Le canon de Banyuls sur Mer

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le canon de Banyuls sur Mer (Côte Vermeille). 

             Afin de lutter contre les incursions violentes et répétées des pirates, corsaires et flubustiers, durant le XVIIIème siècle un canon est installé en hauteur sur le cap d’Osna à l’entrée nord de la baie de Banyuls sur Mer et une redoute est bâtie au pied de la plage dans une zone encore vierge de toute construction. Vers 1850, le canon du cap d’Osna n’a plus aucune utilité ; il est enlevé en 1902. Pendant une longue période il décore le jardin d’une grande demeure locale; en 1967, la commune le récupère et l’installe sur un support de béton et de schiste en front de mer à la place qu’il occupe actuellement. Témoingnage d’une part importante de la riche histoire de Banyuls sur Mer, l’un des joyaux de la Côte Vermeille, qui ne fut pas épargnée par les hordes sauvages qui écumaient la Méditerranée en ce temps là. 

Après le rattachement du Roussillon à la France en 1659, cette "bombarde" posté à mi-hauteur sur le cap d'Osna (nord de la baie), défendait la baie afin de protéger la population de Banyuls de la Marenda face aux intrusions sauvages des pirates, nombreuses à cette époque.



Pirateries sur la Costa Brava.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

               Traditionnellement associés aux mers des Antilles et de Chine méridionale, les pirates ont toutefois été très actifs durant des siècles le long de la Costa Brava. Rarement avides d’or et joyaux, cliché habituel, ils s’intéressaient surtout aux épices, vins et céramiques, et, plus sinistrement, au trafic humain, pour l’esclavage ou les rançons.

Un des premiers actes de piraterie connu date de 75 avant Jésus-Christ. Des pirates grecs, revenant d’Empùries, kidnappèrent Jules César et réclamèrent une rançon dérisoire. Offensé par cette somme insignifiante et craignant pour sa réputation, Jules César ordonna à ses geôliers de doubler ce montant. Après sa libération, il traqua et captura ces mécréants, leur offrit un magnifique banquet pour les remercier de lui avoir permis de revenir à Rome en héros, avant de les faire exécuter tous.

L’âge d’or de la piraterie sur le littoral catalan s’étend du XIVème du XVIIème siècle. Les nombreuses structures défensives côtières édifiées durant cette époque assuraient une défense contre les nations belliqueuses mais aussi contre les attaques des pirates. Le castell de la Trinitat, forteresse de garnison construite en 1544, qui couronne la pointe de la Poncella et surplombe le phare et le port de Rosas est un exemple encore visible, comme la Torre dels Moros (tour des Maures) à Tossa de Mar. Des feux étaient allumés pour donner l’alarme et appeler les cités voisines à l’aide.

Les légendes et mythes abondent et la nationalité des pirates qui sévissaient sur la côte de l’Empordà est bien difficile à déterminer. Grecs, Turcs, Phéniciens, Libanais, Corses, et même les Vikings, ont été cités parmi les pirates de la Côte des Barbaresques, de l’Algérie au Maroc. D’après l’opinion générale, un grand nombre de navires pirates de l’Ampurdan emportaient des équipages renégats, recrutés dans tout le bassin méditerranéen ne manifestaient que peu ou pas d’allégeance à un Etat. Les équipages se composaient souvent de marins « affranchis » des vaisseaux sur lesquels ils avaient été enrôlés de force pour le compte d’une nation reconnaissante.

Le pirate turc Hayreddin plus connu sous le nom de Barberousse, compte parmi les pirates les plus tristement célèbres pour avoir terrorisé la Costa Brave. En 1543, son équipage attaque la ville de Palamos au petit matin, pillant tout sur son passage et massacrant la plupart des habitants. En fait, les pirates tels que Barberousse pourraient être plus clairement dénommés « corsaires », mercenaires marins accrédités par une nation souveraine désireuse de « se tenir à distance » des actes de pillage et de terreur qu’elle sponsorisait. Hayreddin alias Barberousse fut finalement récompensé de ses efforts en étant nommé Amiral de la Marine Ottomane.

