Randonnée aquatique inoubliable.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

    La Côte Vermeille, au sud d'Argelès sur Mer, possède un littoral rocheux composé de récifs, de grottes où la faune, riche et varié, trouve des abris naturels et sa nourriture. L'exploration sous-marine connaît une grande activité dans ce sanctuaire extraordinaire. 

Aux environs des années 1960-1970, la pêche industrielle s’impose au détriment des « petits métiers » de la mer dont les effectifs rapetissent inexorablement. Une flottille de bateaux bardés de matériel moderne encombre les nombreux petits ports de la côte, la pêche industrielle s’implante insidieusement, les prélèvements s’intensifient pour garantir une rentabilité maximum qui devient la règle d’or au mépris du développement durable, ce qui n’est pas sans conséquence sur la ressource halieutique autour du golfe du Lion. Face au pillage désastreux des fonds marins, germe l’idée de créer une réserve, ce qui devient vite une évidence. A l’origine, elle est conçue pour pérenniser la pêche artisanale. La Réserve Naturelle Marine de Banyuls-Cerbère s’étend sur 650 hectares et plus de 6,5 km. Elle inclut deux zones : l’une de protection « partielle », l’autre de protection « intégrale ». Il est des lieux en Roussillon béni des dieux, la Côte Vermeille possède le privilège d’intégrer ce cercle. La rencontre, étourdissante de beauté, des Pyrénées et de la Méditerranée, engendre un chaos sauvage, entaillé, ébréché, une côte qui déploie entre les falaises minérales de petites criques secrètes, calibrées tantôt de sable fin, tantôt de galets. Les rochers éternellement battus par les vagues, fouettés par le vent, rongés par les embruns se teintent au coucher du soleil de reflets vermeils ce qui légitime son nom. Il n’est pas seulement ce décor terrestre qui flatte l’œil. Dans l’eau, sous le sable, entre les galets, dans les rochers, sur une dune, ou une épave : ces habitats si différents logent des hôtes particuliers. Les flancs de falaise et les rochers sont comme des immeubles d’habitation pour les colonies d’oiseaux marins. Il y a une vie trépignante sur les affleurements rocheux et les rebords herbeux qui dominent les flots.

Sur fond d’azur, une farandole de mouettes rieuses griffonnent le ciel, des puffins cendrés effleurent l’onde, une nuée de goélands argentés, voilure déployée, raillent bruyamment derrière un chalutier, des mouettes tridactyles épousent les courants ascendants, un cormoran huppé posé sur un roc initie patiemment son oisillon aux choses de la vie, parfois un fou de Bassan aussi rapide que l’éclair transperce l’onde et ressurgit un peu plus loin, une frétillante gâterie pincée fermement dans son bec.

Que ce pays est beau, que cette nature est belle ! Cette Terre surchauffée de soleil, parfois noyée, parfois assoiffée peut rivaliser avec bonheur avec les lointaines îles tropicales même si des milliers de cartes postales et de magazines exaltent le mythe du paradis terrestre qui se mire dans les eaux transparentes aux couleurs turquoises, ceinturées d’interminables plages de sable blanc, forcément désertes, bordées de cocotiers longilignes bercés par une légère brise marine rafraîchissante.

Mais la Côte Vermeille cache, encore, pudiquement des trésors exceptionnels immergés dans l’eau cristalline de la Méditerranée ! A 6 km environ après Banyuls, un sentier de randonnée aquatique propose de découvrir ce milieu maritime. Le départ de cette petite aventure s’effectue sur la plage dePeyrefite. Equipé de masque-tuba, de palmes, que l’on peut louer sur place (prix modique), vous pouvez entamer la balade sous-marine ponctuée de grandes pancartes pédagogiques suspendues à des bouées. Le plancher de la mer est tapissé d’herbier de Posidonies, refuge des espèces de poissons les plus vulnérables, plus loin le corail et ses merveilleuses couleurs fascine le regard du plongeur. Au retour, grâce à des tuba-radio, vous entendrez des musiques apaisantes. Extraordinaire !

Cette réserve est devenue un véritable sanctuaire où la nature a repris peu à peu ses droits. Le corail rouge, les étoiles de mer, les oursins, les langoustes, divers végétaux, éponges, algues, les plaines de Posidonies et l’imposante variété de poissons : sars tambour, daurades royales, corbs argentés, poissons-lunes, rougets, congres, murènes ou mérous, sans oublier les espèces de passage.

