Le Mont Saint Michel va redevenir une île

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

S'il est arrivé à notre association, comme aux autres organismes officiels ou privés qui se consacrent comme elle à la sauvegarde des monuments et des sites menacés dans leur intégrité, de remporter des succès foudroyants, il lui a fallu, le plus souvent combattre opiniâtrement, des mois ou des années durant, avant de pouvoir publier un bulletin de victoire.
C'est l'issue favorable d'une victoire engagée en avril 1908 que nous avons la profonde satisfaction de proclamer aujourd'hui ; si, comme il est aujourd'hui permis de l'espérer, une brèche s'ouvre au printemps prochain dans la digue qui relie le Mont-Saint-Michel à la terre ferme, qui le relie si bien qu'après avoir été « au péril de la mer » le Mont était en grand péril d'être repris par la terre et de perdre définitivement son caractère insulaire, il n'aura donc fallu moins de 30 ans pour venir à bout des obstacles qui s'opposaient à cette solution de bon sens.
« Ô grand saint Michel, écrivait déjà en 1890, l'écrivain et illustrateur Albert Robida, dans le beau volume consacré à la Normandie qui ouvrait sa série « La Vielle France », brandis ta lance, coupe d'abord la digue injurieuse qui menace de conduire jusqu'à toi le dragon de feu du XIVème siècle, le chemin de fer, d'ailleurs, excellent pour les contrées de la prose, mais ici anachronisme inutile et blasphématoire. Coupe la digue à trois cent mètres de la place pour garder à ton roc poétique aspect d'îlot éternellement battu par la vague et perfore ensuite de ton fer les ennemis de nos vieilles pierres, de nos villes et de nos monuments, de nos paysages urbains, des suprêmes témoins st des vestiges d'autrefois... »
Mais hélas, l'archange n'abattit pas sa flamboyante épée et c'est à des forces moins surnaturelles qu'il fallut avoir recours.
Le Touring Club se chargea de les réunir. Il publia, en 1908, dans cette Revue d'abord, puis en une brochure plus abondamment illustré, un éloquent appel à l'écrivain Marius Vachon exposant les conclusions de l'enquête ouverte par notre Comité des Sites et Monuments et demandant, entre autres mesures susceptibles de rétablir l'insularité du Mont, cette coupure de la digue insubmersible jugée indispensable par tous ceux qui ont étudié la question, digue dont l'un des défauts, du point de vue esthétique, est de se souder brutalement à la ligne des remparts. Le combat s'engagea aussitôt et fut mené, au début, tambour battant. De mois en mois la Revue notait les résultats de notre campagne, à laquelle la grande presse s'était, dans son ensemble, associée. Le succès semblait proche : le ministre des Travaux publics de l'époque, Louis Barthou, qui était déjà le grand ami de notre association qu'il est resté jusqu'à sa fin tragique, présidant cette année-là notre assemblée générale, annonçait sa ferme intention d'ouvrir dans la digue la brèche attendue...
Les procédures parlementaires furent engagées, des votes de principe furent obtenus ; d'autres ministres, qui s'appelaient Raymond Poincaré, Millerand, d'autres encore, non moins convaincus de sa malveillance, réclamèrent à leur tour la coupure de la digue et se firent les champions d'une cause qu'à plusieurs reprises on put croire gagnée.
Mais il faut croire que le ciment dont la digue est construite est d'une résistance particulière car tous ses efforts, qui semblaient devoir tout emporter se brisèrent sur elle vainement. Insubmersible, serait-elle donc à jamais indestructible ?
Rien ne put cependant décourager les défenseurs de l'insularité du Mont, qui réussirent, tout au moins, à maintenir la question à l'ordre du jour.
C'est ainsi qu'en 1930, le Conseil des Travaux publics put être saisi d'un avant-projet de coupure, sur 500 mètres de longueur, de la ligne insubmersible et de construction d'une chaussée submersible assurant, sous la protection d'ouvrages accessoires, la liaison indispensable, en dehors des heures de hautes mer, relativement rares, entre le Mont et la terre ferme.
Fort opportunément, le ministre de l'Education nationale, saisit l'occasion que lui offrait l'avis favorable donné à cet avant-projet par le Conseil supérieur des Travaux publics et, puisqu'en définitive c'est d'une question d'argent qu'il s'agissait, il fit connaître à son collègue des Travaux publics, par lettre en date du 4 septembre 1936, qu'il était disposé à réaliser le projet au moyen des ressources dont dispose son département. Ce n'est l'archange saint Michel qui a vaincu la digue, mais le ministre qui a dans ses attributions l'entretien et la sauvegarde de l'admirable ensemble architectural, de la merveille d'art que constitue la vénérable abbaye « au péril de la mer ».
Saisi à nouveau de la question, et faisant état des propositions du ministre de l'Education nationale, le Conseil supérieur des Travaux publics a enfin, dans sa séance du 24 juin dernier, émis l'avis qu'il y avait lieu, pour le ministre des Travaux publics, de donner son assentiment à l'exécution du projet, sous la direction du service maritime des Ponts et Chaussées, agissant pour le compte de l'administration des Beaux-Arts et en liaison avec le service d'architecture des Monuments historiques.
Il n'est pas douteux que le ministre de l'Education nationale, à l'initiative duquel il convient de rendre hommage, va s'empresser, fort de cet avis autorisé, de poursuivre la déclaration d'utilité publique des travaux projetés, dont la dépense est évaluée à 10 500 000 francs et qui comportent les dispositions indispensables pour s'assurer, d'une part l'accès facile au Mont, pour les touristes même pendant l'exécution des travaux et, d'autre part, le passage du Mont à la terre et réciproquement, en toutes circonstances, même à marée haute en périodes de vives eaux, pour les habitants du Mont et les personnes qui y sont ou peuvent être appelées par leurs fonctions ou leur profession (médecins, fonctionnaires, etc.).
Voilà donc une bataille gagnée ; le Mont-Saint-Michel est à la veille de redevenir l'îlot battu des flots à chaque marée qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être...Mais à quand maintenant le premier coup de pioche ?
Source : Revue du Touring Club de France parue en août 1937. Texte intégral à la virgule près.

