Peau bleue ou peur bleue !

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

      Il faut savoir que 51espèces de requins vivent en Méditerranée, y compris des requins blancs. Les requins bleus ou peau bleue, pour la plupart des espèces pélagiques, c'est-à-dire vivant en pleine mer mais dont 45 espèces apparaissent souvent au plus près des côtes du golfe du Lion. Un très beau poisson avec une forme effilée dont la taille peut atteindre 4 mètres et de couleur bleue qui lui a donné le nom de requin « peau bleu ».

Des défenseurs de l’environnement appuyés par la communauté scientifique s’indignent du traitement réservé à ces splendides poissons qui aiment fréquenter la Méditerranée. Ces requins inoffensifs sont victimes de la sulfureuse réputation de squales attirés par l’odeur de sang et qui « mangent » les surfeurs dans les eaux des îles paradisiaques de l’hémisphère Sud.

Lorsqu’un aileron apparaît à quelques centaines de mètres des plages du littoral languedocien ou catalan la panique est générale. Une psychose injustifiée car ces requins ne sont pas dangereux pour l’homme.

Le littoral méditerranéen sert de pouponnière, ce sont souvent des bébés requins que l’on voit dans des eaux peu profondes ou des requins adultes curieux en quête de nourriture mais pas de chair humaine ! En tout cas cette présence témoigne de la bonne santé de l’écosystème marin et si leurs approches semblent de plus en plus fréquentes, le phénomène est dû en grande partie à l’armada de bateaux de plaisance en mer et à la profusion d’appareils de photos ou vidéos qui immortalisent les rencontres fortuites en mer.

Un scientifique trace un tableau avantageux des squales de Méditerranée : il n’y a eu aucune attaque mortelle recensée du requin bleu dans le monde explique t-il en martelant ses mots. Ces espèces mangent à 90% des calmars, des sardines et des anchois. Ils sont totalement inoffensifs pour l’homme et si un requin est pris dans les filets de pêche, il faut le remettre aussitôt dans son milieu naturel car il n’a aucun intérêt commercial mais il joue un rôle prépondérant dans l’écosystème marin.

Objet d’une traque dépassée, il faut cesser le massacre et arrêter de pêcher les plus petits. Un exposé pédagogique qui commence à interpeller les pêcheurs professionnels et les férus de pêche sportive. 

Muscles et filets.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le Roussillon inspire autant qu’il fascine. On adore son soleil, ses plages de sable fin et ses traditions. Justement il y a encore parmi son art de vivre d’autrefois « la pesque à l’art » c'est-à-dire la pêche à la traîne en français. Alors si vous aimez la mer et les poissons, participez à une démonstration de pêche à la traîne pratiquée depuis les années 1950 sur la plage de Canet en Roussillon. Le principe est assez simple : une barque déploie un immense filet en forme d’arc dan les flots au large, à environ 300 mètres du rivage. Puis 2 équipes en colonne, de part et d’autre des extrémités le hissent  sur la plage à la seule force des bras. Cette opération nécessite plusieurs dizaines de personnes dont vous deviendrez acteur ! Après l’effort, le réconfort, l’exercice se termine par la distribution du poisson capturé. 

 

Citoyen de la mer.

Les dix commandements : la charte de la SNSM comprend 10 points essentiels faciles à retenir et à mettre en pratique.

S’informer du milieu maritime où il va pratiquer.

Etre conscient de ses limites.

Connaître et maîtriser l’engin nautique utilisé.

S’assurer de la sécurité de son matériel

Se préparer à devenir sauveteur soi-même

Surveiller l’environnement

Porter systématiquement secours aux personnes en difficulté.

Entretenir sa connaissance sur les autres acteurs du milieu maritime.

Rester courtois en toutes occasions.

Respecter l’environnement.

