Enfin, une vraie concurrence

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

Enfin une vraie concurrence exulte Jean-Luc Touly, à son habitude il lâche une analyse sans concession : Ça bouge énormément. Les études de l'UFC-Que Choisir ont contribué au démarrage de cette nouvelle donne en 2008, avec les élections municipales. Mais le processus est devenu exponentiel en 2011, après le passage de Paris en régie. Les baisses de prix sont très importantes, en moyenne de 30 à 40 %, parfois plus comme à Antibes. Au départ, ce n'est pas la concurrence qui a conduit Véolia et Suez à négocier autant à la baisse, c'est la peur du retour en régie. Ils ont cassé les prix dans 2 ou 3 communes, et tout s'est déclenché, les élus exigent de fortes baisses. La concurrence est devenue plus forte, il s'agit pour chacun de sauver les meubles.
Pour garder ses contrats, Suez mise beaucoup sur le social, avec la tarification par tranches et les premiers mètres cubes à bas prix. Et puis la Saur, et la Nantaise des eaux qui a été rachetée par le distributeur allemand Gelsenwasser et s'implante de plus en plus dans les villes moyennes.
La concurrence est devenue une vraie réalité.
Jean-Luc Touly est responsable EAU à la Fondation Danielle Mitterrand et grand pourfendeur des superprofits des multinationales françaises de l'eau.
Source : UFC-Que Choisir de novembre 2013.

 

Dicton marin

Tous les navires sont bons

quand sur la dunette et le pont les hommes le sont !

Retour régie publique

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

     Une véritable gestion publique de l’eau est non seulement souhaitable mais qu’elle est également possible où les volontés politiques et sociales se conjuguent en sa faveur. Face à un discours dominant selon lequel l’efficacité serait l’apanage exclusif du secteur privé, il s’agit de réaffirmer les atouts dont peut disposer le secteur public pour se montrer efficace, innovant et transparent. Loin d’être un combat idéologique dépassé, il s’agit au contraire de montrer par de tels exemples et par la modernité de la gestion publique de l’eau en particulier et du service public en général. Depuis plusieurs années, le retour à la gestion publique est une réalité chez des élus courageux et honnêtes pour que l’accès à l’eau soit reconnu comme un droit humain fondamental.

Les abus des multinationales de l’eau qui réalisent des bénéfices considérables sur ce bien vital, des holdings qui visent la rentabilité et la rémunération de ses actionnaires, ce n’est pas fait dans l’intérêt de l’usager, ni d’une saine gestion des deniers publics.

A l’étranger. De nombreuses capitales et grandes villes européennes gèrent leur service de l’eau par l’intermédiaire d’entreprises publiques à l’image d’Amsterdam, Bruxelles, Rome, Athènes, Stockholm, autant de vitrine d’une gestion publique de l’eau performante.

Seule la Grande-Bretagne a très largement privatisé ses services d’eau mais connaît aujourd’hui une contestation grandissante face à la dégradation du service. Ainsi Londres a privatisé à100 % et a confié la gestion à Thames Water, filiale de RWE et N°1 du pays avec 8,5 millions de clients, dont 5 pour le seul marché de la capitale britannique. Or la polémique enfle sur la qualité du service rendu par l’entreprise retenue, devant une gestion qui conjugue faiblesse d’investissement sans répondre aux objectifs assignés par l’organisme public de régulation (Ofwat).

Les communes de toutes sensibilités politiques ouvrent les yeux et le débat ! Paris en est le symbole et son conseil municipal a voté depuis quelque temps le retour en régie !

Droits et devoirs

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

  Parmi les prochaines crises mondiales, il y aura la crise de l'eau. Car l'eau douce et salubre est de plus en plus rare. Sa pénurie ou sa mauvaise qualité engendre des milliers de morts chaque année, elle provoquera des tensions et des conflits. Mais elle génère, aussi, d'énormes profits, lorsqu'elle devient monopole d'intérêts privés. Peut-elle rester la marchandise qu'elle est devenue ? Beaucoup de gens pensent précisément l'inverse. Mieux répartie, suivant des règles de service public, elle doit redevenir un bien commun, disponible partout et pour tous.

