Llegenda de l'estany de Banyoles.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

              Selon une vieille tradition, avant la formation de l’étang du Pla de l’Estany, Banyoles et Porqueres, deux petits villages nichés sur les premiers contreforts des Pyrénées en Catalunya, étaient reliées par des terres agricoles fertiles. Cette histoire s’est passée il y a des milliers d’années. Un pagès (un paysan) Morgat, propriétaire du mas Can Morgat à Porqueres, sortait ses bœufs de l’étable au lever du soleil, chaque jour, quel que soit le temps, puis il labourait et travaillait ses terres toute la journée, une terre légère, grasse et généreuse entre les deux charmants villages. Mais un jour à la tombée de la nuit, alors qu’il sillonnait encore un pâturage, aujourd’hui couvert par l’étang, il écouta une voix étrange qui lui disait : Morgat, Morgat rentre ton attelage de labour et va sous le toit au mas ! Morgat, tout étonné qu’on lui demande de partir de ses terres, s’interroge : Que je m’en aille? Mais pourquoi, je dois m’en aller ? se demande t-il en continuant de labourer. À nouveau, il entend la voix, qui lui conseille calmement : Morgat, Morgat conduit les bœufs vers l’étable et met toi à l’abri ! Cette fois encore, agacé, il a bien compris ce que disait la voix céleste mais il continue à retourner les sillons avec la charrue. Pour la troisième fois, cette mystérieuse voix résonne plus fortement, comme un avertissement : Morgat, Morgat va t-en à la ferme avec les bêtes et le matériel ou tu seras noyé ! A ce moment là, un épouvantable bruit, étrange, comme sorti des entrailles de la terre, un tremblement si fort que tout sursaute. Il n’y a plus de doute un événement exceptionnel se produit. Effrayé, le laboureur entraîne ses bœufs vers la ferme, abandonnant enfin ses champs. Sur le seuil de sa porte, il se retourne pour voir la catastrophe. Le pauvre paysan voit que ses champs s’enfoncent comme par enchantement : tous ses champs sont inondés ! Il n’y a plus rien, les récoltes, les prés, les pâturages, les arbres, tout est submergé par les eaux ! Enfin, quand les eaux se sont calmées est apparu une grande étendue d’eau magnifique. L’Etany de Banyoles venait de naître, séparant pour toujours Porqueres et Banyoles !

Hameau Le Somail.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

       Avant d’être aujourd’hui un port de plaisance, le Somail, fut du XVIIème au XIXème siècle un important port de commerce et de voyageurs : 28 000 passagers en 1831. Sur le Canal du Midi, Le Somail était une étape où les voyageurs de la barque de poste s’arrêtaient pour la « couchée » (repas du soir et chambre pour la nuit). En venant de Toulouse, on s’y arrêtait pour la troisième couchée, c’était la première en venant de Cette (aujourd'hui Sète).

Du haut du pont en dos d’âne, une vue magnifique sur le charmant hameau s’offre à vous. Ce pont dit de Riquet ou du Somail est remarquable par sa voûte en « anse de panier », caractéristique de cette époque de l’inauguration du canal. La chapelle s’adosse sur le pont. Erigée entre 1684 et 1693, elle fut agrandie en 1842. Elle pouvait accueillir les 180 habitants du hameau, les patrons et les équipages stationnés dans le port et les habitants des campagnes avoisinantes. Une messe était dite à l’arrivée et au départ de chaque barque de poste. La maison du Garde Canal est mentionnée sur un projet de reconstruction de 1803, et était destinée au garde et aux postillons de relais. Il faut noter la symétrie de la façade ainsi qu’à gauche l’ancien abreuvoir des chevaux de halage et à droite l’écurie qui abrite aujourd’hui la salle de restaurant qui occupe le lieu. Dans tous les ports où les barques de poste s’arrêtaient pour la couchée, il existait une auberge. Construite après 1684, la glacière du Somail servait à entreposer en hiver et conserver jusqu’en été, de gros blocs de glace provenant de la montagne Noire qu’on enfonçait dans la terre après les avoir isolés avec de la paille. Elle était incluse dans un bâtiment qui n’existe plus aujourd’hui et qui s’appelait le magasin du canal. Elle est la seule glacière restante de toutes les glacières pour les auberges du canal qui offraient la couchée aux voyageurs.