Berceau des loisirs.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

          Autour de la « medius terrae », la mer au milieu des terres, se sont propagées au fil des siècles les plus brillantes civilisations. Dans son ciel pur, les étoiles ont guidé les navigateurs antiques vers la découverte des rivages occidentaux.Les conquérants Crétois, Egyptiens, Mycéniens, Phocéens, Phéniciens, Turcs, Arabes, Grecs et Romains ont construit, à l’embouchure des fleuves, des ports qui servaient à la pénétration des pays et le long du rivage de la Méditerranée ont installé des comptoirs. Les vestiges grecs et romains sont encore visibles dans notre région à Narbonne, Agde, Roses, La Escala, Barcelona, ou Tarragona. Des routes maritimes sont tracées sur cette mer parsemée d’îles, ce qui a facilité le cabotage et la navigation. Le climat particulièrement favorable à l’épanouissement  de la vie humaine, à la flore et à la faune, avec ses printemps vivifiants, ses étés secs et chauds, tempérés par la brise marine, ses automnes doux et hivers tièdes attirent commerçants, intellectuels, artistes. La Méditerranée fut la plaque tournante idoine pour divulguer l’esprit et la pensée du monde ancien. Puis, les unes après les autres, toutes les civilisations se sont endormies dans l’éternité de l’Histoire laissant à l’Occident leur culture et leur immense savoir. Perpétuellement le monde se métamorphose. D’autres populations sont attirées par ce grand espace bénie des dieux. Venues de pays aux climats moins cléments, ce sont des peuplades qu’on dénomme les touristes ! Ils ont découvert la douceur de vivre au soleil de la Méditerranée. Tout au long de l’année ils ont rêvé aux longues plages de sable doré, de criques sauvages, de calanques aux eaux cristallines comme un diamant. Aux premières chaleurs de juin, la transhumance s’active, allant crescendo jusqu’au mois d’août. Des millions d’estivants s’installent sur 30 000 kilomètres de côtes ensoleillées. Chacun trouve autour de lui ce qu’il recherche. Le farniente sur les plages de sable ou de galets, le délassement au bord d’une petite crique, la clarté d’îles aux senteurs d’iode pur, une plongée sous-marine écologique ou une sortie nocturne. Bien d’autres activités sont possibles. Peut-être même, qu’un vieux marin, la figure mangée de barbe blanche, d’un revers de main débarrassant l’horizon des luttes silencieuses pour piéger le poisson à une époque où au milieu de tant de misère et de laideur halant sur les manouvres car leur vie et celles de leurs familles en dépendait. Un fabuleux héritage en perdition car hommes et bateaux ne sont plus que poussière. Ces photos jaunies puissent-t-elles les sauver de l’oubli. Pour ces hommes formés à la rude école, de leur gré ou souvent de force, la mer est le seul métier, le seul refuge.La majesté de la mer et du ciel met en valeur les silhouettes rudes, vigoureuses, cahotantes des bateaux de pêche récoltant la moisson de la mer. On peut presque sentir les mains gercées des pêcheurs sur les câbles rugueux et la toile raide. Mais ces hommes étaient de la race de ceux qui menaient les grands cotres de course.

La merveilleuse lumière méditerranéenne marie les styles disparates. Elle irradie d’un bonheur de vivre éclatant et plonge les rivages parfumés dans une euphorie enchanteresse. Dans les ports où tout l’hiver l’angoisse succède à l’espérance. Dans l’éternel été du Midi, où ports et criques se rôtissent au soleil. Les paysages ont gardé la simplicité et la pureté ancestrale. Ils sont truffés de vestiges historiques grandioses.Les bateaux de pêche et leurs équipages étaient là avant son arrivée et après qu’il eut disparu. C’était de grands bateaux, robustes avec leur coque noire à cette époque, et construits aussi lourdement que des églises de campagne pour durer plus d’une génération.

La prairie sous la mer.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

       L’herbier de posidonie offre un lieu de vie privilégié pour une multitude d’espèces. Du haut des feuilles inondées de lumière, jusqu’à la matte souterraine riche en cavités obscures, chaque organisme y trouvera les conditions optimales pour se développer. Parmi ces nombreuses espèces, la Grande nacre (pinna nobilis), espèce protégée, trouve dans l’herbier de posidonie un habitat de prédilection. De forme triangulaire et allongée, la grande nacre, espèce endémique de Méditerranée est un grand coquillage bivalve qui peut atteindre 80 cm de haut.

