Les puits en Corée

Écrit par Super User. Publié dans Puits Margelles.

Dans les provinces au nord de Séoul, le puits du village ou du quartier dont on tire l'eau avec un seau, est un « umul ». Les puits à usage collectifs dont l'eau est relevée avec une calebasse évidée sont dits « saem ». Le « chaktu saem » est un puits moderne équipé d'une pompe. Il doit son nom à la forme du manche de la pompe qui ressemble à celle d'un large couteau à fourrage. Par contre, dans les provinces du sud, les puits ont tous la même dénomination.
Autrefois, les Coréens conféraient un caractère sacré aux puits et aux fontaines, et croyaient que les dragons y déposaient leurs œufs. A l'aube du premier « jour du dragon », premier jour de l'année lunaire, les femmes s'empressaient d'aller puiser le premier seau de la journée ; l'eau servirait à la préparation du petit-déjeuner de la famille. Selon une coutume ancestrale, la famille qui mangeait le riz du matin préparé avec le premier « œuf du dragon » de la nouvelle année était assurée d'obtenir une récolte abondante. Pour les Coréens le dragon incarne la pluie et quiconque recueille la pluie jouira d'une année d'abondance.
Le célèbre général Kim Yu-shin (595-673) de Silla de retour chez lui après avoir combattu avec succès les troupes de Pekche se laissa entendre dire que ce dernier préparait sa revanche. Il ordonna immédiatement à un domestique de lui apporter de l'eau du puits de la famille Kim. D'un trait il boit toute l'eau contenue dans la cruche, avec une grande jubilation, il s'écria : Ah, le goût n'a pas changé, toujours aussi bonne, nous sommes sûrs de triompher ! Et Silla écrasa à nouveau Pekche.
La force mystérieuse des puits est également capable d'écarter les désastres naturels. Les habitants du Colla province du du Nord fabriquent une lampe en remplissant un petit récipient d'huile et en y plaçant une mèche. Après l'avoir allumée, ils la font flotter à l'intérieur du puits communal pour implorer au ciel que l'année se déroule sans cataclysmes.
Certaines régions de Corée organisent des saemkut, rites chamaniques, pour que l'eau du puits reste propre et abondante. Le rite exécuté au puits du village, succède généralement à une cérémonie du sanctuaire de la divinité tutélaire de la communauté.

Au fond du trou

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     Fin juin 2013, une jeune femme chinoise de 38 ans, Chuang-Xia, a passé 15 jours au fond d'un puits profond de 5 mètres, abandonné depuis longtemps, dont les parois lisses et humides empêchaient toute escalade vers la lumière. Ne la voyant pas revenir après être partie cueillir des plantes médicinales, sa famille l'avait recherchée durant plusieurs jours, sans réussite.
Chuang-Xia doit son salut à des paysans qui ont entendu ses appels désespérés alors qu'ils récoltaient du maïs dans un champ voisin. Remontée vivante, sans blessures apparentes, seulement très amaigrie par 2 longues semaines dans sa prison souterraine. Après un petit séjour à l'hôpital pour des examens et quelques jours de récupération, elle doit raconter cette aventure à une meute de journalistes impatients de découvrir comment elle survécu. Elle a déclaré se nourrir d'épis de maïs qu'elle transportait lorsqu'elle est tombée. Consciente que dans son malheur elle a eu de la chance car 2 grosses averses lui ont permis de boire et de s'hydrater et surtout, surtout un moral de fer, une volonté divine, persuadée de retrouver sa famille ! C'est une histoire qui aurait pu avoir une fin tragique mais qui s'est terminée de façon heureuse. Bravo Chang-Xia, même au fond du trou il y a toujours une lueur d'espoir !

