30 ans, les inondations à Nîmes...

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 Il y a 30 ans, les inondations… le 3 octobre 1988 exactement, la crue des cadereaux ravageait le centre-ville de Nîmes en Languedoc, provoquant la mort de 9 personnes et faisant plus de 4 milliards de francs de dégâts matériels. Ce déluge a surpris non seulement, la population nîmoise mais aussi les spécialistes de ce genre de catastrophe autant par sa rapidité que par sa violence extrême.

Ces cadereaux méditerranéens à sec une grande partie de l’année dont le bassin versant total ne couvre pas plus de 50 km2 ont produit une crue dont le débit de pointe a été estimé à environ 1.000 m3/seconde, soit plus que le débit moyen du Rhône à l’étiage ! Cette valeur place l’épisode nîmois parmi les plus fortes crues observées dans le monde sur des bassins de surface équivalente. Les qualificatifs employés à l’époque par la presse désastre, cataclysme, apocalypse traduit tout autant la démesure que la rareté supposée d’un tel événement. Et pourtant cette crue ne semble pas inédite : la consultation méticuleuse et approfondie des archives communales démontre que la ville romaine a été inondée partiellement ou totalement à environ 40 reprises aux moins depuis le XIVème siècle. De plus, deux événements se rapprochent par les cumuls pluviométriques des mesures de l’épisode de 1988 au cours des deux derniers siècles. Les crues-éclairs, nom de ce type de fléau, crues soudaines provoquées par des évènements pluvieux orageux constituent sans aucun doute le risque naturel les plus destructeurs. 

Une nîmoise montre le niveau de l'eau au plus fort de l'inondation, les marques sont bien lisibles. L'eau s'est élevé à une hauteur inimaginable en quelques heures semant la désolation dans la ville de Nîmes. 

Traditions nautiques à Sète.

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  Pas une place de libre dans leCadre royal, des supporters exhubérants, la presse télévisée, musiques cubaines et"cariocas", une ambiance carnaval, des chevaliers de la tintaine motivés, tout est réuni pour réussir une grande fête populaire le jour de la Saint Louis   

A Sète, les premières joutes ont eu lieu le 29 juillet 1666 pour célébrer la fondation du port de Sète. Au XVIIème siècle, les tournois opposaient hommes mariés aux jeunes célibataires, dans les différents quartiers. La couleur des hommes mariés était le rouge, celles des célibataires étant le bleu, ces couleurs se retrouvaient sur leurs vêtements, leurs barques et leurs lances. S’en est suivi la constitution d’équipes représentant les villages autour de l’étang de Thau. Chaque année de la St Pierre à la St Louis, la cité s’enflamme autour de cette tradition séculaire qui fonde son identité. L’épreuve la plus prestigieuse, le tournoi des poids lourds, se déroule pour la Saint Louis, fin août. Tout jouteur rêve de la gagner un jour. Elle attire des milliers de spectateurs sur le Cadre Royal dans une ambiance festive et musicale. Les tournois sont précédés d’un défilé des jouteurs tous vêtus de blancs, coiffés d’un canotier, à travers la ville accompagnés par la musique traditionnelle, où le hautbois et le tambour occupent la place centrale. Puis c’est la présentation des équipages au public. L’équipe se compose de 2 musiciens à l’avant de chaque embarcation chargés de donner la cadence à 8 ou 10 rameurs. Sur la tintaine, debout comme un gladiateur, le jouteur muni d’une lance à bout ferré et d’un pavois, pour se protéger, se concentre avant que la compétition commence. Le tout est dirigé par un barreur, en fait le stratège. Le public jubile sous le soleil encore chaud de cette fin de saison. L’animateur présente les concurrents. Les jouteurs se saluent courtoisement, les barques vont au bout du canal, virent, se positionnent. Chaque jouteur se concentre en attendant le signal, insensible aux vivats, son regard fixe le jouteur en face. L’orchestre dans les tribunes annonce le début des hostilités. Qui va prendre un bain forcé dans l’eau fraîche du canal ? Le bateau rouge s’élance, le barreur encourage, les musiciens du bord accélèrent le rythme, le jouteur cale ses appuis, la barque prend de la vitesse, le bateau adverse se rapproche à toute allure, 10 mètres encore sépare les combattants. Les bateaux se frôlent, les lances s’arc-boutent sur les pavois, la charge est phénoménale, les chevaliers des mers, muscles tendus résistent, le jouteur de Mèze en déséquilibre se rattrape miraculeusement. La foule applaudit, hurle, agite les fanions. Serein, l’apollon de Sète sur la tintaine salue ses supporters. Les rameurs ont coupé l’effort. Match nul, la confrontation doit se terminer impérativement par la défaite de l’un des combattants. Nouveau duel. Courte concentration, musique libératrice, on repart à l’abordage, le croisement est éminent, ça va très vite, le contact réciproque des lances sur les pavois, le public pousse avec son favori, un cri de déception, un hurlement de joie. Le verdict est impitoyable! L’imposant jouteur mézois tombe à l’eau. Le vaincu regagne le quai à la nage. Seul, celui qui reste debout sur la tintaine savoure le triomphe. Une ovation salue l’athlète local, une montagne de muscles. Les fanfares honorent pendant son tour d’honneur ce gladiateur des temps modernes. L’homme fort de Sète salue le public enthousiaste. La musique hispano-cubaine accompagnent les acclamations de ses inconditionnels supporters vont droit au cœur du héros. Les étendards aux couleurs locales s’agitent frénétiquement. L’ambiance est au maximum! Le tournoi continue, la fête aussi, jusqu’au sacre final pour désigner le nouveau champion de la Saint Louis. Le triomphateur gravera son nom sur le pavois de la salle des joutes du Musée Paul Valèry. Il entrera de plein pied dans la légende! Plus qu’un sport, plus qu’une tradition, les joutes du tournoi de la St Louis reflètent la philosophie de la ville de Georges Brassens. 