Les boues rouges

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Les boues rouges.
Après accord avec les autorités italiennes, une multinationale de l'industrie chimique s'installe près de Livourne en Italie. Il s'agit d'une usine de production de titane et de vanadium utilisés comme additifs dans de nombreuses industries.
Livourne est un port et ce choix n'est pas le fait du hasard ; la Méditerranée est une vaste poubelle dans laquelle on se débarrassera des déchets à moindre coût. Et puis au large ni vu, ni connu !
Le déversement des boues rouges en Méditerranée débute en mai 1972. Un navire largue de 2 à 3 000 tonnes de déchets par jour à une vingtaine de milles du Cap Corse.
Je vous ferez grâce de détailler les nombreuses manipulations afin d'obtenir le bioxyde de titane. Mais, il faut savoir quand même que pour une tonne de ce métal on rejette 4,5 tonnes d'acide sulfurique, 1,5 tonne d'oxyde de fer, 6,5 kg de manganèse, 3,3 kg d'anhydride de vanadium, 1,3 kg de trioxyde de chrome, des dérivés d'arsenic, de plomb et de cadmium.
Ça ne vous dis rien toutes ces marchandises, moi non plus. Ce que je sais, c'est que le titane et le vanadium, même à dose infime, peuvent avoir des conséquences catastrophiques pour la flore, la faune et les humains. Même en quantité infime, le titane peut avoir des conséquences dramatiques ; 2 mg par litre tuent le plancton végétal et 4 mg tuent le plancton animal ! Ce sont des saletés, des saletés morbides !
Bien vite les dégâts apparaissent sur le littoral insulaire. Des décès et échouages suspects de gros cétacés sont constatés. Le cas le plus flagrant étant celui d'un rorqual commun de 20 mètres et d'un poids de 10 tonnes dont la peau part en lambeau comme brûlée.
Les personnalités les plus éminentes, des océanographes et de biologistes comme le Ct Jacques Cousteau, Paul-Emile Victor, le docteur Lombard, le professeur Vaissière directeur du Laboratoire de lutte contes la pollution en mer ou encore le docteur Aubert directeur de l'INSERM, d'une même voix ont dénoncé le danger.
Durant l'année 1972 un mouvement populaire pour défendre le patrimoine naturel se développe massivement dans l'opinion publique rejoint par les Corses expatriés ! Des comités anti-boues fleurissent un peu partout sur l'Île de Beauté.
L'inertie des représentants de l'Etat français et la sourde oreille des dirigeants de la multinationale exaspèrent le peuple Corse. Ce silence oppressant irrite fortement les insulaires qui organisent une opération violente pour se faire entendre. Ils ont le sang chaud et utilisent des moyens détonnants. Le 15 septembre 1972, à Follonica, en territoire italien, ils « plastiquent » un des bateaux qui exécute la basse besogne. Pour que ce soit bien lisible, l'action est revendiquée par une organisation insulaire.
Une grande manifestation unitaire défile en février 1973 à Ajaccio avec les forces populaires, politiques et religieuses à l'issue de laquelle une plainte est déposée.
Le tribunal de Livourne en avril 1974 condamne les responsables de la multinationale à cesser le déversement de résidus et à réparer les dégâts de cette pollution.
Quelques "arguments détonnants" et la mobilisation générale d'un peuple solidaire aboutit à une victoire écologique d'une grande importance pour l'avenir de l'Île de Beauté, la bien-nommée !