Puits du château de Fleckentein

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     Le puits du château de Fleckenstein en Alsace creusé dans la roche mesure plus de 70 mètres de profondeur. Ce titanesque travail ne peut être humain, son origine diabolique est évidente. La rumeur enfante une légende dont je vous conte aujourd'hui l'histoire.
La construction de cette forteresse imprenable posée sur un piton rocheux et aride semble être destinée plutôt aux aigles que pour les hommes. Un ingénieux système de récupération d'eau de pluie est prévu. Sans eau, le plus solide des château-forts est fragile.
Soucieux de la santé de ses soldats, de ses fidèles, le suzerain de Fleckenstein veut disposer d'une eau vive, limpide, minéralisée et fraîche. Et deux précautions valent mieux qu'une !
Il fait venir les meilleurs puisatiers de la région pour creuser un puits. Ils se mirent à l'œuvre avec acharnement et envie de relever le défi. De semaine en semaine, le trou s'approfondissait mais pas de trace d'humidité, encore moins la moindre goutte d'eau venait les rafraîchir. Après une année de travail digne d'Hercule, ils avaient atteint une profondeur proche du « centre de la Terre » ! Les rayons du soleil ne pouvaient plus éclairer le fond, les ouvriers travaillaient « à l'aveugle » dans une obscurité totale. Les habitants, les artisans, les animaux étaient exaspérées, las d'aller s'approvisionner à la rivière qui coule au fond du canyon.
C'est alors que se présenta un étrange bonhomme inconnu de tous. Il affirme qu'il est puisatier et que lui seul trouverait de l'eau excellente, en tout cas à la convenance du propriétaire Le seigneur, dos au mur, se trouve à prendre une décision difficile et tape dans la main du nouveau venu comme un pacte et proclame le marché conclu. Le propriétaire ajouta : tu obtiendras ce que tu veux en échange de l'eau ! Il avait déjà fait les calculs ; un château sans eau ne vaut pas un sou !
Notre curieux personnage se mit à l'ouvrage devant des puisatiers dubitatifs, éreintés par cet échec. Au bout de quelques heures, il déclara avec aplomb devant une foule aux regards ébahis qu'il avait trouvé de l'eau, abondante et fraîche dit-il ! Il invite le propriétaire à descendre avec lui au fond du goulot. Les deux hommes embarquent sur une nacelle primitive suspendue à une corde et, s'enfoncent lentement vers les profondeurs de la Terre. Cela dura longtemps, les ténèbres étaient partout. Pourtant au fond du puits, le seigneur alsacien eut l'impression de voir des flammes. Et à bien y regarder, dans ce grésillement il vit que son nouveau puisatier commençait à se transformer. Déjà ses pieds ressemblaient aux sabots d'un bouc, des cornes apparaissaient sur le front et dans l'abîme les flammes tentaient de lui griller les pieds. Il avait compris, que le puisatier n'était autre que le Diable qui l'entraînait vers les enfers !
Il pria, fit appel à Dieu, récita des prières et aussitôt le diable sauta de la nacelle et fit mine de rejoindre les flammes de son royaume. Les cris puissants du propriétaire du château avaient alerté ses aides qui le hissèrent rapidement à la lumière du jour. Le diable tenta d'accrocher la nacelle pour tirer son passager dans son royaume, mais le soleil était trop vif pour lui et les prières du souverain le repoussaient davantage. La lutte fut homérique et âpre. Certains prétendent que des étincelles jaillissaient du puits !
Le châtelain sauvé, le chapelain de la forteresse fit couler de l'eau bénite dans le puits. Depuis ce jour, le puits se remplit à nouveau et les habitants reprirent leurs bonnes vieilles habitudes d'autrefois : se retrouver autour de la margelle et repartir avec la cruche pleine d'eau claire et fraîche.

Puits aurifères au Niger

Écrit par Super User. Publié dans Puits Margelles.

Eldorado au Niger.

Il y a une centaine d'années, aux belles jeunes filles de ses rives, le Niger offrait de l'or. Le métal précieux était la grande richesse de l'empire du Mali jusqu'à la fin du XVIème siècle. Depuis 2 000 ans, cet or avait édifié et défait des empires.
On en recueille toujours plusieurs centaines de kilos par an selon la technique millénaire dans de petits puits, proches des rives et reliés par des galeries souterraines. Cette prospection artisanale n'est pas sans danger, les éboulements sont fréquents. Lorsqu'il y a des morts on arrête les fouilles pendant quelques jours pour apaiser la colère du génie de l'or. Si une pépite anormalement grosse est découverte, un sacrifice le remercie.

 

C'est quand le puits est à sec que l'eau devient richesse.

Proverbe du Maroc.

Le puits dans le patio andalou.

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Le puits dans le patio andalou joue un rôle de premier ordre. La margelle supporte les vases débordant de fleurs, la vigne enroule le portique et la poulie, les plantes grimpantes tapissent les murs de couleurs éclatantes et le léger bourdonnement des abeilles créent une atmosphère embaumée de parfums suaves sont le secret du patio andalou dont le charme exquis invite au repos et à la béatitude. Cordoue en Andalousie en 1980.