La neige pipi-caca.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

  L’Arizona Snowbowl est une station de ski perchée à 2700 mètres au sommet d’un volcan éteint dans les superbes Pics de San Francisco. Construite il y a 75 ans, elle connaît des difficultés d’approvisionnement d’eau. On peut même dire que depuis sa création c’est un problème récurrent. Certaines années, l’enneigement est insuffisant pour équilibrer le budget, encore moins pour dégager des bénéfices et investir. De cette difficulté, est venue l’idée de produire de la neige artificielle à partir d’eaux usées recyclées. Ses exploitants s’apprêtent à récupérer environ 5 600 m3 par jour auprès d’une « source » un brin originale ; utiliser le système de retraitement de la ville de Flagstaff situé à 25 kilomètres dans la vallée.

Nombreux ceux qui estiment que cette station n’aurait jamais dû sortir de terre dénoncent les amis de la nature. L’idée même d’utiliser les ressources d’eau pour faire du ski en Arizona est stupide estime un responsable du Center for Biological Diversity, ONG américaine pour la protection des espèces menacées. Alors la pomper sur 25 km de pente en utilisant de l’électricité issue des centrales à charbon qui ne font qu’aggraver le réchauffement climatique, c’est complètement irresponsable assène un autre dirigeant. Les nombreux opposants à la station exploitent le potentiel répulsif de cette neige pipi-caca.

Pourtant, l’eau que convoitent les responsables de la station est déjà largement utilisée dans la région de Flagstaff pour irriguer les pelouses, terrains de sport, espaces verts et même les cours d’écoles ! Et ce n’est pas nouveau ; l’Arizona a construit sa première usine de traitement des eaux usées en 1926.

En 2012 une analyse des eaux recyclées de Flagstaff décèle des traces de perturbateurs endocriniens et la présence de gènes résistants aux antibiotiques. Ces polluants sont présents dans tous les systèmes d’eau courante des Etats-Unis et d’Europe. Il faut dire, aussi, que les eaux usées traitées qui ne sont pas réutilisées sont rejetées dans les rivières et donc réintroduites dans le système de distribution d’eau. En réalité, presque tout le monde boit de l’eau recyclée qui comporte une part de déchets !

Les techniques de traitement des eaux sont de plus en plus performantes. Nombreuses sont les communes qui s’équipent d’installations capables de transformer les eaux usées en eau potable grâce au procédé d’osmose inverse. Il faudra encore patienter un peu avant que cette technique coûteuse se généralise, il est déjà possible de faire presque aussi bien pour beaucoup moins cher.

L’eau d’arrosage de Flagstaff n’est pas loin d’être potable. Il serait navrant de ne pas employer ces eaux recyclées mais d’ici à s’en servir pour en faire de la neige artificielle pour une station de ski en milieu désertique, il y a quelque chose de contradictoire.

S’il n’y avait pas tous ses opposants, on nous décernerait un prix pour l’utilisation que nous faisons de cette eau conclut un responsable de la station.

En fait, c’est une mauvaise idée dans le cas de cette station, mais sinon c’est une très bonne idée !

