Mondial du Vent 2019.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

            Un brin désuète, La Franqui, hameau de Leucate, abritée sous de magnifiques pins centenaires, au pied d’une falaise nommée Cap Leucate, est un territoire encore préservé et sauvage, classé Natura 2000, un précieux emblème. Sur fond de Corbières, la plage des Coussoules entre étangs et Méditerranée, longue (8 km) et large (400 m) plage de sable fin de couleur ocre, encore épargnée par le béton, a été classée récemment 4ème plus belle plage de France.

Il est de notoriété publique que la région est ventée, que la tramontane, vent de terre, sec et capricieux s’il en est, ne supporte pas les nuages dans le ciel du golfe du Lion, aussitôt elle balaie les intrus. Quand au « marin » vent de la mer, au souffle plus court, il contrarie volontiers, les desseins de « Dame Tramontane », il amène l’humidité. N’empêche, soufflant à tour de rôle, ils grossissent les statistiques de la météo, laquelle comptabilise 300 jours de vent par an !

En 1997 quelques passionnés de sport de glisse lancent la géniale idée de créer au printemps (vacances de Pâques) un grand événement sportif en unissant un cadre naturel, le vent, l’eau et un soleil déjà printanier, quatre éléments naturels dominants dans le paysage de La Franqui. D’où le pari de transformer cette énergie durable et naturelle en avantage pour la station audoise. Un pari réussi au-delà de toute espérance. Et le Mondial du Vent de Leucate-La Franqui compte cette année la vingtième troisième édition qui se déroulera du 20 au 25 avril. Le décor est planté. Il faut maintenant qu’Eole souffle juste ce qu’il faut sur le spot de La Franqui pour que cette édition soit une nouvelle réussite. Pour mieux comprendre, un tableau établit une graduation des caractéristiques offertes par la puissance des vents soufflants sur le littoral du golfe du Lion. Lorsque la tramontane ou le « marin » souffle à 8 nœuds soit 15 km/heure le kite est possible avec une grande voile, donc le spectacle est assuré mais les performances ne seront pas au rendez-vous.

1). Entre 11 et 21 nœuds de vent soit 20 à 37 km/h sont les conditions idéales pour les épreuves de freestyle (figures en l’air) et big air (figures le plus haut et le plus longtemps possible en l’air).

2). De 22 à 27 nœuds soit 40 à50 km/h, l’épreuve de vitesse pourra promettre quelques records.

3). De 28 à 33 nœuds soit 51 à 61 km/h, la discipline est à pratiquer avec prudence, toutefois certains professionnels chevronnés y voient des conditions idéales.

Tributaires de la météo, sachant qu’elle est très changeante en Languedoc-Roussillon, les sportifs n’ont plus qu’à espérer le bon vent, s’adapter aux conditions, en découdre loyalement en souhaitant que le meilleur gagne et que les couleurs de Leucate-La Franqui flottent bien haut dans le cercle mondial des sports de glisse ! 

A Leucate-La Franqui au Mondial du Vent, toutes les techniques des médias, même se jeter à l'eau, sont déployées pour obtenir l'image la plus spectaculaire. Les photos s'affichent sur les pages des magazines consacrées aux sports de glisse dans un milieu marin naturel sur lequel évoluent des sportifs de haut niveau. Cliché Mondial du vent 2017

 

 

 

L'eau de la Sainte Tombe d’Arles sur Tech.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

  Aux environs de l’An Mil, le Vallespir et particulièrement Arles de Tec essuyèrent une série de calamités : inondations, sécheresses, grêle, neige, épidémies ou famines, mirent à mal le courage de la population. Dans son besoin de protection et d’espérance en un avenir meilleur, c’est vers la religion que les gens d’Arles animés par la foi chrétienne plaçaient leur confiance. Chaque abbaye se devait de posséder quelques reliques de saint, chargées de préserver du malheur la contrée environnante. Devant la recrudescence des malheurs dans le Vallespir, l’abbé Arnulfe, prieur de l’abbaye, décide d’entreprendre le long et périlleux voyage jusqu’à Rome, dans le but d’obtenir du pape des reliques de saints protecteurs. Son courageux périple fut payant puisqu’il a ramené, après bien des péripéties, une partie des restes de deux saints, Abdon et Sennen, princes persans qui ont souffert le martyre pour avoir refusé de renier leur foi. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ce qui est extraordinaire, c’est que le sarcophage de marbre dans lequel a été déposée une partie des reliques produit régulièrement une eau très pure dont aucun scientifique, pour l’instant, n’a pu expliquer la provenance. Condensation ? Infiltrations ? Le mystère reste entier. Les croyants prêtent à cette eau des vertus curatives.

