Le cargo Aalborg torpillé.

Écrit par Super User. Publié dans Sur & sous l'eau.

Aalborg.jpgLe Aalborg à quelques miles de Port-Vendres où il devait livrer sa cargaison croise un sousmarin...ce fut son dernier voyage ! 

Le Aalborg, battant pavillon suédois, est un cargo vapeur muni d’une coque en acier construit en 1920 à Aalborg (Danemark), long de 73 m et 11 de large. Vendu à une compagnie, il est rebaptisé le Saint Lucien. Le 12 avril 1943, en provenance de Valencia en Espagne avec 1 230 tonnes d’oranges, il est en vue de sa destination, Port-Vendres en Pays catalan, Le sous-marin britannique « Unruly » l’a repéré. A 14 heures 45, deux torpilles sont tirées à une distance de 1 800 m. Une frappe le navire au niveau du gaillard avant provoquant la chute des ancres, les deux chaînes filent, en arrivant aux étalingues, le cargo est retenu, pivote sur lui-même et s’enfonce par l’avant. Sur les abords du naufrage flottent des milliers d’oranges. Les bateaux de pêche de la Côte Vermeille et une vedette allemande récupèrent l’équipage. Le torpillage cause la mort de quatre matelots qui travaillaient aux machines. L’épave repose droit sur sa quille par 40 m de fond. Le temps a passé, 76 années plus tard, il ne subsiste que peu d’éléments identifiables. Sous la courbure de la poupe, seule la grosse hélice est toujours en place.

Pompe de scaphandrier Piel

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  Pompe à air Piel

La pompe à air Piel, matériel d'appoint pour explorer les fonds marins autour de Banyuls était utilisée par les anciens chercheurs du Laboratoire Arago. Elle est exposée dans le nouveau musée du Laboratoire Arago de Banyuls sur Mer. Un lieu consacré à la faune et la flore du golfe du Lion à la fois ludique, pédagogique et scientifique que je vous recommande de visiter.  

 Le scaphandrier, appelé aussi « Pieds lourds », est un vêtement généralement en toile caoutchoutée, complété par un casque en cuivre muni d’une fenêtre vitrée pour pouvoir s’orienter et éventuellement travailler. L’ensemble, impérativement étanche, dans lequel s’enferme un plongeur, relié à la surface par un long tuyau ou manche à vent qui envoie de l’oxygène à l’aide d’une pompe à air Piel (du nom de son fabricant) manœuvré de la surface par une équipe d’assistants.

Louis Boutan, inventeur de la  première photo sous l’eau dans la baie de Banyuls, utilisait le scaphandre « Pieds lourds  pour ses recherches scientifiques sous-marines, il déclare en 1893 : "Le  scaphandrier « Pieds lourds » nécessite deux sortes d’engins : d’abord une pompe à air manœuvrée par une équipe de travailleurs, ensuite un vêtement imperméable, casque compris, dans lequel l’observateur sous-marin s’enferme complètement. Ces deux parties, distinctes, sont reliées par un long tuyau ou un manche à air. Quand on a pris l’habitude  de ce vêtement un peu encombrant, et que, faisant abstraction de sa lourdeur et au bruit persistant de la pompe qui refoule l’air à l’intérieur du casque, on arrive uniquement à se préoccuper des objets qui vous entourent, on est frappé par la beauté et la diversité du paysage" !

Il faudra attendre encore quelques décennies avant que le Commandant Cousteau et l’ingénieur Gagnan  mettent au point un système révolutionnaire appelé le scaphandre autonome sous marin qui reléguera dans les musées maritimes tous les types de plongée antécédents. Cette découverte fondamentale ouvrira au plus grand nombre un nouvel univers appelé « Le Monde du Silence » amplifiant le succès de la plongée et de l’exploration sous-marine à travers le monde. 

Pour l'homme d'hier, l'eau était une conquête,

pour l'homme de demain, ce sera un défi.

Forçats sur Garonne.

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              Naviguer sur un fleuve n’a toujours pas été chose facile, naviguer sur la Garonne pouvait tenir de l’exploit. La majeure partie du cours de la Garonne se déroule dans une large plaine de vallée où le lit du fleuve se déplaçait fréquemment avant que l’homme le fixe peu à peu par de gros travaux d’endiguement. La pente est irrégulière et forte formée de biefs calmes et relativement profonds séparés par des rapides. Les étayages sont accentués et profonds. Tout ceci explique pourquoi les bateaux de la Garonne étaient de faible tonnage et de faible tirant d’eau. Pourtant la navigation a toujours été intense aux cours des siècles. C’était une nécessité pour les transports les plus lourds et encombrants. C’était la seule façon pour Toulouse de développer son commerce. Les voies de terre n’étaient pas toujours praticables.

