Le pont du Diable de Céret 66.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

             Il y a très longtemps, Céret et la rive gauche du Tech communiquaient avec des passerelles en bois, qui, régulièrement étaient détruites par les crues du Tech.

En 1321 commence la construction  d’un pont magnifique  dont l’originalité est d’avoir une seule arche qui transporte l’utilisateur d’un seul trait d’une rive à l’autre. Une géniale prouesse pour l’époque qui unissait technique, esthétique et deux rives... pour la commodité de tous !

Un premier orage emporta les échafaudages avant même que la première pierre du pont fut posée. Six mois plus tard, alors que l’arc de pierre était presque achevé, tout s’écroule dans un épouvantable craquement de pierres et matériaux entendu jusqu’à la cascade du Saut de l’autre côté de la rivière.

Quelques mois plus tard, après avoir étudié les échecs, la volonté commune des habitants recommande de persévérer ! Le chantier redémarre mais le Tech semble ne pas supporter cette charge et à nouveau l’ouvrage disparaît emporté par la furie des eaux boueuses d’une nouvelle crue automnale. Ces péripéties ressemblent de plus en plus à une malédiction et toute la vallée du Vallespir s’interroge.

Un matin, l’architecte, abattu, excédé par les complications de cet ouvrage maléfique, voit venir à lui un homme qui lui dit : « je veux t’aider et ce soir à minuit le pont sera achevé. A une condition : tu me promets de me livrer le premier être vivant qui traversera de part en part le pont. Dans la galère où il se trouve, l’homme de l’art voit une porte de sortie honorable. Il accepte et ressort de chez lui à onze heures, un sac sur son dos.une fois l’édifice terminé, l’ingénieur ouvre son sac duquel s’échappe un gros chat noir trainant une poêle. Le Diable s’en saisit immédiatement, pensant à un homme en arme à cause du bruit de ferraille. « Je me suis trompé, s’exclama le Diable avant de prendre la fuite.

C’est ainsi que le pont fut achevé et qu’il reste aujourd’hui une prouesse architecturale de grande valeur. 

Imaginez les difficultées : construire un pont d'une seule arche par dessus le Tech au XIIIème siècle sans matériel approprié, juste avec un échaffaudage en bois : une prouesse technique exceptionnelle ! A l'arrière-plan, le pont routier, puis le pont ferroviaire.

Narbo-Martius, le port fantôme !

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

         Au premier siècle de notre ère, les Romains occupent tout le littoral de la Méditerranée. Rome est au cœur de cet empire, une ville qui abrite plus de un million d’habitants. Les empereurs Claude et Trajan, successivement, font agrandir le port d’Ostie situé à proximité de l’embouchure du Tibre et de la grande cité car les campagnes italiennes n’arrivent plus à alimenter en marchandises la cité romaine. Quelques objectifs accompagnent l’agrandissement portuaire : assurer le ravitaillement de la capitale située à 35 kilomètres de la mer, transporter les denrées alimentaires en remontant le Tibre, consolider sa prospérité commerciale et fortifier sa puissance militaire. Dès lors sur la Mare Nostrum, le commerce augmente, le tonnage explose et les routes maritimes sécurisées favorisent les échanges avec le sud de la Méditerranée. Dans les ports romains transite le blé d’Egypte, les céréales de Carthage et quantité d’autres marchandises d’Afriques sub-saharienne, le sel, les épices, l’encens, la myrrhe, les ivoires ou les étoffes.

