Vagues de remunicipalisation

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

Depuis plusieurs années, le retour à la délégation publique de l’eau est une réalité dans les communes françaises. La confiance entre les distributeurs et l'usager s'est évaporée. La resposabilité imcombe aux compagnies françaises, surtout Véolia et Suez, qui visent d’abord la rentabilité et la rémunération de ses actionnaires. Des multinationales qui réalisent des bénéfices considérables sur ce bien naturel, commun et vital. Les scandales s’enchaînent les uns après les autres. Des surfacturations, une gestion opaque, facturation de travaux non effectués, des embauches fictives, des « parachutes » mirobolants, des magouilles invraisemblables, font qu’une vague de remunicipalisations s’étend, aussi, à travers le monde.

En France, des maires courageux soutenus par des élus honnêtes se battent pour que l’accès à l’eau soit reconnu comme un droit humain fondamental à un juste prix. Et les prix de l’eau ont explosé dans l’intérêt de l’usager et d’une saine gestion des deniers publics. A Grenoble, Bordeaux, Paris sont revenus au service public. Nice, Rennes Toulouse, Montpellier et beaucoup d'autres s’apprêtent à le faire. Je ne peux les citer toutes tant la liste est longue. D’autres, en fin de contrat, ont renégocié les tarifs obtenant des baisses de 20, 30, 40 et même50 %.

En Italie, en 2011, un référendum contre la privatisation des services de l’eau a été adopté avec une écrasante majorité de 95 % des voix. Quelques pays d’Amérique du Sud ont chassé avec fracas les compagnies françaises, allemandes et américaines qui s’étaient associées pour essorer les populations pauvres incapables de payer des tarifs très élevés.

Une concurrence saine et transparente doit départager les offres de service entre une concession publique ou privée au bénéfice de l’usager.

Un jour la corde casse.

Écrit par Super User. Publié dans Inf' eaux usagers.

C’est difficile à croire, pourtant pour une fois le contrat du siècle est en faveur des 75 000 habitants et forcément usagers de l’eau potable de la ville d’Antibes-Juan les Pins. Un vrai miracle !

En 2012 le prix du mètre cube (1 000 l) d’eau potable était à 3,47 euros TTC et chute à 1,50 euro en 2013 ! Un rabais qui bat tous les records. Personne n’aurait jamais cru que fut possible une telle offrande d’une des 3 puissantes multinationales françaises. En l’occurrence Véolia dont le contrat avec la ville d’Antibes est vieux de 132 ans. Un contrat avec une délégation privée parmi les plus longs et plus anciens de France.

Un élu responsable de l’eau explique : les négociations ont été homériques, on a mis tout à plat. On a fait un audit complet des réseaux, lancé un appel d’offre et, en parallèle, on a étudié le montage d’une régie. La Lyonnaise et Véolia ont présenté, en toute indépendance, une offre face à notre projet. On savait de notre côté que l’on pouvait baisser le tarif de l’eau de 37 % et la concurrence a joué à fond.

Ce n’est pas un contrat bâclé, bien au contraire. Les investissements augmentent, on est à 80 % de rendement, on sera 92 % en fin de contrat. L’indice linéaire de perte va diminuer et le taux de renouvellement des réseaux est porté à 1,12. La marge du délégataire était énorme, elle tombe à 2,86 %. J’ajoute que ce prix de 1,50 euro vaut pour une consommation de 120 m3, au-delà de cette base elle augmente, puis on passe à 2,23 euros pour 300 m3 et 2,40 euros pour 500 m3.

Il arrive un jour qu’à force de tirer des centaines de millions d’euros avec l’eau du puits la corde casse !