Côté nature en Pyrénées catalanes.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

La Têt apaisée par un petit barrage hydraulique est un miroir dans lequel Villefranche de Conflent et son clocher adorent se reflèter. 

Au pied du Canigou, niché au creux d'un cirque de montagnes, la cité de Villefranche fut construite, sur ordre de Louis XIV,  par l'architecte militaire Vauban dans un judicieux goulet pour verrouiller la vallée. Les eaux de la Têt (qui ont donné son nom à la vallée) et son affluent le Cady ruissellent contre les murailles pour se mélanger aux pieds de la cité médiévale, symbolisant une porte ouverte, l'une vers les hauts plateaux de Cerdagne, l'autre vers le massif du Canigou. La merveillleuse cité du Conflent, autrefois, à l'aspect guerrier, se transforme aujourd'hui en carrefour, certes stratégique mais dans le sens noble du terme, une invitation à découvrir une nature sauvage encore vierge qui appartient à chacun de nous mais dont chacun de nous a aussi le devoir de la préserver. 

Dans les Pyrénées catalanes la Nature, heureusement encore préservée, présente une infinie variété de paysages exceptionnels dont l’élément moteur fondamental est l’eau. De montagnes en vallées, de balcons en piémonts, ce vaste territoire bénéficie d’un entrelacs de torrents limpides, de petites rivières transparentes, de lacs naturels, d’un nombre raisonnable de barrages artificiels, les uns et les autres poissonneux, des canaux qui distribuent la ressource où elle est moins présente, sans oublier la fonte des neiges, métamorphosent notre région en extraordinaire éden.

Si nos valeureux aïeuls ont tracé le chemin en creusant un réseau de canaux dans des conditions difficiles, bâti de magnifiques villages ou hameaux là où l’élément liquide était présent, agrémentés de magnifiques monuments ou d’ouvrages, souvent novateurs à l’époque, toujours au service des hommes et appréciés des autochtones, les contemporains que nous sommes ont enfin conscience que ce trésor environnemental et architectural, il fallait le préserver quel qu’en soit le prix car tous celles et tous ceux qui le souhaitent peuvent jouir de ce coin de paradis de multiples façons, la porte d’entrée de ce domaine étant toujours ouverte en toutes saisons. La seule, l’unique règle est le respect du lieu. J'ajouterais que la sagesse et la prudence sont recommandées dans ce milieu difficile.

Le Massif du Canigou, le Parc Naturel des Pyrénées catalanes, formidables vitrines, et pas moins de six réserves naturelles œuvrent à la sauvegarde de l’ensemble des espèces animales et végétales contribuant à la beauté et au bien vivre en Pyrénées catalanes.

Labellisé Grand Site de France, le Massif du Canigou est l’emblème de toute la Catalogne, la montagne sacrée des Catalans ; son pic, haut de 2 784 m, est le phare des Pays catalans mais aussi, autrefois, un repère pour les marins phéniciens ou grecs lorsqu’ils naviguaient en Méditerranée. De pittoresques villages imprégnés de fortes traditions ceinturent les versants de ce massif mythique : Prats de Mollo, Arles sur Tech en Vallespir, Baillestavy, Vernet les Bains, Fillols, Taurinya en Conflent sont des pôles de départ de pèlerinages car tout catalan doit effectuer l’ascension du Canigou au moins une fois dans sa vie !

Un réseau de sentiers dans un environnement naturel préservé, ponctué de nombreuses légendes, accompagnent les amoureux de la nature pour des promenades familiales ou de grandes randonnées pour les plus aguerris.

Quand au Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes il s’étend sur 138 000 hectares, prenant racine sur les champs maraîchers et fruitiers du Conflent jusqu’aux plus hauts sommets des Pyrénées catalanes. A la conjonction climatique, méditerranéenne, atlantique et montagnarde, le parc des Pyrénées catalanes abrite plus d’un millier d’espèces végétales et animales.

La réserve de Nohèdes d’une superficie de 2 137 hectares s’étale du Mont Coronat au nord, drapé de forêts sur des centaines d’hectares au sud dont le terrain schisteux convient à la végétation de landes à genêts et de prairies sèches. Le Massif du Madres, granitique, recèle en haute altitude, une série de tourbières et une constellation de lacs naturels : l’estany del Clot, le gorg Estelat et le gorg Nègre.  Au-dessus de 2 300 m, il est recouvert de pelouses alpines. L’omniprésence de la forêt et les fortes pentes constituent des zones refuges pour la faune : cerfs, chevreuils, isards, genettes, chats forestiers, hermines, marmottes, desmans, et 14 espèces de chauves-souris participent à la diversité. Les grands rapaces sont bien présents dans le ciel.