La plupart des variétés qui broutent l’herbier se nourrissent en fait d’algues et de petits animaux qui vivent fixés sur les feuilles de posidonie (on a recensé plus de 400 espèces de ces algues) où vivent, directement ou indirectement, plusieurs milliers d’espèces animales. A la fois nurserie pour les juvéniles, abri et terrain de chasse pour les adultes, c’est l’écosystème le plus riche de Méditerranée.

La régression des herbiers partout en Méditerranée doit être considérée comme un véritable fléau qui pose problème pour la biodiversité.

A titre d’exemple, le labre vert n’est vert que lorsqu’il est jeune. Cette couleur lui permet de se camoufler dans l’herbier. Devenu adulte et moins vulnérable, il prend des couleurs variables, orange ou brune. Le syngnathe à tête large est mimétique ; il passe ainsi inaperçu au milieu des feuilles de posidonie ! 

L’or blanc autour de Narbonne.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le salin de La Palme (Aude) est reconnu depuis l'Antiquité.

Le salin de La Palme avec plus de 400 hectares est l'un des principaux site de saliculture de l'Aude. Le stock de sel est disposé en "camelles" c'est à dire en gros monticules. Au premier plan l'étang de La Palme, haut lieu des sports de glisse (kitesurf, windsurf etc).

         Autrefois, Narbonne était une ville romaine prospère, au carrefour de deux importantes voies de communication, la Via Domitia qui enjambe les Pyrénées par le col du Perthus, dessert la Catalogne puis file vers le sud de la péninsule espagnole et la Via Aquitania qui mène vers Toulouse, la capitale du Languedoc et au-delà vers la Gascogne, l'Aquitaine et Bordeaux. 

Le salin est une zone humide et un milieu naturel très riche avec de nombreuses variétés de plantes et espèces d’oiseaux comme la sterne, la bécasse, le bécasseau chevalier, le gravelot et le flamant rose.

Entourée de vastes lagunes, le littoral de la « Narbonnaise » possède les conditions climatiques naturelles pour la culture du sel : une faible pluviosité, un soleil généreux et flamboyant secondé par un vent soufflant presque en continu, le Cers (tramontane), toujours sec et la forte salinité de la Méditerranée. Jadis, le sel était un produit très recherché, lié à de nombreux usages quotidiens, pour la conservation des aliments, pour l’élevage des bovins, plus tard pour la fabrication des peaux.

Dès le XIème siècle, les salines de la région de Narbonne sont les plus actives de toute la façade maritime. Le premier site construit est celui de Mandirac, au bord de l’étang de Bages-Sigean, suivent ceux de Sigean et de Peyrac de Mer. Aménagés en « chaudoirs » (tables salantes) où s’effectuent la concentration des eaux et en bassins salants où les cristaux de sel très légers se déposent sont séparés par de petits canaux, nommés aiguilles. La forte salinité, l’évaporation intensive provoquée conjointement par le vent et le soleil, des étangs peu profonds reliés à la mer par des graus sont autant de conditions favorables à la culture du sel. La récolte fait l’objet d’un transport jusqu’aux greniers à sel de Narbonne situés dans le quartier du Bourg (autour des Halles) qui contribue ainsi à la puissance de la ville. Ils sont exploités par de riches marchands urbains de la capitale de l’Occitanie.

La gabelle désigne l’impôt sur le sel dès 1316 mise en place par Philippe VI. Supprimé à la Révolution, elle fut remplacée par un impôt perçu directement sur les lieux de fabrication.

Il est exceptionnel de pouvoir observer encore sur le littoral audois cette aventure quotidienne du sel, de regarder les grands tas de sel stocké, les camelles, qui marquent le paysage depuis tant de générations. Des paysages entre nature et culture.

L’histoire du sel a de beaux jours devant lui, encore alimentée par les deux salins audois, celui de Gruissan et celui de La Palme. Dommage que celui de Sainte Lucie à Port la Nouvelle soit fermé, mais peut-être va-t-il ressusciter bientôt. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !