L’eau des neiges.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

       A moins de 50 km à vol d'oiseau du golfe du Lion en Méditerranée se trouve le massif du Canigou couvert de neige une bonne partie de l’année. A partir de là, les plus hauts sommets et versants des Pyrénées catalanes sont saupoudrées « d’or blanc » et il en est de même du massif du Carlit dont le pic est le plus élevé des Pyrénées Orientales (2 909 m). Du point zéro sur le littoral de la Méditerranée, on passe en 100 km environ à vol d’oiseau à presque 3 000 mètres d’altitude. C'est-à-dire que sur les montagnes pyrénéennes, il n’y a pas un hiver sans neige !

Les Pyrénées catalanes, possèdent un labyrinthe de torrents et petites rivières qui récupèrent sur les versants les eaux qui remplissent abondamment les réservoirs que sont les nombreux lacs naturels et plans d’eau artificiels. Quatre plans d’eau construits par les hommes sont de véritables mers intérieures, alimentés par la fonte des neiges.Les lacs de Lanoux et des Bouillouses sont destinés exclusivement à la production électrique, à l’irrigation, à la pêche, la randonnée ; les lacs de Matemale et de Puyvalador créent de l’énergie électrique mais sont ouverts à tous les loisirs et les plaisirs aquatiques que procure l’eau. Ils ont transformé avantageusement le décor et modelé un environnement où la faune et la flore s’intègre harmonieusement. 

En ce début de mois de juillet on peut apercevoir, depuis le rivage de la Méditerranée, sur les flancs du Canigou de grosses tâches blanches qui ne sont que des plaques de neige verglacées qui ont résistées aux chaleurs torrides du mois de juin.

Sur les Pyrénées, « l’or blanc » après avoir été un joli flocon de neige ou un bloc de glace scintillant se métamorphose en « or bleu », c'est-à-dire en eau de qualité ;  une ressource précieuse dont le but après avoir irrigué la nature et servi les hommes est de rejoindre tôt ou tard la mer Méditerranée. 

A Marquixanes, l'eau vive régale.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

           

Je suis léger comme une paille, la Têt m'emporte dans l'écume de ses eaux limpides et je bouillonne de plaisir. 

           Au pied du Canigo, le village de Marquixanes en Conflent se trouve au début de la vallée de la Têt qui s’élève vers les Pyrénées catalanes. La vallée très étroite est approfondie patiemment depuis les temps immémoriaux par ce fleuve côtier caractériel favorable aux activités en eau vive. A 2 coups de pagaie du centre du village juste avant le pont sur la route d’Eus se trouve une base cachée sous les frondaisons

Le lieu ressemble à une rivière amazonienne ; l’exubérante végétation composée de fusains, de noisetiers, d’aubépines, d’iris d’eau ou de joncs longe les rives, les sentiers se perdent à travers le dédale de frênes, d’érables, de saules ou d’ormeaux. Une nature rebelle, une nature sauvage sagement maîtrisée par les responsables de la base de loisirs !

Sur des passerelles de bois, de ponts suspendus, de jeunes gens solidement harnachés, « marchent » sur les grands arbres à 7 ou 8 mètres du sol. On appelle ça, je le dis en français : parcours acrobatiques forestiers. Les flots cognent sur les flancs de collines abruptes, accélère le courant, contourne la présence d’un long chaos de granite. Au-dessus de l’onde bouillonnante, des lianes d’acier traversent la rivière. Puis le lit de la rivière s’élargit, retrouvant le calme.

Pour les sports d’eau vive, les sensations fortes, c’est maintenant ! Ce début de mois (juin) est très ensolleillé et l'eau des Pyrénées s'est radoucie. Tout est prêt. Et tout le monde est impatient, autant les moniteurs que les élèves ou les amateurs de sensations fortes. Cette fois je le dis en anglais : canyoning, rafting, hydrospeed, tubing. Tout est disponible à la base aquatique de Marquixanes, c’est comme ça !

Rien de tel que ce coin de verdure au bord de l’eau que l’hiver doux abandonne au profit d’un soleil de printemps qui enflamme, déjà, le Pays catalan…cela promet de fantastiques descentes pendant les vacances d’ été 

 

 

Côté nature en Pyrénées catalanes.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

La Têt apaisée par un petit barrage hydraulique est un miroir dans lequel Villefranche de Conflent et son clocher adorent se reflèter. 

Au pied du Canigou, niché au creux d'un cirque de montagnes, la cité de Villefranche fut construite, sur ordre de Louis XIV,  par l'architecte militaire Vauban dans un judicieux goulet pour verrouiller la vallée. Les eaux de la Têt (qui ont donné son nom à la vallée) et son affluent le Cady ruissellent contre les murailles pour se mélanger aux pieds de la cité médiévale, symbolisant une porte ouverte, l'une vers les hauts plateaux de Cerdagne, l'autre vers le massif du Canigou. La merveillleuse cité du Conflent, autrefois, à l'aspect guerrier, se transforme aujourd'hui en carrefour, certes stratégique mais dans le sens noble du terme, une invitation à découvrir une nature sauvage encore vierge qui appartient à chacun de nous mais dont chacun de nous a aussi le devoir de la préserver. 