Ainsi grâce à cette diversité de territoires, 1 100 espèces végétales sont recensées dont 41 orchidées. Au col de Marsac, la vue est imprenable sur la plaine du Roussillon et du Canigou.

La réserve de Conat sur le massif du Coronat s’étale sur 549 hectares et s’élève jusqu’à 1 671 m. Par son environnement la réserve est belle, la faune et la flore y sont riches et diversifiées, deux espèces sont protégées. Cette réserve accueille plus de deux cent espèces animales. Les loisirs traditionnels sont la cueillette de champignons, la chasse, la pêche, les activités pleine nature : randonnées pédestres ou à raquettes l’hiver.

Sur le flanc sud-est du Mont Coronat, la réserve de Jujols débute à 1 100 m d’altitude et atteint 2 172 m. Ce territoire de 472 hectares protège une nature soumise à plusieurs influences climatiques. On note l’existence d’une faune particulièrement prospère de 800 espèces de papillons avec, cerise sur le gâteau, le scorpion jaune. La réserve de Jujols c’est partir là où s’apprend le déroulement harmonieux des saisons.

Située sur la basse vallée de Mantet et le versant de la Carança la réserve de Nyer est un territoire où évoluent une faune et une flore remarquables (plus de 750 espèces végétales recensées). La chapelle de la Roca construite sur les vestiges d’un ancien château dressé à l’entrée des Gorges de Nyer démontre que les paysages sont fortement influencés par les activités humaines passées et actuelles.

Avec près de 4 000 hectares entre le massif du Canigou et le Massif de Costabona, la réserve de Mantet est la plus vaste des réserves des Pyrénées catalanes. La forêt y est omniprésente avec chênes, bouleaux, noisetiers et pins à crochets. La grande faune est présente : l’isard, le sanglier, la genette, l’aigle royal, le grand tétras, le lagopède, le chat sauvage, le gypaète barbu…il y a également une grande variété de plantes parmi lesquelles le lys des Pyrénées et la gentiane de burser. L’activité pastorale y est encore bien présente notamment en période d’estive. Les hommes occupent ce territoire depuis fort longtemps. 

 De la gare de Villefranche de Conflent, le petit Train Jaune s'élance vers les hauts plateaux de Cerdagne. Le petit tortillard aux couleurs du Roussillon salue le pont St Pierre de la cité fortifiée, la Têt sera son guide, du moins jusqu'à Mont-Louis. Le "petit canari" est un sympathique moyen pour visiter les Pyrénées catalanes ornées de fabulueux paysages et parsemées d'audacieux ouvrages de Génie Civil; un parcours qui s'achèvera à Latour de Carol. 

Cette courte randonnée ferroviaire, Villefranche de Conflent-Latour de Carol (60 km) comprend, excusez du peu, trois "merveilles" classées au Patrimoine mondial de l'Unesco : les cités fortifiées de Villefranche de Confluent au départ, de Mont-Louis au milieu et le Train Jaune qui vous balade ! 

Chasse-neige antique.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

 L'ancêtre du chasse-neige moderne. Photo de 1937. 

      La question du déneigement est un sujet aussi ancien que la création des villes et des villages de montagne. Il n’y avait pratiquement aucune circulation les jours de fortes chutes de neige, encore moins lors de tempêtes. La plupart du temps, le devoir citoyen faisait que chacun dégage le pas de porte, devant sa maison et celui de son voisin si celui-ci était dans l’impossibilité de le faire comme par exemple les personnes âgées. On appelait ces actions civiques le « savoir vivre ensemble » !

    Après avoir dégagé les chemins à "l’huile de coude", certaines zones pastorales où le problème du déneigement hivernal est récurrent on utilise une charrue « bricolée » attelée à un puissant cheval ou une paire de bœufs.

      Avec l’importance grandissante de l’automobile et le développement des stations de sports d’hiver, les hommes inventent vers les années 1920 divers engins de déneigement. Souvent un monstre horriblement bruyant, arrimé sur le plateau d'un camion dont les bras d’acier tournaient à toute volée pour évacuer la neige. Mais lorsqu’un rocher, un tronc d’arbre ou obstacle imprévu surgissait, la belle mécanique volait en éclat. La machine déglinguée n’était plus qu’un tas de ferraille tordue. Il ne restait plus pour ouvrir la route qu’à revenir aux bonnes vieilles méthodes. Des équipes dotées de divers matériels devaient s'atteler à la tâche manuellement parfois toute la semaine pour accueillir les skieurs le week-end dans les stations. Mais c’est surtout après la Deuxième guerre mondiale que le chasse-neige mécanique devient efficace. Les temps modernes ont développé de puissants engins pour dégager rapidement les routes et pour accéder dans les régions montagneuses dont la principale ressource économique est le tourisme hivernal. 