La descente sur Bordeaux pouvait être relativement facile : si la Garonne était assez haute, mais pas encore en crue, s’il n’y avait pas trop d’obstacles sur l’eau on met de 4 à 5 jours pour relier des deux grandes villes. De nombreux bateaux n’étaient utilisés qu’une fois pour la descente. Les navigateurs les abandonnaient ou les revendaient une fois leurs livraisons effectuées en Gironde. Pour ceux qui devaient conserver leurs embarcations, il fallait se préparer à partir…Le début du voyage retour peut être relativement « aisé » : le vent venu de l’océan, la marée si l’on sait attendre, pousse le bateau sur quelques kilomètres. Ensuite la remontée vers Toulouse prend des allures de cauchemar, cela devient une épreuve infernale. Le bateau n’avance pas, il faut absolument recourir au halage et s’est reparti pour 2 semaines ou plus d’un travail de galérien. Le halage, de façon générale, c’est la traction du bateau par les hommes ou les bêtes. Il est le moyen le plus utilisé pour remonter les rivières. Le halage par des hommes à l’avantage de pouvoir s’employer le long des rivières non aménagées, contrairement au halage par chevaux qui nécessite un chemin continu et dégagé tout au long du voyage. Le long de la Garonne les crues détruisent régulièrement les chemins. Le parcours est trop accidenté pour utiliser régulièrement les bœufs comme animaux de trait. Avec des chevaux on pouvait avancer de 10 km par jour. Dans ce cas-là, l’homme devait tout de même souvent se harnacher avec les bêtes pour les conduire. En ce qui concerne plus particulièrement la Garonne, le halage avec des animaux n’est pas chose toujours possible. Malgré l’aménagement des voies de halage, les particularités même de la rivière ne les rendent pas toujours praticables : les fluctuations du niveau de l’eau tour à tour inondent ces chemins, ou en période d’eaux basses les éloignent trop des embarcations à tirer. C’est le manque d’eau qui est le plus redouté par les équipages. Dans ce cas-là, le bateau ne bouge pas. Il faut 15 à 20 personnes pour s’atteler à la corde. Si déjà les pêcheurs ne sont pas les mieux considérés parmi les travailleurs de l’époque, les haleurs font partie de la plus petite sous caste. Ils font partie de la plus misérable des classes sociales vivant de la Garonne, véritables bêtes de somme de la rivière et de la navigation. Souvent embarqués dès le départ de la descente vers Bordeaux, ils trimeront pour la remontée du fleuve. D’autres seront recrutés dans les villages bordant le fleuve. Chaque petite commune riveraine était tenue de mettre à disposition des patrons de bateaux des hommes pour le halage. Normalement, une loi oblige les propriétaires riverains à laisser un passage pour permettre le halage, mais ces quelques mètres contre le fleuve ne sont pas facilement cédés, les agriculteurs considèrent que c’est une intrusion dans leurs terres. De nombreuses bagarres opposent les propriétaires et les tireurs. Si le lit de la Garonne a bougé, les pieux qui délimitent les champs riverains dont des dangers pour les jambes, les arbres s’affaissent vers le fleuve et obligent les hommes à entrer dans l’eau pour contourner l’obstacle tout en continuant à tirer. Il faut prendre garde à ne pas se laisser entraîner par l’embarcation dans le fleuve. Si le bateau rencontre le moindre courant, les hommes partent à l’eau. Si l’équipe tire trop fort, l’embarcation peut venir s’échouer sur la berge, risquant d’écraser ses tireurs. Métier de galérien, métier d’une autre époque, d’un monde heureusement engloutit ! Du moins ceux que les hommes n’ont pu domestiquer. En France seuls le Rhône et la Seine se prêtent relativement bien au transit des barques. Le caractère de la Loire et la Garonne est différent. Ils ne se sont jamais laissé dompter.

Bretagne d'autrefois...

Écrit par Super User. Publié dans Sur & sous l'eau.

Nantes, la Venise de l'Ouest.           Cliché de 1890 environ.

L'eau douce, l'eau saumâtre, l'eau salée ont écrit le destin de Nantes. A la confluence de l'Edre et de la Loire, le territoire communal sillonné de canaux et de ruisseaux pour la plupart couverts, détournés ou assèchés, Nantes a saisi cette profusion de l'élément liquide pour assoir son rayonnement sur la façade atlantique. Sur le cliché une puissante locomotive pénètre jusqu'au coeur de la cité nantaise, enjambant un pont, aujourd'hui disparu. L'Edre se jette dans le fleuve des rois, la Loire, qui s'écoule non loin de ce lieu

Dinard la Cale en 1895. Les taxis hippomobiles proposent leurs services aux passagers débarquant du bateau-vapeur en proveneance de la cité de Saint Malo que l'on aperçoit au loin. 

        Le Mont Saint Michel vers 1910. L'élégance, la puissance et la grâce du Mont Saint Michel est une source inépuisable d'inspiration pour les artistes ! 

