas vouloir revenir malgré un moratoire sur la pêche. 

Le Marité dernier morutier français quitte le port de Sète après une visite remarquée. Le public languedocien lui a réservé un accueil de star. Escorté par les petites embarquations venues le saluer, le Marité après avoir longtemps écumé l'Antarctique, navigue vers d'autres aventures. Photo du 28 mars 2016.

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Faiseur de pluie chinois

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

      Au début du XXème siècle dans une région très pauvre de la Chine, à Kiou-Chou, la pluie se fait attendre depuis plusieurs décennies. Les ruisseaux et les rivières sont à sec, rien ne pousse dans les champs, la sécheresse est telle que les hommes et les animaux meurent par centaines. Les gens essayent par tous les moyens connus d'obtenir la pluie. Les invocations, les prières, les processions sont vaines.
Plongés dans le plus grand désespoir, les paysans organisent une réunion à la fontaine principale sur la place qui depuis longtemps ne donne plus la moindre goutte d'eau. La communauté après une discussion animée, confie à un volontaire la mission de l'ultime recours. Rencontrer, convaincre et faire venir une connaissance, ancien habitant, fameux « faiseur de pluie » retiré dans un hameau isolé dans les hautes montagnes aux confins de la région afin d'apporter son savoir à la communauté.
Après deux jours d'un périple sur le dos d'un mulet, le mandataire retrouve et rencontre l'homme de la dernière chance qui, malgré une santé précaire s'engage à aider le village de son cœur frappé par le tragique fléau.
C'est dans une charrette couverte qu'un petit vieux décharné redécouvre le lieu de sa jeunesse, une cité qui a bien changé. Des retrouvailles chaleureuses empreintes d'une grande émotion mais qui ne peut masquer la répugnance évidente de l'air qu'il respire.
Aussitôt ses sens se mettent au travail. Ce vieillard sans âge demande que l'on mette à sa disposition, à l'extérieur du bourg, une petite hutte et qu'on le laisse seul. Même les repas doivent être déposés à l'extérieur, devant la porte.
Pendant 3 jours, on n'entend plus parler de lui. Puis le miracle se produit, non seulement il se mit à pleuvoir des cordes mais il y eut aussi une grosse chute de neige, ce qui ne s'était jamais vu à cette époque de l'année !
Très impressionné, le Gouverneur du village, obtint un entretien avec le vieillard et lui demanda de quelle façon il s'y était pris pour faire de la pluie et même de la neige. Le faiseur de pluie lui répond : mais ce n'est pas moi qui ai fait la pluie ! Et je ne fais pas de neige ! Bien sûr que non ! Monsieur le Gouverneur insista : il y avait une terrible sécheresse avant votre venue et puis après 3 jours voilà qu'il pleut et neige en abondance !
Le vieillard plein de sagesse lui répond : Oh, cela je peux l'expliquer, voyez-vous je viens d'un endroit où les gens sont en ordre, alors le temps, aussi, est en ordre ! Mais à cause de la sécheresse, la nature et tous les hommes ici, étaient perturbés, sortis du Tao (1). Quand je suis arrivé dans mon ancien village, moi aussi je me suis senti perturbé, contaminé ; c'était grave. Je suis resté seul jusqu'à ce que je sois en ordre. Et il m'a fallu mon ordre, mon harmonie avec le Tao, et c'est alors, ajoute-t-il avec un beau sourire, c'est alors, que naturellement il s'est mis à pleuvoir et neiger !

Tao (1) : le Tao est un terme de philosophie chinoise (souvent religieux). Il est la force fondamentale qui coule en toutes choses dans l'Univers, vivantes ou inertes.