Dans les Pyrénées catalanes la Nature, heureusement encore préservée, présente une infinie variété de paysages exceptionnels dont l’élément moteur fondamental est l’eau. De montagnes en vallées, de balcons en piémonts, ce vaste territoire bénéficie d’un entrelacs de torrents limpides, de petites rivières transparentes, de lacs naturels, d’un nombre raisonnable de barrages artificiels, les uns et les autres poissonneux, des canaux qui distribuent la ressource où elle est moins présente, sans oublier la fonte des neiges, métamorphosent notre région en extraordinaire éden.

Si nos valeureux aïeuls ont tracé le chemin en creusant un réseau de canaux dans des conditions difficiles, bâti de magnifiques villages ou hameaux là où l’élément liquide était présent, agrémentés de magnifiques monuments ou d’ouvrages, souvent novateurs à l’époque, toujours au service des hommes et appréciés des autochtones, les contemporains que nous sommes ont enfin conscience que ce trésor environnemental et architectural, il fallait le préserver quel qu’en soit le prix car tous celles et tous ceux qui le souhaitent peuvent jouir de ce coin de paradis de multiples façons, la porte d’entrée de ce domaine étant toujours ouverte en toutes saisons. La seule, l’unique règle est le respect du lieu. J'ajouterais que la sagesse et la prudence sont recommandées dans ce milieu difficile.

Le Massif du Canigou, le Parc Naturel des Pyrénées catalanes, formidables vitrines, et pas moins de six réserves naturelles œuvrent à la sauvegarde de l’ensemble des espèces animales et végétales contribuant à la beauté et au bien vivre en Pyrénées catalanes.

Labellisé Grand Site de France, le Massif du Canigou est l’emblème de toute la Catalogne, la montagne sacrée des Catalans ; son pic, haut de 2 784 m, est le phare des Pays catalans mais aussi, autrefois, un repère pour les marins phéniciens ou grecs lorsqu’ils naviguaient en Méditerranée. De pittoresques villages imprégnés de fortes traditions ceinturent les versants de ce massif mythique : Prats de Mollo, Arles sur Tech en Vallespir, Baillestavy, Vernet les Bains, Fillols, Taurinya en Conflent sont des pôles de départ de pèlerinages car tout catalan doit effectuer l’ascension du Canigou au moins une fois dans sa vie !

Un réseau de sentiers dans un environnement naturel préservé, ponctué de nombreuses légendes, accompagnent les amoureux de la nature pour des promenades familiales ou de grandes randonnées pour les plus aguerris.

Quand au Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes il s’étend sur 138 000 hectares, prenant racine sur les champs maraîchers et fruitiers du Conflent jusqu’aux plus hauts sommets des Pyrénées catalanes. A la conjonction climatique, méditerranéenne, atlantique et montagnarde, le parc des Pyrénées catalanes abrite plus d’un millier d’espèces végétales et animales.

La réserve de Nohèdes d’une superficie de 2 137 hectares s’étale du Mont Coronat au nord, drapé de forêts sur des centaines d’hectares au sud dont le terrain schisteux convient à la végétation de landes à genêts et de prairies sèches. Le Massif du Madres, granitique, recèle en haute altitude, une série de tourbières et une constellation de lacs naturels : l’estany del Clot, le gorg Estelat et le gorg Nègre.  Au-dessus de 2 300 m, il est recouvert de pelouses alpines. L’omniprésence de la forêt et les fortes pentes constituent des zones refuges pour la faune : cerfs, chevreuils, isards, genettes, chats forestiers, hermines, marmottes, desmans, et 14 espèces de chauves-souris participent à la diversité. Les grands rapaces sont bien présents dans le ciel.

Ainsi grâce à cette diversité de territoires, 1 100 espèces végétales sont recensées dont 41 orchidées. Au col de Marsac, la vue est imprenable sur la plaine du Roussillon et du Canigou.

La réserve de Conat sur le massif du Coronat s’étale sur 549 hectares et s’élève jusqu’à 1 671 m. Par son environnement la réserve est belle, la faune et la flore y sont riches et diversifiées, deux espèces sont protégées. Cette réserve accueille plus de deux cent espèces animales. Les loisirs traditionnels sont la cueillette de champignons, la chasse, la pêche, les activités pleine nature : randonnées pédestres ou à raquettes l’hiver.

Sur le flanc sud-est du Mont Coronat, la réserve de Jujols débute à 1 100 m d’altitude et atteint 2 172 m. Ce territoire de 472 hectares protège une nature soumise à plusieurs influences climatiques. On note l’existence d’une faune particulièrement prospère de 800 espèces de papillons avec, cerise sur le gâteau, le scorpion jaune. La réserve de Jujols c’est partir là où s’apprend le déroulement harmonieux des saisons.