 Saint Malo, fille de l'océan vers 1900. L'aspect de St Malo fondé au VIIIème siècle, avec sa citadelle, la flèche effilée de sa cathédrale, ses hautes maisons de granit et son port  défendu par des remparts forment une ville à l'architecture unique au monde où il fait bon de flâner ! 

Morgat, ancien petit village de pêcheurs dans la baie de Douarnenez est devenu port sardinier, puis thonier important dans les années 1960-1970 avant  que les ressources, sardines puis thons, s'effrondrent. Dès lors Morgat la bretonne s'est transformée peu à peu en coquette station balnéaire. Photo de 1900. 

 

Offrandes et injures sur l’eau.

Écrit par Super User. Publié dans Sur & sous l'eau.

           Il n’y a que les très vieux livres pour garder en mémoire les mythologies, tantôt bienfaisantes, tantôt malveillantes, pour raconter les pratiques ancestrales qu’entretenaient sur tous les continents les hommes avec les poissons d’eau salée, saumâtre ou douce.

Au Sénégal, les pêcheurs ont des divinités différentes en eau douce et en eau salée. A celles qui règnent en mer, il faut du kola blanc au lait, tandis que le kola blanc sucré est réservé aux dieux du fleuve. La déesse Méru du lac Tanganika (situé à la frontière de la Tanzanie et du Congo, long de 667 km, large de 72 km, il contient 18% du volume d'eau douce de la planète) protège les pêcheurs qui rejettent à l’eau, pour elle, le plus beau poisson, de même qu’une divinité aquatique slave du nom de Curch. Certains aborigènes australiens se coupaient un doigt pour plaire aux divinités des eaux. D’autres comme les Indiens d’Océanie se saignaient pour faire absorber à la mer un peu de leur sang. Au Maroc, à des endroits on répandait sur le rivage le sang d’un bouc et au large du fleuve Casamance, au Sénégal, la saison de pêche s’ouvre toujours par un rassemblement de barques en haute mer. Chaque fois, que la flottille revient, ils déclarent avec le plus grand sérieux que trois matelots ont disparus…

Mais gâter les dieux ne suffit pas. Il faut aussi de temps à autre battre froid, pour les tirer en quelque sorte de leur léthargie. Dans le nord sibérien, les pêcheurs qui reviennent d’une mauvaise pêche, s’en prennent à un dieu qu’ils appellent le Vieux d’Obi. Ils pendent sa statuette et la flagellent avec force d’injures. Plus prévoyants, les Congolais donnent une raclée à leur fétiche avant la pêche. Il se trouve du côté de Tréboul, des pêcheurs bretons qui se vengent sur une statue de saint Pierre d’être rentrés avec des filets vides. Et ce avec la pieuse complicité de leurs femmes. Plus poétiques, les femmes des pêcheurs néo-calédoniens s’adressent au dieu des poissons en chantant les anciens exploits de leurs maris.

Nous avons vu comment les enfants et les vierges de Malaisie apaisent les vagues avec des fleurs. Dans d’autres contrées les gens de la mer n’ont pas besoin d’intermédiaires et s’adressent aux poissons eux-mêmes directement. L’Esquimau qui va chasser la baleine porte une amulette représentant ce cétacé. Chez certaines tribus d’Afrique et d’Océanie qui pêchent les migrateurs périodiques, on jette dans les flots des images de ces poissons au cas où ceux-ci tardent à venir. Et les baleiniers du Kamtchatka (Extrême-Orient russe) promènent une statue de cette bête en procession et l’immergent avant de partir en campagne. Au Cambodge, si le poisson ne mord pas, un des pêcheurs se jette à l’eau et, pour donner l’exemple, remonte en criant : je suis pris, je suis pris. Chez les Indiens de la Colombie britannique comme chez les pêcheurs écossais, l’exécution de ce simulacre était confiée à un jeune garçon.

Sur le fleuve Yukon, les Indiens Tm’a ouvraient leur saison de pêche aux saumons en envoyant un des leurs en éclaireur sous l’eau glacée. Quand aux fêtes et aux cérémonies diverses en l’honneur du poisson, on les rencontre encore un peu partout : incantations, danses rituelles, sorcelleries. Si le Vietnamien possède des pagodes de baleines, le Sénégalais de Guet n’Dar a son marabout et son coucous spécialement préparé qu’un jeune pêcheur jette à la mer tous les cinq ans. Sur la proue de leur canot fait de planches et d’un demi-tronc de gommier, les artisans-pêcheurs des Antilles françaises tracent des noms tels que « S’il plaît à Dieu, Ainsi soit-il ou Deo Gratias ». Mais non content de mettre leur esquif sous la protection divine, ils ne dédaignent pas, en partant pour la pêche de suspendre en plus à leur cou un « grigri » porte-bonheur.

On peut constater que, à travers le monde, la diversité des us et coutumes du milieu marin alloue une infinie diversité, un patrimoine culturel que l’on doit préserver impérativement !