Le premier skieur sur les Pyrénées est catalan.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

C’est reconnu par tout le monde qu’en 1900, personne n’avait encore jamais skié sur toute la chaîne des Pyrénées. Mais qui donc a commencé à descendre les pentes enneigées, les planches arrimées aux pieds ?

D’après les historiens, c’est Prosper Auriol. Riche banquier sur la place de Perpignan, né dans la même ville le 2 août 1861, le catalan, devient incontestablement le premier skieur pyrénéen connu. Pyrénéiste, fervent adepte du monde montagnard en général, il était membre du Club Alpin Français du Canigou lorsque le 21 janvier 1901, avec quelques camarades du club, il découvre les plaisirs des glissades et des premières chutes près de Mont-Louis, au col de la Quillane, sur les vastes plateaux du Capcir. Ils s’attaqueront ensuite aux sommets voisins.

Entre 1908 et 1911, il a également ouvert avec d’autres membres du CAF des voies d’escalade dans le Massif du Canigou. En 1921, il propose au maréchal Joffre, héros catalan de la Première guerre mondiale, de donner son nom à un sommet alors sans patronyme du Massif, le pic Joffre, ce qui est fait en août de la même année. Décédé le 21 juillet 944 à Perpignan, Prosper Auriol est incontestablement un des pionniers du ski dans nos montagnes préférées. 

Autrefois les skis permettaient se déplacer sur l'espace montagnard enneigé, les skieurs utilisaient un seul bâton. 

Llac de la Bollosa al Pireneus.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Lac des Bouillouses ou llac de la Bollosa. Pyrénées catalanes

En saison hivernale le lac des Bouillouses est souvent gelé. S'aventurer sur la glace,  plus ou moins épaisse, comporte de gros risques, la prudence s'impose. La règle s'applique à tous les lacs, les étangs ou retenues d'eau des Pyrénées, surtout en cas de redoux ou à la fin de l'hiver lors de la débâcle. Mieux vaut parcourir et contempler le paysage extraordinaire que les Pyrénées catalanes vous offrent ! 

Au pied du Grand (2810 m) et son jumeau le Petit Péric, se trouve le lac des Bouillouses. Lac artificiel situé à l’altitude de 2017 mètres, d’une superficie de 149 hectares, il fut construit entre 1903 et 1910 pour alimenter en énergie le célèbre petit train jaune qui sillonne, en toute saison, la vallée de la Têt et la Cerdagne. Leur destin est intimement lié.

Dans un environnement enchanteur préservé de toute pollution, c’est un lac apprécié par les pêcheurs car dans ce milieu aquatique, truites Arc en ciel et Fario cohabitent en bonne intelligence. La truite Arc en ciel est un bel spécimen originaire d’Amérique du Nord; elle a été introduire par une main anonyme au début du siècle dernier. On connaît ici des Farios mythiques de 7 à 8 kg et d’une longueur de 70 cm ! Les Bouillouses, c’est le départ de randonneurs chevronnés vers le pic Carlit, à 2921 mètres, le sommet le plus élevé des Pyrénées catalanes. Des randonnées sur des sentiers pentus et rocailleux pour obtenir le plaisir d’apprécier la beauté d’une constellation de miroirs dessinés par de petits lacs d’altitude plus beaux les uns des autres !

Plus accessible aux excursions familiales, le lac artificiel des Bouillouses, vaste miroir où se reflète toute la nature environnante, propose une multitude de sentiers serpentant au cœur d’un site extraordinaire, au ciel lumineux et à l’air pur et vivifiant, riche d’une flore et une faune exceptionnelle. Ce lieu naturel classé depuis 1976, mérite la considération de tout randonneur ou simplement visiteur.

Toutefois, il est, aussi, indispensable de respecter les règles élémentaires de prudence en montagne afin d’éviter tout désagrément qui peut s’avérer, parfois, dramatique. 

A la Saint Ignace, l'eau est de glace,

à la Sainte Dorothée, la plus forte neigée.

Dicton français de février. 

D

Les Angles, elle a eu tout, tout de suite !

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Plaisirs de l'hiver où la neige et la glace conjuguent leurs qualités afin d'offrir un merveilleux espace de bonheur aux touts petits mais aussi aux grands car pour le plaisir des yeux la piste de ski s'achève au pied de l'antique village.