Le puits oeuvre d'art.

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Une margelle sculptée en style Renaissance dans un château.

 

Le château de Chaumont sur Loire en 1964.

 

Ce n'est que quand le puits s'assèche que l'on découvre la valeur de l'eau.

Proverbe africain.

Les 3 puits de Mykonos

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   Dans l'archipel des Cyclades, Mykonos est un village de masures aux couleurs chaulées d'un blanc éclatant enjolivé de volets bleus qui témoignent du goût des habitants. Le vent active les moulins mais chasse la pluie. Il n'existe qu'une seule source près du monastère de la Panagia Tourliani ; la majeure partie de l'eau provient des puits. Cette imbrication de l'habitat, cette « civilisation du balcon », de la terrasse, s'accorde à merveille avec le caractère sociable et chaleureux des Mykoniotes. De balcon à balcon, ou d'une fenêtre à l'autre, les ménagères papotent sans quitter la lessive. Sur la petite placette, les hommes racontent les pêches miraculeuses d'antan ! Les balcons sont colonisés par les pots de fleurs aux couleurs chatoyantes, les terrasses croulent de compositions florales méditerranéennes qu'un ardant soleil s'active à assoiffer en crachant ses faisceaux de feu. Sur cette île chaude, balayée par le vent, on n'hésite pas, en plein été, à sacrifier une part de l'eau potable si précieuse, pourtant chichement distribuée. L'île aux chapelles innombrables et aux moulins à vent est aujourd'hui menacée par les hordes de vacanciers irrespectueux. Mykonos y perd peu à peu son âme et oublie ses anciennes traditions. Ainsi celle qui interdisait à un étranger de boire consécutivement de l'eau des 3 puits de la place Triapigadia parce qu'il était assuré, s'il y parvenait, d'épouser dans l'année la fille la plus belle de l'île ...L'insulaire, généreux, partage l'eau potable sur ce rocher émergeant mais pour ses filles, cela est une autre histoire !

Le puits de l'Eternité

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Une fois n'est pas coutume voici l'histoire d'un puits qui échappe à sa vocation première qui est généralement de fournir de l'eau.
Antonio Carvalho Monteiro né au Brésil en 1848, grandit au Portugal, pays d'origine de sa famille, puis après de brillantes études devient universitaire. Cet homme cultivé est royaliste, surtout catholique et collectionneur de livres ; il s'intéresse de près aux rites maçonniques, des Templiers et des Chrétiens.
Il hérite une fortune colossale que ses parents ont amassée avec le commerce du café et des diamants au Brésil.
En 1892, Antonio fait l'acquisition de la Quinta de Régaleira perchée sur le Mont Luna à Sintra où ce balcon naturel permet une vue sur la plaine jusqu'au vert brillant de l'océan Atlantique sur lequel glissent de minuscules voiliers tout blancs. Les rois portugais aimaient passer l'été dans cette petite ville située à 25 km de Lisbonne. Au milieu d'une végétation luxuriante, cette contrée vénère la douceur, attire la fraîcheur, inspire la beauté et éveille la créativité architecturale ou artistique. Le voisinage les plus prestigieux sont le palais de Pena, le château des Maures, le palais National un peu plus bas et un peu à l'écart le palais de Queluz.
Le palais de la Régaleira ressemble à une cathédrale gothique au milieu d'un parc de 4 hectares. C'est le lieu idéal pour le projet farfelu que le riche universitaire imagine depuis quelque temps déjà : construire sa Demeure Philosophale. Il contacte Luigi Manini architecte, peintre, scénographe réputé qui vient d'achever son travail à la Scala de Milan. Entre les deux hommes rapidement se tissent des affinités. Monteiro et Manini partagent le même idéal intellectuel, philosophique et artistique.
Monteiro des Millions, surnom que lui attribuent les gens de la région, confie les directives à l'homme de l'art qui entreprend aussitôt les travaux qui dureront de 1904 à 1910.
Dessous les jardins aux multiples essences, les souterrains secrets abritent un rite initiatique, le talentueux architecte, en accord avec le propriétaire, construit un puits de 18 mètres de profondeur lequel conduit à une grotte sensée être le centre de la Terre. Accessible par un imposant escalier en colimaçon, cette tour inversée a pour but de mettre en relation le Paradis et la Terre en faisant passer le visiteur des ténèbres vers la lumière.
Les 15 marches qui descendent vers les 9 niveaux de cette galerie circulaire qui plonge dans les profondeurs de la Terre ou bien qui remontent vers le ciel selon le chemin initiatique de chacun rappelle par exemple les 9 cercles de l'Enfer, le Purgatoire ou les 9 cieux qui tournent autour de la Terre, évoqués par Dante dans la Divine Comédie.
Les interprétations architecturales sont nombreuses tant l'ésotérisme est gravé dans les murs de ce magnifique puits qui imbrique sous le même toit l'Alchimie, des Francs-maçons ou des Templiers. L'Alchimie est spirituelle et allégorique, ici s'entremêlent étroitement l'alchimie mystique et la maçonnerie ésotérique. Au fond du puits une étoile à huit branches interrompt le souterrain avant la longue remontée vers la lumière !
Monteiro avait demandé à son collaborateur de concevoir sa tombe de façon qu'avec la même clef on puisse ouvrir le palais de Sintra, le palace qu'il possédait à Lisbonne et son tombeau sur lequel était sculptée une grosse abeille !
Peut-être que Monteiro pensai découvrir l'Alchimie qui permettait de vivre jusqu'à l'Eternité,comme la fusion chimique de métaux qui permet à l'or d'être éternel !
La commune de Sintra pour son environnement exceptionnel et son patrimoine est classé Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1995. La Quinta de Régaleira est devenue communale et ouverte au public. A défaut de fournir de l'eau, le célèbre puits de l'Eternité de Sintra abreuve et irrigue l'esprit des visiteurs.

