La "barraca" du pêcheur à l'étang.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

           L’espace lagunaire a été un milieu occupé et exploité de longue date par les hommes qui ont choisi de passer outre les conditions de vie pénibles pour bénéficier des ressources abondantes et faciles d’accès des étangs. Sur le littoral roussillonnais, cette communauté tournée vers le milieu lagunaire, habitait dans la « barraca » (cabane en français) au bord de l’eau sur le cordon de dunes que la tramontane s’acharnait à ériger et à déplacer au fil des saisons sur le littoral encore vierge de tout urbanisme. Une forme d’habitat ancestral qui a perduré sur la côte catalane et plus particulièrement en milieu lagunaire. Les pêcheurs édifiaient la « barraca », avec des matériaux de récupération. Une règle obligatoire : le vent dominant, la tramontane, toujours dans le dos. Souvent l’armature était en bois flotté que les tempêtes avaient rejeté sur le rivage. Les murs et le toit constitué de bottes de« sanils », le roseau qu’ils trouvaient sur place, astucieusement disposés empêchant les infiltrations d’eau ou les vents de pénétrer. Certaines possédaient une cheminée. Toute la communauté, unie comme les doigts d’une main s’entraidaient pour édifier le nid familial. Avec des moyens très limités, c’était du grand art ! 

Le village des pêcheurs de l'étang de Canet-St Nazaire, grandeur nature, plonge le visiteur dans une époque où la vie quotidienne était diffile et rude mais une grande solidarité soulageait le monde ! 

 

A mi-chemin entre Canet en Roussillon et St Cyprien, entre mer et étang, le lieu-dit les "Basses" est l'entrée principale d'un endroit qui retient le temps. Reconstruit à l'identique, le typique village des pêcheurs de l'étang bâti en roseaux prélevés sur place, vestige d'une époque pas si lointaine accuelle les visiteurs. Un sentier invite le promeneur à parcourir le grand tour de la lagune de Canet-St Nazaire seul, en famille, à pied, en VTC ou à cheval. Alors un parcours botanique et ornithologique de qualité vous réconcilie avec une nature sauvage et préservée. Seule, une douce tramontane d'été et les battements d'ailes des oiseaux rompent le silence. Et si, selon la saison, si vous entendez le singulier caquétement et découvrez une colonie de flamants roses au nord de l'étang qui se rassemble avant de s'envoler vers des contrées lointaines, vous serez récompensé par ce spectacle fabuleux. 

 

Les sentiers des douaniers.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

                 Transfrontalière avec l'Espagne, la côte catalane est bordée de sentiers empruntés autrefois par les douaniers afin de contrôler la contrebande, une activité lucrative mais illicite. Ces sentiers, que l’on emprunte pour se promener en bord de mer, ont été créés en 1791 par l’administration des douanes pour assurer la surveillance du littoral. Afin de permettre aux agents de l'Etat de circuler facilement tout au long du littoral à travers vignes, maquis ou criques discrètes, de petits aménagements y sont apportés, abris, guérittes, escaliers, petits ponts… Et lorsqu’une clôture barre le passage, les propriétaires sont tenus de prévoir des portes d’accès et d’en donner les clefs aux agents. De nombreux abris sont construits tout au long du parcours, pour permettre les haltes en cours de ronde mais également pour servir de poste d’observation. Avec cet accès sans restriction à l’ensemble des côtes, les douaniers peuvent empêcher la contrebande, prévenir les secours en cas de naufrage, enrayer le passage des clandestins mais également participer à la protection du territoire. En usage jusqu’au milieu du XXème siècle, ils sont peu à peu laissés à l’abandon jusqu’à ce qu’une loi de 1976 établisse le droit pour tous de circuler librement sur l’ensemble du littoral. Une servitude de passage de 3 m est instaurée sur les propriétés privées de bord de mer. Les sentiers des douaniers sont depuis réaménagés pour le plus grand plaisir de tous les promeneurs et randonneurs qui évoluent dans un cadre maritime grandiose. 