Même la gloire du fleuve s'achève en mer !

Proverbe de Russie.

L'histoire de Massalia

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Une gorgée d’eau à l’origine de Massalia.

Vue aérienne du Vieux-Port et du chantier de fouilles (en haut de la photo) de l'antique port grec dont on aperçoit la corne pénétrant profondément dans la ville actuelle. A l'origine le port était naturel et le lieu marécageux. A partir du IIIème siècle, il fut envahi par la vase. Cliché de 1970 environ.

L’histoire primitive de Marseille est mystérieuse et passionnante. En effet, les textes sont avares de renseignements et les ruines peu bavardes d’indices mais il en existe quelques fragments explicites, ce qui aiguise le sens de la curiosité d’un nombreux public, dont je fais partie, passionné par cette ville devenue cosmopolite comme tous les grands ports du monde.

Tous les écrits, toutes les recherches archéologiques affirment unanimement que ce sont les marchands de Phocée d’Ionie (1) en Asie Mineure ont fondé Marseille. Confinés sur un territoire exigu, les Phocéens passent beaucoup plus de temps de leur vie sur mer que sur Terre. Ils connaissent parfaitement le milieu maritime et sont de grands marins, ce qui leur donne une soif irrésistible de naviguer sur les mers, en quête d’échanges commerciaux. C’est ce que raconte Aristote (2) dans la "République des Marseillais".

Il existe quelques versions légèrement différentes. Les textes de Justin (3) sont généralement, sur ce point, préférés à ceux d’Aristote. Il écrit qu’une bande de jeunes gens originaires de Phocée débarquent sur l’estuaire du Tibre. Ils sympathisent avec les Romains, puis ensemble décident à bord de navires d’explorer les rivages les plus reculés de la Gaule. En ayant osé s’aventurer vers la Gaule, ils arrivent à l’embouchure du Rhadano (Rhône). Séduits par ce lieu charmant, ils racontent, de retour chez eux, ce qu’ils ont découvert et engagent le plus grand nombre de compagnons pour y revenir. Cap vers la Gaule, les chefs de la flotte furent Simos et Protis jeunes meneurs épris d’aventures et d’affaires. Ils ambitionnent d’installer une colonie phocéenne afin d’établir un comptoir commercial. A leur arrivée, ils rencontrent la tribu des Ligures, les Segobriges, dont le roi est Nanus, pour lui demander son amitié mais également le territoire sur lequel ils désiraient s’installer.

Il se trouva que ce jour-là, le roi était occupé aux préparatifs du mariage de sa fille Gyptis ; il donne en mariage sa progéniture selon la coutume de la nation, à un gendre choisi pendant le festin. Tous les invités à la cérémonie étant arrivés, on invite les nouveaux hôtes à prendre part aux agapes. La jeune fille est ensuite introduite, et son père lui demande de proposer simplement de l’eau contenue dans une cruche d’argent à celui qu’elle choisira pour époux. Le cœur de la future reine bat la chamade, l’émotion est visible, son regard croise celui des nombreux prétendants mais son choix est déjà fait. La reine Gyptis offre la cruche d’argent remplie d’eau fraîche à Protis brillant jeune homme et habile marin venu de la lointaine Phocée. Il déguste une gorgée d’eau, symbole de partage et de vie, scellant ainsi la fondation d’une nouvelle cité qu’il érigera sur les bords de la corne du Lacydon. Celui-ci, devenu ainsi, de simple hôte qu’il était, gendre du roi, reçut de son beau-père un territoire pour y fonder une ville baptisée Massalia.