Et s’il fallait choisir un exemple, c’est le mérou, poisson emblématique de cette côte rocheuse qui démontrerait le bien-fondé de cette réserve. Le mérou est passé de 12 spécimens en 1986 à 363, un signe encourageant du repeuplement à perpétuer.

Ce ne sont pas les 20 000 personnes qui participent tous les ans, pendant la belle saison, à ce sentier de randonnée aquatique, qui exprimeront le contraire. Une expérience de ce type est gravée au cœur pour toujours ! 

 

Dicton français : En juin, trop de pluie, le jardinier s'ennuie ! 

Cala Culip au cap de Creus.

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Calanque Culip au cap de Creus sur la Costa Brava.

Depuis la baie de Cadaquès, une route sinueuse chemine jusqu’au cap de Creus lequel fend tel une proue de navire les eaux du golfe du Lion. Cette côte balayée par les vents connaît un trafic maritime intense depuis plus de 2 500 ans. Navires et vaisseaux Grecs, Phocéens, Phéniciens, Arabes, Romains ou Vikings ont favorisé le commerce, les échanges entre diverses cultures mais aussi subit des invasions barbares.

Le dicton des pêcheurs de Cadaquès, « cap de Creus, cap du diable », illustre la rudesse de la navigation dans les environs ! Ils savent que le cap de Creus est beau comme un dieu grec mais féroce comme un fauve dans une arène romaine ! Ils vous diront avec un fort accent catalan que si la tramontane souffle avec modération, le cap de Creus valse harmonieusement avec les vagues et le ciel est bleu. Mais si la tramontane hurle, le cap ivre de colère transforme les lieux en enfer. Malheur aux marins et aux bateaux qui défient ce belvédère minéral, ourlée de pointes déchiquetées, de falaises abruptes, d’îlots et de criques sauvages. On ne compte plus, dans les parages, les tempêtes monstrueuses frappant le littoral et les vagues scélérates qui ont envoyés par les fonds, bateaux et navires pour un repos éternel.

En regardant vers le Port de la Selva, en contrebas, se niche la cala Culip (calanque Culip) fouettée frontalement par les rafales de la tramontane. Dans cette calanque lumineuse, existe une source d’eau douce proche du rivage, attestée depuis la nuit des temps, connue de tous les marins, propice au ravitaillement des navires. Néanmoins, ce havre de toute beauté, aux eaux turquoise, accueille dans ses fonds pas moins de 8 épaves de bateaux dont les plus anciens datent de l’Antiquité, projetés sur les rochers par la tramontane des grands jours.

Les chercheurs du CNRS se sont intéressé à ce cimetière marin et des centaines de plongées ont permis d’étudier, mesurer, calculer, chiffrer, comparer, analyser sous toutes ses coutures une épave qu’ils ont baptisée Culip VI. Elle repose au fond sous 9 mètres d’eau. Les vestiges de ce navire, pointu à la proue et à la poupe, long de 15 mètres sur 3 de large pouvait convoyer 40 tonnes et avait 2 mâts dont la position de l’un était à l’avant et l’autre au milieu, ce qui laisse à penser qu’il était gréé par des voiles latines. La cargaison qui n’a pas été pillée, est constituée de céramiques vernissées provenant des ateliers du royaume musulman de Grenade, preuve s’il en faut, qu’à cette époque le commerce entre l’Europe chrétienne et le monde musulman était bien actif.

Ces céramiques typiques ont permis de dater le naufrage vers 75 après-J-C.  Mieux, au milieu de cette cargaison, les archéologues, ont découvert en moindre quantité, des céramiques différentes qui provenaient, elles, de Provence et du Languedoc. Il s’agissait de la vaisselle de l’équipage qui était vraisemblablement originaire de cette région. Le navire transportait aussi dans sa cale des jarres remplies des fruits secs et diverses marchandises.

Les archéologues ont réussi à percer les secrets de fabrication et de conception du navire. Première surprise les membrures, très bien conservées, étaient faites de chêne vert. Un bois régional abondant qu’on suppose venir des Pyrénées orientales. Le chantier naval qui l’avait construit devait donc se trouver en Catalogne, peut être du côté de Narbonne. Les charpentiers avaient disposé au long d’une quille un ensemble de membrures, véritable squelette préfigurant les formes et volumes du bateau. Ce squelette avait été recouvert d’un ensemble de planches qui constitue la « peau » du navire, il était clouté « à franc-bord », c’est-à-dire que chaque planche avait été jointe bord à bord avec sa voisine. Pour assurer l’étanchéité, les joints avaient été bouchées en force avec de la fibre textile et les fonds recouverts de résine noire.

