Lac de Villeneuve la Raho.

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27 avril 2016.                                                                       

A Villeneuve la Raho, aux portes de Perpignan, le printemps s'ingénie à sculpter la Nature ce qui rend agréable une promenade autour du lac avec vue sur les Albères, le massif du Canigou et les Corbières, petites et grandes montagnes qui ceinturent la plaine du Roussillon. 

L'histoire du port de Sète

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26 avril 2016.   En cette année 2016, la ville de Sète célèbre deux grands événements : "Escale à Sète" et la construction du port commencée il y a 350 ans. En 1596, le premier projet de création d’un port sur cette partie de la côte méditerranéenne est du à Henri IV (1553-1610). Mais, sans appui des Etats du Languedoc qui refusèrent de financer, faute d’argent, ce projet fut rapidement abandonné. Seul, le « vieux mol » subsista. Le 28 décembre 1663, Colbert charge le Chevalier de Clerville, Commissaire général des fortifications depuis 1662 d’installer un port. Il lui confie le projet et sa réalisation. Le 29 juillet 1666 est posée la première pierre de la jetée qui va protéger ce futur port. Le lieu est bien choisi, protégé par le Mont St Clair et simplement séparé de l’étang de Thau par une bande de sable. En même temps que la construction du môle, un canal de communication entre la mer et l’étang de Thau est creusé. Dès 1670, alors que le môle St Louis est à peine terminé, un mouvement commercial s’amorçait.

 Rapidement, le nouveau port et le Canal Royal du Languedoc participent à l’essor commercial du Languedoc. Les activités portuaires sont très variées. L’importation et l’exportation de laine, de charbon, des minerais, du bitume anglais, de céréales, de la métallurgie, du bois, du sel, de la morue, des savons, la transformation du sucre, le commerce des oranges, et surtout l’export des vins du Languedoc, font de Cette (devenu plus tard Sète) une zone commerciale nécessitant une nombreuse main d’œuvre. Un port construit au bon endroit dont le dynamisme fait la richesse de toute la province du Languedoc. 

Vue panoramique de l'ensemble portuaire et de l'agglomération de Sète nichée entre mont St Clair, étang de Thau et Méditerranée.

 

Du sang catalan

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26 avril 2016     Le pirate turc Khayr Ad-Din, plus connu sous le nom Barberousse avait du sang catalan. Il jouissait d’un incroyable prestige sur toute la Méditerranée, autant pour ses qualités d’habile marin que d’une réputation de corsaire féroce et sanguinaire ! Les équipages, enrôlés de force, étaient composés de déserteurs, de repris de justice ou prisonniers de guerre, de différentes nationalités, génois, grecs, ottomans, maures, corses, libanais, nord-africains et même vikings. 

Barberousse compte parmi les pirates les plus tristement célèbres pour avoir piraté le littoral catalan et les îles Baléares. En 1536, il prit Mahon capitale de l’île de Minorque dans l’archipel des Baléares où il fit 6 000 prisonniers et un énorme butin. Ensuite en 1543, il pille complètement la ville de Palamos et, impitoyable, avec ses barbares sans foi ni loi massacre la plupart des habitants. Pourtant, Barberousse avait du sang catalan par sa mère, Katalina, qui était d’origine catalane. Il fut nommé Grand Amiral de la Flotte Ottomane par le Sultan qui lui octroya également le titre de Pacha !

L’âge d’or de la piraterie sur les côtes méditerranéenne de la Catalunyà s’étend du XIVème au XVIIème siècle. De nombreuses constructions de vigie furent édifiées qui nous renvoient à une époque où le danger venait de la mer, les riverains vivaient en permanence dans la crainte des attaques de pirateries. Des fortins, phares, redoutes, forteresses, chemins de ronde surveillaient jour et nuit la Méditerranée pour alerter les populations du danger d’invasion de troupes de pays guerriers ou de hordes sauvages de pirates qui pillaient tout sur leur passage et exterminaient toute résistance.
Des forteresses de garnison comme le castell (château fort) de la Trinitat qui domine la baie de Rosas construit à la pointe de la Poncella en 1544 ou la Torre Sant Sébastià à Calella de Palafugell, la Torre Montgó à L’Escala, la Torre dels Moros (la tour des maures) à Tossa de Mar ou encore laTorre Sant Joan à Lloret de Mar qui à l’aide de feux transmettait des signaux codés pour donner l’alerte afin d’informer les populations, organiser la défense ou de mettre les biens à l’abri.
Ne pouvant contrôler ces vaisseaux et plutôt que de leur faire la guerre, tous les pays marins, français, espagnols, anglais ou portugais, étaient complaisants avec les mercenaires pour obtenir la paix avec leurs navires de commerce.
Ces édifices de surveillance abîmés par les siècles ont subi une réhabilitation de qualité, témoignage d’une époque où sur la Méditerranée écumaient les pirates, flibustiers, de boucaniers sans foi, ni loi ! 

