Les paillotes : stars des plages.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

                Du littoral catalan à la Camargue, sur les quelques 220 km de côte qui longent le golfe du Lion, l’été, les paillotes émergent du sable comme les champignons dans la forêt en automne. Aucune ne se ressemble, chacune amène sur la plage son concept, sa déco, son ambiance, sa gastronomie et toutes cultivent un esprit écolo, bohème et cool.

Lors de la saison 2018, le département de l’Hérault comptait 74 concessions, celui des Pyrénées Orientales accueille 47 clubs de plage répartis sur 10 communes, 14 paillotes saisonnières dans l’Aude et 13 dans les Gard.

Familiale, sportive, relaxante, festive, écolo, exotique et, gastronomique, chaque paillote a son concept pour attirer le client. Les plagistes trouvent leur inspiration dans des concepts dénichés à l’étranger. Face à la mer, les paillotes ont parfois des allures de plages du bout du monde : parasols hawaïens, meubles et éléments de maisons chinés en Inde, décors tahitiens, totems, ombrelles chinoises, palmiers, lits à baldaquin, c’est à celui qui apportera la touche la plus exotique ou insolite de façon à s’imaginer en Thaïlande, Indonésie, Bali, Cuba ou je ne sais quelle île paradisiaque de l'océan  Pacifique. Certaines paillotes sont de véritables lieux de rencontre jusqu’au bout de la nuit dans un environnement de vacances où les Dragons catalans viennent fêter la victoire du dernier match contre les coriaces Anglais et les « socios » ergoter sur le recrutement de l’USAP ou du « Barca ».  C’est du bonheur de déjeuner, bronzer, s’amuser, danser, festoyer le soir venu face à la Méditerranée en écoutant le ressac des vagues et les derniers tubes musicaux à la mode. 

L’Etat, propriétaire du domaine maritime veille à maîtriser l’expansion des clubs de plage et accorde des concessions en nombre limité, renouvelés périodiquement, en cinq et douze ans selon les communes. Des baux précaires très convoités. Le montage de la structure en bois débute début avril sur une surface d’environ 1 500 m2 qui nécessite 1 mois environ de travail : cuisines, décor, sono et mise en place de tout le matériel. Après 5 ou 6 mois d’activité estivale intense, les paillotes sont démontées, évacuées faisant plage nette. Les plages désertées retrouvent leurs aspects naturels, il ne reste plus que quelques promeneurs nostalgiques de la belle saison, de l'éternelle beauté de la mer et les tuyaux de raccordements.

En France, la plage est à tout le monde. On peut aussi préférer se tenir à l’écart des pôles d’attraction, poser sa serviette sur le sable, sortir le pique-nique et profiter des bienfaits de la mer sous son parasol, tout simplement mais, logiquement le dépaysement, le cadre idyllique et un service de qualité a un coût ! 

  Sur la plage de Canet, la paillote est un espace de détente à quelques pas de la Méditerranée. Pas besoin de voyager à l'autre bout du monde pour dénicher un lieu idyllique; en Languedoc, en Roussillon ou sur la Costa Brava les plages n'ont rien à envier aux paradis exotiques. 

Sacré gazon !

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

          Imaginez la conversation suivante entre Dieu et Saint François d’Assises. Le bon Dieu s’adresse à Saint François d’Assises : toi qui connaît tant de choses sur la nature, peux-tu me dire ce qui se passe en Europe avec les pissenlits, les violettes, les chardons, les coquelicots et toutes les belles fleurs que j’ai dispersées là-bas il y a des siècles? J’avais planifié un jardin parfait sans entretien et avec un minimum d’eau. Ces plantes-là poussent dans n’importe quel type de sol, supportent la sécheresse et se multiplient à profusion. Le nectar de leurs fleurs attire des papillons, des abeilles et des volées d’oiseaux aux chants mélodieux. Je m’attendais, à l’heure actuelle, à voir de vastes jardins bariolés, mais tout ce que j’aperçois, ce sont des rectangles plus ou moins verts !

Ce sont des tribus qui se sont installées là-bas, Seigneur, répond Saint François On les appelle les banlieusards. Ils ont commencé par dire que vos fleurs sont de « mauvaises herbes » et ils ont déployé beaucoup d’efforts pour remplacer votre mauvaise herbe par du gazon.

Du gazon ? C’est tellement ennuyeux et si peu coloré ! Cela n’attire pas les oiseaux, ni les papillons, ni les abeilles, mais seulement des vers blancs, des pyrales et des punaises. De plus, c’est très sensible aux changements de température, excessivement gourmand en eau. Ces banlieusards comme tu les appelle, veulent-ils de tous ces tracas ?

Apparemment, Seigneur, ils dépensent beaucoup d’argent et d’énergie pour faire pousser ce gazon et le maintenir vert. Ils commencent par appliquer des engrais au printemps et ils empoisonnent toutes les autres plantes qui pourraient gêner leur gazon et inondent les parcelles d’eau !

Les pluies et la fraîcheur printanière doivent faire pousser le gazon vite et bien. Je suppose que cela rend les banlieusards très heureux rétorque le bon Dieu toujours prêt à comprendre ses ouailles. Détrompez-vous Seigneur. Dès que le gazon commence à pousser, ils le coupent, parfois 2 fois par semaine puis mouillent, à nouveau, abondamment.

Ils le coupent ? Est-ce qu’ils en font des ballots comme avec le foin ?

Pas vraiment Seigneur, la plupart d’entre eux ramassent l’herbe coupée pour la mettre dans des sacs.

Dans des sacs ? Pourquoi ? Est-ce qu’ils les vendent ? Est-ce une récolte rentable ?

Pas du tout Seigneur, au contraire, ils paient pour qu’on vienne emporter la tonture !

Voyons donc, je crois que je ne comprends pas très bien. Tu me dis qu’ils fertilisent le gazon pour qu’il pousse plus vite et quand il pousse bien, ils le coupent et paient pour s’en débarrasser ?

Oui, c’est bien ça Seigneur.

Ces banlieusards doivent être contents en été, quand nous diminuons les pluies et que nous élevons la température. Cela ralentit la croissance du gazon et doit leur faire gagner beaucoup de temps.

Vous n’allez pas me croire, Seigneur. Quand le gazon pousse moins vite, ils sortent le tuyau d’arrosage et irriguent copieusement pour pouvoir continuer à couper et à remplir les sacs !

C’est insensé ! Mais au moins, ils ont conservé quelques arbres. Ça, en toute modestie, c’est une idée géniale de ma part. Les arbres font pousser des feuilles au printemps pour produire une magnifique parure et procurer de l’ombre pour la saison estivale. En automne, les feuilles tombent pour former un tapis naturel qui protège le sol et les racines. De plus, lorsqu’elles se décomposent, elles améliorent le sol et nourrissent les arbres pour faire de nouvelles feuilles. C’est le parfait exemple du recyclage naturel !

Vous feriez bien de vous asseoir, Seigneur. Les banlieusards ont imaginé un nouveau cycle. Aussitôt que les feuilles tombent, ils les ramassent, les mettent dans des sacs et paient pour s’en débarrasser aussi !

Mais voyons donc ! Comment font-ils pour protéger les racines des arbres et arbustes en hiver et pour conserver l’humidité dans le sol interroge Dieu ?

Après avoir jeté les feuilles, ils achètent quelque chose qu’ils appellent du paillis. Ils le rapportent chez eux, l’étale autour des arbres pour remplacer les feuilles afin d’éviter l’évaporation !

Ah ! Et où vont-ils chercher ce truc, ce paillis ?

Ce n’est pas compliqué, Seigneur ; ils coupent des arbres et les réduisent en petits copeaux.

C’est assez, c’est insupportable ! Je ne veux plus entendre de telles inepties ! Se tournant vers Sainte Catherine, vous qui êtes responsable des arts, quel film avez-vous prévu pour ce soir ? « Les banlieusards » Seigneur répond promptement Sainte Catherine. Oubliez ça, on vient de me raconter l’histoire !

L’auteur de ce texte m’est inconnu. Christian Téna.

