Un catalan construit le premier sous-marin.

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 Le premier sous-marin au monde, Ictinèo, fut construit en bois.   

Exposé dans la cour du Museu Maritim de Barcelona, le premier prototype de sous-marin propulsé par des hélices à manivelle.

Né à Figuéras le 28 septembre 1819 en Alt Empordà en Catalunyà, un ingénieur Narcis Monturiol, avait observé lors d’un séjour à Cadaquès le travail dangereux des plongeurs de corail et avait été témoin d’un accident mortel. Affecté par le drame, il entame une étude pour une navigation sous l’eau avec un engin.

Il réalise un premier prototype baptisé Ictineo, entièrement en bois propulsé par des hélices à manivelle actionnées par la force physique de 4 marins-rameurs dans le port de Barcelona. Puis, enrichi de cette première expérience, l’inventeur catalan construit une seconde machine baptisée Ictineo II. Le 2 octobre 1864, Narcis Monturiol ayant imaginé et construit un appareil en forme de poisson, long de 14 mètres, entièrement en bois d’olivier renforcé de chêne, recouvert d’une couche de cuivre de 2 mm se déplace sous l’eau, toujours dans le port de Barcelona. Cet engin autonome avec des hommes à bord est le premier sous-marin à propulsion mécanique utilisant un combustible. Seul l’avènement du nucléaire vers les années de 1940 démodera le système mis au point par l’ingénieur catalan.

Narcis Monturiol ? Un génial précurseur qui va transformer et bouleverser l’histoire de la marine ! Très humaniste, Monturiol défendait les progrès scientifiques au profit de l’amélioration des conditions de vie. Il est mort le 6 septembre 1885 à Sant Marti de Provençals, petit village de la banlieue de Barcelone.

Lors de travaux d’aménagement des Ramblas de Figuères vers les années 1910, l’architecte Ricard Giralt fit planter 26 platanes et demanda au sculpteur Enric Casanovas d’ériger, exactement en 1918, en bas de la Rambla, un monument dédié à la mémoire de Narcis Monturiol. La rue de sa maison natale porte son nom, sur la façade une plaque de marbre rappelle son génie.

La marine espagnole promène fièrement 3 navires baptisés Narcis Monturiol sur toutes les mers du monde. A Barcelona, une œuvre du sculpteur Joseph Subirachs lui est dédiée.

Pour l’anecdote les 26 platanes sont intégralement les mêmes aujourd’hui et la statue est toujours en place en bas de la Rambla malgré la réfection récente des lieux avec des équipements et matériaux modernes.

Figuères, sa ville natale, n’a pas oublié son second illustre citoyen après le sulfureux Salvador Dali. En 1972, les cendres de Narcis Monturiol furent rapatriées au cimetière de sa ville de naissance. Maintenant que vous savez, si vous passez à proximité, saluez  Narcis Monturiol ! 

Empreintes romaines en Catalogne et Languedoc.

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Les Pyrénées fourmillent de sources hydrominérales; un gisement exceptionnel autant par sa quantité que par sa diversité, des jaillissements connus mais pas tous exploités.

A Montesquieu, en Roussillon, petit village niché sur les flancs des Albères, se trouve dans la forêt l’une des plus anciennes sources, abandonnée depuis longtemps. Une eau pétillante au goût exquis qui avait attiré l’homme préhistorique. Bien avant la conquête romaine, les druides et les autochtones en connaissaient les bienfaits. Les Romains au fur et à mesure de leur progression et de leur installation en Catalogne construisirent des thermes. Ils possédaient des références techniques d’exploitation dans le domaine hydraulique répandue sur tout leur territoire pour asservir leurs eaux aux besoins et aux plaisirs des hommes. De nombreux vestiges romains qui ont traversé les siècles sont encore visibles dans notre région. On peut citer Aquae Calidae, aujourd’hui Caldes de Malavella en Baix Empordà, Amélie les Bains (als banys d’Arles de Tec) en Vallespir, Alet les Bains et Rennes les Bains en Haute Vallée de l’Aude sont des lieux connus dès l’Antiquité. De nombreuses traces romaines sont visibles dans ces stations thermales réputées pour leurs eaux naturelles chargées de sels minéraux aux qualités médicinales reconnues par les instances de santé publique.

 En Catalogne, les eaux minérales, aux qualités exceptionnelles, tant par la diversité que par l’abondance font que les stations thermales fleurissent à la Belle Époque, vers 1850, développant une activité économique basé sur le thermalisme contribuant à la prospérité de ces petites villes pour la plupart accrochées sur les pentes des Pyrénées. 

