Le colosse de pierre.

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Pour franchir le Gardon, les Romains édifient le pont du Gard, une prouesse technique extraordinaire et l'un des plus beaux ouvrages d'art de tous les temps construit par les hommes. Le pont-aqueduc est le témoignage que les Romains maitrisaient parfaitement les techniques hydrauliques. Photo de 1920. 

15 juin 2016.      Le pont du Gard est un aqueduc construit en terre languedocienne par les Romains entre 38 et 52 avant J-C pour enjamber le Gardon, fleuve côtier aux débordements saisonniers mémorables. Le rôle de son édification : amener par gravitation l’eau abondante de la région d’Uzés jusqu’à la fontaine de l’Eure au centre-ville de Nîmes, belle cité romaine mais dont la ressource indispensable à la vie faisait cruellement défaut. Un parcours de 40,702 km avec un dénivelé en moyenne de 25 cm par kilomètre à travers les plantes et senteurs des garrigues du Haut Languedoc.
Au meilleur de son utilisation, aux IIème et IIIème siècle, quelques 35 000 m3 (35 millions de litres) transitaient par l’aqueduc. Sa longueur totale est de 275 mètres sur 3 niveaux, sa hauteur culmine à 48 mètres au-dessus du fleuve et son poids dépasse 50 000 tonnes. C’est dans les carrières environnantes que les matériaux sont prélevés. Certains blocs de pierre pèsent près de 6 tonnes, sont posés avec une précision prodigieuse. De nombreuses traces et gravures sont incrustées sur la façade du pont. Ce sont des repères d’assemblage indiquant les positions de chaque pièce, soit des symboles ciselés par les tailleurs de pierre représentant un phallus, symbole de fécondité.
Au début du IVème siècle, il fut délaissé peu à peu, puis définitivement abandonné lorsque l’Empire romain s’écroula en Occident. Au Moyen-âge, les piles du second étage furent élargies et il fut utilisé comme pont routier.
Ce prestigieux aqueduc édifié il y a plus de 2 000 ans par les Romains, grands bâtisseurs, se jouant des contraintes topographiques, est le plus grand, le plus beau et le mieux conservé de tous les aqueducs romains dissiminés à travers l'Europe romaine.
Le Pont du Gard est classé Patrimoine mondial de l’humanité. 

 En vacances une devise : respectons et faisons respecter la mer,

sa faune et sa flore car le milieu maritime est très fragile ! 

45 ans déjà.

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16 mai 2016.             En 1969, le maire de Cerbère inquiet de la dégradation de la Côte Vermeille dû à l’afflux massif de touristes attirés par la beauté sauvage du lieu et une pêche devenue industrielle, se mit à réfléchir en collaboration étroite avec le laboratoire Arago, installé sur le port de Banyuls sur Mer. Le laboratoire fut créé pour étudier la faune et la flore spécifique du golfe du Lion. Une référence scientifique connue et reconnue en France ! L’idée de cette collaboration, entre le laboratoire et le représentant de la ville de Cerbère était une initiative pionnière : mettre en « réserve » une partie de la côte rocheuse, ce qui ne c’était jamais fait en France. Un an après le début de cette étude, la municipalité de Banyuls s’associait au projet.
En 1971, le laboratoire Arago présentait un « rapport scientifique justificatif en vue de la création d’une réserve biologique sous-marine » qui concluait sur la nécessité de protéger certaines espèces particulièrement menacées.
Par un arrêté interministériel la première réserve marine française fut officiellement créée le 26 février 1974. Depuis 1977, le Conseil Général des P.O gère cet espace protégé. Pendant plus de 25 ans, la Réserve Marine s’est faite connaître tant au niveau national qu’international. Son statut d’espace marin protégé à taille humaine a permis de valider des options de gestion de l’environnement étudiées avec les autres réserves à travers le monde entier.
La Réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls est les fondations du Parc Marin du golfe du Lion et constitue son « cœur de nature » grâce à la richesse de son patrimoine naturel.
Les efforts consentis au fil des années par les institutions départementales permettent, aujourd’hui, aux scientifiques d’étudier depuis cet observatoire à ciel ouvert mais également d’organiser un espace où les diverses activités cohabitent au bénéfice des amoureux de Nostra Mar et plus largement dans le respect de l’environnement.
L’idée avant-garde du maire du petit port de Cerbère, hélas trop tôt disparu, est appliquée, depuis, dans toutes les mers du monde. A cette date commémorative, ce maire mérite un grand coup de chapeau de ses contemporains catalans !

Lac de Villeneuve la Raho.

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27 avril 2016.                                                                       

A Villeneuve la Raho, aux portes de Perpignan, le printemps s'ingénie à sculpter la Nature ce qui rend agréable une promenade autour du lac avec vue sur les Albères, le massif du Canigou et les Corbières, petites et grandes montagnes qui ceinturent la plaine du Roussillon. 