Modèle d’harmonie, classé par l’Unesco au Patrimoine Mondial en 1996, l’ensemble architectural et paysager attire de nombreux visiteurs qui découvrent ce port d’autrefois au charme intemporel. De nos jours cette ancienne auberge a conservé sa vocation, elle abrite des chambres d’hôtes, une galerie de peinture et un salon de thé. 

 

Proverbe Peul :  Il faut creuser le puits aujourd'hui pour étancher la soif de demain ! 

Le peuple Peul compte  aujourd'hui entre  35 et 40 millions de personnes dispersées dans de nombreux pays situés la plus grande partie du Sahel en Afrique. Ils ont la particularité d'être très sensibles à la beauté du corps humain. 

Le CNEC à Collioure.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

   Il est fort étrange lors d’une balade en famille dans les rues enrubanées de fanions des dernières festivités de Collioure de croiser tout à coup, une petite troupe de soldats au pas de course, embarquer sur plusieurs esquifs en caoutchouc et naviguer vers le large. La surprise passée, on peut se demander comment de jeunes soldats jouent, le visage brimé, une arme de guerre dans les mains, à la guerre au milieu de visiteurs qui déambulent paisiblement dans un village au cadre idyllique, justement pour oublier les séquences d’un monde en ébullition permanente.

Les plus anciens monuments donnent une réponse partielle. La « torre de Guardia » fut construite pour surveiller le trafic ou l’arrivée de bateaux indésirables naviguant sur le golfe du Lion, puis transformée en robuste bastion, le fort St Elme, sur ordre de l’empereur Charles-Quint. Afin de conquérir ou conserver ce petit territoire stratégique, les guerres entre le royaume d’Espagne et le royaume de France sont fréquentes et meurtrières.

Le Traité des Pyrénées signé en 1659 qui rattache le Roussillon et une partie de la Cerdagne à la France bouleverse le cours de l’histoire. Collioure endosse le rôle de place forte qui conduit à l’extension constante d’ouvrages fortifiés, dirigés par Vauban, architecte militaire de Louis XIV. D’importants travaux sont effectués également dans la baie de son port en eau profonde, Portus-Véneris. Vauban verrouille les Pyrénées en construisant la citadelle de Mont-Louis posté au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne. Il consolide le dispositif défensif dans la vallée de la Têt en édifiant une place forte : Villefranche de Conflent. Et il maintient une garnison militaire importante dans le village de pêcheurs qui perdurera jusqu’à la fin du XIXème siècle. Après avoir servi successivement de site de transit et de dépôt, le fort Miradou dominant le village, a vu s’installer en 1946, le centre d’instruction nautique du 11ème bataillon parachutisme de choc. Depuis le premier janvier 1964, il héberge un détachement du Centre National d’Entraînement Commando dont le contingent et l’autorité principale est logée dans la citadelle de Mont-Louis en Pyrénées catalanes. Les savoir-faire militaires constituent l’essence de l’instruction dispensée par les instructeurs du CNEC : nageurs de combats, techniques du corps à corps, tirs d’urgence, sabotages, survie en milieu hostile, terrestre ou maritime, harcèlement sur les arrières ennemis…Je peux avancer sans me tromper que ce sont des soldats d’élite de l’armée française.

Encore une observation, ce sont des hommes de l’ombre, secrets par définition professionnelle, alors avec votre appareil à photo soyez discrets, ils vous en seront reconnaissants. 

Un élève "commando" exécute un périlleux exercice aérien de franchissement d'obstacle au-dessus de la Méditerranée sur tyrolienne avec câble doublé.

Les joutes : une sacrée histoire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

      La joute n’est ni un sport, ni un jeu. Elle peut être assimilée à un art mais elle est plus sûrement une religion. La preuve, son Noël tombe le lundi de la Saint Louis. Certes, depuis 1789, le défilé du lundi matin ne se conclut plus par une messe (elle a désormais lieu la veille à 11 h) mais tous les rites qui entourent la pratique de la discipline gardent ce caractère sacré.