Au-delà des légendes plus ou moins romancées, l’origine de cette ville par des faits ou des travaux est précise, indiscutable. C’est en 600 avant Jésus Christ que les Phocéens débarquent sur cette terre ouverte à tous les vents dans un écrin de roches chaudes, l’éclatante lumière donne soif aux yeux, Ici la mer a toujours envie d’envahir les terres, elle creuse patiemment des échancrures. L’esprit cherche un refuge, les Phocéens devancent ce désir en créant une colonie sur la calanque Lacydon, au pied de la butte Saint Laurent dont ils avaient sans doute depuis longtemps exploré les avantages, exactement à l’emplacement qui aujourd’hui forme le Vieux-Port de Marseille.

La colonie s’organise rapidement ; sur la rive septentrionale ils creusent les premières fondations.

Les nouveaux émigrés obtiennent les terres indispensables à leur subsistance. La culture du blé, plus encore celles des ceps de vigne et des oliviers, leurs fournissent les ressources alimentaires que la mer va améliorer nettement. C’est vers celle-ci surtout que leur activité se porte. Elle est pour eux, d’abord un réservoir d’aliments et matières premières : le poisson abonde, particulièrement les muges, les rougets et les thons, si appréciés des anciens, ils prélèvent le corail des fonds peu profonds de la côte, et comme les Phéniciens, le murex pour extraire le pourpre, très prisé sur le pourtour méditerranéen. Un chapelet de lagunes littorales procure le sel, denrée indispensable en ces temps reculés

Mais la Méditerranée était primordiale pour eux pour d’autres raisons. Longtemps, elle demeurera la route par excellence, route beaucoup plus sûre que les chemins de terre où l’insécurité est grande. C’est aussi le seul trait d’union des Grecs avec leur origine hellène. C’est par elle que les migrants reçoivent les produits de l’Orient hellénique, notamment les étoffes et les vases peints qu’ils feront pénétrer par la suite dans tout l’Occident. C’est elle encore qui permettra d’exporter le surplus de sa production vers d’autres points du littoral. Tout juste un siècle après sa naissance, la nouvelle Phocée va allumer de nouveaux foyers de civilisation le long des côtes de Gaule et d’Ibérie (5). De 480 à 350, les Massaliotes fondent, Olbia (Hyères), Antipolis (Antibes), tandis que vers l’Ouest font naître en Languedoc Héraklèa (Saint Gilles) Rhodanousia, (probablement lieu-dit situé à l’embouchure du Rhône), Agathé Tyché (Agde) et en Catalogne, Rhodé (Rosas), Emporiae (Sant Marti d’Empùries), ils occupent en cas de mauvais temps l’abri de Portus Vénéris (Port -Vendres) en Roussillon. Ainsi Massalia crée des colonies ou des comptoirs autour du golfe du Lion qui sont à la fois des débouchés et des appuis stratégiques. Ces ports organisent un intense cabotage vers le Lacydon, particulièrement ceux d’Ibérie, qui y envoient l’argent, le fer et le textile. Ils tiennent éloignés les rivaux Etrusques et Carthaginois. En peu de temps, Massalia affirme sa suprématie maritime et commerciale dans l’Ouest de la Méditerranée; le IVème siècle voit s’épanouir une véritable thalassocratie (4) marseillaise, analogue en puissance aux empires navals que les cités phéniciennes avaient jadis exercés en Orient.

D’après Strabon, célèbre géographe grec, les Massaliotes ont un gouvernement aristocratique, et il n’y en a pas de pays dont les lois soient meilleures. Les lois sont le copier-coller de celles de la lointaine province d’Ionie. Toutes les conditions sont réunies pour que l’expansion florissante de Massalia se poursuive régulièrement jusqu’au temps de César.

