Le canal du Midi est malade

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

La voûte végétale faisait la beauté du canal du Midi depuis quelques siècles. Quelle tristesse de voir dépérir peu à peu l'oeuvre de Paul Riquet.

 

        Les platanes séculaires qui ornent les berges du canal du Midi sont atteints de la maladie du chancre coloré. Une épidémie qui décime cette double colonnade d’arbres majestueux dont certains, du côté de Trèbes notamment, datent de 1780. Par endroit, ici et là, les platanes dépérissent, le tronc noircit et meurent par un mal incurable provoqué par un champignon microscopique.

D’après les spécialistes, ils sont condamnés à l’abattage car il n’y a pas d’autres solutions. On peut regretter cette issue radicale mais il n’y a aucune raison de ne pas croire ces « médecins des arbres ».

Près de 4 000 platanes sont identifiés comme porteurs de la maladie, soit 10 % de la totalité des arbres du canal qui déroule sa beauté sur 240 km.

La lugubre complainte des tronçonneuses a commencé son travail destructeur. Depuis 2011, environ 2000 platanes secs ont été abattus et incinérés sur place afin que la maladie ne se propage.

Il est probable qu’en 2013 on sera sur une moyenne annuelle d’abattage de 4000 arbres car la maladie se répand plus vite que prévu estime un responsable.

En VTT, j’ai parcouru dans tous les sens, par fractions de 25 à 40 km, le canal sur le chemin de halage, de Castelnaudary à l’écluse ronde d’Agde, je peux témoigner du plaisir de faire du vélo à l’ombre sous les frondaisons formant un long tunnel. C’était si agréable que je venais de Perpignan, parfois plusieurs jours par semaine. Aujourd’hui, mon cœur est chagriné car l’environnement de mon « jardin » est sacrifié ; un jardin public que je partageais avec d’autres cyclistes, des promeneurs, des pêcheurs, des navigateurs français, allemands, espagnols ou américains, tous amoureux de cette longue voie fluviale, sereine et reposante.

Les spécialistes ont entamé la réflexion pour choisir une essence de remplacement, plus résistante aux maladies. Le programme de reconstruction du « patrimoine arboré » sera soumis à l’inspection de l’Unesco pour préserver le classement du canal au patrimoine mondial.

L’œuvre de Paul Riquet est un fleuron du patrimoine languedocien dont l’histoire mérite d’être végétalisée.

L’eau de forage qui tue

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

La Bangladesh est un pays de l’Asie méridionale surpeuplé et très pauvre. Situé dans le delta du Gange et du Brahmapoutre, le Bangladesh regorge d’eau. Les inondations sont périodiquement catastrophiques, surtout lorsque la crue énorme des fleuves gonflés par les pluies de mousson se combine avec un cyclone. En 1998, 70 % de la superficie du pays était sous l’eau !

En dépit de l’omniprésence de l’eau, 4 000 km de rives fluviales, le pays reste confronté à l’irrigation, cruciale pendant la saison de sécheresse, d’octobre à avril, et à la retenue des eaux.

Avec la famine, l’essentiel des problèmes de santé est lié à celui de l’eau. En général à leur insu, les bangladeshis s’intoxiquent, en buvant de l’eau de leurs puits depuis une quarantaine d’années.

En effet, encouragés par tous les spécialistes nationaux ou internationaux, les petits entrepreneurs locaux ont creusé dans la nappe phréatique, entre 7 et 11 millions de petits forages tubés dans tout le pays. Les experts, aussi, ont incité la population à boire l’eau souterraine qui à leurs yeux était saine. Elle était dépourvue de bactéries pathogènes provoquant les diarrhées ou les autres affections intestinales transmissibles par l’eau qui ont sévi dans ce pays tropical.

Mais triste ironie du sort, dans les années 70, les spécialistes de la santé publique ne pensaient à l’arsenic dissous naturellement et ce n’est qu’en 1993, que l’on a découvert que l’eau « saine » des puits contenait ce poison en quantité dangereuse.

L’intoxication à l’arsenic présente une autre caractéristique malheureuse compliquant la situation. Il faut une dizaine d’années, parfois davantage, pour reconnaître la pathologie. Quand elle apparaît, il arrive qu’il soit trop tard pour pouvoir la traiter. Selon les estimations fortes, 80 millions de personnes environ, soit plus de la moitié de la population serait atteinte.

Froid et neige en décembre, du blé à revendre.

 

Pas plus de 0, 4 gr de sel.

