Les 4 vies du Bèlem.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

Les 4 vies du Bèlem.

1896 à 1913 : navire marchand. Le 10 juin 1896, les chantiers Dubigeon à Chantenay sur Loire lancent le « Trois mâts » Bèlem pour le compte de l’armement Crouan. Le navire armé au commerce effectue 33 campagnes transatlantiques principalement vers le Brésil d’où il rapporte des fèves de cacao pour le chocolatier Meunier, son premier commanditaire mais aussi vers la Guyane et les Antilles afin de transporter du rhum et du sucre.

1914 à 1950 : yacht de luxe britannique. En 1914, le Bèlem est acheté par le duc de Westminster qui le transforme en yacht de plaisance et l’équipe de moteurs. Ce dernier le vend en 1921 à Sir Arthur Guinness qui le rebaptise Fantôme II, complète son aménagement et effectue de nombreux voyages à son bord, notamment un tour du monde en 1923-1924.

1951 à 1978 : navire-école italien. En 1951 après la Seconde Guerre mondiale, le navire est acquis par la Fondation Cini à Venise qui le nomme Giorgio Cini et en fait un navire-école pour les orphelins de la marine italienne et les élèves officiers des écoles de marine marchande italienne.

1979 à 2019 : nouvelle vie. En 1979, une banque rachète le « Trois mâts » qui retrouve son nom et pavillon d’origine. La Fondation Bèlem, reconnue d’utilité publique en 1980, restaure le voilier à Brest, puis à Paris et l’aménage en navire-école civil ouvert au grand public. Le Bélem est classé monument historique en 1984.

Le Bèlem aujourd’hui : la plupart des navires de la fin du XIXème siècle ont disparu. Le miracle de la survie de ce navire tient surtout aux hommes qui l’ont aimé et entretenu : ses armateurs successifs ont modifié son usage au cours des siècles, lui octroyant 4 modes de vie en phase avec les réalités économiques de leur époque. Mais le Bélem est aussi né sous une bonne étoile, échappant miraculeusement à un incendie, à l’éruption de la montagne Pelée, aux bombardements de deux guerres mondiales et à un tremblement de terre au Japon.

Les grands bateaux ne meurent jamais…

L'arrivée du Bèlem à Port-Vendres est l'événement de la fin d'année 2018. Le mythique Trois-mâts est un fidèle visiteur du petit port catalan pour de courtes escales mais cette fois il s'amarre au quai de la République pour y passer l'hiver bien au chaud. Il repartira dans quelques mois, début avril je crois. je souhaite à cet élégant navire la bienvenue ainsi qu'un excellent séjour au Pays catalan. 

Oasis sahariennes : une création humaine.

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       Au milieu d’immenses étendues désertiques, les oasis apparaissent comme des îlots de verdure. Elles se situent toujours à l’emplacement de nappes d’eau souterraines peu profondes. Pour irriguer les cultures les paysans sédentaires utilisent des puits ou des galeries souterraines appelées foggaras. Ils acheminent l’eau au pied des plantes par de petits réseaux en terre. La palmeraie symbolise la richesse de l’oasis. A l’ombre des palmiers dattiers, on trouve 2 niveaux de culture, les arbres fruitiers puis les céréales et les légumes. Bien que les espaces irrigables soient cultivés les rendements restent faibles car les sols sont pauvres.

Au cœur des jardins du désert, rien n’est laissé au hasard. Palmiers, plantes potagère, arbres fruitiers, chaque plante a sa place pour se développer. Îlot de végétation au milieu du désert, les oasis concentrent une partie des richesses de ces territoires. Nées de l’imagination de l’Homme, leur développement est lié à de véritables prouesses d’ingéniosité. 

  Au milieu d'un désert aride, une oasis est un lieu de vie grâce à la présence de l'eau. Les hommes utilisent avec parcimonie cette ressource naturelle afin de cultiver durablement la palmeraie et divers légumes pour se nourrir.  Carte postale de 1961. 

 

L'eau limpide apporte bien-être, prospérité et santé,

 un devoir de respecter cette richesse naturelle précieuse ! 