Ainsi, un peu comme on naît chrétien, on devient catholique, on ne peut être jouteur que si on est au préalable affilié à la communauté (fils, gendre, oncle…). A partir de là, il faut juste avoir foi en ses moyens pour arriver à l’heure du baptême avec courage et abnégation. Car, plus qu’une première passe, il s’agit d’un rite de passage entre deux âges, adolescence à adulte. A Sète, on ne devient un homme que lance et pavois en mains. Certains poursuivront cet apprentissage de la vie en participant aux communions dominicales, de juin à septembre. D’autres en resteront là, en terme de pratique, mais ne manqueront quand même sous aucun prétexte la cérémonie du lundi de la St Louis, dans ce temple à ciel ouvert qu’est le Cadre royal. En tenue blanche (autrefois en costume tout court), ils s’inclineront devant l’Ajustaïre, au rythme des hautbois et des tambours qui reprennent le même air depuis le XVIIème siècle, applaudiront au salut et aux accolades de ceux qui ont bravé leur peur pour monter à nouveau, via la bigue, sur la tintaine. A l’image d’un prêtre qui accéderait à sa chaire. Cette tradition, qui se révèle à travers le déroulement séquencé d’un tournoi, d’une passe, s’est prolongée au fil des années et des siècles grâce à la force de tous ces symboles religieux. Une preuve supplémentaire ? A en croire, un ancien historien, (d’un club de joute de la ville) la joute qui opposa Henri II à Montgomery le 10 juillet 1559, modifia le visage d’une royauté en pleine…Renaissance.

La mort d’Henri II, ce jour-là, offrit une trêve aux protestants, alors qu’il tentait d’éradiquer l’hérésie. Ce sera la guerre civile. Philippe le Bel sacrifiera ensuite les joutes mais pas les joutes nautiques. Amen…

Il y a 50 ans…Mission Racine.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

           Entre les vieux villages de Leucate et Le Barcarès, entre Méditerranée et étang de Leucate-Salses, deux superbes villes dédiées au tourisme vont éclore, Port-Leucate (sur la photo) et Port-Barcarès. A droite la Méditerranée, à gauche la lagune, on distingue la voie rapide bordée par une vaste pinède, en bas les premières constructions de Port-Leucate émergent au bord du grau qui relie l'étang à la Méditerranée. Photo aérienne de 1970

  Il y a 50 ans, sur la façade du golfe du Lion, une bande de terre sablonneuse désertique s'étirait tout en longueur entre la mer Méditerranée d'un côté et les étangs de l'autre. Un étroit cordon de sable fin que seuls quelques pêcheurs modestes, selon la saison, donnaient un semblant de vie à cette contrée balayée par le cers ou la tramontane. Un territoire parsemé de lagunes littorales, d'étangs aux eaux saumâtres, de terres marécageuses, de marais infestés de moustiques. Des agglomérats de cabanons rudimentaires construits à même le sable, de matériaux hétéroclites, sans eau potable, ni électricité, ni hygiène s'implantaient ici ou là. 