Le premier combat est engagé sous les vivats, celui qui tombe à l'eau est éliminé, un seul aura le pantalon sec ce soir. Cette victoire vaudra au champion de la St Louis un "Pavois" pour récompense, une poignée de main des autorités, une bise de ses amis jouteurs puis son nom sera gravé en lettres d'or sur le marbre et siègera pour l'éternité dans le Musée Paul Valèry, le "Panthéon" de la joute languedocienne ! A Sète, on est bien loin du sport paillettes et bizness ! 

Fête de la mer et des pêcheurs.

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               Dans chaque port du golfe du Lion, la fête de la mer et des pêcheurs honore chaque année, la mémoire des marins-pêcheurs disparus lors de leur difficile activité. Chaque année, comme le veut la tradition, le 15 août, jour de la Saint Pierre,  une armada composée chalutiers,  de navires, de canots, de barques catalanes, de voiliers, de bateaux de plaisaince, de hors-bords s’éloignent vers le large pour déposer en mer une gerbe bénite par le curé ou l’évêque local. Cette journée est pour tous les pêcheurs un grand jour qui perpétue la tradition. Cette cérémonie du souvenir s’inscrit dans une ambiance solennelle où personnalités civiles et religieuses rendent un hommage appuyé à cette activité, indispensable à la vie économique du golfe du Lion. Aujourd’hui la pêche artisanale a presque disparue mais la tradition, vivace, laisse place à des moments de convivialité et de partage dans les ports du littoral. Les festivités débutent par la bénédiction des bateaux, des marins-pêcheurs, des matelots. Puis, les bateaux accueillent à leur bord les personnalités, les gens de la mer, la population et même les touristes, pour assister au "jeter" d’une gerbe en mer, préalablement bénite à bord de l’un des bateaux; cette gerbe honore la mémoire des pêcheurs morts ou disparus en mer. C’est pour les gens de la mer et leur famille un grand jour de fête auquel ils participent, souvent émus mais toujours nombreux, à bord de leur bateau de pêche. De retour sur terre, la messe de l’Assomption, fête de Marie, se déroule en plein air sur les quais du port réunissant une foule très importante mais néanmoins recueillie. Les solennités terminées, la fête se poursuit par la traditionnelle "sardinade" (repas de sardines grillées) dans une ambiance chaleureuse. Les réjouissances perdurent jusqu’au soir avec le traditionnel feu d’artifice et une soirée dansante réveille les âmes de ceux qui ont tant fait pour le patrimoine méditerranéen. 