Dicton. Un bateau est une beauté et

un mystère quel que soit l’endroit où on le voit

Le dauphin, roi en Méditerranée.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

         Prince des mers et des océans, le dauphin est adulé des hommes depuis la plus Haute Antiquité. Ce mammifère marin doté d’une rare intelligence fait montre d’une adaptation parfaite à l’univers marin, en particulier dans les eaux chaudes de la Méditerranée.  C’est grâce à une peau lisse, aux propriétés étonnantes, à un corps fuselé comme une torpille ainsi qu’à une nageoire caudale, musclée et puissante, rapide comme un hors-bord, équipé d’un sonar comme un sous-marin, un véritable bolide des mers et des océans, le dauphin peut aussi bien battre des records olympiques de sauts en hauteur que défendre un port contre l’incursion de plongeurs ennemis. Alors qu’un champion olympique de natation atteint péniblement la vitesse de 9 km/heure, le dauphin peut fendre l’eau à 50 km/heure. Un atout qui fait de lui un excellent chasseur, rarement inquiété par d’autres prédateurs.Nageur exceptionnel remarquablement adapté à son milieu, le dauphin est également doté de 4 sens bien affûtés, puisqu’il est capable de voir aussi bien sous l’eau qu’à la surface, de percevoir la provenance d’un son, de distinguer le goût des aliments et de communiquer grâce au toucher avec ses congénères. Seul sens perdu, l’odorat lui fait défaut. Magnifique spectacle que celui d’une troupe de centaines, voire des milliers de dauphins marsouinant dans un bel ensemble à la crête des vagues ! Animal social s’il en est, ce mammifère marin ne vit que très rarement en solitaire car, de son appartenance au groupe, dépend sa survie.Si le dauphin n’est pas encore inscrit sur la triste liste des espèces les plus menacés dans le monde, sa situation n’en demeure pas moins préoccupante dans le cas de plusieurs espèces. Plus que les mâchoires de l’orque son ennemi le plus redouté, c’est bien sûr des méfaits de l’homme dont il est tout d’abord victime.Sociable, joueur et intelligeant, le dauphin communique avec les autres membres de son groupe en émettant des ultrasons. Un grand ami des hommes, qui a gagné d’emblée toute notre sympathie par son bon air hilare et par ses attitudes drôles, émouvantes ou surprenantes qui marquent durablement les esprits. Le dauphin possède un rictus sympathique qui nous semble perpétuellement espiègle. 

Au travers de leur diversité, leurs modes de vie, leur histoire mais également des rapports que nous entretenons avec eux de par le monde, un portrait se dessine. Il permet de cerner les menaces qui pèsent aujourd'hui sur les 5 espèces de dauphins vivant au large des côtes languedociennes et catalanes. Mieux vaut prévenir ! 

 

Petits règlements sur la plage.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

En juillet et août, la plage du front de mer de Canet en Roussillon est bondée, chaque petit carré de sable est occupé, il est important que chacun respecte le savoir-vivre afin que les vacances soient pour tous un espace de convivialité et de bonheur !  

Camper sur la plage ? La plage relève du domaine public maritime et, de ce fait, il est interdit d’y faire du camping sauvage, sauf dérogation. Un panneau placé à l’entrée rappelle en général cette interdiction. Certaines villes tolèrent néanmoins que l’on dorme sur la plage à la belle étoile, à condition de se montrer discret, d’utiliser un simple duvet et de quitter les lieux au lever du jour, avant que les vacanciers ne posent leurs serviettes de bains. Surtout pas question de feu de camp, ni de pique-nique nocturne !

Le droit de servitude. Sur le littoral comme sur les îles privées, un passage minimal de 3 mètres entre mer et plage doit être accessible à tous : c’est le droit de servitude. L’autorité administrative peut exceptionnellement suspendre cette obligation. Mais il est interdit de s’enfoncer sur les îles ou sur les propriétés privées : ce serait enfreindre le principe de respect de la propriété privée.

Pêcher où on veut ? Non, que ce soit sur un navire de plaisance, sur une digue ou sur les rochers, sous l’eau ou sur un estran, la pêche maritime de loisir, pratiquée par quelques 2,5 millions de personnes en France, est soumise à des règles. Le pêcheur doit notamment respecter les zones et les périodes ouvertes à la pêche, définies par la Préfecture. Parcs nationaux et sites militaires sont généralement interdits à la pratique de la pêche.

Loisirs nautiques. Sur la Méditerranée 20 millions de français pratiquent des activités nautiques en été : plongée, kitesurf, jet-ski, planche à voile, sans compter les bateaux et matelas pneumatiques. Comment en profiter sans se mettre en danger ? Voici quelques conseils. Tout d’abord, habituez-vous en douceur à votre environnement de vacances. Commencez vos nouvelles activités progressivement et renseignez-vous auprès des postes de secours des conditions météorologiques. Ne recherchez pas l’exploit, apprenez à connaître vos limites. Ainsi, vous vivrez à fond et en sécurité vos meilleurs moments de vacances.

