Aiguat de 1940 en Pays catalan.

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Des pluies dilluviennes tombent sans discontinuer du 16 au 20 octobre1940 sur le département des Pyrénées Orientales. Guillaume Julia instituteur puis maire de St Laurent de Cerdans (personnage haut en couleur), relève 1930 mm d'eau en 5 jours dont 1000 mm pour le seul jour du 17 octobre. Phénoménal, record d'Europe ! Les pertes humaines se chiffrent à 50 morts, les destructions et dommages dépassent largement plusieurs milliards (de francs à l'époque) alors que déjà la Deuxième guerre mondiale appauvrit la population.Tout est dévasté, tout est à refaire en Roussillon. Catastrophe majeure, 76 ans après, l'Aiguat de 1940 est pour longtemps gravé dans la mémoire collective des catalans. Plusieurs photos montrent les cours d'eau dont les niveaux sont revenus dans le lit normal. 

   Impuissants et inquiets, les perpignanais scrutent les flots déchaînés s'écouler sous le pont Rouge (pont Joffre). Il pleut toujours et les dernières nouvelles ne sont pas rassurantes. Les jours suivants confirment une situation désastreuse. Cliché Mr Chauvin.

Amélie les Bains est une des villes les plus sinistrées des P.O où l'on compte de nombreux morts; le Tech aidé par le Mondony ont tout ravagé : la voie ferrée, le pont roman, le casino, les maisons, les rues, les réseaux d'eau potable et électriques. La cité thermale est un stupéfiant champs de ruines. Cliché Mr A. Caillet.

 

A Vernet les Bains, la rue des Thermes ressemble à un oued asséché. Le Cady a charrié et déposé des tonnes et des tonnes de sable, de rocailles, de troncs d'arbres et de matériaux divers dans les rues. Un habitant contemple les ravages. Cliché de Mr Génovèse

     

Entre Nyer et Olette, les rails de l'unique voie Villefranche de Confluent-La Tour de Carol empruntée par le Train Jaune sont arrachés et tordus démontrant la violence et la force phénoménale des eaux de la Têt. En haut on aperçoit la RN 116. Auteur du cliché indéterminée. 

A Bouleternère, le pont ferroviaire de la ligne Perpignan-Prades sous les coups de bouttoir des eaux en furie du Boulès donne des signes de faiblesse. Quelques heures plus tard, il sera irrémédiablement détruit. Auteur de la photo indéterminée. 

 

Les flots du Tech ont emporté le vieux pont d'Espagne et la Font dels Matxos à Prats de Mollo en Haut Vallespir. Cliché de Mr A.Caillet.

 

Salins du Languedoc.

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01 septenbre 2016.          Le chlorure de sodium (sel de table) est initialement connu et utilisé comme produit alimentaire nécessaire à l’homme et aux animaux. Aujourd’hui, il connaît de nombreuses utilisations ; il est devenu une matière première de base employée dans toutes les industries. En hiver lorsqu’il neige sur les routes, surtout en montagne, le réseau routier utilise le gros sel en grandes quantités pour le « salage » afin de fondre la neige et le verglas et dégager la chaussée. La production de sel de mer nécessite le concours de plusieurs facteurs favorables : terrains plats en très grande superficie et imperméables situés en bord de mer avec des saisons ensoleillées, sèches et ventées. L’exploitation du sel est soumise, comme bien d’autres activités agricoles, aux caprices des conditions météorologiques. Le dépôt de sel se produit pendant 130 à 150 jours par an, mais selon les pluies pendant la campagne, il peut varier du simple au double ; les sauniers doivent donc prêter une attention toute particulière au temps pour limiter les pertes possibles causées par les précipitations. Seuls les moyens techniques mis en œuvre pour la préparation de la récolte et la récolte elle-même différent en fonction de la dimension des salins, mais dans tous les cas, le procédé reste le même. La Méditerranée ne connaissant pas de marées, l’eau de mer qui contient en moyenne 37 grammes de chlorure de sodium par litre est pompée dès le mois de mars. Ainsi, selon la taille des salins, ce sont plusieurs dizaines de millions de m3 d’eau de mer qui sont introduits dans l’exploitation au moyen de puissantes pompes, puis, par une série de stations de pompage, judicieusement réparties, ainsi que par le fait d’une simple dénivellation, l’eau circule dans les étangs appelés « surface de pré-concentration » ou « partènements ». Durant toute la période de mars à septembre, l’eau circule continuellement de façon à garder un niveau constant et une concentration homogène à un endroit donné. Au cours de ce périple et sous l’effet conjugué du soleil et du vent, environ 9/10ème du volume d’eau introduit sur le salin est évaporé, faisant ainsi passer la teneur en sel à 260 grammes environ par litre de saumure. Cette saumure est alors dirigée sur les tables salantes ou « cristallisoirs » dont le sol a été soigneusement nivelé et roulé et y dépose son sel par cristallisation. La récolte débute fin août pour être terminée avant les pluies d’automne.
Avant la dernière guerre, elle se faisait à la main, par des centaines d’ouvriers saisonniers, qui, au moyen de pelles et de brouettes, ramassaient le sel. Depuis d’énormes progrès ont été accomplis, presque tout se fait mécaniquement de nos jours. La couche de sel est prélevée par de gros engins récolteurs qui, par l’intermédiaire d’une chaîne de transporteurs à bande, entassent le sel sur le bord des tables en cordon de « camelles » provisoires. Sur d’autres salins, les engins récolteurs déversent leur sel directement dans les remorques qui le conduisent à une fosse de lavage. Il est ensuite immédiatement stocké en camelle définitive où il attendra son expédition vers une usine ou des ultimes traitements avant sa commercialisation. Sur certains salins, la récolte fonctionne jour et nuit, sans interruption. La couleur rose de l’eau qui recouvre les cristallisoirs, est due à la présence d’animalcules. A l’état naturel, l’eau de mer contient de nombreux êtres vivants, notamment des « Artemia salina », genre de crevettes microscopiques. L’Artemia salina se nourrit d’une algue monocellulaire rose, la « Dunallula salina ». Lorsque la concentration de sel et chlorure de sodium a atteint environ 250 g par litre, les Artemia salina meurent et les Dunullela salina prolifèrent, donnant une couleur rose aux saumures des tables salantes. 