Amitié millénaire.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

                   Depuis la nuit des temps, les hommes qui connaissaient la mer se sont aperçus que le dauphin outre sa naturelle beauté, son rictus coquin, sa facilité à jouer, possédait une intelligence bien supérieure à ses congénères marins. Il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne l’ami de l’homme. 

Les textes les plus anciens font état de cette amitié. Pline l’Ancien, qui vécut au 1er siècle de notre ère, de l’an 23 à l’an 79, rapporte dans son "Histoire naturelle" plusieurs cas de naufragés secourus par des dauphins. D’autres auteurs de l’Antiquité ont écrit des situations semblables. Par la suite, ces faits ont été parfois contestés, jusqu’à ce que des récits irréfutables aient prouvé l’amitié du dauphin à l’égard de l’homme ce n’est pas qu’une légende parmi tant d’autres. Pendant la féroce guerre en mer de Corail en mai 1942, 6 aviateurs américains abattus par la DCA d’un porte-avion japonais, désespérés sur leur radeau de fortune, virent arriver des dauphins qui commencèrent à pousser du nez l’esquif vers la côte invisible au-delà de l’horizon. Le fait a été mentionné dans un rapport officiel de la Marine des Etats-Unis. En 1956, un dauphin apparut au milieu d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon dans l’eau, tout près de la plage d’Opononi, en Nouvelle-Zélande. Il se mêla à leur jeu, revenant plusieurs jours de suite et finalement se laissa chevaucher par une fillette de 13 ans. Plus proches de nous, le 26 septembre 1969, une scène surprenante s’est déroulée au large de Cannes en Méditerranée. L’équipage du thonier "Coriandre" aperçut sur la mer un cercle d’une vingtaine de dauphins, visiblement agités. Le patron mis le cap sur cette réunion et, une femelle vint à la proue du bateau, poussant devant elle son petit qui paraissait agoniser. Un jeune de 20 ans dont je tairais le nom, étudiant en médecine et passager du "Coriandre", plongea et alla saisir le petit dauphin que la mère lui abandonna sans difficulté. Le nouveau-né respirait à peine, et l’étudiant vit qu’il présentait une malformation de son évent. Il pratiqua sur lui une respiration artificielle que l’on peut dire un bouche à bouche mais hélas c’était trop tard et le bébé dauphin mourut. Le lendemain, lorsque le "Coriandre" reprit la mer, une vingtaine de dauphins l’attendaient au large de Cannes. Ilse mirent à l’escorter, jouant devant l’étrave, plongeant et reparaissant dans le bleu de la Méditerranée. En 1960, dans l’ex URSS, la chasse et le massacre des dauphins étaient sévèrement punies par la loi. Le Dr Serguei Klesnenberg a écrit que la loi de protection a été promulguée « à cause de l’attachement étonnant que les dauphins portent aux hommes et parce qu’on peut considérer comme énormes les perspectives de collaboration des dauphins avec "l’homme marin ". 

De son côté le naturaliste anglais John Z.Young écrit quelques années plus tard : une mystérieuse sympathie attire le dauphin vers l’homme. C’est l’expression d’une nostalgie millénaire, celle d’un temps où hommes et dauphins vivaient côte à côte. Le plus surprenant est qu’il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne un ami plurimillénaire de l’homme. L’intelligence du dauphin n’est plus à démontrer. Peut-être qu’il a compris que l’homme horrible exterminateur d’espèces comme la sardine, la daurade, le hareng, le thon, le phoque ou la baleine épargne sa famille pour diverses raisons. 

La science aidant, dans quelques décennies les spécialistes confirmeront ou pas cette hypothèse !