Le préposé chargé de recueillir le précieux liquide a introduit un antique siphon de cuivre à l’intérieur du sarcophage, l’amorce et un filet d’eau se met à couler à l’abri des murailles millénaires du cloître. De sa voix rocailleuse, il ajoute : en une année, nous tirons entre 500 et 800 litres. Cette eau ne se corrompt pas. Tous les 50 ans, le sarcophage est vidé, nettoyé et séché, et pour confirmer ses affirmations montre le constat d’huissier et les photos de cette opération, réalisées en l’an 2000. Les Arlésiens, croyants ou pas, mais tous attachés à cet héritage, tiennent à fêter dignement les saints Abdon et Sennen. Ces reliques font partie du patrimoine arlésien et chaque année, le 30 juillet, Arles célèbre avec faste ses saints protecteurs !

Les 4 vies du Bèlem.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

Les 4 vies du Bèlem.

1896 à 1913 : navire marchand. Le 10 juin 1896, les chantiers Dubigeon à Chantenay sur Loire lancent le « Trois mâts » Bèlem pour le compte de l’armement Crouan. Le navire armé au commerce effectue 33 campagnes transatlantiques principalement vers le Brésil d’où il rapporte des fèves de cacao pour le chocolatier Meunier, son premier commanditaire mais aussi vers la Guyane et les Antilles afin de transporter du rhum et du sucre.

1914 à 1950 : yacht de luxe britannique. En 1914, le Bèlem est acheté par le duc de Westminster qui le transforme en yacht de plaisance et l’équipe de moteurs. Ce dernier le vend en 1921 à Sir Arthur Guinness qui le rebaptise Fantôme II, complète son aménagement et effectue de nombreux voyages à son bord, notamment un tour du monde en 1923-1924.

1951 à 1978 : navire-école italien. En 1951 après la Seconde Guerre mondiale, le navire est acquis par la Fondation Cini à Venise qui le nomme Giorgio Cini et en fait un navire-école pour les orphelins de la marine italienne et les élèves officiers des écoles de marine marchande italienne.

1979 à 2019 : nouvelle vie. En 1979, une banque rachète le « Trois mâts » qui retrouve son nom et pavillon d’origine. La Fondation Bèlem, reconnue d’utilité publique en 1980, restaure le voilier à Brest, puis à Paris et l’aménage en navire-école civil ouvert au grand public. Le Bélem est classé monument historique en 1984.

Le Bèlem aujourd’hui : la plupart des navires de la fin du XIXème siècle ont disparu. Le miracle de la survie de ce navire tient surtout aux hommes qui l’ont aimé et entretenu : ses armateurs successifs ont modifié son usage au cours des siècles, lui octroyant 4 modes de vie en phase avec les réalités économiques de leur époque. Mais le Bélem est aussi né sous une bonne étoile, échappant miraculeusement à un incendie, à l’éruption de la montagne Pelée, aux bombardements de deux guerres mondiales et à un tremblement de terre au Japon.

Les grands bateaux ne meurent jamais…

L'arrivée du Bèlem à Port-Vendres est l'événement de la fin d'année 2018. Le mythique Trois-mâts est un fidèle visiteur du petit port catalan pour de courtes escales mais cette fois il s'amarre au quai de la République pour y passer l'hiver bien au chaud. Il repartira dans quelques mois, début avril je crois. je souhaite à cet élégant navire la bienvenue ainsi qu'un excellent séjour au Pays catalan. 

Oasis sahariennes : une création humaine.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

       Au milieu d’immenses étendues désertiques, les oasis apparaissent comme des îlots de verdure. Elles se situent toujours à l’emplacement de nappes d’eau souterraines peu profondes. Pour irriguer les cultures les paysans sédentaires utilisent des puits ou des galeries souterraines appelées foggaras. Ils acheminent l’eau au pied des plantes par de petits réseaux en terre. La palmeraie symbolise la richesse de l’oasis. A l’ombre des palmiers dattiers, on trouve 2 niveaux de culture, les arbres fruitiers puis les céréales et les légumes. Bien que les espaces irrigables soient cultivés les rendements restent faibles car les sols sont pauvres.