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) l’eau de consommation ne doit pas contenir plus de 0,4 gramme de sel par litre. L’eau, distillée ou osmosée, insipide et sans saveur, en contient 0,2, 0,3 gramme. Trop pure elle doit être reminéralisée. Il est ordinaire que dans les océans, l’eau de mer contient 35 grammes par litre.

Dans les mers plus ou moins fermées, la concentration atteint 36 à 39 grammes de sel, comme par exemple la Méditerranée.

Le littoral de la Catalogne et du Languedoc était parsemé de marais salants, grands producteurs de cette ressource depuis l’Antiquité il y a quelques siècles.

En mer Morte la teneur en sel est de 270 grammes par litre alors que la mer Caspienne elle ne dépasse pas 13 grammes.

La mer fournit environ 60 % de l’eau dessalée. Le reste est produit à partir d’eau saumâtre contenant de 1 à 10 grammes de sel par litre, des eaux de surface et des eaux souterraines.

Source OMS.

Estimation des disponibilités.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Estimation des disponibilités.

Estimation des disponibilités en mètres cube (1 m3 égale 1 000 litres) d’eau potable dans quelques pays en 2025.

Burundi      280 m3                Ethiopie     980 m3                Haïti           960 m3      

Kenya         190 m3                Nigéria       190 m3                Pérou         980 m3      

Rwanda      350 m3                Tanzanie     900 m3                Somalie      610 m3      

Afrique du Sud             790 m3.

Au-dessous de 1 700 m3 d’eau renouvelable par année, on parle de pénurie d’eau. Au-dessous de 1000 m3, c’est la sécheresse au sens propre. Nombreux sont les pays de la planète bleue dans lesquels l’eau est toujours plus rare.

Les poissons aussi.

Si les humains vont subir dans les prochaines décennies les effets du réchauffement climatique, ils seront accompagnés par ce qui vit autour de lui. La FAO, (organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), est formelle : les animaux poïkilothermes (ce mot leur appartient, il déchiffre que leur température varie en fonction de celle de leur environnement), je reprends, les animaux poïkilothermes seront ultrasensibles au réchauffement des mers. Reproduction, taux de croissance, métabolisme, réceptivité aux maladies, les poissons, aussi, subiront l’impact de plein fouet Les ressources de la mer sont depuis que le monde existe un garde-manger indispensable à l’équilibre de la santé humaine. Avec la mutation climatique, la sécurité alimentaire des hommes et des femmes de notre planète est remise en cause.

Le canal du Midi souffre toujours.

 

Entre le port de Béziers et Villeneuve les Béziers, le splendide toit végétal. Cliché de 1998.

Il est malade et nous sommes tous malades de voir ce chef d'oeuvre dépérir, amputé, secteur après secteur, d'une colonnade de platanes majestueux qui ont contribué à sa beauté, qui ont hissé au succès mondial le canal du Midi. Depuis 2006, un champignon microscopique, le chancre coloré,tue les platanes vieux de 2 siècles en quelques mois. Seule solution contre cette pandémie : l'abattage. Le canal de Riquet sans les platanes n'est plus  le canal. En ce début d'année 2015, la quiétude des promeneurs est brisée par le morbide « hurlement » des tronçonneuses.

L'eau problème crucial en Afrique

Malgré 17 fleuves importants, une centaine de grands lacs, d'immenses zones humides et des nappes phréatiques très nombreuses seulement 10 % des ressources mondiales en eau douce se trouvent en Afrique. Plus de 300 millions d'Africains n'ont pas accès à l'eau potable et les systèmes d'assainissement pour les eaux usées sont très peu développés. En 2020, c'est à dire demain, 17 pays africains manqueront d'eau !

Eau et droit humanitaire. 01.

     Les récents conflits à travers le monde démontrent que le droit à l'eau est bafoué malgré les accords passés entre les pays et en dépit que l'accès à l'eau soit l'un des principes fondamentaux du droit humanitaire international. Je rappelle que la Convention de Genève de 1949 (article 54) stipule : Il est interdit d'attaquer, de détruire, d'enlever ou de mettre hors d'usage des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que les denrées alimentaires et les zones agricoles, le bétail, les installations et réserves d'eau potable et les ouvrages d'irrigation en vue d'en priver, à raison de leur valeur de subsistance de la population civile ou la partie adverse, quel que soit le motif dont on s'inspire, que ce soit pour affamer des personnes civiles, provoquer leur déplacement ou pour tout autre raison. Conventions de Genève de 1949 (article 54).

 

Pour la préservation et l'économie de chaque goutte d'eau,
la lutte est quotidienne, chaque pas en avant compte.