Amitié millénaire.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

                   Depuis la nuit des temps, les hommes qui connaissaient la mer se sont aperçus que le dauphin outre sa naturelle beauté, son rictus coquin, sa facilité à jouer, possédait une intelligence bien supérieure à ses congénères marins. Il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne l’ami de l’homme. 

Les textes les plus anciens font état de cette amitié. Pline l’Ancien, qui vécut au 1er siècle de notre ère, de l’an 23 à l’an 79, rapporte dans son "Histoire naturelle" plusieurs cas de naufragés secourus par des dauphins. D’autres auteurs de l’Antiquité ont écrit des situations semblables. Par la suite, ces faits ont été parfois contestés, jusqu’à ce que des récits irréfutables aient prouvé l’amitié du dauphin à l’égard de l’homme ce n’est pas qu’une légende parmi tant d’autres. Pendant la féroce guerre en mer de Corail en mai 1942, 6 aviateurs américains abattus par la DCA d’un porte-avion japonais, désespérés sur leur radeau de fortune, virent arriver des dauphins qui commencèrent à pousser du nez l’esquif vers la côte invisible au-delà de l’horizon. Le fait a été mentionné dans un rapport officiel de la Marine des Etats-Unis. En 1956, un dauphin apparut au milieu d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon dans l’eau, tout près de la plage d’Opononi, en Nouvelle-Zélande. Il se mêla à leur jeu, revenant plusieurs jours de suite et finalement se laissa chevaucher par une fillette de 13 ans. Plus proches de nous, le 26 septembre 1969, une scène surprenante s’est déroulée au large de Cannes en Méditerranée. L’équipage du thonier "Coriandre" aperçut sur la mer un cercle d’une vingtaine de dauphins, visiblement agités. Le patron mis le cap sur cette réunion et, une femelle vint à la proue du bateau, poussant devant elle son petit qui paraissait agoniser. Un jeune de 20 ans dont je tairais le nom, étudiant en médecine et passager du "Coriandre", plongea et alla saisir le petit dauphin que la mère lui abandonna sans difficulté. Le nouveau-né respirait à peine, et l’étudiant vit qu’il présentait une malformation de son évent. Il pratiqua sur lui une respiration artificielle que l’on peut dire un bouche à bouche mais hélas c’était trop tard et le bébé dauphin mourut. Le lendemain, lorsque le "Coriandre" reprit la mer, une vingtaine de dauphins l’attendaient au large de Cannes. Ilse mirent à l’escorter, jouant devant l’étrave, plongeant et reparaissant dans le bleu de la Méditerranée. En 1960, dans l’ex URSS, la chasse et le massacre des dauphins étaient sévèrement punies par la loi. Le Dr Serguei Klesnenberg a écrit que la loi de protection a été promulguée « à cause de l’attachement étonnant que les dauphins portent aux hommes et parce qu’on peut considérer comme énormes les perspectives de collaboration des dauphins avec "l’homme marin ". 

De son côté le naturaliste anglais John Z.Young écrit quelques années plus tard : une mystérieuse sympathie attire le dauphin vers l’homme. C’est l’expression d’une nostalgie millénaire, celle d’un temps où hommes et dauphins vivaient côte à côte. Le plus surprenant est qu’il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne un ami plurimillénaire de l’homme. L’intelligence du dauphin n’est plus à démontrer. Peut-être qu’il a compris que l’homme horrible exterminateur d’espèces comme la sardine, la daurade, le hareng, le thon, le phoque ou la baleine épargne sa famille pour diverses raisons. 

La science aidant, dans quelques décennies les spécialistes confirmeront ou pas cette hypothèse !

L’huître de Bouzigues c’est bon.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

 Les jardiniers de la mer produisent avec un savoir-faire artisanal une huître de terroir à la saveur unique, un crustacé apprécié depuis l'Antiquité. La production d’huîtres de "Bouzigues" est élevée dans l’étang de Thau lequel est relié à la mer Méditerranée, au sud par le grau de Marseillan, au nord par le canal royal de Sète. La qualité des eaux de ce bassin lagunaire, son taux de salinité, sa faible profondeur et son environnement se conjuguent afin de métamorphoser l’étang en un milieu unique (classé Natura 2000) qui abrite une biodiversité exceptionnelle. Les fins gourmets salivent à l'idée de savoir que les délicieux fruits de l'étang de Thau, huîtres, moules, palourdes, vont agrémenter dans quelques semaines les fêtes de fin d'années... et faire oublier, pendant quelques heures, les grandes catastrophes d'un monde en ébullition. 