Au nord dela Méditerranée, en 118 avant J.C, les Romains fondent le port de Narbo-Martius autour du fleuve côtier l’Atax, ancien nom de l’Aude, première colonie romaine hors de l’Empire romain, idéalement situé au carrefour des grands axes commerciaux que furent la Via Domitia, reliant Rome à l’Ibérie, et la Via Aquitana versTolosa et l’Aquitana. Sous le règne d’Auguste, Narbo-Martius est la capitale d’un pays d’une grande richesse agricole dont elle donne son nom, c’est une plate-forme incontournable du commerce romain. Elle produit du blé, du vin, de l’huile, du sel et des salaisons de grande qualité. La cité occitane devient l’un des plus grands ports de transit de Méditerranée. Les ports étaient reliés au centre la capitale par un ancien bras de l’Aude, devenu aujourd’hui le canal de la Robine. Dans l’Antiquité, des embarcations fluviales descendaient le long de ce chenal, puis à travers la lagune vers les ports ou avant-ports romains.

Des fouilles sous-marines ont permis de repérer des fondations bâties en blocs de pierre sur lesquels reposaient de vastes entrepôts destinés à stocker les dolias, des jarres de grande taille contenant jusqu’à 1200 litres de vin, d’huile ou de céréales. Les archéologues ont retrouvé des structures en bois intactes; plus de 200 pieux constituent les renforts latéraux de chaussées ou d’appontements.

L’aménagement de l’endroit suggère que du vin en vrac était amené par bateaux chargés d’amphores d’une capacité de 20 litres et déchargés dans des docks spécialisés. Les ports de Catalunyà, Emporiae (Sant Marti d’Empùries) et Taracco (Tarragonne), connaissent à cette époque une expansion remarquable liée à l’essor des exploitations viticoles de la région. D’autre part, la présence de fours de potiers montre que la fabrication sur place de vases de stockage participait à l’économie du port.

A la fin du premier siècle après J-C, Narbo-Martius semble avoir été abandonnée à cause d’un ensablement dû à l’apport d’alluvions de l’Atax. Le site du Grand-Castelou, à quelques miles, plus au sud aurait alors assuré la relève. Une quantité de vestiges permet d’établir que ce second avant-port a fonctionné jusqu’au V° siècle.

Aujourd’hui sur cet espace lagunaire un port fantôme et le rivage de la Méditerranée est distante de plusieurs kilomètres. C’est autour de l’étang de Bages-Sigean qu’ont été retrouvés des vestiges du port antique de Narbonne. Reste que le sous-sol est loin d’avoir révélé tous ses secrets !

 La langue me manque pour dire et

la main pour écrire toutes les merveilles de la mer.

Christophe Colomb, illustre navigateur, découvreur des Amériques en 1492.

L’huître de Bouzigues en Languedoc.

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

         Pour consommer en toute sécurité des huîtres et des moules de qualité, le contrôle sanitaire des coquillages obéit à une réglementation très stricte appliquée par les services de l’Etat. Après les crises sanitaires des années 2000, des mesures environnementales réduisent nettement les risques microbiologiques et chimiques. La preuve irréfutable que préserver l’étang des pollutions terrestres ou aquatiques devient incontournable. La filière conchylicole pour sortir du tunnel poursuit des actions et, sur le long terme, développe un arsenal de mesures afin de protéger plus efficacement cette belle lagune des diverses et complexes contaminations. En effet, l’étang est exposé à différents risques : pollutions venues des bassins versants, pluies abondantes qui augmentent les risques microbiologiques, prolifération des algues en période de grandes chaleurs. L’enjeu est énorme. L’immense bassin de Thau avec 550 entreprises et 2 000 emplois joue un rôle majeur sur l’économie locale. La quasi-totalité de la production régionale de coquillages, environ 10 000 tonnes, est concentrée à Mèze, Marseillan, Sète, principaux centres producteurs. Cette dynamique, avec le soutien des collectivités locales, est le moteur de grands travaux visant à entretenir et moderniser les équipements portuaires. Le dragage des ports et l’enlèvement de l’épaisse couche de sédiments couvrant les fonds est indispensable car ces dépôts nuisent à la qualité des eaux et à la navigabilité. L’année 2016 a vu la mise en place de décanteurs dans les 29 « mas » (entreprises conchylicoles) du Barrou. Ces équipements recueillent les déchets lors du nettoyage des coquillages. Cela diminue les risques liés au rejet de micro-organismes présents dans les déchets notamment le risque de « malaïgue », c'est-à-dire la baisse du taux d’oxygène dans l’eau propice à la prolifération des algues. La lagune possède trois ports de plaisance, Bouzigues, Mèze et Marseillan qui se mettent aux normes des aires de carénage, installent des points de collecte et de tri des déchets issus de l’activité portuaire et s’équipent en pompes destinées à l’évacuation des eaux usées des bateaux. L’objectif de tous ces travaux consistent à l’amélioration de la qualité des coquillages et protéger la lagune des pollutions liées aux activités humaines car la conchyliculture représente la seconde économie agricole du département de l’Hérault, après la viticulture.


