Changer de méthodes 01

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

      Au Brésil, l'extraction croissante de minerais entraîne la création de grands barrages visant à alimenter les usines de transformations.
Appelant à délaisser la course à la surconsommation au profit de la réduction des inégalités, les associations soulignent l'urgence à mesurer avec précision les quantités d'eau importées dans les produits que nous consommons. Un constat valable pour l'ensemble des ressources naturelles et de l'énergie consommée.
Mais ici comme ailleurs la logique productiviste des temps modernes a préféré bousculer les schémas natures plutôt d'en épouser les courbes. Le véritable écotourisme, soucieux de son environnement et de son rôle social représente la meilleure sauvegarde à l'avenir de la région. Comme toutes les terres sauvages du globe, la région doit faire face aux destructions engendrées par les activités humaines, toujours plus envahissantes. La zone inondée est d'autant plus vulnérable que son bon fonctionnement dépend complètement de l'extérieur. Déforestations, projets immobiliers, pollution, changement climatique, modification du régime hydrographique : chaque dérèglement menace de rompre ce fragile et miraculeux équilibre. Les résultats ont été à la hauteur de son arrogance: mer de coton en plein désert mais désert de sel en mer d'Aral. . Il faudra plus d'un siècle pour parvenir à une situation acceptable. Comme le Grenelle de l'environnement, il ne s'agit que de discours lénifiants pour endormir les gogos.

Le Citarum : un gros cloaque !

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Fleuve majestueux surnommé la rivière de l'indigo, pendant des siècles le Citarum a fourni sur son parcours de l'eau propre à la population riveraine. Situé en Indonésie, à l'ouest de l'île de Java, il est devenu le fleuve le plus contaminé du monde, étouffé par les rejets industriels et les déchets domestiques. La rapide urbanisation et l'industrialisation ont transformé le fleuve en un immense dépotoir ! Plus de 500 usines s'alignent sur les 300 km de rives crachant leurs déchets dans cet égout à ciel ouvert ; beaucoup d'entre elles produisent des textiles extrêmement gourmands en traitements chimiques. Avec ces produits toxiques s'ajoutent toutes les autres sortes de détritus humains des usines et des gens qui y travaillent. Ici le luxe d'un service de collecte des ordures n'existe pas, pas plus que des toilettes modernes !
Cette catastrophe écologique constitue un réel danger pour les 5 millions de personnes vivant près du fleuve qui utilisent son eau pour l'agriculture. Les familles les plus pauvres parmi les pauvres, mettent leur santé en péril en y collectant parfois l'eau pour boire, pour la cuisson ou la toilette !
Tout se retrouve dans la rivière mais plus loin la déchetterie se déverse dans la mer de Java.
Combien de temps encore la Terre va-t-elle pouvoir supporter notre évolution, notre croissance, notre négligence, notre inconscience ?

La montagne c'est le territoire des dieux,
le fleuve celui des hommes.
Alain Rey, lexicologue français né à Pont du Château le 30 août 1928.

Méduse Mnemiopsis

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

La méduse Mnemiopsis, la terreur, s'avère heureusement une erreur. La mer Baltique au Nord de l'Europe est une mer presque fermée, très sensible aux pollutions. Alors que l'on redoutait l'invasion de la méduse Mnemiopsis susceptible de modifier l'écosystème de la Baltique déjà mal en point, les chercheurs ont constaté qu'il y avait eu erreur sur l'espèce. La Mertensia, la méduse indigène, s'avère en rien une terreur. Un gros soulagement. Atrocement souillée par la dernière guerre, de nombreux bateaux gisent sur le fond de la Baltique avec dans leurs soutes un important tonnage de bombes non utilisées qui se dégradent lentement. En février 2005, le WWF International annonce que la plupart des poissons de cette mer étaient si intoxiqués qu'ils ne devraient pas être vendus sur les étals européens. En novembre 2007 un plan d'action à l'échelle européenne ambitionne le retour d'un bon état écologique de l'environnement marin avant 2021.

L’Himalaya, le château d’eau du monde

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Un rapport du Centre international de mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD) publié, il y a déjà quelques temps, affirme que le château d’eau du monde risque de se tarir. Plus de tiers des 15 000 glaciers de l’Himalaya pourraient disparaître totalement d’ici à 2050. A court terme, la fonte accélérée des glaciers de l’Himalaya va augmenter le débit des fleuves, provoquant de graves inondations. Mais à long terme, c’est l’effet inverse qui va se produire. Or, les glaces et les neiges de l’Himalaya alimentent 9 des plus grands fleuves d’Asie, dont le Gange, le Mékong ou le Yangzi, fournissant de l’eau à environ 1,3 milliard de personnes.

Après ce rapport lors d’une réunion à Bruxelles, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avait placé au premier rang des conséquences du réchauffement climatique les difficultés d’approvisionnement en eau liées à la fonte de ces glaciers. Il n'est pas un lieu sur notre planète qui échappe au phénomène du réchauffemement climatique !

Le canal du Midi est malade

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

La voûte végétale faisait la beauté du canal du Midi depuis quelques siècles. Quelle tristesse de voir dépérir peu à peu l'oeuvre de Paul Riquet.

 

        Les platanes séculaires qui ornent les berges du canal du Midi sont atteints de la maladie du chancre coloré. Une épidémie qui décime cette double colonnade d’arbres majestueux dont certains, du côté de Trèbes notamment, datent de 1780. Par endroit, ici et là, les platanes dépérissent, le tronc noircit et meurent par un mal incurable provoqué par un champignon microscopique.

D’après les spécialistes, ils sont condamnés à l’abattage car il n’y a pas d’autres solutions. On peut regretter cette issue radicale mais il n’y a aucune raison de ne pas croire ces « médecins des arbres ».

Près de 4 000 platanes sont identifiés comme porteurs de la maladie, soit 10 % de la totalité des arbres du canal qui déroule sa beauté sur 240 km.

La lugubre complainte des tronçonneuses a commencé son travail destructeur. Depuis 2011, environ 2000 platanes secs ont été abattus et incinérés sur place afin que la maladie ne se propage.

Il est probable qu’en 2013 on sera sur une moyenne annuelle d’abattage de 4000 arbres car la maladie se répand plus vite que prévu estime un responsable.

En VTT, j’ai parcouru dans tous les sens, par fractions de 25 à 40 km, le canal sur le chemin de halage, de Castelnaudary à l’écluse ronde d’Agde, je peux témoigner du plaisir de faire du vélo à l’ombre sous les frondaisons formant un long tunnel. C’était si agréable que je venais de Perpignan, parfois plusieurs jours par semaine. Aujourd’hui, mon cœur est chagriné car l’environnement de mon « jardin » est sacrifié ; un jardin public que je partageais avec d’autres cyclistes, des promeneurs, des pêcheurs, des navigateurs français, allemands, espagnols ou américains, tous amoureux de cette longue voie fluviale, sereine et reposante.

Les spécialistes ont entamé la réflexion pour choisir une essence de remplacement, plus résistante aux maladies. Le programme de reconstruction du « patrimoine arboré » sera soumis à l’inspection de l’Unesco pour préserver le classement du canal au patrimoine mondial.

L’œuvre de Paul Riquet est un fleuron du patrimoine languedocien dont l’histoire mérite d’être végétalisée.