Journée du Patrimoine avec la Rigo Rigo

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

La Journée du Patrimoine 2016 me proposait en hors d'oeuvre la visite du légendaire remorqueur Abeille Flandres à Port-Vendres et pour dessert, à bord de la catalane Rigo Rigo, le tour de la lumineuse baie de Collioure. Et par dessus le marché un mois de septembre de rêve avec un ciel d'azur, un soleil rayonnant et une légère tramontane rafraîchissante. Un voyage captivant d'une vingtaine de minutes, un décor sous un angle inédit. Cette journée organisée par l'association Patrimoine Maritime Colliourenc  a été une grande réussite. Merci aux bénévoles et animateurs du jour. 

Nom : Rigo Rigo, port d'attache Collioure. Caractéristiques : type sardinal de 9,20 m de long, bau de 2,98, jauge de 4 tonnes, voilure 49 m2, moteur Perkins de 50 cv, immatriculation PV 291 302. Construit en bois classique sur membrure en 1948 au chantier naval Victor Scotto de Valras-Plage (Hérault). Histoire : le Rigo Rigo a navigué et pêché au "Sardinal" et au lamparo duant 37 ans. Récupéré en 2002 à l'état d'épave par l'association "Patrimoine maritime colliourenc", sa restauration a nécessité 12 ans d'un travail acharné d'une équipe de bénévoles pour un coût de 38 000 euros. Son classement "Bateau d'Intérêt Patrimonial" (BIP) est en cours, juste récompence d'une association motivée pour valoriser le patrimoine maritime catalan et colliourenc dont les barques à voiles latines ont contribué largement au développement économique et au renom du prestigieux petit port catalan.

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  Vue de la baie de Collioure. Bien avant la construction du fort militaire Béar, le sommet hébergait un phare qui annonçait aux navigateurs et pêcheurs Port Vendres mais aussi Collioure. La tramontane secoue les flots, les vagues tapent inlassablement sur les rochers de l'anse del Raguès cadastralement à Port Vendres. La proue du Rigo Rigo plonge dans les creux hardiment. Le matelot novice que je suis apprécie cette Méditerranée moyennement agitée mais déjà les symptômes du mal de mer se font sentir. N'a pas le pied marin qui veut !

 

Sardines et anchois de Méditerranée.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

 01 septembre 2016.         Une étude de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) a récemment (2016) mis en évidence un amaigrissement important ces 10 dernières années des sardines et des anchois en Méditerranée, avec une biomasse de ces poissons divisée par 3, en raison des changements environnementaux affectant le plancton. Il faut regretter la dégradation de la biodiversité en Méditerranée, mer qui avait le plus grand potentiel de biodiversité. Certains considèrent la Méditerranée comme une grande poubelle gratuite. L’amaigrissement des sardines et des anchois constaté par les scientifiques constitue une grave alerte. La nécessité de recentrer les moyens de l’Ifremer sur la recherche de solutions devient une évidence; on peut ajouter qu'il y a urgence. Une sardine qui faisait 15 cm il y a quelques décennies ne fait plus en 2016 que 11 cm. Cette mutation de la taille des poissons est un avertissement qu'il faut prendre au sérieux. Cela veut dire qu’ensuite, la situation sera irrattrapable. 

Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls en Catalogne.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

La Réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls fut la première réserve marine officiellement créée le 26 février 1974. Depuis 1977, sa gestion est confiée au Conseil Général des Pyrénées Orientales. Le décret du 6 septembre 1990 en modernise les statuts : il précise les activités humaines et pérennise la zone de protection renforcée créée au niveau du Cap Rédéris en 1981. Située au pied du massif des Albères, en contrefort de la chaîne pyrénéenne, la Réserve naturelle marine s’étire sur 6,5 km de linéaire côtier entre le port de Banyuls sur Mer et le cap de Peyrefite à proximité de Cerbère. Elle s’étend sur 2 km vers le large et couvre 650 hectares de mer. Le rôle de la réserve est de garantir la protection des espèces et des habitats. La présence de l’homme y est réglementée. L’objectif principal est de limiter et réduire le dérangement des espèces et de favoriser la restauration du milieu. La réserve développe également des actions pédagogiques et culturelles pour sensibiliser le public et réalise des suivis scientifiques afin de mieux connaître les relations entre espèces et vérifier les effets de la protection sur le milieu. Les résultats sont simplement époustouflants et certaines espèces en voie de disparition repeuplent, à nouveau, les fonds rocheux de ce sanctuaire. Plus de 1200 espèces animales et environ 500 espèces végétales ont été recensées au sein de la réserve dont 49 bénéficient d’un statut de protection, au titre d’un texte réglementaire de portée nationale, européenne ou internationale. Exceptionnellement, en juillet-août, à la plage de Peyrefîte à Banyuls sur Mer un sentier sous-marin est ouvert afin de découvrir en palmes-masque-tuba la flore et la faune du littoral catalan. Une promenade aquatique pédagogique extraordinaire au plus près de la faune et de la flore.