L’immense parc à huîtres de l’étang de Thau vu de Bouzigues en Languedoc. A l’arrière-plan le mont St Clair et la ville de Sète (à gauche) qui s’enroule à ses pieds.

La carpe au Lac de la Raho 66

Écrit par Super User. Publié dans Histoire d'ici.

La pêche à la carpe au plan d’eau de la Raho en Pays catalan.

Mathieu lance le leurre, Sébastien l’amorce, deux vieux complices en action.

         Le lac artificiel de Villeneuve de la Raho, d’une superficie de 230 hectares est mis en eau en 1977. La vocation initiale de la retenue est destinée à l’irrigation agricole mais peu à peu le lac se transforme en magnifique pôle touristique basé sur les loisirs aquatiques et des sports de plein air. Un lieu aquatique à l’intérieur des terres aujourd’hui incontournable, de première importance au vu de l’affluence en saison estivale et l’importante fréquentation en toutes saisons.

Par une belle journée ensoleillée d’octobre, alors que j’effectuais en VTT l’habituel grand tour du plan d’eau pour tenter d’éliminer quelques kilos superflus, je m’arrête afin d’observer un pêcheur, une frêle canne à pêche entre les mains manipuler avec délicatesse et sortir de l’eau un poisson de taille respectable, combattif, pas décidé à se laisser imposer quoi que ce soit mais force restera à l’homme. Une belle récréation je dois l’avouer.

Sébastien et Mathieu jeunes hommes originaires de la région de Poitiers ont parcouru 1 300 km (aller-retour) afin de taquiner la fameuse carpe de la Raho pendant une semaine dans des conditions optimales, de nuit comme de jour, seul parcours pouvant accueillir sur les berges des bivouacs de type parapluie-tente pour une personne. De vrais « carpistes » passionnés me font découvrir et partager quelques instants le monde de la pêche. L’élogieuse réputation nationale et même européenne du lac de la Raho est due en grande partie aux bonnes conditions climatiques en toutes saisons, aux structures d'accueil optimales, à l'extraordinaire environnement, à la variété des poissons composée de brochets, perches, sandres, truites "arc en ciel", et, surtout la reine du bassin, la carpe, devenue un des poissons emblématique en Pays catalan qui symbolise les grosses prises.

On mesure la considération envers le poisson avec la pratique du no-kill (litteralement ne pas tuer), la règle incontournable pour tout « carpiste » qui se respecte. Regarder Sébastien et Mathieu, amoureux de ce poisson mystérieux qui, après la photo, remettront dans le milieu aquatique l’animal avec autant d’émotion et de délicatesse en dit long sur leur état d’esprit. Un comportement exemplaire !

La Raho délivre le maximum de nobles sensations aux passionnés de pêche à la ligne avides d’espaces ordonnés par le défilé des saisons, de grand air au soleil et de nature sauvage organisée par les hommes. Le paradis des pêcheurs est aussi en plaine, à l’intérieur des terres !

Une prise au bout de la canne de Mathieu, Sébastien avec la grande épuisette apporte son soutien à son collègue.

Sébastien présente une prise : une carpe de 11 kg 500. Pas mal mais il y a dans la retenue de la Raho beaucoup plus impressionnant.