Mais le véritable trésor que les plongeurs du CNRS ont découvert est un numérotage gravé en chiffres romains sur les varangues, éléments inférieurs des membrures fixés à la quille. Partant des 2 membrures centrales, ce numérotage allait symétriquement vers l’avant et vers l’arrière. C’était la preuve formelle que les hommes du chantier avait suivi un procédé préétabli d’organisation rigoureux de la charpente transversale du bateau. La géométrie de chaque membrure du Culip VI avait été déterminée par la technique dite du « maître gabarit et de la tablette ». Preuve qu’une méthode de construction navale que l’on pensait plus tardive au regard des sources écrites était suivie, sous une forme beaucoup moins élaborée à l’origine, depuis plusieurs siècles en Méditerranée.

Lorsque l’on fouille une épave engloutie, ce n’est pas pour y découvrir un quelconque trésor mais essentiellement pour qu’il raconte l’histoire de sa construction, de son équipage, de ses navigations ou du contexte économique et social de son époque.

L’exploration de la cala Culip prolixe de renseignements en détient certainement beaucoup d’autres, ainsi que l’espace maritime, de Narbonne à Tarragone, anciens ports de Nostra Marum. 

 

Mazamet, la légende du Peigne d’or.

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                Hautpoul, village médiéval, est le berceau de Mazamet, ville nichée au pied de la Montagne Noire. Terre de traditions et de légendes, le massif s’épanouit dans un environnement de vastes forêts domaniales. Abondamment abreuvés par une trame de torrents limpides, les chênes majestueux, les châtaigniers séculaires, les hêtres et épicéas aux feuillages foncés assombrissent l’aspect de la montagne, d’où son nom. Parmi les petites rivières, l’Armette, est à l’origine d’une grande légende.

Le fort d’Hautpoul placé sur un contrefort rocheux domine l’endroit. Du sommet de son donjon le guetteur scrute l’horizon. Parmi les notables de la ville, Rivière le chef des archers, vaniteux de sa grosse fortune qu’il cherche à augmenter sans cesse, jouit d’une considération qu’il doit à son adresse à l’arbalète. Son plaisir favori est la chasse et personne dans la contrée ne peut se vanter d’atteindre le nombre de sangliers, de loups, de lièvres ou de chevreuils que son arme a abattu.

Par un beau soir d’été, messire Rivière fourbu, de battre la campagne, regagnait Hautpoul en suivant le lit impétueux de l’Arnette creusant inlassablement une gorge à une centaine de toises au-dessous du château. Quand tout à coup, un éclat de rire perçant au milieu du tumulte des eaux le stoppa net. Pris d’une inquiétude passagère car une scène adorable s’offrait à ces yeux écarquillés. Là, à quelques pas de lui, une jeune femme d’une beauté de nymphe, les épaules couvertes d’une magnifique chevelure dorée, barbotent avec rires, cris de joie de vivre dans les remous du courant avec une ravissante fillette. L’enfant et sa mère, tant les traits se ressemblent, se disputent un peigne d’or sertie de diamants, une véritable merveille miroitant dans les eaux limpides du torrent que nul orfèvre ne pourrait en fabriquer de semblable. A ce spectacle, pourtant charmant, le maître archer Rivière pâlit, car il vient de reconnaître la fée Saurimonde dont souvent à la veillée discutent les bonnes gens d’Hautpoul. Peu ont pu la contempler, mais ceux qui l’ont aperçue se souviennent encore de sa beauté, ses longs cheveux blonds comme les blés, de son adorable fillette et aussi du peigne d’or, bijou de reine, œuvre du diable, qui sert à sa toilette. Et dans l’esprit du chef archer défile les chants des troubadours : ils l’ont tous célébrée cette Saurimonde. Son nom est connu dans toute l’Occitanie jusqu’aux confins du Languedoc, de Toulouse où se tient la cour du comte Raymond à Montpellier où le roi d’Aragon appelle les poètes, qui ont tous chanté sa beauté et son peigne d’or ! Cependant, tandis qu’il est songeur, Saurimonde et sa progéniture sortent des eaux cristallines, courent se reposer sur un rocher qu’éclaire encore un rayon de soleil tardif et avec son fameux peigne démêle avec amour les cheveux blonds de la fillette. Un mouvement léger mais brusque surprend la fée qui fuit le regard perçant de Rivière, entraînant sa fille vers la grotte tapissée de chèvrefeuille qui lui sert de palais.