Les Hunzas au Pakistan.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Le mythe d'une fontaine de Jouvence est aussi ancien que l'histoire de l'humanité. Il y a quelques rares endroits sur Terre où la durée de vie des gens dépasse 120 ans. Scientifiques et chercheurs au début du XXème siècle, explorent cette question de longévité. Le professeur Henri Coanda*, passa quelques décennies à étudier ce phénomène dans les différentes régions pour trouver les effets si bénéfiques au corps humain. La région la mieux connue est celle du Hunza, dans l'Himalaya. Située entre l'Afganistan, l'Inde et la Chine, à l'extrême Nord du Pakistan, c'est une vallée à une altitude comprise entre 1600 et 2400 mètres, entourée de très hautes montagnes avec des glaciers âgés de millions d'années. On appelle les habitants de cette région les hunzakuts. Ils sont renommés pour leur santé et vivent régulièrement entre 120 et 140 ans. Et ceci en bonne santé, pratiquement sans cancers, ni caries dentaires, en restants robustes et forts. Les femmes sont capables d'avoir des enfants à un âge avancé. On attribue cette longévité à leur régime alimentaire mais pas seulement. Henri Coanda observa que cette population avait la particularité de boire de l'eau des montagnes environnantes. Puis constata que l'eau locale possédait des propriétés étranges qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Ses températures d'ébullition et de congélation, sa viscosité et sa tension superficielle ne correspondaient pas aux mesures habituelles. Au fur à mesure des progrès de la science, on découvrit de toutes petites sphères minérales appelés nanocolloïdes. Ces minéraux bénéfiques pour la santé se trouvent dispersés partout dans l'eau pure des glaciers. Par leur potentiel électrique très élevé, ils interagissent avec des atomes d'oxygène et d'hydrogène qui constituent l'eau et créent ainsi des structures minérales minuscules depuis des milliers d'années... Une personnalité du Hunza, le Mîr, a confirmé que l'eau était l'un des secrets de leur santé.
Henri Coanda*, savant et académicien roumain, né en 1886 et mort en 1972 à Bucarest. Prix Nobel à 78 ans, il est le père de la dynamique des fluides.

Le premier des biens est l'eau. Pindare.
Pindare est un des plus illustres poètes lyriques Grecs, né près de Thèbes (Boétie) en 518 avant J.C et mort à Argos en 438 avant J.C,

Jackpot sous la mer.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Il y a au fond des mers assez d’or et d’argent pour rendre chaque homme sur Terre riche. De fabuleuses richesses qui depuis des siècles, à la suite de naufrages, reposent dans les grandes profondeurs hors de portée des aventuriers.

Les hommes n’ont pas renoncé à s’offrir l’or et l’argent comme les font rêver les exploits de quelques découvreurs. William Phips qui en 1682, utilisant la première cloche de plongée extirpa de l’épave d’un galion espagnol, le Conception, plus de 200 000 livres d’or ou le commandant Dickinson qui en 1832 récupéra 160 millions/or du Thétis. La mer des Caraïbes est certainement le plus grand cimetière marin où gît des navires des conquistadors espagnols, portugais, hollandais, anglais et français.

En Espagne sur la côte Atlantique, le 22 septembre 1702, 19 galions espagnols menacés par une flotte anglo-hollandaise se réfugient dans la baie de Vigo en Galice. Une partie du chargement fut débarquée, mis à l’abri mais la loi interdisait de débarquer l’or ailleurs qu’à la Torre de l’Oro à Séville. Seuls, de grands commis de l’Etat, étaient habilités à effectuer ce travail. Tandis que les capitaines palabraient, les navires anglais forçaient les barrages qui protégeaient la baie et le port de Vigo. Les anglais s’emparent de 25 milliards de franc-or, somme colossale ! Bizarrement le solde disparut. Une légende se perpétue, selon laquelle une partie du butin seraient encore dans les épaves de navires ensevelit par les sédiments, le sable et la boue ! Certaines histoires ont la dent dure !

En 1922, l’Egypt Capt percuté par un bateau français sombre à 120 à mètres de profondeur au large de la Bretagne. En dehors de son fret habituel, il transportait dans la chambre forte un chargement d’or et d’argent estimé à plus de 1 000 000 de francs de l’époque, somme considérable. L’équipage de l’Artiglio, en 1932, réussi en quelques jours à récupérer la quasi-totalité de la cargaison. Pour parvenir à ce résultat, 10 ans d’efforts acharnés furent nécessaires. Spécialisés pour ce travail le même équipage, en 1927, fouillant l’épave du Washington, remonta 400 tonnes de lingots de cuivre, 2000 tonnes de barres d’acier, 300 wagons de chemin de fer et 7 locomotives !

Les écluses

Ecluse de Gardouch sur le canal du Midi près de Villefranche de Lauraguais en Languedoc. Photo de 1950.