Au cœur des jardins du désert, rien n’est laissé au hasard. Palmiers, plantes potagère, arbres fruitiers, chaque plante a sa place pour se développer. Îlot de végétation au milieu du désert, les oasis concentrent une partie des richesses de ces territoires. Nées de l’imagination de l’Homme, leur développement est lié à de véritables prouesses d’ingéniosité. 

  Au milieu d'un désert aride, une oasis est un lieu de vie grâce à la présence de l'eau. Les hommes utilisent avec parcimonie cette ressource naturelle afin de cultiver durablement la palmeraie et divers légumes pour se nourrir.  Carte postale de 1961. 

 

L'eau limpide apporte bien-être, prospérité et santé,

 un devoir de respecter cette richesse naturelle précieuse ! 

Amitié millénaire.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

                   Depuis la nuit des temps, les hommes qui connaissaient la mer se sont aperçus que le dauphin outre sa naturelle beauté, son rictus coquin, sa facilité à jouer, possédait une intelligence bien supérieure à ses congénères marins. Il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne l’ami de l’homme. 

Les textes les plus anciens font état de cette amitié. Pline l’Ancien, qui vécut au 1er siècle de notre ère, de l’an 23 à l’an 79, rapporte dans son "Histoire naturelle" plusieurs cas de naufragés secourus par des dauphins. D’autres auteurs de l’Antiquité ont écrit des situations semblables. Par la suite, ces faits ont été parfois contestés, jusqu’à ce que des récits irréfutables aient prouvé l’amitié du dauphin à l’égard de l’homme ce n’est pas qu’une légende parmi tant d’autres. Pendant la féroce guerre en mer de Corail en mai 1942, 6 aviateurs américains abattus par la DCA d’un porte-avion japonais, désespérés sur leur radeau de fortune, virent arriver des dauphins qui commencèrent à pousser du nez l’esquif vers la côte invisible au-delà de l’horizon. Le fait a été mentionné dans un rapport officiel de la Marine des Etats-Unis. En 1956, un dauphin apparut au milieu d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon dans l’eau, tout près de la plage d’Opononi, en Nouvelle-Zélande. Il se mêla à leur jeu, revenant plusieurs jours de suite et finalement se laissa chevaucher par une fillette de 13 ans. Plus proches de nous, le 26 septembre 1969, une scène surprenante s’est déroulée au large de Cannes en Méditerranée. L’équipage du thonier "Coriandre" aperçut sur la mer un cercle d’une vingtaine de dauphins, visiblement agités. Le patron mis le cap sur cette réunion et, une femelle vint à la proue du bateau, poussant devant elle son petit qui paraissait agoniser. Un jeune de 20 ans dont je tairais le nom, étudiant en médecine et passager du "Coriandre", plongea et alla saisir le petit dauphin que la mère lui abandonna sans difficulté. Le nouveau-né respirait à peine, et l’étudiant vit qu’il présentait une malformation de son évent. Il pratiqua sur lui une respiration artificielle que l’on peut dire un bouche à bouche mais hélas c’était trop tard et le bébé dauphin mourut. Le lendemain, lorsque le "Coriandre" reprit la mer, une vingtaine de dauphins l’attendaient au large de Cannes. Ilse mirent à l’escorter, jouant devant l’étrave, plongeant et reparaissant dans le bleu de la Méditerranée. En 1960, dans l’ex URSS, la chasse et le massacre des dauphins étaient sévèrement punies par la loi. Le Dr Serguei Klesnenberg a écrit que la loi de protection a été promulguée « à cause de l’attachement étonnant que les dauphins portent aux hommes et parce qu’on peut considérer comme énormes les perspectives de collaboration des dauphins avec "l’homme marin ". 

De son côté le naturaliste anglais John Z.Young écrit quelques années plus tard : une mystérieuse sympathie attire le dauphin vers l’homme. C’est l’expression d’une nostalgie millénaire, celle d’un temps où hommes et dauphins vivaient côte à côte. Le plus surprenant est qu’il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne un ami plurimillénaire de l’homme. L’intelligence du dauphin n’est plus à démontrer. Peut-être qu’il a compris que l’homme horrible exterminateur d’espèces comme la sardine, la daurade, le hareng, le thon, le phoque ou la baleine épargne sa famille pour diverses raisons. 

La science aidant, dans quelques décennies les spécialistes confirmeront ou pas cette hypothèse !