Lorsque le chasseur franchit la porte de son château le crépuscule est tombé sur Hautpoul. Toute la nuit, c’est le peigne qui hante son esprit. La beauté de la fée, la grâce de l’enfant ne comptent guère en comparaison au désir, à la soif de posséder ce chef-d’œuvre magique. Désormais, il n’y plus de repos, plus de sommeil, la chasse n’a plus d’attrait, seule, la vision du joyau le poursuit et le possède. Un soir, décidé, il prend son arbalète, dévale les pentes abruptes longeant les remparts de la cité. Il se glisse entre les rochers et les buissons qui bordent le torrent bouillonnant d’écume. C’est là que la vision lui apparut, par la croix de Saint Brès, elle y est encore ce soir ! L’arbalète à l’épaule, il presse la détente…. et le chef des archers, le tireur qui jamais n’a raté son coup, le chasseur qui ne revient en aucun cas les mains vides, voit avec stupeur le carreau de son arbalète tomber à quelques pas de lui, tandis que la fée Saurimonde, toujours plus belle et toujours plus rieuse, le montre du doigt à son enfant en raillant sa maladresse. Maintes fois, Rivière, de plus en plus torturé du désir de posséder le peigne d’or, renouvelle son odieuse tentative aux abords des flots, et toujours, elle tourne à sa confusion mais son dépit grossit en même temps que son envie. Certainement que l’Arnette, cette rivière pure et naturelle, qui descend les pentes abruptes de la Montagne Noire protège sa fée!

Après une nouvelle déconvenue, notre homme gravit le chemin escarpé, pavé de larges dalles qui mène à l’église St Sauveur pour prendre conseil auprès du curé. Il explique qu’il ne peut s’emparer de l’objet précieux. Sûr que c’est une fille du diable lui répond le prête, tu as pour réussir un moyen infaillible, prend soin de fixer sur le projectile qui doit te servir une monnaie de notre seigneur le Comte, dont la croix de Toulouse orne le centre et tu atteindras sûrement ton but; la bonne arbalète portera avec sa précision habituelle et Saurimonde frappée à mort t’abandonnera son bijou. A ces mots, Rivière sent son espoir renaître et le lendemain le soleil couchant le voit sur les rives du fleuve, terriblement vengeur ! Voila enfin l’heure où la fée aux cheveux d’or apparaît plus belle que d’habitude, couverte d’un voile léger qui couvre son corps parfait; sa chevelure dénouée flotte sur ses épaules, et ses yeux profonds et clairs semblent sourire, en cherchant du regard son maladroit ennemi. Toute radieuse, elle s’approche de l’eau limpide qui coule. A présent, la lueur du jour s’assombrit, la fraîcheur s’installe doucement. Saurimonde, le peigne d’or à la main, appelle sa ravissante fillette dont le jeu consiste à échapper sans cesse à sa maman. Mais sur l’autre rive de la rivière, un visage haineux dans un œil avide ajuste, sûr cette fois de son coup, il presse la détente……Ciel ! Un effroyable cri de douleur retentit, c’est l’enfant qui est transpercé dont la plaie saigne abondamment, la mère éperdue, en jetant dans l’Arnette le peigne désormais inutile emporte dans ses bras sa fille. Mais la fée qui ne connaît que les jeux et les rires, s’arrête au seuil de la demeure qu’elle ne franchira plus jamais. Au milieu des sanglots, elle couvre le cadavre chéri, elle lance au misérable archer l’imprécation de son désespoir. Malheur à toi ! Assassin de mon enfant, de grande Rivière que tu étais tu deviendras petit ruisseau ! Puis elle disparut et nul ne l’a revue depuis.

L’assassin, vainqueur, chercha vainement dans le torrent le peigne d’or, cause de son forfait mais il ne put le retrouver malgré des recherches approfondies. Mais la prédiction de la fée se réalisa et la descendance de Rivière, tombant de chute en chute dans l’obscurité et dans la misère, a aujourd’hui complètement disparue dans l’Hautpoul.

Il ne reste de cette légende que la grotte de Saurimonde qui porte le nom du Peigne d’or sur la route pittoresque qui suit le fond des gorges de l’Arnette dont les eaux sont toujours aussi limpides et tumultueuses que par le passé.