L'histoire du port de Sète

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26 avril 2016.   En cette année 2016, la ville de Sète célèbre deux grands événements : "Escale à Sète" et la construction du port commencée il y a 350 ans. En 1596, le premier projet de création d’un port sur cette partie de la côte méditerranéenne est du à Henri IV (1553-1610). Mais, sans appui des Etats du Languedoc qui refusèrent de financer, faute d’argent, ce projet fut rapidement abandonné. Seul, le « vieux mol » subsista. Le 28 décembre 1663, Colbert charge le Chevalier de Clerville, Commissaire général des fortifications depuis 1662 d’installer un port. Il lui confie le projet et sa réalisation. Le 29 juillet 1666 est posée la première pierre de la jetée qui va protéger ce futur port. Le lieu est bien choisi, protégé par le Mont St Clair et simplement séparé de l’étang de Thau par une bande de sable. En même temps que la construction du môle, un canal de communication entre la mer et l’étang de Thau est creusé. Dès 1670, alors que le môle St Louis est à peine terminé, un mouvement commercial s’amorçait.

 Rapidement, le nouveau port et le Canal Royal du Languedoc participent à l’essor commercial du Languedoc. Les activités portuaires sont très variées. L’importation et l’exportation de laine, de charbon, des minerais, du bitume anglais, de céréales, de la métallurgie, du bois, du sel, de la morue, des savons, la transformation du sucre, le commerce des oranges, et surtout l’export des vins du Languedoc, font de Cette (devenu plus tard Sète) une zone commerciale nécessitant une nombreuse main d’œuvre. Un port construit au bon endroit dont le dynamisme fait la richesse de toute la province du Languedoc. 

Vue panoramique de l'ensemble portuaire et de l'agglomération de Sète nichée entre mont St Clair, étang de Thau et Méditerranée.

 

Du sang catalan

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26 avril 2016     Le pirate turc Khayr Ad-Din, plus connu sous le nom Barberousse avait du sang catalan. Il jouissait d’un incroyable prestige sur toute la Méditerranée, autant pour ses qualités d’habile marin que d’une réputation de corsaire féroce et sanguinaire ! Les équipages, enrôlés de force, étaient composés de déserteurs, de repris de justice ou prisonniers de guerre, de différentes nationalités, génois, grecs, ottomans, maures, corses, libanais, nord-africains et même vikings. 

Barberousse compte parmi les pirates les plus tristement célèbres pour avoir piraté le littoral catalan et les îles Baléares. En 1536, il prit Mahon capitale de l’île de Minorque dans l’archipel des Baléares où il fit 6 000 prisonniers et un énorme butin. Ensuite en 1543, il pille complètement la ville de Palamos et, impitoyable, avec ses barbares sans foi ni loi massacre la plupart des habitants. Pourtant, Barberousse avait du sang catalan par sa mère, Katalina, qui était d’origine catalane. Il fut nommé Grand Amiral de la Flotte Ottomane par le Sultan qui lui octroya également le titre de Pacha !

L’âge d’or de la piraterie sur les côtes méditerranéenne de la Catalunyà s’étend du XIVème au XVIIème siècle. De nombreuses constructions de vigie furent édifiées qui nous renvoient à une époque où le danger venait de la mer, les riverains vivaient en permanence dans la crainte des attaques de pirateries. Des fortins, phares, redoutes, forteresses, chemins de ronde surveillaient jour et nuit la Méditerranée pour alerter les populations du danger d’invasion de troupes de pays guerriers ou de hordes sauvages de pirates qui pillaient tout sur leur passage et exterminaient toute résistance.
Des forteresses de garnison comme le castell (château fort) de la Trinitat qui domine la baie de Rosas construit à la pointe de la Poncella en 1544 ou la Torre Sant Sébastià à Calella de Palafugell, la Torre Montgó à L’Escala, la Torre dels Moros (la tour des maures) à Tossa de Mar ou encore laTorre Sant Joan à Lloret de Mar qui à l’aide de feux transmettait des signaux codés pour donner l’alerte afin d’informer les populations, organiser la défense ou de mettre les biens à l’abri.
Ne pouvant contrôler ces vaisseaux et plutôt que de leur faire la guerre, tous les pays marins, français, espagnols, anglais ou portugais, étaient complaisants avec les mercenaires pour obtenir la paix avec leurs navires de commerce.
Ces édifices de surveillance abîmés par les siècles ont subi une réhabilitation de qualité, témoignage d’une époque où sur la Méditerranée écumaient les pirates, flibustiers, de boucaniers sans foi, ni loi ! 

Tour de guet de Calella de Palafrugell (Baix Empordà).Un chemin de ronde conduit au mont Sant Sebastià de la Guarda, un  belvédère sur la Méditerranée occupé par une colonie ibèrique depuis le 6ème siècle avant J-C. Au cours du temps un ermitage, un sanctuaire, une chapelle s'implantent et au XVème siècle s'élève une tour de guet devant la menace permanante que représentait la piraterie le long du littoral catalan. Plus près de notre époque un phare puissant au service des marins et des pêcheurs domine ce lieu bien connu pour être une des plus belles vue de la Costa Brava.