Sur un parking du port de Canet en Roussillon, une messe en plein air est dédiée à la mémoire des gens de la mer tragiquement disparus en mer. La solidarité, la compassion, le souvenir ne sont pas de vains mots dans le monde maritime. 

Paulilles, 10 ans déjà…

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 L'anse de Paulilles...un lieu choisi par les hommes, une histoire écrite par les hommes, un paradis pour les hommes...et, une âme hors du temps ! 

Niché au creux de magnifiques criques de la Côte Vermeille Port-Vendres est le petit port emblématique des P.O entre mer et montagne. Typique village qui conjugue histoire et modernité, révélant la Méditerranée sous un jour nouveau. Au détour d’un col, un château fort arrimé sur les contreforts tapissés de vignes délivre un écrin de verdure, avec la Grande Bleue à ses pieds et le charme désuet des façades traditionnelles se soutenant mutuellement, reflétant la solidarité depuis des générations de ce port de pêche charmant. Aiguisés par la curiosité, vos pas vous conduiront vers les quais où le mouvement des bateaux, petits et grands, est permanent. La place de Castellane havre de quiétude engendre la vue sur la rade et vers le large ; la place de l’Obélisque, premier monument érigé à la gloire de Louis XVI, avec à ses pieds la Vénus d’Aristide Maillol dominent le Vieux-Port sur lequel s’activent les vieux pêcheurs, aux visages burinés par le soleil, raccommodant les filets, l’église Notre Dame de Bonne Nouvelle, borne de départ de la longue rue du Soleil. Sur les quais remplis de vie, les accueillantes terrasses des cafés permettent de rêver en regardant les voiliers de prestige et les villes flottantes que sont les bateaux de croisières. Un rêve qui s’échappe vers l’original phare et au-delà vers l’horizon. Après cette promenade agréable, les plages qui agrémentent le port de Vénus possèdent des arguments alléchants notamment le cadre environnemental naturel. Rattaché à Port-Vendres, le hameau de Paulilles situé sur la route de Banyuls sur Mer abritait depuis 1870 une fabrique d’explosifs dans un cadre déjà enchanteur. Ce hameau vivait presque en autarcie et une école maternelle accueillait les enfants des ouvriers. Après avoir fonctionné pendant 114 ans sans interruption apportant du travail à la population de la Côte Vermeille, l’entreprise ferme définitivement ses portes en 1984. Les employés partent travailler ailleurs, l’école devient silencieuse, le lieu aussi, patiemment flore sauvage et taillis accaparent les prairies, les bâtiments se délabrent et le lieu, autrefois plein de vie se transforme au fil des ans en friche industrielle. Pourtant cette jachère aiguise la convoitise des promoteurs immobiliers. Heureusement la raison l’emportera sur la soif d’argent. La vaste baie de Paulilles adossée aux contreforts des Albères avec ses plages de sable fin ou de petits galets dominées par les roches vermeilles, les vignes en terrasses et une végétation méditerranéenne exceptionnelle qui conjugue histoire et modernité gardera la beauté de son environnement naturel transformé en terrain de jeu pour tous. Le site exceptionnel de Paulilles, ses 3 plages abritées par le cap Béar dessinent une baie parmi les plus belles du Golfe du Lion. 

Randonnée aquatique inoubliable.

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    La Côte Vermeille, au sud d'Argelès sur Mer, possède un littoral rocheux composé de récifs, de grottes où la faune, riche et varié, trouve des abris naturels et sa nourriture. L'exploration sous-marine connaît une grande activité dans ce sanctuaire extraordinaire. 