La récolte des cristaux de chlorure de sodium (le sel) dans les salins de l'île St Martin à Gruissan (Aude). Le paysage tout blanc sur 400 hectares ressemble à un paysage nordique mais c'est bien au bord de la Méditerranée en Languedoc que les marais-salants de l'île St Martin sont installés depuis plus d'un siècle. .

Le capelet.

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            Le littoral du golfe du Lion où l’eau, sous toutes ses formes est omniprésente, a permis autrefois, comme aujourd’hui, des compétitions, des activités sportives ou des jeux devenus des traditions comme les joutes sétoises. Si sur l’étang de Thau, Marseillan pratique les joutes, il est aussi un jeu traditionnel très prisé appelé le capelet ou « course à la bigue ». L’origine de ce jeu qui remonte à plusieurs siècles, n’est pas clairement définie. Il semble qu’autrefois lorsque les bateaux étaient à quai, les marins jouaient à ce jeu qui ressemble à un entraînement, à une manœuvre en eaux agitées. Ce qui permettait, aussi, de tromper l’ennui des matelots pendant l’escale dans la petite ville de Marseillan.

Le capelet propose des règles simples : les concurrents se défient tour à tour, avec bravoure et agilité, afin de tenter d’attraper, les premiers, 2 chapeaux positionnés sur un mât incliné et abondamment suiffé, c'est-à-dire recouvert de savon pour rendre l’escalade impraticable ou le défi plus compliqué. Le concurrent tombé à l’eau est éliminé. La chute déchaîne l’hilarité où les bravos du public. Accompagnée par un orchestre, c’est une fête populaire sans prétention, sinon celui de passer un agréable moment. 

Ce jeu d’adresse et d’équilibre se déroule 2 fois par an à Marseillan-ville : le 14 juillet et le 16 août.

 

Leucate une presqu’île.

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         Leucate a grandi au bout du massif des Corbières maritimes, à l’abri d’une énorme bosse minérale, aplatie au sommet, appelée communément la « falaise » qui propose un extraordinaire spectacle dominant le Golfe du Lion où la vue lorgne vers La Franqui au nord et sa fabuleuse plage des Coussoules longue de 8 km, et au sud, Leucate-plage riche d’une bande de sable doré de 10 km. Le regard se perd parfois au-delà du cap Béar lorsque le temps s’y prête. Sur le plateau ensoleillé de la « falaise », règne depuis l’Antiquité de la bonne vigne, épurée par la tramontane qui s’efforce de maintenir un bon état sanitaire. L’époque  récente, progrès oblige, a érigé un phare, un sémaphore et plus récemment un restaurant panoramique. Il n’y a pas meilleur endroit que ce balcon ordonné par la nature, pour attester que la vieille bourgade languedocienne, cernée d’un côté par les lagunes côtières et de l’autre par la Méditerranée, est une vraie presqu’île. Adossé à la colline, le vieux village de Leucate et ses maisons bâties de matériaux locaux font face à l’étang, une véritable petite mer intérieure qui porte son nom, chapeauté par le majestueux massif du Canigou qui étale son double sur le grand miroir liquide. La richesse aquatique et l’excellent vin de terroir ont depuis les temps séculaires permis aux pêcheurs-vignerons de vivre sinon dans l’opulence, du moins convenablement.