Bien que la piraterie fasse partie du passé de la Costa Brava, à L’Estartit, en été, l’équipage d’un navire pirate « El corsari negre »( Le corsaire noir) superbe réplique d’une goélette en bois, propose des excursions à la découverte des criques et anses isolées qu’hantaient les pirates, y compris de leur légendaire repaire, les îles Mèdes. 

La Torra (tour) de Montgo à La Escala (Costa Brava) est une tour de guet édifiée au XVIème siècle sur la punta (pointe) de Trencabraços située au sud de la baie de Rosas. Le rôle de la tour était de prévenir les habitants de l'arrivée de visiteurs indésirables venant de la Méditerranée, notamment les hordes sauvages de pirates qui semaient la terreur en pillant et tuant les misérables villageois qui résistaient.

 

La "barraca" du pêcheur à l'étang.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

           L’espace lagunaire a été un milieu occupé et exploité de longue date par les hommes qui ont choisi de passer outre les conditions de vie pénibles pour bénéficier des ressources abondantes et faciles d’accès des étangs. Sur le littoral roussillonnais, cette communauté tournée vers le milieu lagunaire, habitait dans la « barraca » (cabane en français) au bord de l’eau sur le cordon de dunes que la tramontane s’acharnait à ériger et à déplacer au fil des saisons sur le littoral encore vierge de tout urbanisme. Une forme d’habitat ancestral qui a perduré sur la côte catalane et plus particulièrement en milieu lagunaire. Les pêcheurs édifiaient la « barraca », avec des matériaux de récupération. Une règle obligatoire : le vent dominant, la tramontane, toujours dans le dos. Souvent l’armature était en bois flotté que les tempêtes avaient rejeté sur le rivage. Les murs et le toit constitué de bottes de« sanils », le roseau qu’ils trouvaient sur place, astucieusement disposés empêchant les infiltrations d’eau ou les vents de pénétrer. Certaines possédaient une cheminée. Toute la communauté, unie comme les doigts d’une main s’entraidaient pour édifier le nid familial. Avec des moyens très limités, c’était du grand art ! 

Le village des pêcheurs de l'étang de Canet-St Nazaire, grandeur nature, plonge le visiteur dans une époque où la vie quotidienne était diffile et rude mais une grande solidarité soulageait le monde ! 

 

A mi-chemin entre Canet en Roussillon et St Cyprien, entre mer et étang, le lieu-dit les "Basses" est l'entrée principale d'un endroit qui retient le temps. Reconstruit à l'identique, le typique village des pêcheurs de l'étang bâti en roseaux prélevés sur place, vestige d'une époque pas si lointaine accuelle les visiteurs. Un sentier invite le promeneur à parcourir le grand tour de la lagune de Canet-St Nazaire seul, en famille, à pied, en VTC ou à cheval. Alors un parcours botanique et ornithologique de qualité vous réconcilie avec une nature sauvage et préservée. Seule, une douce tramontane d'été et les battements d'ailes des oiseaux rompent le silence. Et si, selon la saison, si vous entendez le singulier caquétement et découvrez une colonie de flamants roses au nord de l'étang qui se rassemble avant de s'envoler vers des contrées lointaines, vous serez récompensé par ce spectacle fabuleux. 

