L’huître de Bouzigues en Languedoc.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

         Pour consommer en toute sécurité des huîtres et des moules de qualité, le contrôle sanitaire des coquillages obéit à une réglementation très stricte appliquée par les services de l’Etat. Après les crises sanitaires des années 2000, des mesures environnementales réduisent nettement les risques microbiologiques et chimiques. La preuve irréfutable que préserver l’étang des pollutions terrestres ou aquatiques devient incontournable. La filière conchylicole pour sortir du tunnel poursuit des actions et, sur le long terme, développe un arsenal de mesures afin de protéger plus efficacement cette belle lagune des diverses et complexes contaminations. En effet, l’étang est exposé à différents risques : pollutions venues des bassins versants, pluies abondantes qui augmentent les risques microbiologiques, prolifération des algues en période de grandes chaleurs. L’enjeu est énorme. L’immense bassin de Thau avec 550 entreprises et 2 000 emplois joue un rôle majeur sur l’économie locale. La quasi-totalité de la production régionale de coquillages, environ 10 000 tonnes, est concentrée à Mèze, Marseillan, Sète, principaux centres producteurs. Cette dynamique, avec le soutien des collectivités locales, est le moteur de grands travaux visant à entretenir et moderniser les équipements portuaires. Le dragage des ports et l’enlèvement de l’épaisse couche de sédiments couvrant les fonds est indispensable car ces dépôts nuisent à la qualité des eaux et à la navigabilité. L’année 2016 a vu la mise en place de décanteurs dans les 29 « mas » (entreprises conchylicoles) du Barrou. Ces équipements recueillent les déchets lors du nettoyage des coquillages. Cela diminue les risques liés au rejet de micro-organismes présents dans les déchets notamment le risque de « malaïgue », c'est-à-dire la baisse du taux d’oxygène dans l’eau propice à la prolifération des algues. La lagune possède trois ports de plaisance, Bouzigues, Mèze et Marseillan qui se mettent aux normes des aires de carénage, installent des points de collecte et de tri des déchets issus de l’activité portuaire et s’équipent en pompes destinées à l’évacuation des eaux usées des bateaux. L’objectif de tous ces travaux consistent à l’amélioration de la qualité des coquillages et protéger la lagune des pollutions liées aux activités humaines car la conchyliculture représente la seconde économie agricole du département de l’Hérault, après la viticulture.


L’immense parc à huîtres de l’étang de Thau vu de Bouzigues en Languedoc. A l’arrière-plan le mont St Clair et la ville de Sète (à gauche) qui s’enroule à ses pieds.

La carpe au Lac de la Raho 66

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

La pêche à la carpe au plan d’eau de la Raho en Pays catalan.

Mathieu lance le leurre, Sébastien l’amorce, deux vieux complices en action.

         Le lac artificiel de Villeneuve de la Raho, d’une superficie de 230 hectares est mis en eau en 1977. La vocation initiale de la retenue est destinée à l’irrigation agricole mais peu à peu le lac se transforme en magnifique pôle touristique basé sur les loisirs aquatiques et des sports de plein air. Un lieu aquatique à l’intérieur des terres aujourd’hui incontournable, de première importance au vu de l’affluence en saison estivale et l’importante fréquentation en toutes saisons.

Par une belle journée ensoleillée d’octobre, alors que j’effectuais en VTT l’habituel grand tour du plan d’eau pour tenter d’éliminer quelques kilos superflus, je m’arrête afin d’observer un pêcheur, une frêle canne à pêche entre les mains manipuler avec délicatesse et sortir de l’eau un poisson de taille respectable, combattif, pas décidé à se laisser imposer quoi que ce soit mais force restera à l’homme. Une belle récréation je dois l’avouer.

Sébastien et Mathieu jeunes hommes originaires de la région de Poitiers ont parcouru 1 300 km (aller-retour) afin de taquiner la fameuse carpe de la Raho pendant une semaine dans des conditions optimales, de nuit comme de jour, seul parcours pouvant accueillir sur les berges des bivouacs de type parapluie-tente pour une personne. De vrais « carpistes » passionnés me font découvrir et partager quelques instants le monde de la pêche. L’élogieuse réputation nationale et même européenne du lac de la Raho est due en grande partie aux bonnes conditions climatiques en toutes saisons, aux structures d'accueil optimales, à l'extraordinaire environnement, à la variété des poissons composée de brochets, perches, sandres, truites "arc en ciel", et, surtout la reine du bassin, la carpe, devenue un des poissons emblématique en Pays catalan qui symbolise les grosses prises.

On mesure la considération envers le poisson avec la pratique du no-kill (litteralement ne pas tuer), la règle incontournable pour tout « carpiste » qui se respecte. Regarder Sébastien et Mathieu, amoureux de ce poisson mystérieux qui, après la photo, remettront dans le milieu aquatique l’animal avec autant d’émotion et de délicatesse en dit long sur leur état d’esprit. Un comportement exemplaire !