L’anguille de chez nous.

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         L’anguille est présente pratiquement dans tous les étangs littoraux du Languedoc–Roussillon. Elle est un poisson en constante métamorphose. Au début du printemps, elle pond ses œufs en mer des Sargasses, une lointaine et vaste zone de trois millions de km2 sur l’Atlantique nord. Dès l’éclosion, les larves sont portées par le puissant courant du Gulf Stream durant des mois jusqu’à nos côtes. Aux abords du continent européen, elles se transforment en « civelles » ou « pibales », bébés anguilles transparentes de quelques centimètres de long. Les civelles remontent alors vers les eaux douces et saumâtres pour s’alimenter et devenir adultes. Au premier contact avec les eaux saumâtres, la civelle se transforme à nouveau, devient vert-grisâtre puis sa robe tourne au jaune-verdâtre ou brun-olive.

L’anguille chasse surtout la nuit, restant enfouie dans la vase le jour. Après une dizaine d’années de croissance, l’anguille devient argentée, indice que l’instinct de reproduction apparaît. Dès lors, habitée d’une force irrésistible, elle prend le chemin inverse, jusqu’à la mer des Sargasses.

L’anguille peut mesurer de 50 à 150 cm de long et peser jusqu’à 6 kg. Dans notre région, la pêche à l’anguille est une tradition. Ce poisson est l’ingrédient essentiel de la fameuse bourride en Languedoc ou la succulente « boullinade d’anguilles » en Pays catalan.

Aujourd’hui, la population de ce mystérieux poisson ne cesse de diminuer du fait de la pollution et d’une pêche excessive de civelles. Seule l’anguille adulte est pêchée, uniquement du premier octobre au premier mai. La Prud’homie veille à l’application stricte de la période de pêche qu’elle veut respectueuse d’un développement durable.

Le pont du Diable de Céret 66.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

             Il y a très longtemps, Céret et la rive gauche du Tech communiquaient avec des passerelles en bois, qui, régulièrement étaient détruites par les crues du Tech.

En 1321 commence la construction  d’un pont magnifique  dont l’originalité est d’avoir une seule arche qui transporte l’utilisateur d’un seul trait d’une rive à l’autre. Une géniale prouesse pour l’époque qui unissait technique, esthétique et deux rives... pour la commodité de tous !

Un premier orage emporta les échafaudages avant même que la première pierre du pont fut posée. Six mois plus tard, alors que l’arc de pierre était presque achevé, tout s’écroule dans un épouvantable craquement de pierres et matériaux entendu jusqu’à la cascade du Saut de l’autre côté de la rivière.

Quelques mois plus tard, après avoir étudié les échecs, la volonté commune des habitants recommande de persévérer ! Le chantier redémarre mais le Tech semble ne pas supporter cette charge et à nouveau l’ouvrage disparaît emporté par la furie des eaux boueuses d’une nouvelle crue automnale. Ces péripéties ressemblent de plus en plus à une malédiction et toute la vallée du Vallespir s’interroge.

Un matin, l’architecte, abattu, excédé par les complications de cet ouvrage maléfique, voit venir à lui un homme qui lui dit : « je veux t’aider et ce soir à minuit le pont sera achevé. A une condition : tu me promets de me livrer le premier être vivant qui traversera de part en part le pont. Dans la galère où il se trouve, l’homme de l’art voit une porte de sortie honorable. Il accepte et ressort de chez lui à onze heures, un sac sur son dos. Une fois l’édifice terminé, l’ingénieur ouvre son sac duquel s’échappe un gros chat noir trainant une poêle. Le Diable s’en saisit immédiatement, pensant à un homme en arme à cause du bruit de ferraille. « Je me suis trompé, s’exclama le Diable avant de prendre la fuite.

C’est ainsi que le pont fut achevé et qu’il reste aujourd’hui une prouesse architecturale de grande valeur. Le Tech, fleuve côtier aux crues dévastatrices a fracassé tous les grands ponts de la vallée du Vallespir, seul le Pont du Diable a résisté, depuis le XIIIème siècle, à ses mémorables furies. Mais la légende ne dit-elle pas qu'il a été construit par le diable ? 

Imaginez les difficultées : construire un pont d'une seule arche par dessus le Tech au XIIIème siècle sans matériel approprié, juste avec un échaffaudage en bois : une prouesse technique exceptionnelle ! Au second plan, le pont routier.