Histoire de la truite Arc-en-ciel

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         La fabuleuse histoire de la truite Arc-en-ciel du lac des Bouillouses mérite d'être racontée. Introduite au début du XXème siècle par une main anonyme dans le lac des Bouillouses, la truite arc-en-ciel doit son nom à ses couleurs chatoyantes. Originaire de l’Amérique du Nord, elle s’est suffisamment bien adaptée pour s’y reproduire naturellement sans nuire à la souche locale, la fario, et sans croisement génétique entre les deux souches (l’arc-en-ciel fraie au printemps, la fario à l’automne). Cette arc-en-ciel des Bouillouses a suscité très vite un vif intérêt pour sa densité, sa croissance rapide, sa sportivité et beauté particulière de sa robe irisée aux couleurs vives, bleue ou verte, mouchetée de noir, à la ligne latérale arc-en-ciel. On la trouve maintenant dans de nombreux lacs et rivières autour des Bouillouses pour le plus grand plaisir de chacun, principalement des pêcheurs et des gourmets. Depuis vingt ans, sa réputation a largement débordé les frontières régionales. Pourtant son calibre ne dépasse que rarement cinquante (50) centimètres et un kilogramme et demi (1,5). Les fario du même lac deviennent beaucoup plus grosses : soixante dix (70) cm et cinq (5) kilos ne sont pas très rares et l’on connaît ici des fario mythiques de sept (7) à huit (8) kilogrammes. 

Lucas, talentueux pêcheur des Pyrénées catalanes, exhibe fièrement sa belle prise au Lac de Balcère en Capcir. Une truite fario de 63 cm pour un poids approximatif de 3, 5 kg. Qui dit mieux ? Félicitation à Lucas.

Printemps et pêche à la truite.

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Un mois de février doux comme un agneau invite le printemps à colorer précocement la terre catalane. La nature insensible au calendrier des hommes, guidée par l’astre solaire, s’empare irrésistiblement de la terre, éveille la flore et la faune, embellie de mille pigmentations la campagne. Les mimosas chargés de grappes jaunes exhibent ses boutons d’or et les amandiers costumés de pétales d’une blancheur divine ensorcellent les abeilles. Les oiseaux, ivres de bonheur, s’égosillent tapageusement dans un ciel d’azur. De la Méditerranée aux premiers contreforts des Pyrénées, janvier et février déroulent des températures exquises, il y a comme une magie.

Cet épisode printanier dont le mérite est d’être prématuré en cette année 2019, repose sur des dates ancrées sur le temps : si le 20 mars annonce officiellement le premier jour du printemps, le 9 mars coïncide avec l’ouverture tant attendue de la pêche à la truite. Un rendez-vous incontournable avec la nature et une soif de rencontre avec tous les acteurs du réseau hydrographique naturel densément peuplés que les frimas de l’hiver ont épargné. Fort nombreux au fond des étroites vallées, les torrents aux eaux vives, les rivières fougueuses et plans d’eau bien oxygénés, gonflés par la fonte des neiges, dans lesquels règnent la truite avec sa compagnie de vairons, chevesnes et chabots, accueillent une armada de pêcheurs armés de cannes à pêche, enchantés de retrouver un décor aquatique bourgeonnant et agréable, témoignages d’une nouvelle saison arrivée avant l’heure.

La pêche à la truite, un jeu de cache-cache entre le poisson et l’homme, consiste à présenter un appât naturel sur le fond d’un cours d’eau. Cette technique dénommée la pêche au Toc provient de la subtile vibration ressentie sur la canne lorsque la truite saisit l’appât. Bufflée mais combative, la truite va défendre chèrement sa vie. Sa dénomination tirerait son origine des pêcheurs pyrénéens.

Avec deux mois d’avance, le printemps 2019 est irrésistiblement sublime. De belles journées ensoleillées, une tramontane apaisée, un ciel velouté invitent à la promenade au bord de la Méditerranée ou à parcourir les flancs des Pyrénées catalanes. Invisible sur les écrans météo, imperceptible sur le terrain mais où se terre l'hiver ? A l'heure où j’écris ces quelques lignes, sans états d’âme le soleil écrase son ennemi irréductible ; le premier jour de mars, le thermomètre atteste plus de 20° C. Mais attention, l’hiver est toujours tenace et revanchard, il n’a pas dit son dernier mot et peut encore sortir ses griffes et ses morsures. Il possède plus d’un tour dans sa besace !  