Dans les années 1970, des ruines grecques confirment ce passé. A 10 mètres du port a été dégagé un bassin rectangulaire de 15 mètres sur 17,50, profond de 2,60 m. C’était une réserve d’eau douce pour les habitants, les matelots et les navires. Une roue à godet élevait l’eau. Entre les dalles ajustées avec précision, de la poix empêchait les infiltrations d’eaux saumâtres ou polluées. Ce réservoir est d’origine grecque. Sur la dalle de fond, une pièce de monnaie représentant l’empereur Commode, qui régnait à cette époque, démontre que le réservoir-fontaine fonctionnait encore au IIème siècle. On retrouve aussi, des vanneries, des vases, 2 amphores tombées dans un angle et qui contenaient encore des olives intactes et les tiges de fenouil qui les parfumaient. Du port lui-même on a retiré des poteries, des lampes, des monnaies, des ossements d’animaux, des squelettes humains, des débris de colonnes, des bornes. Plus loin était un entrepôt romain de dolias (poteries en argile cuites). Au fond du port, nous voyons des coquilles d’huîtres attachées au quai, alors que de nos jours on ne trouve plus d’huîtres à Marseille.

Au cours du IIème siècle avant J.C, Massalia se trouve confrontée à l’exubérance désordonnée de ses voisins gaulois. Pour faire face à leur menace, la cité fait appel à son alliée Rome, devenue entretemps une grande puissance méditerranéenne. A l’occasion, l’empereur romain, Jules César et son insatiable boulimie de conquête, s’empare de la cité phocéenne. Ainsi se termine la brillante épopée grecque, la conquête romaine sera l’occasion de poursuivre la fabuleuse histoire de Marseille, cité profondément imprégnée de parfums d’horizons divers.

Tout cela va permettre de dater les constructions, de comprendre comment on vivait à cette époque à Marseille, une ville qui ne laisse personne indifférent.

Ionie 1 est une région historique du monde grec située à l’Ouest de l’Asie Mineure.

Aristote 2 est un émérite philosophe grec.             Justin 3 : historien latin du IIème siècle.

Thalassa (4) : en grec cela signifie la mer. La thalassocratie est donc le gouvernement de la mer.

Ibérie (5) ancien nom de l’Espagne peuplée d’Ibères

Club des Hydropathes

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

L’un des plus grands savants français, Louis Pasteur a déclaré, avec raison : Le vin naturel, peut-être, à bon droit, considéré comme la plus saine et la plus hygiénique des boissons ! Et bien le Club des Hydropathes a fait sienne la recommandation du célèbre savant !

Le club des Hydropathes est un club littéraire créé à Paris le 11 octobre 1878, présidé par son fondateur Emile Goudeau, poète et romancier, qui a fonctionné de façon plus ou moins constante jusqu’en 1884. Le but premier était de célébrer la littérature et la poésie. Devant une assistance nombreuse, les participants récitaient leurs vers ou leurs proses à haute voix lors des séances du vendredi soir dans une ambiance de jeunes étudiants espiègles.

Ce club fut l’un des plus importants de la capitale comptant parmi ses adhérents des personnalités telles que Sarah Bernard, Charles Cros, Jean Richepin, Alphonse Allais ou Paul Arène.

L’origine du nom du club est un jeu de mots de son fondateur. En effet, hydropathe étymologiquement signifie : ceux que l’eau rend malades !

Lorsque l’on demandait au président pourquoi il avait donné ce nom au club, il répondait malicieusement : parce qu’elle a Gouleau (goût d’eau) et tient ses séances à l’hôtel Boileau ! Si la littérature était le ciment du club, il était animé par de joyeux membres épicuriens qui rejetaient l’eau comme boisson au bénéfice du vin.

Charles Cros écrivait à cette époque : Hydropathes, chantons en cœur, la noble chanson des liqueurs.Imaginez que de nos jours une personnalité ose écrire, raconter, chanter cette "publicité"à la gloire de Baccus !

Moi-même consommateur de bon vin, j’affirme que j’apprécie cette boisson quand elle est dégustée avec modération ! Une consommation raisonnable de vin ne doit pas dépasser quatre verres, soit 25 cl par jour, moyenne fixée arbitrairement puisque cela est fonction de la corpulence de la personne. Il est, alors, reconnu à cette boisson des vertus bénéfiques. Au-delà, le vin peut présenter des effets nocifs pour la santé

Dragons et serpents de mer.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

En ces temps lointains, l’océan est un vaste espace marin mystérieux qui nourrit abondamment l’imagination de nos Anciens. Parfois, c’est une source d’inspiration poétique, souvent la mer est peuplée de monstres marins hideux, souvent plus gros que les navires qui selon leur humeur déclenche une tempête, terrorise les marins, envoie par les fonds un bateau et son équipage,

Terreur des mers, le dragon marin garde dans les profondeurs marines les trésors que renferment les navires naufragés. Mais il sort aussi de l’élément marin, comme le prouve la falaise de Tanfoutchi à Madagascar. On y voit les traces blanches qu’il a laissées lorsqu’il venait sur le rivage dévorer les êtres humains.