L’huître de Bouzigues c’est bon.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

 Les jardiniers de la mer produisent avec un savoir-faire artisanal une huître de terroir à la saveur unique, un crustacé apprécié depuis l'Antiquité. La production d’huîtres de "Bouzigues" est élevée dans l’étang de Thau lequel est relié à la mer Méditerranée, au sud par le grau de Marseillan, au nord par le canal royal de Sète. La qualité des eaux de ce bassin lagunaire, son taux de salinité, sa faible profondeur et son environnement se conjuguent afin de métamorphoser l’étang en un milieu unique (classé Natura 2000) qui abrite une biodiversité exceptionnelle. Les fins gourmets salivent à l'idée de savoir que les délicieux fruits de l'étang de Thau, huîtres, moules, palourdes, vont agrémenter dans quelques semaines les fêtes de fin d'années... et faire oublier, pendant quelques heures, les grandes catastrophes d'un monde en ébullition. 

Un ostréiculteur répare les tables d'élevage au milieu de l'étang de Thau vers les années 1950. 

Le Somail : un charme intemporel.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

Entre Toulouse et Sète, le Canal du Midi lézarde sur 240 km à travers la région du Languedoc. Incontestablement le plus intelligent ouvrage dédié aux Languedociens qui a forgé sa prospérité.

Situé dans un environnement campagnard au milieu de trois villages typiquement audois, St Marcel d’Aude, St Nazaire d'Aude et Sallèles d’Aude, Le Somail est un port fluvial sur le canal du Midi édifié au milieu de nulle par Pierre-Paul Riquet. Aujourd’hui, le hameau niché dans un océan de vignes abrite environ 500 habitants. Avant d’être un port de plaisance, Le Somail, fut du XVIIème au XIXème siècle, un important port de commerce et de voyageurs qui a connu immédiatement une grande prospérité : en 1831 on compte 28 000 passagers. En venant de Toulouse, au soir du troisième jour de navigation, Le Somail était une étape où la barque de poste (voyageurs, patrons, mariniers, personnels et courrier…) s’arrêtait devant l’auberge pour la « couchée » (repas du soir et nuitée). Cela permettait, aussi, de remplacer les bêtes de somme qui avaient tracté les embarcations sur le chemin de halage et d’atteler des chevaux frais et dispos. En fait la nuit arrivée, tout le monde avait besoin de reprendre des forces.

Conçu en 1843, le pont de pierre, dit de Riquet ou du Somail, est un remarquable ouvrage par sa voûte plein cintre en « anse de panier », caractéristique de cette époque. Appuyée au pont, la chapelle érigée entre 1684 et 1693, fut agrandie en 1842. Elle pouvait accueillir les 180 habitants du hameau, les patrons de barques et les équipages des péniches et bateaux amarrés dans le port. Une messe était dite à l’arrivée et au départ de chaque barque de poste. Derrière les deux ouvrages le port accueille les embarcations.

Ce lieu démontre le souci de l’esthétique architectural couplé avec l’harmonie des paysages qui anima Pierre-Paul Riquet, son génial concepteur. L’ensemble, modèle d’authenticité, attire de nombreux visiteurs qui découvrent ce port d’autrefois au charme intemporel. C’est un des lieux les plus agréables du Canal du Midi grâce à sa chapelle, à son auberge, son pont en dos d’âne, la maison de l’éclusier, les écuries, le puits à glace, ses entrepôts et les animations qui les entourent. 

Eternel couloir de vie, le canal du Midi imprime dans les paysages audois un linéaire d’une rare beauté aussi bien avec les ouvrages d'art inédits que paysager dont les rives verdoyantes bordées par deux rangées de platanes multi-centenaires se penchent sur l’onde miroitante du canal. Aujourd’hui, Le Somail garde dans ses agencements du XVIème siècle la coquetterie qui caractérise les villages languedociens.

Le Somail, pittoresque hameau sur le canal du Midi garde son charme en toutes saisons. Presque toutes les constructions et ouvrages d'art ont résisté aux siècles en gardant le cachet de l'époque pourtant lointaine, auxquels sont venus s'ajouter au fil des années divers commerces, la péniche-épicerie, les artistes-peintres, les vignerons, le défilé ininterrompu des bateaux, le château d'eau, les canards, les oies, les cygnes proposent une animation; les visiteurs ne se lassent jamais de déambuler dans ce cadre hors du temps imaginé et créé par Pierre-Paul Riquet.