Mondial du Vent 2019.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

            Un brin désuète, La Franqui, hameau de Leucate, abritée sous de magnifiques pins centenaires, au pied d’une falaise nommée Cap Leucate, est un territoire encore préservé et sauvage, classé Natura 2000, un précieux emblème. Sur fond de Corbières, la plage des Coussoules entre étangs et Méditerranée, longue (8 km) et large (400 m) plage de sable fin de couleur ocre, encore épargnée par le béton, a été classée récemment 4ème plus belle plage de France.

Il est de notoriété publique que la région est ventée, que la tramontane, vent de terre, sec et capricieux s’il en est, ne supporte pas les nuages dans le ciel du golfe du Lion, aussitôt elle balaie les intrus. Quand au « marin » vent de la mer, au souffle plus court, il contrarie volontiers, les desseins de « Dame Tramontane », il amène l’humidité. N’empêche, soufflant à tour de rôle, ils grossissent les statistiques de la météo, laquelle comptabilise 300 jours de vent par an !

En 1997 quelques passionnés de sport de glisse lancent la géniale idée de créer au printemps (vacances de Pâques) un grand événement sportif en unissant un cadre naturel, le vent, l’eau et un soleil déjà printanier, quatre éléments naturels dominants dans le paysage de La Franqui. D’où le pari de transformer cette énergie durable et naturelle en avantage pour la station audoise. Un pari réussi au-delà de toute espérance. Et le Mondial du Vent de Leucate-La Franqui compte cette année la vingtième troisième édition qui se déroulera du 20 au 25 avril. Le décor est planté. Il faut maintenant qu’Eole souffle juste ce qu’il faut sur le spot de La Franqui pour que cette édition soit une nouvelle réussite. Pour mieux comprendre, un tableau établit une graduation des caractéristiques offertes par la puissance des vents soufflants sur le littoral du golfe du Lion. Lorsque la tramontane ou le « marin » souffle à 8 nœuds soit 15 km/heure le kite est possible avec une grande voile, donc le spectacle est assuré mais les performances ne seront pas au rendez-vous.

1). Entre 11 et 21 nœuds de vent soit 20 à 37 km/h sont les conditions idéales pour les épreuves de freestyle (figures en l’air) et big air (figures le plus haut et le plus longtemps possible en l’air).

2). De 22 à 27 nœuds soit 40 à50 km/h, l’épreuve de vitesse pourra promettre quelques records.

3). De 28 à 33 nœuds soit 51 à 61 km/h, la discipline est à pratiquer avec prudence, toutefois certains professionnels chevronnés y voient des conditions idéales.

Tributaires de la météo, sachant qu’elle est très changeante en Languedoc-Roussillon, les sportifs n’ont plus qu’à espérer le bon vent, s’adapter aux conditions, en découdre loyalement en souhaitant que le meilleur gagne et que les couleurs de Leucate-La Franqui flottent bien haut dans le cercle mondial des sports de glisse ! 

A Leucate-La Franqui au Mondial du Vent, toutes les techniques des médias, même se jeter à l'eau, sont déployées pour obtenir l'image la plus spectaculaire. Les photos s'affichent sur les pages des magazines consacrées aux sports de glisse dans un milieu marin naturel sur lequel évoluent des sportifs de haut niveau. Cliché Mondial du vent 2017

 

 

 

L'eau de la Sainte Tombe d’Arles sur Tech.

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  Aux environs de l’An Mil, le Vallespir et particulièrement Arles de Tec essuyèrent une série de calamités : inondations, sécheresses, grêle, neige, épidémies ou famines, mirent à mal le courage de la population. Dans son besoin de protection et d’espérance en un avenir meilleur, c’est vers la religion que les gens d’Arles animés par la foi chrétienne plaçaient leur confiance. Chaque abbaye se devait de posséder quelques reliques de saint, chargées de préserver du malheur la contrée environnante. Devant la recrudescence des malheurs dans le Vallespir, l’abbé Arnulfe, prieur de l’abbaye, décide d’entreprendre le long et périlleux voyage jusqu’à Rome, dans le but d’obtenir du pape des reliques de saints protecteurs. Son courageux périple fut payant puisqu’il a ramené, après bien des péripéties, une partie des restes de deux saints, Abdon et Sennen, princes persans qui ont souffert le martyre pour avoir refusé de renier leur foi. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ce qui est extraordinaire, c’est que le sarcophage de marbre dans lequel a été déposée une partie des reliques produit régulièrement une eau très pure dont aucun scientifique, pour l’instant, n’a pu expliquer la provenance. Condensation ? Infiltrations ? Le mystère reste entier. Les croyants prêtent à cette eau des vertus curatives.