Un ostréiculteur répare les tables d'élevage au milieu de l'étang de Thau vers les années 1950. 

Le Somail : un charme intemporel.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

Entre Toulouse et Sète, le Canal du Midi lézarde sur 240 km à travers la région du Languedoc. Incontestablement le plus intelligent ouvrage dédié aux Languedociens qui a forgé sa prospérité.

Situé dans un environnement campagnard au milieu de trois villages typiquement audois, St Marcel d’Aude, St Nazaire d'Aude et Sallèles d’Aude, Le Somail est un port fluvial sur le canal du Midi édifié au milieu de nulle par Pierre-Paul Riquet. Aujourd’hui, le hameau niché dans un océan de vignes abrite environ 500 habitants. Avant d’être un port de plaisance, Le Somail, fut du XVIIème au XIXème siècle, un important port de commerce et de voyageurs qui a connu immédiatement une grande prospérité : en 1831 on compte 28 000 passagers. En venant de Toulouse, au soir du troisième jour de navigation, Le Somail était une étape où la barque de poste (voyageurs, patrons, mariniers, personnels et courrier…) s’arrêtait devant l’auberge pour la « couchée » (repas du soir et nuitée). Cela permettait, aussi, de remplacer les bêtes de somme qui avaient tracté les embarcations sur le chemin de halage et d’atteler des chevaux frais et dispos. En fait la nuit arrivée, tout le monde avait besoin de reprendre des forces.

Conçu en 1843, le pont de pierre, dit de Riquet ou du Somail, est un remarquable ouvrage par sa voûte plein cintre en « anse de panier », caractéristique de cette époque. Appuyée au pont, la chapelle érigée entre 1684 et 1693, fut agrandie en 1842. Elle pouvait accueillir les 180 habitants du hameau, les patrons de barques et les équipages des péniches et bateaux amarrés dans le port. Une messe était dite à l’arrivée et au départ de chaque barque de poste. Derrière les deux ouvrages le port accueille les embarcations.

Ce lieu démontre le souci de l’esthétique architectural couplé avec l’harmonie des paysages qui anima Pierre-Paul Riquet, son génial concepteur. L’ensemble, modèle d’authenticité, attire de nombreux visiteurs qui découvrent ce port d’autrefois au charme intemporel. C’est un des lieux les plus agréables du Canal du Midi grâce à sa chapelle, à son auberge, son pont en dos d’âne, la maison de l’éclusier, les écuries, le puits à glace, ses entrepôts et les animations qui les entourent. 

Eternel couloir de vie, le canal du Midi imprime dans les paysages audois un linéaire d’une rare beauté aussi bien avec les ouvrages d'art inédits que paysager dont les rives verdoyantes bordées par deux rangées de platanes multi-centenaires se penchent sur l’onde miroitante du canal. Aujourd’hui, Le Somail garde dans ses agencements du XVIème siècle la coquetterie qui caractérise les villages languedociens.

Le Somail, pittoresque hameau sur le canal du Midi garde son charme en toutes saisons. Presque toutes les constructions et ouvrages d'art ont résisté aux siècles en gardant le cachet de l'époque pourtant lointaine, auxquels sont venus s'ajouter au fil des années divers commerces, la péniche-épicerie, les artistes-peintres, les vignerons, le défilé ininterrompu des bateaux, le château d'eau, les canards, les oies, les cygnes proposent une animation; les visiteurs ne se lassent jamais de déambuler dans ce cadre hors du temps imaginé et créé par Pierre-Paul Riquet. 