Les puits en Corée

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Dans les provinces au nord de Séoul, le puits du village ou du quartier dont on tire l'eau avec un seau, est un « umul ». Les puits à usage collectifs dont l'eau est relevée avec une calebasse évidée sont dits « saem ». Le « chaktu saem » est un puits moderne équipé d'une pompe. Il doit son nom à la forme du manche de la pompe qui ressemble à celle d'un large couteau à fourrage. Par contre, dans les provinces du sud, les puits ont tous la même dénomination.
Autrefois, les Coréens conféraient un caractère sacré aux puits et aux fontaines, et croyaient que les dragons y déposaient leurs œufs. A l'aube du premier « jour du dragon », premier jour de l'année lunaire, les femmes s'empressaient d'aller puiser le premier seau de la journée ; l'eau servirait à la préparation du petit-déjeuner de la famille. Selon une coutume ancestrale, la famille qui mangeait le riz du matin préparé avec le premier « œuf du dragon » de la nouvelle année était assurée d'obtenir une récolte abondante. Pour les Coréens le dragon incarne la pluie et quiconque recueille la pluie jouira d'une année d'abondance.
Le célèbre général Kim Yu-shin (595-673) de Silla de retour chez lui après avoir combattu avec succès les troupes de Pekche se laissa entendre dire que ce dernier préparait sa revanche. Il ordonna immédiatement à un domestique de lui apporter de l'eau du puits de la famille Kim. D'un trait il boit toute l'eau contenue dans la cruche, avec une grande jubilation, il s'écria : Ah, le goût n'a pas changé, toujours aussi bonne, nous sommes sûrs de triompher ! Et Silla écrasa à nouveau Pekche.
La force mystérieuse des puits est également capable d'écarter les désastres naturels. Les habitants du Colla province du du Nord fabriquent une lampe en remplissant un petit récipient d'huile et en y plaçant une mèche. Après l'avoir allumée, ils la font flotter à l'intérieur du puits communal pour implorer au ciel que l'année se déroule sans cataclysmes.
Certaines régions de Corée organisent des saemkut, rites chamaniques, pour que l'eau du puits reste propre et abondante. Le rite exécuté au puits du village, succède généralement à une cérémonie du sanctuaire de la divinité tutélaire de la communauté.

Au fond du trou

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     Fin juin 2013, une jeune femme chinoise de 38 ans, Chuang-Xia, a passé 15 jours au fond d'un puits profond de 5 mètres, abandonné depuis longtemps, dont les parois lisses et humides empêchaient toute escalade vers la lumière. Ne la voyant pas revenir après être partie cueillir des plantes médicinales, sa famille l'avait recherchée durant plusieurs jours, sans réussite.
Chuang-Xia doit son salut à des paysans qui ont entendu ses appels désespérés alors qu'ils récoltaient du maïs dans un champ voisin. Remontée vivante, sans blessures apparentes, seulement très amaigrie par 2 longues semaines dans sa prison souterraine. Après un petit séjour à l'hôpital pour des examens et quelques jours de récupération, elle doit raconter cette aventure à une meute de journalistes impatients de découvrir comment elle survécu. Elle a déclaré se nourrir d'épis de maïs qu'elle transportait lorsqu'elle est tombée. Consciente que dans son malheur elle a eu de la chance car 2 grosses averses lui ont permis de boire et de s'hydrater et surtout, surtout un moral de fer, une volonté divine, persuadée de retrouver sa famille ! C'est une histoire qui aurait pu avoir une fin tragique mais qui s'est terminée de façon heureuse. Bravo Chang-Xia, même au fond du trou il y a toujours une lueur d'espoir !