Le préposé chargé de recueillir le précieux liquide a introduit un antique siphon de cuivre à l’intérieur du sarcophage, l’amorce et un filet d’eau se met à couler à l’abri des murailles millénaires du cloître. De sa voix rocailleuse, il ajoute : en une année, nous tirons entre 500 et 800 litres. Cette eau ne se corrompt pas. Tous les 50 ans, le sarcophage est vidé, nettoyé et séché, et pour confirmer ses affirmations montre le constat d’huissier et les photos de cette opération, réalisées en l’an 2000. Les Arlésiens, croyants ou pas, mais tous attachés à cet héritage, tiennent à fêter dignement les saints Abdon et Sennen. Ces reliques font partie du patrimoine arlésien et chaque année, le 30 juillet, Arles célèbre avec faste ses saints protecteurs !

Les 4 vies du Bèlem.

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Les 4 vies du Bèlem.

1896 à 1913 : navire marchand. Le 10 juin 1896, les chantiers Dubigeon à Chantenay sur Loire lancent le « Trois mâts » Bèlem pour le compte de l’armement Crouan. Le navire armé au commerce effectue 33 campagnes transatlantiques principalement vers le Brésil d’où il rapporte des fèves de cacao pour le chocolatier Meunier, son premier commanditaire mais aussi vers la Guyane et les Antilles afin de transporter du rhum et du sucre.

1914 à 1950 : yacht de luxe britannique. En 1914, le Bèlem est acheté par le duc de Westminster qui le transforme en yacht de plaisance et l’équipe de moteurs. Ce dernier le vend en 1921 à Sir Arthur Guinness qui le rebaptise Fantôme II, complète son aménagement et effectue de nombreux voyages à son bord, notamment un tour du monde en 1923-1924.

1951 à 1978 : navire-école italien. En 1951 après la Seconde Guerre mondiale, le navire est acquis par la Fondation Cini à Venise qui le nomme Giorgio Cini et en fait un navire-école pour les orphelins de la marine italienne et les élèves officiers des écoles de marine marchande italienne.

1979 à 2019 : nouvelle vie. En 1979, une banque rachète le « Trois mâts » qui retrouve son nom et pavillon d’origine. La Fondation Bèlem, reconnue d’utilité publique en 1980, restaure le voilier à Brest, puis à Paris et l’aménage en navire-école civil ouvert au grand public. Le Bélem est classé monument historique en 1984.

Le Bèlem aujourd’hui : la plupart des navires de la fin du XIXème siècle ont disparu. Le miracle de la survie de ce navire tient surtout aux hommes qui l’ont aimé et entretenu : ses armateurs successifs ont modifié son usage au cours des siècles, lui octroyant 4 modes de vie en phase avec les réalités économiques de leur époque. Mais le Bélem est aussi né sous une bonne étoile, échappant miraculeusement à un incendie, à l’éruption de la montagne Pelée, aux bombardements de deux guerres mondiales et à un tremblement de terre au Japon.

Les grands bateaux ne meurent jamais…

L'arrivée du Bèlem à Port-Vendres est l'événement de la fin d'année 2018. Le mythique Trois-mâts est un fidèle visiteur du petit port catalan pour de courtes escales mais cette fois il s'amarre au quai de la République pour y passer l'hiver bien au chaud. Il repartira dans quelques mois, début avril je crois. je souhaite à cet élégant navire la bienvenue ainsi qu'un excellent séjour au Pays catalan.