Proverbe catalan :  Aigua, aigua, que fa la vista clara.

Traduction en français : De l'eau, de l'eau, la vue se fait claire.

La pêche au "broumé".

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     La pêche au "broumé" est une pêche sportive, particulièrement populaire en Méditerranée, et comme presque toutes les pêches artisanales est un art qui se pratique à la belle saison. Mais qu’est ce que le "broumé" ? Un pêcheur qui pratique cette pêche m’a expliqué : vous prenez 4 ou 5 kilos de sardines, des pains rassis, de l’huile de table quelconque et un peu de sable, vous ajoutez de l’eau pour en faire une pâte homogène et votre "broumé" est prêt. Et si cette mixture sent mauvais à des kilomètres à la ronde, c’est qu’elle est réussie. Il faut prévoir 40 à 50 kg de sardines fraîches, les cannes et avec un bon bateau cap au large ! Le concours peut débuter. Au mouillage, moteur arrêté, 4 cannes maximum avec au bout de l’hameçon une sardine positionnées à des profondeurs différentes en tenant compte des courants marins, puis les sardines sont jetées à l’eau une à une régulièrement et de temps à autre une louche de "broumé", cette préparation est le "broumérage". Le but de la manœuvre est de faire remonter le thon le long de la traînée de sardines ainsi crée pour l’amener à manger un appât. Si le poisson mord à l’hameçon, il prend, aussitôt, plusieurs centaines de mètres de fils, le temps que les pêcheurs remontent les autres lignes, le pêcheur déplace sa ligne jusqu’à un siège aménagé spécialement dans lequel il s’installe, le moteur redémarre lentement. Dès lors le combat commence pour remonter la prise mètre par mètre pendant de longues minutes. Chacun possède sa méthode pour fatiguer le poisson et le ramener à bord sans casser son matériel, ni perdre la prise. Le poisson recherché est principalement le thon, mais il arrive qu’un requin ou un espadon soit au bout de l’hameçon. Quelques règles élémentaires à respecter : chaque prise est mesurée, pesée et ces informations doivent être transmises rapidement à l’Ifremer. Pour être homologué au niveau national la prise doit peser plus de 100 kilos. Chaque bateau ne peut ramener qu’une seule prise à bord. Pour fêter l’événement sportif, le poisson est dégusté lors d’une "thonnade" conviviale en fin de concours où les histoires de pêche pittoresques sont racontées dans une ambiance que seuls les pêcheurs savent créer. 

La bulle de St Pierre prend l’eau.

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    Au départ c’est l’imagination d’un publiciste, un bouffon devenu célèbre pour avoir formulé les conneries les plus bêtes du monde mais plus grosse est la ficelle, plus elle décuple l’égo des hommes, surtout des hommes politiques. Construire une maison dans la mer pour attirer les touristes de toute l’Europe vers la nouvelle station du littoral audois, Saint Pierre la Mer, hameau de Fleury d’Aude.

Contacté en 1987, un architecte enchaîne en dessinant un projet digne de « 20 000 lieues sous la mer » de Jules Verne ! Une « maison » immergée de 9 mètres de diamètre pouvant accueillir 40 personnes avec autour un vaste bassin et des milliers de poissons venus dire coucou de la nageoire aux touristes. Dans ce projet il ne manquait que les naïades et les divinités aquatiques.

Appelez cette construction sous la Méditerranée comme vous l’entendez : maison, studio, aquarium, observatoire ou plus familièrement la « bulle » ; peu importe. Dans l’euphorie, les travaux commencent. Les décideurs ne reculent devant rien. Pour promouvoir la « merveille », il est envisagé un dialogue en direct sur une chaîne de télévision entre l’architecte et un spationaute français évoluant à bord de la station soviétique Mir, entre cosmos et fonds marins. Au point de se demander si la bulle ne deviendrait pas un studio de télévision expérimental. L’euphorie est de courte durée, voilà que les nuages commencent à s’accumuler sur le rivage audois avec une facture qui va faire exploser la bulle. Ce chantier devait coûter la somme, déjà rondelette, de 16 MF pour émerveiller les touristes, transformer le modeste village viticole de Fleury d’Aude en station touristique de premier plan. L’ardoise est enfin arrêtée autour de 58 MF, (je vous laisse le soin de convertir en Euros) une somme faramineuse ! Ce qui devait devenir le fleuron du littoral languedocien se convertit en naufrage titanesque ! Tout ce qui comptait, c’était la date à laquelle pouvait avoir lieu l’émission de télévision ! Le scandale éclate suite à un épinglage de la Cour des comptes: projet mal ficelé,  études préalables bâclées, étude de sols erronées, opacité potentielle de l’eau ignorée, délibérations municipales falsifiées, incompétence des décideurs, magouilles, pots de vin, sans compter les nombreuses expertises et contre-expertises.L’affaire a connu tous les rebondissements imaginables, jusqu’à la suspicion de détournement de fonds publics à des fins politiques, le rôle douteux de la Caisse des dépôts et du Conseil Général sont également soulignés par le Parquet de Narbonne.