Il n’est jamais trop tôt pour sensibiliser les enfants

aux risques courus sur l’eau et sur le sable.

De la rame au canon en Méditerranée.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

                        Jusqu’à l’apparition du canon, les combats navals se déroulaient bord contre bord, « à l’abordage », ce qui avantageait les embarcations rapides et maniables. En Méditerranée, où l’irrégularité des vents a joué des tours à plus d’un marin, la rame fut très tôt le mode de propulsion le plus répandu car il permettait une grande souplesse de manœuvre, facilitée d’ailleurs par la faiblesse de la houle. Les armes utilisées étaient l’éperon (pour percer la coque des navires ennemis), le grappin et toutes les armes individuelles de l’époque : arcs et flèches, glaives, poignards, javelots, etc. Le combat naval d’Alalie eut lieu à proximité de la Corse où il opposa les Phocéens à la coalition formée par les Carthaginois et les Etrusques. Les Phocéens « grecs » expulsés d’Asie Mineure par les Perses (au VIème siècle avant J.C), avait décidé d’émigrer vers l’Occident et de transformer leur colonie d’Atalie en un centre d’activités commerciales, c'est-à-dire en un foyer de piraterie. C’est pourquoi les Etrusques et les Carthaginois s’étaient unis contre eux. Après la bataille, les Grecs durent abandonner l’hégémonie de la Méditerranée orientale aux Carthaginois qui fermèrent l’accès au détroit de Gibraltar. Le triomphe des Grecs sur les Perses, à Salamine, au cours de la seconde guerre médique (Vème siècle avant J.C) fut beaucoup plus déterminant pour la civilisation occidentale. Le combat débuta dans l’étroit canal qui sépare l’île au continent. Quand l’armée de Darius 1er dut traverser la mer de Corinthe pour soumettre le dernier réduit grec (le Péloponnèse), une petite flotte attaqua ses bateaux bien alignés. Les Perses, qui croyaient pouvoir encercler les Grecs dans la baie d’Eleusis, furent tellement surpris par cette offensive qu’ils perdirent le contrôle de leurs bateaux. En s’unissant, les Grecs avaient réussi à vaincre une armée pourtant beaucoup plus puissante que la leur. La dernière grande bataille qui mit en présence des bateaux à rames fut celle de Lépante, en 1571. Depuis le début du XVIème siècle, les Turcs, qui s’étaient déjà approprié l’Empire byzantin après la chute de Constantinople en 1453, s’efforçaient d’imposer leur loi à l’Europe occidentale. Ils attaquaient les bateaux en Méditerranée et installaient des garnisons en certains endroits stratégiques. A cette époque, le dernier réduit vénitien à Chypre tomba au pouvoir des Ottomans, ce qui détermina l’intervention immédiate de la Sainte Ligue. Venise demanda l’aide des pays européens, mais seuls le pape et Philippe II d’Espagne lui répondirent. On réunit un contingent de plus de 300 bateaux dont 164 espagnols, neuf maltais, 12 du Vatican et 140 italiens. Le commandement de la flotte fut assuré par Sébastien Veneiro, celui de la flotte vaticane par Marco Antonio Colonna, et celui de la flotte génoise par Andrea Doria. Au départ de Messine, cette immense armada comptait 30 000 hommes. Jean d’Autriche capitaine de l’expédition se décida à lancer l’attaque. C’est à Lépante que la flotte espagnole rejoignit les Turcs commandés par Ali Pacha. L’excellent armement des 27 navires espagnols et l’efficacité des arquebusiers furent des facteurs décisifs du combat. Le bateau royal de Jean d’Autriche fut attaqué et abordé par Ali, qui avait prévu d’attirer la flotte chrétienne vers l’intérieur du golfe et de l’encercler à ce moment-là. Après 2 heures d’une lutte indécise, les soldats de la Ligue, repoussés par trois fois, abordèrent le vaisseau-amiral ennemi et tuèrent Ali Pacha. C’est à Lépante que l’expansion turque connut son premier coup d’arrêt. Chypre continua à être dominée par les Ottomans, mais une entente fut signée et les Turcs se remirent promptement de leurs pertes.