 La rivière et ses abords broussailleux est un lieu à la beauté sauvage dans lequel la flore, la faune et l'homme vivent des instants de tension, d'émotion et de sérénité. Photo de 1959. 

Apprécier la beauté et la diversité des cours d'eau,

c'est déjà faire un pas vers leur protection. 

Eaux apprivoisées à Brousses en Languedoc.

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         Sur le versant méridional de la Montagne Noire logent de minuscules et pittoresques villages centenaires aux parfums languedociens. A leurs pieds coule le paisible canal du Midi, doublé par un flot ininterrompu de véhicules en transit et au loin, s’élèvent les tours de la cité Carcassonne. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, la majesté des lieux ne suffit plus pour retenir les jeunes attirés par les lampions des grandes villes. Pour endiguer cet exode mortel chacun, innove ou engendre ou reproduit un événement afin de survivre dans ce milieu rural. Des trésors d’ingéniosité sont nécessaires ! Brousses posé sur les premiers mamelons de la Montagne Noire remémore un patrimoine industriel fondé sur l’exploitation de l’énergie hydraulique. C’est dans un décor campagnard qu’une route sinueuse vous conduit rapidement au lieu-dit « Cambou » où aux emplacements réservés à son usage, on range la voiture au cœur d’une forêt et d’un chaos de rochers. Un étroit sentier descend légèrement, bordés de chêne-verts, de châtaigniers, de frênes, d’érables, de noyers ou de merisiers tous plus beaux l’un des autres. Sous ces arbres majestueux, houx, genévrier, groseilliers des rochers, aubépines, églantiers embaument les environs de chlorophylle. Ce chemin végétal surplombe un torrent que l’on ne voit pas tant la flore est épaisse mais que l’on entend. Quelques centaines de mètres plus loin, apparaît une grande bâtisse, les pieds dans l’eau de la rivière la Dure, entourée d’une végétation luxuriante et d’énormes blocs granitiques posés ici ou là que l’eau bouillonnante contourne, pressée de rejoindre en aval le Canal du Midi. Au fond de la vallée de la Dure, se blottit dans un environnement intact, le dernier moulin à papier en fonction en Languedoc-Roussillon. Un lieu à remonter le temps, authentique et exceptionnel ! En 1674, le versant sud de la Montagne Noire hébergeait les papeteries les plus réputées de la province du Languedoc. Le premier papetier, s’installe en 1698, c’est le début de la grande industrie du papier. Ensuite plusieurs familles vont illustrer cette activité. En 1845, ce petit torrent qui chante comme un rossignol permettait de faire tourner les meules de 67 moulins. Le village de Brousses comptait 11 moulins dont 4 papeteries. En 1877, Paul Chayla jusqu’alors cartonnier en aval du village acquiert le moulin de Cambou, ancienne foulerie dont la construction remonterait à la fin XVIIIème siècle. Il installe une machine à papier en continu, ses descendants poursuivrons cette activité, la septième génération y travaille encore de nos jours. Un lieu qu’elle occupe depuis 4 siècles en utilisant une énergie naturelle, l’eau, qui était complice d’un développement durable, formule savante enfantée par des technocrates zélés quelques centaines d’années plus tard. Puis, après 4 siècles prospères, une nouvelle génération appelée modernité industrielle ankylose la petite vallée de la Dure. Les pentes de la Montagne Noire se couvrent de brouillard et en 1981, désavouée pour romantisme vieillot par une génération avide par les tourbillons…de rentabilité, les meules se taisent. Seul, le tumulte de l’eau qui court toujours couvre ce silence. En décembre 1993, une poignée de personnes ne supportant plus ce silence de plus en plus pesant constituaient une association le Moulin à Papier de Brousses. Le but est de stopper la dégradation de ce site témoin d’un riche passé, de le restaurer afin d’en faire un lieu de découverte, d’initiation, de création et de fabrication artisanale. En avril 1994, le moulin ouvre ses portes au public. Un guide pendant la visite retrace la saga du moulin et explique la fabrication du papier. Le visiteur perçoit un savoir-faire ancestral et découvre des machines d’un autre temps qui utilisaient la force de l’eau. Parmi les mécaniques à découvrir, une maquette d’une pile à maillet inventée en Italie au XIIIème siècle, puis plus performante la pile hollandaise fin du XVIIème siècle, un meuleton de 15 tonnes constitué de 3 meules en granit installé en 1954. Le moulin utilise actuellement une pile hollandaise fabriquée en 1999 à Capellades en Catalogne du Sud. L’on apprend que l’on fabrique le papier avec la cellulose extraite d’algues de posidonie que l’on trouve sur les fonds de la Méditerranée ou plus étonnant encore avec du crottin des éléphants pensionnaires à la Réserve Africaine de Sigean. Il s’agit d’un lieu de découverte, d’initiation, de création et de fabrication du papier. Une véritable plongée dans le passé en découvrant des gestes et techniques, gardien d’un savoir-faire ancestral. Pour petits et grands, le moulin à papier est à visiter absolument.