L’univers aquatique se dévoile.

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15 juin 2016.         L’écosystème marin de la Côte Vermeille, très riche offre de belles rencontres. Equipé simplement de palmes, masque et tuba, il est possible d’y découvrir sur les récifs une faune et une flore magnifique. L’univers aquatique se dévoile au randonneur palmé : mérou, loups, sars, dorades, poulpes, rougets et avec un peu de chance la gueule inquiétante d’une murène. D’ailleurs, les mérous et les rougets reviennent en force depuis quelques années témoignages des efforts consentis par une politique de préservation de l’environnement marin. Si les conditions météo sont réunies, eau chaude et faible houle, un spectacle grandiose récompense le plongeur. A condition de se lever de bonne heure, des sites remarquables de vie aquatique sont à portée des nageurs.
Théâtre d’une histoire et d’une culture maritimes particulièrement riche cet espace exceptionnel mérite amplement une valorisation, une protection et une gestion durable.


Le golfe du Lion est un lieu battu très fort par des vents qui remuent les fonds et enrichissent les eaux en plancton. Toutes ces particularités font un milieu très poissonneux et ce n’est pas un hasard si Sète est l’un des premiers ports de la Méditerranée, si Port-Vendres, Agde, Port la Nouvelle, le Grau du Roi ont des flottes de pêche importantes même si les flottes de ces divers endroits se sont, pour diverses raisons, réduites comme peau de chagrin. Il est difficile et parfois même dangereux de naviguer sur le golfe du Lion, tant de vent forts et souvent imprévus lèvent une mer hachée et dure, et ce d’autant que la côte présente peu d’abris naturels. Le nom de golfe du Lion est selon Guillaume de Nangis, historien du XV et XVIème siècle dû à l’impétuosité des tempêtes qui y font rage. Cette côte est basse et sablonneuse. Le mont Saint Clair à Sète, le cap d’Agde, le massif de la Clape, le cap Leucate sont les seuls promontoires qui peuvent offrir un abri au vent. Il faut naviguer plus au sud, sur la côte rocheuse de la Côte Vermeille et Costa Brava pour trouver des abris naturels.

L'anse de Paulilles échappe au béton.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

 

L'usine Nobel vit ses dernières années avant de céder le lieu à une magnifique reconversion, à la fois  historique et environnementale grâce à la farouche volonté d'associations et d'élus motivés. Photo de la plage d'El mitg vers les années 1980.

01 juin 2016.     L’anse de Paulilles, située entre Port Vendres et Banyuls sur Mer est l’une des plus belles de la côte rocheuse catalane. Ceinturée par le célèbre vignoble du cru Banyuls-Collioure, ses 3 plages ( du Bernardi au nord, d'El Mitg signifiant au milieu, du Fourat au sud) sont dominées par le phare du cap Béar au nord et le cap Oullestrell au sud.

De 1870 à 1984, le pôle industriel de l’anse de Paulilles a été un lieu de travail et de vie pour 5 générations d’ouvriers qui travaillaient dans l’usine de dynamite Nobel. Du fait de la dangerosité de cette activité, le site avait été choisi pour son éloignement de toute agglomération. La présence d’une anse abritée facilitait le transport par mer vers des destinations aussi lointaines que le canal de Panama, au percement duquel les explosifs produits à Paulilles contribuèrent très largement. Le chemin de fer, quand à lui, permettait d’acheminer les matières premières.
Avant même l’arrêt de la production d’explosifs en 1984, des promoteurs immobiliers et hommes d'affaires parisiens se montrèrent très intéressés par l'énorme potentiel du site, y voient une marina mais surtout, beaucoup de béton et beaucoup d'argent ! 
Soucieux de préserver la beauté naturelle de l’anse, la mémoire industrielle et ouvrière des lieux, la population, les associations et certains élus locaux se mobilisèrent pour protéger le site. Il échappe miraculeusement au béton, fut aussitôt classé par l’Etat en 1980 et acheté par le Conservatoire du littoral en 1998. Le site bénéficia alors d’un ambitieux projet de réaménagement, « l’avenir d’une mémoire », visant à réconcilier le passé industriel du lieu avec son environnement exceptionnel. Grâce à l’implication du gestionnaire du site, le Conseil Général des Pyrénées Orientales, et au soutien financier de l’Europe, de l’Etat et de la région, 10 ans après l’acquisition, en juin 2008, le site était rendu au grand public. Personnellement, je suis heureux de savoir que ce lieu où ma mère (90 ans) a fréquenté, toute petite, l'école de l'usine et, où mon grand-père était ouvrier avec tant d'autres, continu à raconter son riche passé. Ainsi, une nouvelle page de la côte catalane s'écrit sur le marbre de l'histoire !