La dette astronomique de la commune Fleury impose que les impôts devront augmenter de 30 %. Les habitants s’indignent, descendent dans la rue. On voudrait croire à un mauvais rêve, pourtant non, c’est la réalité à St Pierre. L’argent est une si bonne chose quand on sait, comme les politiques, le dépenser follement ! Seule la justice peut déterminer le rôle de chacun mais l’enquête subit des pressions. Ici appliquer la loi c’est déjà « être un révolutionnaire » affirme un magistrat désabusé. Tout est dit ! 

Le Belèm, escale à Port-Vendres.

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Le Bèlem et le fort St Elme, deux monument historiques réunis à Port Vendres : le premier vogue sur toutes les mers depuis 120 ans, le second veille la côte catalane depuis quelques siècles. Tous les deux nous racontent leur parcours, certes différent, mais chacun passionnément authentique ! 

        Cette année 2016 le Bèlem fête ses 120 ans. Dernier grand voilier de commerce français du XIXème siècle encore en navigation, il impressionne tous les amoureux de la mer, un cercle dont je fais partie. Un plus que centenaire toujours actif qui de port en port exhibe son insolente beauté. Ce navire est un authentique musée flottant ! Son histoire mérite d’être connue, bienvenue à bord.

Le Bèlem est un trois-mâts barque à coque en acier construit par les chantiers Dubigeon à Chantenay sur Loire (ville proche de Nantes) qui lancent le bateau le 10 juin 1896 destiné au commerce pour l’armateur Crouan. De 1896 à 1913, il effectue des traversées vers le Brésil d’où il ramène des cargaisons de fèves de cacao, ou du sucre depuis les Antilles et la Guyane pour la chocolaterie Meuniern, son premier client. En 1914, le Bèlem est vendu au duc de Westminster qui le transforme en yacht de plaisance et l’équipe de moteurs. En 1921 il est racheté par le richissime brasseur Sir Arthur Guiness qui le rebaptise Fantomas II, complète son aménagement et réalise de nombreux voyages à son bord notamment un tour du monde en 1923-1924. En 1951, après la seconde guerre mondiale, le navire est acquis par la fondation Cini de Venise qui en fait un navire-école pour les orphelins de la marine italienne. Le Giorgio Cini est mis en vente en 1978. C’est alors qu’il retrouve son pavillon d’origine grâce à une banque qui en fait don à une fondation créée à son initiative. La Fondation Belem est reconnue d’utilité publique en 1980 : elle décide de faire du Bèlem un navire-école civil ouvert au grand public. En 1984, le Bèlem est classé monument historique.

Plusieurs grands voyages marquent la nouvelle vie du Bèlem : en 1986, le navire participe au Centenaire de la statue de la Liberté à New York, en 2002, le Bèlem reprend la route maritime de ses premières navigations à destination du port de Bèlem, la grande agglomération du Brésil qui lui a donné son nom, puis accoste à St Pierre de la Martinique. En 2008, le navire traverse l’Atlantique Nord pour représenter la France au 400ème anniversaire de la création de la ville de Québec, en 2012, le Bèlem est l’invité de la Reine Elisabeth II à l’occasion de son jubilé de Diamant et des Jeux Olympiques de Londres.

Du 6 au 14 octobre 2016, lors de son escale a à Port-Vendres, le Bèlem a déplacé les foules car il jouit d’une aura particulière auprès des catalans passionnés de tout ce qui touche la mer. Mais fêter ses 120 ans à Portus Vénéris est historique, le trois-mâts, lègue un inestimable présent au petit port catalan !

Le vendredi 14 à 10 heures, le bateau noir et blanc lâche les amarres, rugit deux fois, balloté par une mer démontée, il trace sa route maritime surtous les océans et toutes les mers, inlassablement.

A la prochaine fois, nous espérons te voir encore longtemps Bèlem, le pays catalan te remercie beaucoup, à bientôt ! 

En provenance de Sète (Languedoc), le Bèlem face à la baie de Collioure salue la petite merveille de la Côte Vermeille avant de rejoindre Port Vendres distant de 2 ou 3 miles marins. 

A altre bagada Bèlem, al païs catatà te diu moltes gracies, per molt anys, fins aviat !