Le canal du Midi, c’est notre histoire.

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     Le canal du Midiest un site incontournable en région Languedoc. Achevé en 1681 après 14 années de travail acharné, il est le plus ancien canal d’Europe encore en fonction. Entre Toulouse et l'étang de Thau près de Sète, il mesure 241 km, compte 350 ouvrages d’art dont 63 écluses, 126 ponts, 55 aqueducs et 7 pont-canaux. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1996, le canal du Midi est bordé de 45 000 platanes, cyprès et autres espèces. Le canal sert aussi pour l’irrigation des terres avoisinantes, doit essentiellement son salut au tourisme fluvial (100 000 voyageurs par an environ) et aux nombreux randonneurs à pied ou à vélo. 

        Malheureusement le chancre coloré occasionne des dégâts irréversibles et la maladie est incurable. Ce champignon microscopique via les racines tue les platanes en l’espace de 2 à 3 ans. Il est impossible d’enrayer sa propagation. L’abattage des platanes et la replantation d’arbres d’essences différentes reste la seule solution. Le canal du Midi traverse le Languedoc et nos vies depuis plus de 350 ans. Il représente un patrimoine historique naturel remarquable que nous devons protéger. Remplacer les arbres abattus afin de préserver l’architecture végétale exceptionnelle constitue l’âme même du canal du Midi. Si beaucoup d’arbres ont pu être replantés, il reste beaucoup à faire, plusieurs décennies seront nécessaire pour rattraper le lustre passé. Plusieurs pistes de recherche pourraient constituer une avancée intéressante dans la lutte contre la maladie. En attendant que ces pistes aboutissent, l’abattage et la replantation restent aujourd’hui la seule solution envisageable

Le canal du Midi à Renneville bourgade près de Villefranche de Lauragais.    Vers 1900, une péniche chargée de barriques de vin trace sa route sur une voie aquatique arborée d'une double rangée de platanes majestueux composant un paysage exceptionnel. Malheureusement, aujourd'hui l'environnement végétal multicentenaire qui reflètait son charme désuet est à reconstruire. 

Tous les grands empires ont commencé par des hameaux, 

et les puissances maritimes par des barques de pêcheurs

Voltaire né le 21 novembre 1694 à Paris, mort dans la même ville est un écrivain et pholosophe français qui a marqué le XVIIIème siècle. 

Pêche à la « saltada ».

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          Pêche à la "saltada" n’a rien à voir avec la pêche au large. Cette pêche artisanale vise principalement la muge (la llisse en catalan). Elle ne se pratique que sur le bord immédiat du rivage aux endroits où les apports en nourriture amènent les muges à s’agglutiner. Les embouchures des fleuves côtiers étaient un des endroits de la côte roussillonnaise propices car elles reçoivent tous les déchets déversés en amont.

Souvent un petit village de quelques "barracas" abritaient une colonie de pêcheurs, certains n’y faisait que la saison, d’autres avaient préféré de s’y fixer à l’année, beaucoup d’entre eux étaient à la retraite ce qui leur permettait de rester dans le cadre de leurs coutumes professionnelles jusqu’au bout de leur forces. Pour les uns comme pour les autres, les "saltadas" procuraient un apport financier extrêmement précieux. Autrefois les eaux ne connaissaient pas les pollutions, seules quelques rares pollutions naturelles se dévoilaient. 

Il est à peine besoin de le dire, c’était des gens heureux !

 Scène de la pêche à la « saltada » dans la baie de Banyuls sur Mer entre 1910 et 1920.