La Raho délivre le maximum de nobles sensations aux passionnés de pêche à la ligne avides d’espaces ordonnés par le défilé des saisons, de grand air au soleil et de nature sauvage organisée par les hommes. Le paradis des pêcheurs est aussi en plaine, à l’intérieur des terres !

Une prise au bout de la canne de Mathieu, Sébastien avec la grande épuisette apporte son soutien à son collègue.

Sébastien présente une prise : une carpe de 11 kg 500. Pas mal mais il y a dans la retenue de la Raho beaucoup plus impressionnant.

Après une amicale rencontre avec les hommes, la carpe retrouve son milieu naturel : l’eau du lac de la Raho. 

Bouillon de culture à Barcelona.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

 Le populaire quartier de la Barceloneta jouxtant le Port Vell de Barcelona fut créé en 1753 dans lequel s'installérent les pêcheurs et les marins. En 1992 à l'occasion des Jeux Olympiques organisés par la ville de Barcelona le quartier s'ouvre largement sur la Méditerranée provoquant des bouleversements urbanistiques de grande qualité. Un quartier entiérement reconstruit surgit et le résultat est une grande réussite avec le port olympique, le port de plaisance et de grandes plages sur huit kilomètres.Il est devenu un passage incontournable lors d'une visite dans la capitale  de la Catalogne. Les deux grandes tours sont l'emblème  de ce nouveau paysage urbain, l'un est un grand hôtel, l'autre fut le village olympique où séjournèrent les athlètes participants aux Jeux; comme prévue, elle est devenue un immeuble d'appartements privés.    

 

 Le peuple de Catalogne, gens de la mer et du négoce ouvert sur la Méditerranée, construit sa puissance et sa richesse avec les Baléares, la Sicile, la Corse pour rivaliser, dans le commerce de l’or et de la soie avec Gênes et Venise. La découverte de l’Amérique et le soudain essor de Séville où abordent les caravelles et les galions chargés de trésors du Nouveau Monde, mettent en veilleuse l’activité de Barcelona. La ville catalane se renferme dans ses remparts médiévaux témoignages de son passé prestigieux, de sa fière dignité, de ses vieux palais et de ses belles églises.

Soudain au siècle dernier, la muraille tombe, des quartiers neufs surgissent, résolument modernes, découpés en damiers par des droites et des diagonales de plusieurs kilomètres agrémentées de fontaines monumentales réalisées par des sculpteurs réputés, de demeures réalisées par des architectes passés à la postérité, le port, cœur de la ville, ressuscite, une Barcelona conquérante, retrouve son appétit, son énergie, son audace, redevient résolument offensive. Première à utiliser le gaz d’éclairage, le chemin de fer, installe des filatures pour tisser le coton et fournir en bonneterie toute l’Espagne, le port modernisé retrouve sa première place maritime du pays, dispute la prépondérance financière établie. Les grandes expositions d’envergure mondiale se succèdent, 1888, 1929, 1992, 1994 ; une vitrine mondiale illustrant une ville moderne, sportive, industrieuse, dynamique, infatigable, alliant le goût du confort au souci d’efficacité, conjuguée à une très ancienne tradition de culture.

A ce sujet, le patrimoine artistique de la capitale catalane propose une profusion artistique exhaustive, sans aucun maillon manquant : peintures sculptures, fresques, objets d’art décoratif et culturels sont accrochés, posés, construits, vénérés aux yeux de celui qui souhaite explorer, déchiffrer et comprendre. La richesse et la diversité des musées (une quinzaine) répondent à toutes les exigences.

Barcelona aime créer, réaliser, relever des défis et…les gagner. L’Exposition universelle de 1888 fut une franche réussite et les traces sont encore visibles. Celle 1929 le fut autant, il suffit de se promener au pied de la colline de Montjuïc pour en être convaincu.

L’annonce de l’organisation des Jeux Olympiques de 1992 confiée à Barcelona et à la Catalunya provoque spontanément parmi la population catalane une nuit de liesse.

Le slogan « Barcelona posa’t guapa » (Barcelona fait toi belle) en dit long sur la motivation de la ville. Et Barcelona est devenue très belle, très séduisante et fabuleusement attractive dans tous les domaines. 

Les bras grands ouverts vers la Méditerranée, escaladant la colline de Montjuic, la cité construit des installations géantes, à la taille de ses ambitions pour accueillir les milliers de visiteurs ! 

 

Le gouffre noir de Sobremunt.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

                 A Sobremunt un petit village de Catalunya, un gorg (gouffre) noir et profond, aux eaux bouillonnantes et aux parois comblées de cavités effrayait toute la région. Un pagès (paysan) téméraire et curieux entreprit de mesurer la profondeur de ce gouffre rempli de mystères. Il ligota une pierre à une longue corde qu’il déroula dans l’aven. Lorsque la totalité fut immergée, une voix affirma : déroule toute la corde que tu veux, toucher le fond tu ne peux ! L’intervention de cette voix bizarre, fit le tour, de bouche à oreille, de toute la contrée amplifiant l’appréhension. Malgré de nombreuses tentatives, la profondeur du gouffre resta une énigme !