Tour de guet de Calella de Palafrugell (Baix Empordà).Un chemin de ronde conduit au mont Sant Sebastià de la Guarda, un  belvédère sur la Méditerranée occupé par une colonie ibèrique depuis le 6ème siècle avant J-C. Au cours du temps un ermitage, un sanctuaire, une chapelle s'implantent et au XVème siècle s'élève une tour de guet devant la menace permanante que représentait la piraterie le long du littoral catalan. Plus près de notre époque un phare puissant au service des marins et des pêcheurs domine ce lieu bien connu pour être une des plus belles vue de la Costa Brava. 

A tire d'aile...

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20 mars 2016.        La Méditerranée s’enroule autour du golfe du Lion façonnant une exceptionnelle diversité de milieux naturels. Aux longues plages de sable fin succède une côte rocheuse où la Méditerranée, maître d’œuvre opiniâtre et talentueuse, tisse depuis des millénaires un tableau paysager exceptionnel.

 Sur l’étroite bande littorale, un chapelet de lagunes et marais associe l’eau salée, l’eau saumâtre et l’eau douce. L’élément liquide est partout, omniprésent ; cette ressource s’évertue à créer la vie sous toutes ses formes. La flore, la faune, marine ou terrestre occupent une grande place contribuant avec bonheur à la beauté de cette région Les vents de terre et les tempêtes creusent les graus, ouvertures naturelles, afin de relier les étangs à la mer laquelle, aidée par le vent marin, s’ingénie à combler avec des tas de sable. Au fil des saisons s’engage une rude bataille, à tour de rôle chacun domine l’autre ; un combat permanent entre l’eau et la terre, une lutte toujours recommencée. De cette confrontation naît une richesse que la Nature a tôt fait de mettre à profit.

Dans cet univers humide, sur cette kyrielle de miroirs dansottent des milliers d’étoiles scintillantes autour duquel, l’homme, parfois maladroitement, aménage l’espace, implante des salins ici, plante de la vigne là-bas, prélève sobrement poissons et crustacés, pleinement satisfait de vivre au milieu de ce garde-manger bien garni.

 Cette terre, bien que frêle, mais d’une grande richesse ressemble au paradis. Chacun sait que l’on ne prête qu’aux riches, dans cette contrée de France, le beau côtoie le merveilleux. Quoi de plus beau que les oiseaux de mer, les oiseaux d’étang, les oiseaux de plaine et les oiseaux de garrigue pour acquérir le titre de paradis ? Il suffit d’épier discrètement les dortoirs ou lever les yeux vers le ciel pour que l’ensemble se transforme, alors, en une terre fabriquée par les dieux !

Les plages, les rivages, les falaises, les salins, les lagunes, les rivières, les embouchures, les prés humides, les champs, les vignes, les haies, les rocailles, à chacun sa maison pour nos amis à plumes. Ils sont des milliers à hanter les flots irisés par la brise marine ou la tramontane, à écouter la complainte des roseaux, la rengaine lancinante des cigales, le perpétuel ressac des vagues, ils sont des centaines dans notre région à tracer des volutes éphémères ou des arabesques dans l’immensité du ciel. Près de 350 espèces sont présentes de façon permanente ou saisonnière sur cette frange côtière. De magnifiques boules de plumes de toutes les couleurs, de toutes les tailles enjolivent et animent le décor. Ils font partie intégrante de nos paysages, de notre culture. Ils apportent l’évasion, la grâce, le rêve car tous les oiseaux sont des voyageurs en puissance.

 Informés par je ne sais quelle horloge, des centaines d’individus se rassemblent sur les étangs, attendant les conditions les plus favorables pour entreprendre la migration. Un classique jamais démodé. Chaque année, le flamand rose, la star incontournable des lagunes autour du golfe du Lion, cancane avec force plusieurs jours pour rassembler les colonies de son espèce, avant de s’envoler dans un assourdissant froissement d’ailes vers des contrées où l’été est perpétuel. Un spectacle inoubliable. Ce n’est jamais qu’un pathétique au-revoir.

 Il y a plus de 2 000 ans lorsque les Romains bâtissent le comptoir de la Colonia Julia Narbo Martius, aujourd'hui Narbonne, et construisent le port au bord de l’étang de Bages-Sigean qui débouche sur la Méditerranée, les nouveaux colons  prédisent la qualité et quantité des récoltes ou la bonne fortune en écoutant le vol et le chant des oiseaux !

Certains trouveront la perception que j’ai de ma région exagérée, voire exaltée. Ce n’est qu’une appréciation personnelle, en aucun cas dirigée à l’encontre d’autres horizons. Heureusement pour les hommes qui l’habitent, la planète est truffée de lieux sublimes. Je n’y peux rien si ma « Terre » est parmi les plus belles, mais si on la respecte, je veux bien la partager.

 

 

Quel que soit ton lieu de vacances,

tous les déchets vont à la mer,

et notre avenir dépend de la santé des océans.