  • L'eau doit être écologique. Préserver la ressource en eau est indispensable pour ne pas sacrifier sur l'autel du profit, à court terme, les besoins des générations futures.
  • L'eau doit être sociale. Car la solidarité impose de garantir l'accès à une eau de qualité et à un prix abordable à tous.
  • L'eau doit être démocratique. Les usagers, c'est-à-dire nous tous, supportent par leur facture d'eau, le financement du service, mais ils n'ont leur mot à dire sur rien. Informer et rendre les comptes publics doivent constituer des obligations pour ce nouveau service public de l'eau qu'il s'agit d'inventer.

 

Ne laissez pas une seule goutte d'eau tombée sur Terre

regagner la mer sans avoir servi le peuple.

Parakkama-Bahu, roi du Sri-Lanka (1153-1186).

En Catalogne et Languedoc

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

Dans notre région peu industrialisée, l'eau que nous buvons chaque jour est puisée dans les nappes souterraines ou les lacs. Généralement, elles sont de bonne qualité mais nécessitent pour autant un traitement dans des usines de purification pour la rendre buvable et propre pour l'usage au quotidien (toilette, W-C, usage ménager, machine à laver).
Les deux tiers (2/3) de ses eaux sales, dites eaux usées, sont récupérées, nettoyées dans des usines spécialisées, ensuite rejetées dans le milieu naturel, le plus souvent dans une rivière ou en mer directement.
Toutes les installations et opérations pour la puiser, la rendre potable, la transporter et la dépolluer sont coûteuses.
La vie contemporaine multiplie de nouveaux modes d'existence notamment l'emploi de médicaments pharmaceutiques. La grosse et anormale absorption d'antibiotiques alors que le corps humain n'utilise qu'une faible quantité et la consommation de drogues illicites ; les résidus de ces produits excrétés par les voies naturelles se retrouvent abondamment dans les eaux usées.
Autant de nouvelles sources de pollutions, plus sournoises, plus dangereuses, plus difficiles à traiter. L'eau est une matière première précieuse pour la vie qui est de plus en plus rare à l'état naturel, qui n'est plus une ressource gratuite. Les traitements de la pollution augmentent sans cesse le prix de l'eau.

Vagues de remunicipalisation

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

Depuis plusieurs années, le retour à la délégation publique de l’eau est une réalité dans les communes françaises. La confiance entre les distributeurs et l'usager s'est évaporée. La resposabilité imcombe aux compagnies françaises, surtout Véolia et Suez, qui visent d’abord la rentabilité et la rémunération de ses actionnaires. Des multinationales qui réalisent des bénéfices considérables sur ce bien naturel, commun et vital. Les scandales s’enchaînent les uns après les autres. Des surfacturations, une gestion opaque, facturation de travaux non effectués, des embauches fictives, des « parachutes » mirobolants, des magouilles invraisemblables, font qu’une vague de remunicipalisations s’étend, aussi, à travers le monde.

En France, des maires courageux soutenus par des élus honnêtes se battent pour que l’accès à l’eau soit reconnu comme un droit humain fondamental à un juste prix. Et les prix de l’eau ont explosé dans l’intérêt de l’usager et d’une saine gestion des deniers publics. A Grenoble, Bordeaux, Paris sont revenus au service public. Nice, Rennes Toulouse, Montpellier et beaucoup d'autres s’apprêtent à le faire. Je ne peux les citer toutes tant la liste est longue. D’autres, en fin de contrat, ont renégocié les tarifs obtenant des baisses de 20, 30, 40 et même50 %.

En Italie, en 2011, un référendum contre la privatisation des services de l’eau a été adopté avec une écrasante majorité de 95 % des voix. Quelques pays d’Amérique du Sud ont chassé avec fracas les compagnies françaises, allemandes et américaines qui s’étaient associées pour essorer les populations pauvres incapables de payer des tarifs très élevés.

Une concurrence saine et transparente doit départager les offres de service entre une concession publique ou privée au bénéfice de l’usager.

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