Par une nuit sombre, un pagès du village peu scrupuleux, Pere Mas, aperçoit un mouton bien gras à proximité du trou d’eau, et sans se poser la moindre question l’attache avec sa faixa (ceinture d’étoffe) à son cheval. Arrivé à hauteur du gouffre, il entend une voix étrange qui dit : où vas-tu Satan ? Et une autre qui lui répondit : je suis accroché au cheval de Père Mas.

Arrivé à la ferme, il raconta à sa femme la péripétie et décida de se débarrasser de cette capture démoniaque. C’est alors que son épouse eut l’idée lumineuse de réciter un « Notre Père qui… » et tout à coup, le mouton s’élança à toute allure jusqu’au gouffre dans lequel il coula comme un fer incandescent.

La mission du gouffre à travers les siècles était de rappeler le respect du précepte religieux qui sauva ce pauvre pagès. Depuis ce jour, Pere Mas qui avait jusque-là une forte tendance au chapardage ne prit jamais plus rien qui ne fût sien et devint un homme honnête.

Un paysan découvre en passant un mouton bien gras aux alentours du gouffre. Il l’attacha avec sa faixa (ceinture d’étoffe) à la queue de son cheval et fit mine de rentrer chez lui. Mais lorsque l’animal vit l’eau, il accéléra au point de manquer d’entraîner l’homme et le cheval !

Le paysan s’exclama alors : que saint Thomas me viennes en aide et il réussit à couper la ceinture avec son couteau.

Le mouton répondit: tu as bien fait de respecter le jeûne et il disparut. C’est donc le respect du précepte religieux qui sauva ce pauvre paysan. La mission du gouffre à travers les siècles et la légende serait donc de nous rappeler la notion de devoir. 

Sobremunt est un village catalan de 102 habitants situé dans la province de Barcelona et la communauté autonome de Catalogne. 

Als banys d’Arles de Tec en Vallespir.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

Amélie les Bains, célèbre station thermale en Vallespir.

Quand les invincibles légions romaines s’emparent de toute la Gaule et de la péninsule ibérique, ils parcourent la région montagneuse du Vallespir où vivaient de petits peuplements. Explorant les gorges étroites des Pyrénées, ils longent depuis la plaine un petit fleuve sauvage, le Tec, et découvrent une source d’eau chaude puis d’autres. Aussitôt les Romains sont conquis par cette montagne au climat doux, criblée de sources naturelles, ils construisent des thermes au-dessus de la principale résurgence.

Les invasions successives des Vandales, ensuite des Sarrazins et des Normands, moins sensibles aux bienfaits des eaux minérales, laissent péricliter le site, à leur tour fuyant l’arrivée des redoutables Vikings entrés par la « Narbonnaise ».

L’abbé de Sainte Marie du Vallespir remontant la vallée du Tec par un sentier découvrit les ruines des thermes augurant le savoir-faire admirable des Romains. Ce territoire appartenait à Arles de Tec fut baptisé du nom de « als banys d’Arles » (les bains d’Arles). Une tour fortifiée bâtie sur la montagne défendait la vallée, mais après le rattachement du Roussillon à la France, un fort succéda à la tour devenue obsolète. La puissante armée espagnole assiège le château fort qui capitule le 3 juin 1793.

Entre-temps, l’activité des bains avait repris, gérés par les consuls d’Arles de Tec accueillant gratuitement aux thermes les religieux et leurs domestiques. Une redevance de 11 francs à verser chaque année à Noël, effectuer les travaux de maintenance et tenir une prison à la disposition de l’abbé est le prix à payer. Des travaux avaient consolidé les structures romaines, réaménagé une longue pièce de 20 mètres sur 12 de large en conservant au milieu la vasque d’origine, dégagé des niches pour les bains particuliers, installé un sudatorium au point d’arrivée des conduites dont l’eau la plus chaude coulait en abondance à la température de 60 degrés centigrades.

Un établissement à l’usage des militaires fut créé en 1718 et amélioré en 1783. Le docteur Pujade, médecin-chef des armées en retraite, acheta à la ville d’Arles de Tec des terrains proches de ces bains, y découvrit 14 nouvelles sources et construisit son propre établissement thermal.

Ce sont près de 1 500 mètres cubes d’eau minéralisée par jour que dispose cette contrée pyrénéenne qui attire militaires et civils !

Le général de Castellane commandant des troupes des P.O qui avait eu les mains gelées lors de la retraite de Russie s’employa à édifier un hôpital militaire à l’intention de l’armée d’Afrique. Edifié par le Ministère de la Guerre la première pierre fut posée en 1847 et fut terminé en 1886. 

Les bains d’Arles devenaient en 1840 Amélie les Bains, une petite ville autonome et prospère grâce à la qualité de ses eaux. 

 

Il n’est jamais trop tôt pour sensibiliser les enfants

aux risques courus sur l’eau et sur le sable.