 

Les sentiers des douaniers.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

                 Transfrontalière avec l'Espagne, la côte catalane est bordée de sentiers empruntés autrefois par les douaniers afin de contrôler la contrebande, une activité lucrative mais illicite. Ces sentiers, que l’on emprunte pour se promener en bord de mer, ont été créés en 1791 par l’administration des douanes pour assurer la surveillance du littoral. Afin de permettre aux agents de l'Etat de circuler facilement tout au long du littoral à travers vignes, maquis ou criques discrètes, de petits aménagements y sont apportés, abris, guérittes, escaliers, petits ponts… Et lorsqu’une clôture barre le passage, les propriétaires sont tenus de prévoir des portes d’accès et d’en donner les clefs aux agents. De nombreux abris sont construits tout au long du parcours, pour permettre les haltes en cours de ronde mais également pour servir de poste d’observation. Avec cet accès sans restriction à l’ensemble des côtes, les douaniers peuvent empêcher la contrebande, prévenir les secours en cas de naufrage, enrayer le passage des clandestins mais également participer à la protection du territoire. En usage jusqu’au milieu du XXème siècle, ils sont peu à peu laissés à l’abandon jusqu’à ce qu’une loi de 1976 établisse le droit pour tous de circuler librement sur l’ensemble du littoral. Une servitude de passage de 3 m est instaurée sur les propriétés privées de bord de mer. Les sentiers des douaniers sont depuis réaménagés pour le plus grand plaisir de tous les promeneurs et randonneurs qui évoluent dans un cadre maritime grandiose. 

Dicton. Un bateau est une beauté et

un mystère quel que soit l’endroit où on le voit

Le dauphin, roi en Méditerranée.

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         Prince des mers et des océans, le dauphin est adulé des hommes depuis la plus Haute Antiquité. Ce mammifère marin doté d’une rare intelligence fait montre d’une adaptation parfaite à l’univers marin, en particulier dans les eaux chaudes de la Méditerranée.  C’est grâce à une peau lisse, aux propriétés étonnantes, à un corps fuselé comme une torpille ainsi qu’à une nageoire caudale, musclée et puissante, rapide comme un hors-bord, équipé d’un sonar comme un sous-marin, un véritable bolide des mers et des océans, le dauphin peut aussi bien battre des records olympiques de sauts en hauteur que défendre un port contre l’incursion de plongeurs ennemis. Alors qu’un champion olympique de natation atteint péniblement la vitesse de 9 km/heure, le dauphin peut fendre l’eau à 50 km/heure. Un atout qui fait de lui un excellent chasseur, rarement inquiété par d’autres prédateurs.Nageur exceptionnel remarquablement adapté à son milieu, le dauphin est également doté de 4 sens bien affûtés, puisqu’il est capable de voir aussi bien sous l’eau qu’à la surface, de percevoir la provenance d’un son, de distinguer le goût des aliments et de communiquer grâce au toucher avec ses congénères. Seul sens perdu, l’odorat lui fait défaut. Magnifique spectacle que celui d’une troupe de centaines, voire des milliers de dauphins marsouinant dans un bel ensemble à la crête des vagues ! Animal social s’il en est, ce mammifère marin ne vit que très rarement en solitaire car, de son appartenance au groupe, dépend sa survie.Si le dauphin n’est pas encore inscrit sur la triste liste des espèces les plus menacés dans le monde, sa situation n’en demeure pas moins préoccupante dans le cas de plusieurs espèces. Plus que les mâchoires de l’orque son ennemi le plus redouté, c’est bien sûr des méfaits de l’homme dont il est tout d’abord victime.Sociable, joueur et intelligeant, le dauphin communique avec les autres membres de son groupe en émettant des ultrasons. Un grand ami des hommes, qui a gagné d’emblée toute notre sympathie par son bon air hilare et par ses attitudes drôles, émouvantes ou surprenantes qui marquent durablement les esprits. Le dauphin possède un rictus sympathique qui nous semble perpétuellement espiègle. 

Au travers de leur diversité, leurs modes de vie, leur histoire mais également des rapports que nous entretenons avec eux de par le monde, un portrait se dessine. Il permet de cerner les menaces qui pèsent aujourd'hui sur les 5 espèces de dauphins vivant au large des côtes languedociennes et catalanes. Mieux vaut prévenir !