Située sur la basse vallée de Mantet et le versant de la Carança la réserve de Nyer est un territoire où évoluent une faune et une flore remarquables (plus de 750 espèces végétales recensées). La chapelle de la Roca construite sur les vestiges d’un ancien château dressé à l’entrée des Gorges de Nyer démontre que les paysages sont fortement influencés par les activités humaines passées et actuelles.

Avec près de 4 000 hectares entre le massif du Canigou et le Massif de Costabona, la réserve de Mantet est la plus vaste des réserves des Pyrénées catalanes. La forêt y est omniprésente avec chênes, bouleaux, noisetiers et pins à crochets. La grande faune est présente : l’isard, le sanglier, la genette, l’aigle royal, le grand tétras, le lagopède, le chat sauvage, le gypaète barbu…il y a également une grande variété de plantes parmi lesquelles le lys des Pyrénées et la gentiane de burser. L’activité pastorale y est encore bien présente notamment en période d’estive. Les hommes occupent ce territoire depuis fort longtemps. 

 De la gare de Villefranche de Conflent, le petit Train Jaune s'élance vers les hauts plateaux de Cerdagne. Le petit tortillard aux couleurs du Roussillon salue le pont St Pierre de la cité fortifiée, la Têt sera son guide, du moins jusqu'à Mont-Louis. Le "petit canari" est un sympathique moyen pour visiter les Pyrénées catalanes ornées de fabulueux paysages et parsemées d'audacieux ouvrages de Génie Civil; un parcours qui s'achèvera à Latour de Carol. 

Cette courte randonnée ferroviaire, Villefranche de Conflent-Latour de Carol (60 km) comprend, excusez du peu, trois "merveilles" classées au Patrimoine mondial de l'Unesco : les cités fortifiées de Villefranche de Confluent au départ, de Mont-Louis au milieu et le Train Jaune qui vous balade ! 

Chasse-neige antique.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

 L'ancêtre du chasse-neige moderne. Photo de 1937. 

      La question du déneigement est un sujet aussi ancien que la création des villes et des villages de montagne. Il n’y avait pratiquement aucune circulation les jours de fortes chutes de neige, encore moins lors de tempêtes. La plupart du temps, le devoir citoyen faisait que chacun dégage le pas de porte, devant sa maison et celui de son voisin si celui-ci était dans l’impossibilité de le faire comme par exemple les personnes âgées. On appelait ces actions civiques le « savoir vivre ensemble » !

    Après avoir dégagé les chemins à "l’huile de coude", certaines zones pastorales où le problème du déneigement hivernal est récurrent on utilise une charrue « bricolée » attelée à un puissant cheval ou une paire de bœufs.

      Avec l’importance grandissante de l’automobile et le développement des stations de sports d’hiver, les hommes inventent vers les années 1920 divers engins de déneigement. Souvent un monstre horriblement bruyant, arrimé sur le plateau d'un camion dont les bras d’acier tournaient à toute volée pour évacuer la neige. Mais lorsqu’un rocher, un tronc d’arbre ou obstacle imprévu surgissait, la belle mécanique volait en éclat. La machine déglinguée n’était plus qu’un tas de ferraille tordue. Il ne restait plus pour ouvrir la route qu’à revenir aux bonnes vieilles méthodes. Des équipes dotées de divers matériels devaient s'atteler à la tâche manuellement parfois toute la semaine pour accueillir les skieurs le week-end dans les stations. Mais c’est surtout après la Deuxième guerre mondiale que le chasse-neige mécanique devient efficace. Les temps modernes ont développé de puissants engins pour dégager rapidement les routes et pour accéder dans les régions montagneuses dont la principale ressource économique est le tourisme hivernal. 

Le premier skieur sur les Pyrénées est catalan.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

C’est reconnu par tout le monde qu’en 1900, personne n’avait encore jamais skié sur toute la chaîne des Pyrénées. Mais qui donc a commencé à descendre les pentes enneigées, les planches arrimées aux pieds ?

D’après les historiens, c’est Prosper Auriol. Riche banquier sur la place de Perpignan, né dans la même ville le 2 août 1861, le catalan, devient incontestablement le premier skieur pyrénéen connu. Pyrénéiste, fervent adepte du monde montagnard en général, il était membre du Club Alpin Français du Canigou lorsque le 21 janvier 1901, avec quelques camarades du club, il découvre les plaisirs des glissades et des premières chutes près de Mont-Louis, au col de la Quillane, sur les vastes plateaux du Capcir. Ils s’attaqueront ensuite aux sommets voisins.

Entre 1908 et 1911, il a également ouvert avec d’autres membres du CAF des voies d’escalade dans le Massif du Canigou. En 1921, il propose au maréchal Joffre, héros catalan de la Première guerre mondiale, de donner son nom à un sommet alors sans patronyme du Massif, le pic Joffre, ce qui est fait en août de la même année. Décédé le 21 juillet 944 à Perpignan, Prosper Auriol est incontestablement un des pionniers du ski dans nos montagnes préférées. 

Autrefois les skis permettaient se déplacer sur l'espace montagnard enneigé, les skieurs utilisaient un seul bâton.