Vers les années 1960-1970, l’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon voit Port-Leucate émerger de terre sur une bande étroite entre Méditerranée et étang, ainsi que les villages naturistes, une ville dans la ville avec une architecture résolument moderne; Leucate-Plage et La Franqui s’agrandissent aussi en préservant, dieu merci, leur cachet désuet. Ce réservoir d’eau infini aiguise la réflexion par son incroyable présence, envahissante, presque arrogante. Il est un nouveau virage au contour des années 2 000 que va saisir la commune. Importés des îles paradisiaques les sports de glisse sur l’eau et les loisirs de pleine nature connaissent une grande vogue. De là va germer une idée : utiliser les éléments naturels du terroir, l’eau surabondante, le souffle inépuisable de la tramontane et ses paysages naturels, aussi variés que sauvages qui ont gardé leur authenticité. Et de cette subtile alchimie accouchera une vitrine ; le Mondial du Vent, une épreuve sportive  de niveau international qui attire chaque année le gotha mondial du kitesurf, du windsurf et autres disciplines de glisse !

La commune audoise coche ses nombreux atouts : site Natura 2000, entré sud du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditerranée, le Parc Naturel Marin du Golfe du Lion conforté par le Pavillon Bleu sur toutes ses plages et son port. La terre, l’eau, le sable, le soleil, l’air, le vent, un environnement exceptionnel dans une nature sauvage et préservée, une offrande qui enchante l’habitant…et les visiteurs ! Ici, l’éclatante lumière donne soif aux sens et Leucate se transforme en paradis où l’homme vit harmonieusement avec son environnement. 

Port-Vendres, le renouveau.

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        Niché au creux de magnifiques criques de la Côte Vermeille, Port-Vendres, entre mer et montagne, est le petit port emblématique des Pyrénées Orientales. Village atypique, conjuguant histoire et modernité, révéle ses rapport avec la Méditerranée sous un jour nouveau. Au détour d’un col, un château fort au passé tumultueux domine la vieille cité, arrimé sur les contreforts tapissés de vignes délivre un écrin de verdure avec la Grande Bleue à ses pieds. Aiguisés par la curiosité, vos pas vous conduiront vers le nouveau port, construit en 1836, où le mouvement des bateaux, petits et grands, est permanent. La place de Castellane havre de quiétude engendre la vue sur la rade et vers le large ; la place de l’Obélisque, premier monument érigé à la gloire de Louis XVI, avec à ses pieds la Vénus d’Aristide Maillol dominent le Vieux-Port sur lequel s’activent les vieux pêcheurs, aux visages burinés par le soleil, raccommodant les filets, l’église Notre Dame de Bonne Nouvelle, borne de départ de la longue rue du Soleil dont le nom est explicite. Sur les quais remplis de vie, le charme désuet des façades traditionnelles se soutenant mutuellement, reflétent la solidarité entre les générations, les accueillantes terrasses des cafés permettent de rêver en regardant les voiliers de prestige et les villes flottantes que sont les navires de croisières. Un rêve qui s’échappe vers l’original phare et au-delà vers l’horizon. Après cette promenade agréable, les plages qui agrémentent le port de Vénus possèdent des arguments alléchants notamment le cadre environnemental naturel. Rattaché à Port-Vendres, le hameau de Paulilles situé sur la route de Banyuls sur Mer abritait depuis 1870 une fabrique d’explosifs dans un cadre déjà enchanteur. Ce hameau vivait presque en autarcie et une école maternelle accueillait les enfants des ouvriers. Après avoir fonctionné pendant 114 ans sans interruption apportant du travail à la population de la Côte Vermeille, l’entreprise ferme ses portes définitivement en 1984. Les employés partent travailler ailleurs, l’école devient silencieuse, le lieu aussi, méticuleuseument la flore sauvage, taillis et ronces s'accaparent les prairies, les bâtiments se délabrent et le lieu, autrefois plein de vie se transforme au fil des ans en friche industrielle. Pourtant cette jachère aiguise la convoitise des promoteurs immobiliers. Heureusement la raison l’emportera sur la soif d’argent. La vaste baie de Paulilles adossée aux contreforts des Albères avec ses plages de sable fin ou de petits galets dominées par les roches vermeilles, les vignes en terrasses et une végétation méditerranéenne exceptionnelle conjuguent histoire et modernité gardera la beauté de son environnement naturel transformé en terrain de jeu pour tous. Le site exceptionnel de Paulilles, ses 3 plages abritées par le cap Béar dessinent une baie parmi les plus belles du Golfe du Lion, la population se réapproprit ce bijou environnemental unique. Paulilles renaît de ses cendres, Port-Vendres regarde vers la Méditerranée, Port-Vendres regarde vers l'avenir ! 

Autrefois les explosifs passaient par cette porte, chargés sur les navires puis partaient livrer la marchadises à travers le monde, Aujourd'hui la baie de Paulilles est devenu un lieu de repos et de détente. Les barques, la pointe du cap Béar et son phare sont le symbole de cette beauté sauvage de la Côte Vermeille.