La reine Cassiopée offensa les Néréides en se proclamant plus belle qu’elles. Ces dernières envoyèrent un dragon ravager les côtes de son royaume, près de Jaffa. Pour l’apaiser, la reine dut consentir à offrir au monstre sa propre fille, Andromède. Heureusement l’intrépide Persée, monté sur le cheval Pégasse, vint délivrer la jeune fille enchaînée à un récif. Dans une autre version de la même légende, c’est Hercule qui délivre la princesse Hésione.

Au fil du temps, les « progrès scientifiques » progressent, au dragon succède le serpent de mer. Au XVIème siècle, Olaus Magnus religieux et écrivain suédois, nous conte que les marins norvégiens rencontraient fréquemment un serpent gigantesque recouvert d’écailles luisantes. Ses yeux brillaient comme de la braise.

Au XVIIIème siècle, un évêque qui voguait vers le Groenland lorsque, au large du cap Farewell, il eut le privilège de voir le serpent de mer. Il relate sa rencontre : « le 6 juillet 1743 nous apparut le monstre marin, qui de temps en temps s’élevait sur les vagues, il arrivait alors avec sa tête presque à la hauteur de notre mât le plus haut. Il avait un museau très pointu et il soufflait comme une baleine. Son corps était recouvert d’écailles grossières et deux puissantes nageoires étaient des deux côtés de sa tête. Vers son extrémité inférieure, le monstre, ressemblait absolument à un serpent avec sa queue longue comme un navire.

Ce doit être le même « serpent » qu’aperçut au Groenland le navigateur Hans Egede en 1740. Une des plus célèbres rencontres avec le serpent de mer fut celle du capitaine Peter Mac Quhae, commandant la frégate britannique Daedalus, au large de l’île de Sainte Hélène, le 6 août 1843.

Un vaisseau de guerre français, nommé l’Avalanche, croisa à 3 reprises un serpent de mer de grande taille dans la baie d’Along en juillet 1897. La créature a échappé à des tirs de canons.

Le serpent des mers appréciait les lieux paradisiaques car on l’aperçoit fréquemment dans la superbe baie d’Along sur les côtes d’Indochine. C’est là que le décrit, en 1904, sur le carnet de bord, le lieutenant de vaisseau L’Eost, commandant de la canonnière Décidée : j’aperçus d’abord le dos de l’animal à trois mètres environ par bâbord devant, sous la forme d’une masse arrondie et noirâtre. Peu après, je vis cette masse s’allonger et émerger avec l’apparence d’un serpent aplati dont j’estimais la longueur à une trentaine de mètres, et la plus grande largeur à 4 ou 5 mètres. Sa peau était noire, présentant des tâches jaunes marbrées. La tête était de la couleur des roches de la baie. Elle ressemblait à celle d’une tortue. La peau paraissait rugueuse, cette rugosité due à des écailles plutôt qu’à des poils. Le diamètre qu’indiquent les témoins de l’équipage pour la partie la plus large de la tête varie de 40 à 80 centimètres. Elle soufflait 2 jets d’eau vaporisée. Personne n’a vu de nageoires.

Plus proche de nous, le 12 mai 1964, l’animal se montre à la vue de pêcheurs au large de Nantucket, dans la baie du Massachusetts. Toujours noir, long de 15 mètres, son dos portait plusieurs bosses.

Le 12 décembre 1964, un couple de français qui naviguait le long de la Grande Barrière australienne, non loin de la côte de l’île Hook voit un animal au repos, allongé sur le sable blanc, à moins de 2 mètres de fond. Il ressemblait à un têtard de grenouille géant et mesurait environ 25 mètres ; sa peau noire ne portait pas d’épines dorsales. Les français purent ramener des photos !

L’histoire des hommes et de la mer est une source inépuisable de croyances, de superstitions et de comportements insolites et irrationnels. Il a toujours souhaité découvrir la finalité de son environnement, mais avec l’évolution technique de nombreuses énigmes trouvent une réponse. L’océan est un milieu extraordinaire, d’une grande beauté, grouillant de vie, complexe, difficile et passionnant.

Tous ces légendaires géants des mers sont devenus des attractions touristiques lucratives.