 

La pêche sportive au thon.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

                                  En marge d’une industrialisation extrême, la pêche sportive au thon, à l’ancienne, continue d’avoir ses adeptes amateurs et pratiquants, friands de thon et surtout pour le sport. Il faut dire que sa taille impressionnante et sa grande résistance en font un compétiteur de choix : puissant, agile et rapide, il lui arrive même de « tracter » les bateaux des pêcheurs sur plusieurs kilomètres vers le large. Il faut savoir que dans le cadre des compétitions, seuls sont pris en compte les thons dépassants les 100 kg, outre son poids, son habitat rend également sa capture difficile. Vivant en haute mer, il impose des sorties au long cours, sur des bateaux résistants. D'autre part, il se manifeste rarement en surface ; un indice pourtant le signale aux yeux des pêcheurs expérimentés : l’affolement dans les bancs de ses poissons favoris ou la présence massive d’oiseaux. La pêche au thon, ça c’est du sport ! 

Un magnifique thon suspendu sur le fil du palan débarqué du bateau Tanaka.

Venus de la mer Méditerranée et de l'océan Atlantique, 43 équipages se sont affrontés durant le 3ème Championnat national de pêche au gros fin août 2018 à Saint Cyprien en Pays catalan. Le déchargement du poisson et la rituelle pesée sur le quai de la Capitanerie du port ont attiré un public nombreux, ravi d'assister à un spectacle très intêressant ! 

Le pont de Bésalù.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

          Nombreux comme moi, sont ceux qui prétendent que les pierres ont une âme. Quoiqu’il en soit il est indéniable que toutes les constructions lient hommes et pierres dans le temps. Un moyen durable pour traverser les siècles. Le pont et le pittoresque village de Besalù n’échappe pas à ce précepte !

Situé à 30 km de Figuères, Besalù est un village médiéval de la comarque de la Garrotxa dans la province de Gérone, arrosé par le fleuve côtier Fluvià qui ondoie le long des épaisses murailles entourant la cité. La principale entrée de la ville fut pendant quelques siècles un pont atypique s’étirant sur 105 mètres, large de 5 mètres reposant sur 8 arches en ogive ancrées sur des rochers émergeant du fleuve, ce qui explique les deux travées en angle avec la tour centrale et son petit arc. Cette subtile coquetterie architecturale lui octroie une grâce singulière. Les archéologues évoquent son édification sur un ouvrage roman existant mais l’origine de l’ouvrage est bien du XIème siècle. Les tours fortifiées furent élevées au XIVème siècle sous le règne de Pédro IV afin de pouvoir contrôler les passages des personnes et des biens ; l’une intègre les remparts qui protégeaient la bourgade et faisait office de péage. Au Moyen-âge, il fallait s’acquitter d’un denier pour le franchissement du fleuve Fluvià avec des marchandises et donner une obole par piéton et par animal chargé.

Le pont connut des avatars notamment en 1315 lorsqu’une violente crue l’emporta. Le roi Jacques d’Aragon décréta un impôt pour financer sa reconstruction. Sévèrement endommagé par un malheureux bombardement pendant la Guerre civile espagnole (1936), il renaît à nouveau de ses cendres, plus fort, plus beau.

En arrivant devant la tour fortifiée, porte principale, le visiteur est littéralement happé par le dédale de ruelles pavées. Les enfants, armés d’épées inoffensives et boucliers au blason incertain, prouvent que l’esprit des lieux fascine encore.

Le bastion captive les historiens, les amateurs d’art et d’histoire médiévale. Doté d’un riche patrimoine, que ses fortifications masquent, il a été classé pour la quantité de ses édifices médiévaux et quel plaisir de flâner dans un extraordinaire labyrinthe de ruelles ésotériques, ourlées de petits et grands trésors architecturaux !

Chaque année, début septembre, tout les villageois se parent de leurs plus beaux atours. La Foire médiévale de Bésalù invite les visiteurs à voyager mille ans en arrière pour découvrir l’ancien comté avec la reconstitution de la vie locale en costumes d’époque, franchir le pont à cheval ou à pied, parcourir les venelles grouillantes de jongleurs, de troubadours, d’artisans, de manants, de gueux, de cracheurs de feu et d’élégantes courtisanes, de belles princesses de la cour génèrent un spectacle haut en couleurs.

Une date à retenir, rendez-vous est pris ! 

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Au milieu du pont , une première tour défendue par une robuste herse contrôlait le trafic, la seconde tour accollée à la muraille autorisait l'accès dans le village après avoir payé un droit d'entrée. Emprunter, à pied ou à vélo, ce magnifique ouvrage pour visiter la cité médiévale de Bésalù procure, déjà, un grand plaisir !