Aux environs des années 1960-1970, la pêche industrielle s’impose au détriment des « petits métiers » de la mer dont les effectifs rapetissent inexorablement. Une flottille de bateaux bardés de matériel moderne encombre les nombreux petits ports de la côte, la pêche industrielle s’implante insidieusement, les prélèvements s’intensifient pour garantir une rentabilité maximum qui devient la règle d’or au mépris du développement durable, ce qui n’est pas sans conséquence sur la ressource halieutique autour du golfe du Lion. Face au pillage désastreux des fonds marins, germe l’idée de créer une réserve, ce qui devient vite une évidence. A l’origine, elle est conçue pour pérenniser la pêche artisanale. La Réserve Naturelle Marine de Banyuls-Cerbère s’étend sur 650 hectares et plus de 6,5 km. Elle inclut deux zones : l’une de protection « partielle », l’autre de protection « intégrale ». Il est des lieux en Roussillon béni des dieux, la Côte Vermeille possède le privilège d’intégrer ce cercle. La rencontre, étourdissante de beauté, des Pyrénées et de la Méditerranée, engendre un chaos sauvage, entaillé, ébréché, une côte qui déploie entre les falaises minérales de petites criques secrètes, calibrées tantôt de sable fin, tantôt de galets. Les rochers éternellement battus par les vagues, fouettés par le vent, rongés par les embruns se teintent au coucher du soleil de reflets vermeils ce qui légitime son nom. Il n’est pas seulement ce décor terrestre qui flatte l’œil. Dans l’eau, sous le sable, entre les galets, dans les rochers, sur une dune, ou une épave : ces habitats si différents logent des hôtes particuliers. Les flancs de falaise et les rochers sont comme des immeubles d’habitation pour les colonies d’oiseaux marins. Il y a une vie trépignante sur les affleurements rocheux et les rebords herbeux qui dominent les flots.

Sur fond d’azur, une farandole de mouettes rieuses griffonnent le ciel, des puffins cendrés effleurent l’onde, une nuée de goélands argentés, voilure déployée, raillent bruyamment derrière un chalutier, des mouettes tridactyles épousent les courants ascendants, un cormoran huppé posé sur un roc initie patiemment son oisillon aux choses de la vie, parfois un fou de Bassan aussi rapide que l’éclair transperce l’onde et ressurgit un peu plus loin, une frétillante gâterie pincée fermement dans son bec.

Que ce pays est beau, que cette nature est belle ! Cette Terre surchauffée de soleil, parfois noyée, parfois assoiffée peut rivaliser avec bonheur avec les lointaines îles tropicales même si des milliers de cartes postales et de magazines exaltent le mythe du paradis terrestre qui se mire dans les eaux transparentes aux couleurs turquoises, ceinturées d’interminables plages de sable blanc, forcément désertes, bordées de cocotiers longilignes bercés par une légère brise marine rafraîchissante.

Mais la Côte Vermeille cache, encore, pudiquement des trésors exceptionnels immergés dans l’eau cristalline de la Méditerranée ! A 6 km environ après Banyuls, un sentier de randonnée aquatique propose de découvrir ce milieu maritime. Le départ de cette petite aventure s’effectue sur la plage dePeyrefite. Equipé de masque-tuba, de palmes, que l’on peut louer sur place (prix modique), vous pouvez entamer la balade sous-marine ponctuée de grandes pancartes pédagogiques suspendues à des bouées. Le plancher de la mer est tapissé d’herbier de Posidonies, refuge des espèces de poissons les plus vulnérables, plus loin le corail et ses merveilleuses couleurs fascine le regard du plongeur. Au retour, grâce à des tuba-radio, vous entendrez des musiques apaisantes. Extraordinaire !

Cette réserve est devenue un véritable sanctuaire où la nature a repris peu à peu ses droits. Le corail rouge, les étoiles de mer, les oursins, les langoustes, divers végétaux, éponges, algues, les plaines de Posidonies et l’imposante variété de poissons : sars tambour, daurades royales, corbs argentés, poissons-lunes, rougets, congres, murènes ou mérous, sans oublier les espèces de passage.

Et s’il fallait choisir un exemple, c’est le mérou, poisson emblématique de cette côte rocheuse qui démontrerait le bien-fondé de cette réserve. Le mérou est passé de 12 spécimens en 1986 à 363, un signe encourageant du repeuplement à perpétuer.

Ce ne sont pas les 20 000 personnes qui participent tous les ans, pendant la belle saison, à ce sentier de randonnée aquatique, qui exprimeront le contraire. Une expérience de ce type est gravée au cœur pour toujours ! 

 

Dicton français : En juin, trop de pluie, le jardinier s'ennuie !