A cette époque la région tirait une grosse part de ses revenus de l’agriculture, surtout de la viticulture dont la surproduction de vin de qualité moyenne faisait chuter les prix qui provoquaient d’importantes et violentes manifestations du monde viticole. L’Etat compris qu’il fallait diversifier les activités et ne plus voir la région dépendre d’une filière dont l’avenir était incertain. Dès 1963, le général De Gaulle et son Premier ministre lancent un ambitieux projet sur le littoral du golfe du Lion comprenant quatre départements de la région Languedoc-Roussillon :   le Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées Orientales.  La Mission interministérielle Racine comme on l’a baptisé du nom de son responsable Pierre Racine dont l’objectif était de faire de la côte méditerranéenne un pôle touristique attractif permettant de capter les touristes qui ne faisaient que transiter par le Languedoc-Roussillon pour aller en vacances en Espagne. La Mission dépend directement du Premier ministre ce qui lui assure une liberté d’action totale afin éviter les lourdeurs administratives. Une équipe est mise en place et plusieurs architectes proposent des projets. Jean Le Couteur œuvre au Cap d’Agde, Jean Balladur se consacre au destin de la Grande Motte, Leucate et Le Barcarès sont confiés au talent de Georges Candilis. Il fallut engager des travaux pharaoniques et beaucoup, beaucoup d’argent... Construction de routes et voies rapides, démoustication, assainissement, création de ports de plaisance, aménagement des lagunes, tracer les réseaux d’électricité et d’eau,   urbanisation, créer de vastes espaces naturels, planter des milliers d’arbres. Ainsi en Roussillon, le Lydia, le « paquebot des sables » s’échoue définitivement sur le quartier du Grand Large et devient l’emblème de Port-Barcarès. Dès 1968, émergent de terre les constructions à Port-Barcarès, 1970 à Saint Cyprien, puis les stations de Port-Leucate, Gruissan, le Cap d’Agde, La Grande Motte, Port Camargue. Pour séduire les vacanciers, il fallut constituer du lien social, développer des loisirs culturels, aménager des cours de tennis, bâtir des gymnastes, créer des terrains de sports, des mini-golfs, des aires de jeux, des musées, développer commerces et artisanat en tous genres. Chaque architecte a laissé son empreinte, son style, et attribué une personnalité différente aux nouvelles stations. Là ou naguère les cabanons faisaient tâche sont nées de véritables villes, bourdonnantes de loisirs et de vacances au soleil ! 

Autrefois en Pays catalan et Pays languedocien, les paysages proches de la mer Méditerranée étaient constitués d’étangs littoraux riches d'anguilles et de poissons, de zones marécageuses infectés de moustiques, de dunes sauvages, de quelques cabanes en roseaux où les pêcheurs logeaient. Le littoral du Languedoc-Roussillon de Port-Camargue aux confins du Gard au Racou (hameau d’Argelès) a beaucoup changé en 50 ans. En effet à partir des années 1960, au plus haut sommet de l’Etat, la décision de moderniser la côte avec la Mission Interministérielle Racine, organisme d’Etat, devient effective. Tout est mis en oeuvre pour rendre attractive cette portion de côte française qui a profondément chamboulé le littoral. Cet aménagement touristique de grande ampleur a métamorphosé la côte mais a aussi modifié les cycles naturels aggravés par les dérèglements du réchauffement climatique, un phénomène totalement inconnu à l’époque. Le dérèglement climatique, avec des tempêtes plus fréquentes, plus violentes, et une hausse du niveau de la mer que les estimations du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)) portent entre 50 et 80 cm d’ici la fin du siècle. Le manque de sédiments qui étaient charriés par les fleuves côtiers avant que le département des P.O soit doté de nombreux barrages de retenue ne modèrent le processus d’alimentation. Le dernier apport massif de sédiments date de « L’Aiguat de 1940 ». L’homme a depuis construit des routes, dompté fleuves et rivières, édifié des barrages sur l’Agly et la Têt (Vinça et Caramany) qui ont neutralisé l’écosystème de notre littoral essentiellement constitué de sable fin. Aujourd’hui si l’empreinte négative du réchauffement climatique, n’est contesté par personne, il n’explique pas tout mais augmente les phénomènes dans une spirale de dégradations. Les tempêtes hivernales, les coups de vent d’Est, les crues à l’intérieur des terres, sont plus nombreuses et plus violentes qu’autrefois avec des conséquences graves, en particulier sur les longues et belles plages du golfe du Lion. La houle, puissante et répétitive, emporte les précieux sédiments vers le large. Et peu à peu, la plage, cette bande sablonneuse entre terre et mer qui fait la beauté de notre littoral offre une vision dénaturée. Le sable, ressource naturelle précieuse, ne revient pas ! Dans certaines zones, l’érosion atteint 3 mètres par an.

La Grande-Motte en Languedoc possède une architecture pyramidale dont le consept a parcouru le monde. Cliché de 1970.