Après une amicale rencontre avec les hommes, la carpe retrouve son milieu naturel : l’eau du lac de la Raho. 

Bouillon de culture à Barcelona.

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 Le populaire quartier de la Barceloneta jouxtant le Port Vell de Barcelona fut créé en 1753 dans lequel s'installérent les pêcheurs et les marins. En 1992 à l'occasion des Jeux Olympiques organisés par la ville de Barcelona le quartier s'ouvre largement sur la Méditerranée provoquant des bouleversements urbanistiques de grande qualité. Un quartier entiérement reconstruit surgit et le résultat est une grande réussite avec le port olympique, le port de plaisance et de grandes plages sur huit kilomètres.Il est devenu un passage incontournable lors d'une visite dans la capitale  de la Catalogne. Les deux grandes tours sont l'emblème  de ce nouveau paysage urbain, l'un est un grand hôtel, l'autre fut le village olympique où séjournèrent les athlètes participants aux Jeux; comme prévue, elle est devenue un immeuble d'appartements privés.    

 

 Le peuple de Catalogne, gens de la mer et du négoce ouvert sur la Méditerranée, construit sa puissance et sa richesse avec les Baléares, la Sicile, la Corse pour rivaliser, dans le commerce de l’or et de la soie avec Gênes et Venise. La découverte de l’Amérique et le soudain essor de Séville où abordent les caravelles et les galions chargés de trésors du Nouveau Monde, mettent en veilleuse l’activité de Barcelona. La ville catalane se renferme dans ses remparts médiévaux témoignages de son passé prestigieux, de sa fière dignité, de ses vieux palais et de ses belles églises.

Soudain au siècle dernier, la muraille tombe, des quartiers neufs surgissent, résolument modernes, découpés en damiers par des droites et des diagonales de plusieurs kilomètres agrémentées de fontaines monumentales réalisées par des sculpteurs réputés, de demeures réalisées par des architectes passés à la postérité, le port, cœur de la ville, ressuscite, une Barcelona conquérante, retrouve son appétit, son énergie, son audace, redevient résolument offensive. Première ville et région à utiliser le gaz d’éclairage et le chemin de fer, elle installe des filatures dans la région pour tisser le coton et fournir en bonneterie toute l’Espagne, le port modernisé retrouve sa première place maritime du pays, dispute la prépondérance financière établie. Les grandes expositions d’envergure mondiale se succèdent, 1888, 1929, 1992, 1994 ; une vitrine mondiale illustrant une ville moderne, sportive, industrieuse, dynamique, infatigable, alliant le goût du confort au souci d’efficacité, conjuguée à une très ancienne tradition de culture. A ce sujet, le patrimoine artistique de la capitale catalane propose une profusion artistique exhaustive, sans aucun maillon manquant : peintures, sculptures, fresques, objets d’art décoratif et culturels sont accrochés, posés, construits, vénérés aux yeux de celui qui souhaite explorer, déchiffrer et comprendre. La richesse et la diversité des musées (une quinzaine) répondent à toutes les exigences.

Barcelona aime créer, réaliser, relever des défis et…les gagner. L’Exposition universelle de 1888 fut une franche réussite et les traces sont encore visibles. Celle 1929 le fut autant, il suffit de se promener au pied de la colline de Montjuïc pour en être convaincu.

L’annonce de l’organisation des Jeux Olympiques de 1992 confiée à Barcelona et à la Catalunya provoque spontanément parmi la population catalane une nuit de liesse.

Le slogan « Barcelona posa’t guapa » (Barcelona fait toi belle) en dit long sur la motivation de la ville. Et Barcelona est devenue très belle, très séduisante et fabuleusement attractive dans tous les domaines. 

Les bras grands ouverts vers la Méditerranée, escaladant la colline de Montjuic, la cité construit des installations géantes, à la taille de ses ambitions pour accueillir les milliers de visiteurs !