 Les écluses sont des ouvrages en béton qui permettent de franchir des dénivellations, c'est-à-dire des différences de niveaux de terrains, le long des canaux et de donner ainsi à des embarcations la possibilité de passer d’un niveau à l’autre. La partie navigable entre deux écluses est un bief.

Contrairement à une idée largement répandue, Léonard de Vinci n’est pas l’inventeur de l’écluse, même s’il a beaucoup travaillé sur le système. Le principe du sas à niveau variable existait avant lui mais il a mis la touche finale en apportant les derniers perfectionnements.Les noms de nombreux ingénieurs, surtout italiens, sont associés à cette invention progressive. On peut même dire que l’histoire de cette invention commence au XIV° siècle à Milan en Italie lorsqu’un seigneur de la ville fait don des carrières de marbre de Candoglio sur les bords du lac Majeur pour construire l’extraordinaire cathédrale de la cité lombarde. Rapidement se pose la question du transport de si grandes quantités de blocs de marbre sur de mauvais chemins car à cette époque n’existait ni camions, ni trains. La réponse, comme en Egypte avec les pyramides, est l’utilisation des voies fluviales car Milan est reliée au lac Majeur par des canaux ! Dès lors on voit des chalands naviguer sur le Tassin, déversoir du lac, et se laisser porter par le courant jusqu’à Pavie. C’est de là que part le Grand Canal qui, construit pour l’irrigation des champs et le fonctionnement des moulins, a été rendu navigable depuis 1269. En le parcourant sur 50 km, les chalands peuvent atteindre le bassin de Porta Ticinese, aux environs de la ville. De là, le marbre est déchargé et transporté sur le chantier de la future cathédrale, cependant qu’un fossé de 6,5 km, qui servait de défense à l’époque de la commune, entoure la ville.

En 1435, un notable, Philippe-Marie Visconti a l’idée d’utiliser ce fossé pour permettre aux péniches d’arriver plus près du chantier. Mais un inconvénient de taille empêche ce projet : les eaux du fossé coulent 3 mètres plus haut que les eaux du bassin. Il fait appel Filippo Degli Organi et Fioravanti da Bologna, experts hydrauliciens à la cour des Visconti de Milan qui construisent en 1439 la fameuse écluse de Via Arena, qui permet aux chalands de passer d’un canal à l’autre. Elle sert de modèle à toutes les écluses du monde entier ! C’est cette écluse que perfectionne en 1468 Léonard de Vinci. Il substitue, aux portes qui s’ouvrent dans les 2 sens, des portes qui ne peuvent s’ouvrir que dans un seul sens. Quand celles-ci sont fermées, elles forment un angle dont le sommet est tourné contre le courant car de cette façon, elles sont maintenues jointes par la force de l’eau qui fait pression contre les battants.

Concrètement, quand une péniche remonte le cours d’un canal et arrive à une dénivellation, on la fait entrer dans un bassin (un sas) fermé par 2 grosses portes, puis on laisse rentrer l’eau par la porte d’amont ; le niveau monte dans le bassin en même temps que la péniche au niveau du cours supérieur du canal. A ce moment la porte d’amont s’ouvre, et le chaland peut continuer son voyage. Lorsqu’il doit descendre, on pratique l’opération inverse. On fait monter le niveau de l’eau dans le bassin, avant que la péniche n’y soit entrée. Lorsqu’elle est dans le sas, on relève les vannes de la porte de l’aval, afin que l’eau puisse sortir. Le niveau baisse dans le bassin et, la péniche se trouvant alors au niveau du cours inférieur, on ouvre la porte. Cette technique est introduite en France par Léonard de Vinci, permettra de franchir des seuils ou des dénivelés ainsi que de réaliser des canaux assurant la communication des bassins entre eux.

Le sas remplit, l'éclusier ferme la porte puis ouvrira la porte aval afin de vider l'écluse et rattraper le niveau aval du bief. L'opération terminée les deux péniches quitteront l'écluse pour voguer vers leur destination. Photo vers 1950.