Le Migjorn, le terrible vent de la mer.

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30 mars 2016         Le 12 décembre 1581, un grand voilier, surpris par une violente tempête cherchait vainement à atteindre Port-Vendres. La violence des éléments était telle que le navire en difficulté ne put franchir la passe. Heureusement il eut la possibilité de se rabattre sur Collioure où il trouva refuge.

Sur la plage d'Avall, la tour qui servait de phare et protégeait tout le quartier du «Botiguer» au milieu des arsenaux et ses chantiers n'avait jamais vu une embarcation dans une situation aussi difficile.
Alertés, les villageois, les marins et pêcheurs groupés sur la plage, effarés et impuissants, regardaient avec inquiétude. Ce vaisseau balloté par une mer déchaînée pouvait sombrer à chaque seconde. Finalement, le bateau s'arrima au débarcadère. Passagers et matelots, débarquèrent difficilement à terre, visiblement soulagés.
Mais quel était donc ce voilier élégant qui par un temps exécrable venait s'échouer à Collioure ? Parti de Gênes à destination de l'Espagne, il avait dû, déjà, faire escale à Marseille à cause du mauvais temps qui, loin de s'améliorer, le contraignait encore à chercher refuge sur la côte catalane. Tous les marins de Catalogne connaissent le dicton : Vent de Ponent, Fa fugir la gens ! C'est le vent impétueux du sud-ouest, soufflant en fortes rafales, et plus connu de nos jours sous le nom de « migjorn ».
Le fait de voir un magnifique vaisseau en difficulté dans une tempête est assez fréquent, mais ce qui l'était moins, c'était la beauté du bateau et la qualité des passagers. Ce n'est pas tous les matins que l'on accueille, même à l'improviste, l'Impératrice d'Allemagne en personne, Sa Majesté Maria, veuve de Maximilien II, roi de Bavière et de Hongrie, fille de Charles-Quint et sœur du roi d'Espagne, Philippe II qui régnait alors sur le Roussillon ! Dès qu'on sut de qui il s'agissait, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Ce fut un événement considérable pour toute la cité catalane.
Parmi la suite d'illustres et nombreux personnages qui l'accompagnaient, se trouvaient Ferdinand de Gonzague, marquis de Castiglione, prince du Saint-Empire ; son épouse, la marquise Marthe, dame d'honneur de la reine, et leurs 3 enfants : Isabelle, Rodolphe et Louis. Ce dernier, qui était alors âgé de 14 ans, n'était autre que celui qui sera un jour vénéré sous le nom de Saint Louis de Gonzague.
Au milieu d'une foule compacte, le cortège royal, alla se reposer quelques instants au monastère des Dominicains à quelques pas de la mer. Puis escortés par les consuls de la ville et des autorités, ils se dirigèrent vers le château Royal où ils demeurèrent une dizaine de jour
Durant leur séjour ces illustres personnages ne manquèrent sans doute pas d'être séduits par le charme du site et d'en admirer la beauté. Mais ce qui les toucha le plus fut l'accueil chaleureux qui leur était réservé. Plus de 2 000 personnes, venues des environs, s'empressèrent d'apporter leurs hommages à la reine. Et comment n'aurait-elle pas attiré tant de sympathie cette mère qui en 28 ans de mariage avait mis au monde 15 enfants dont 9 garçons et 6 filles !
Une autre preuve tangible de la considération envers la reine Marie fut fournie par les consuls de Perpignan, lesquels lui firent apporter le 19 décembre un cadeau de bienvenue : 4 agneaux, 2 veaux, 3 moutons, 50 paires de chapons, 100 perdrix et lapins, une charge (120 litres) de vin muscat, une charge de vin blanc, une charge de vin clairet vieux (rancio), etc, etc. J'arrête là tant la liste des victuailles offertes s'allonge démesurément. Une telle quantité de produits alimentaires mise à la disposition de la reine et de tout son entourage, prouve combien ils furent bien traités en Roussillon et donne aussi une idée du grand nombre de personnes qui l'accompagnaient.
Le 22 décembre eut lieu le départ pour Perpignan. Sa Majesté Maria fit le voyage sur une litière. Les consuls de Perpignan et les plus hautes autorités du Roussillon vinrent à sa rencontre à une certaine distance de la ville. Là tous les honneurs dus à son rang lui furent encore rendus. Le cortège prit ensuite la chemin de l'Espagne, tandis que le bateau royal remis de ses émotions reprendra le large quelques jours plus tard
Cependant cette visite princière inattendue ajoutait une page de plus à l'histoire de Collioure et de son château. Elle avait sans doute frappé l'esprit des témoins de cet événement, car ils eurent soin de le consigner dans les archives de leur ville.
Sources : D'après des notes de Mr Henri Ribeil, les ouvrages de Tolra de Bordas et de Mr Henry. Textes adaptés à L'eau qui chante par Christian Tena.