Au fil de l'eau

Les chemins de l'eau.

Écrit par Super User. Publié dans Au fil de l'eau.

Par monts, par rivières et par mer ! 

Mer Méditerranée berceau de l'humanité, précieuses lagunes littorales, Pyrénées paradis des lacs naturels et artificiels, un formidable dédale de rivières, torrents et canaux, autant de richesses aquatiques en Catalunya, en Languedoc ou en Roussillon. Sur ce territoire, l'eau  est omniprésente sous toutes ses formes. Une inépuisable source de randonnées, de balades familiales, en solitaire, à pied, en raquettes, à vélo, à cheval, en barque, en canoë-kayak, en rafting ou avec tuba et palmes... en compagnie de l'eau. 

Puissent-ils, ces textes et clichés, vous inspirer pour la prochaine escapade ! 

 

Randonnée : Canal royal de Corbère. 

A Rodés, pittoresque petit village médiéval situé aux portes du Conflent dans le département des Pyrénées Orientales, parcourir le canal royal de Corbère, dont le vrai nom est le canal royal de Thuir, constitue une agréable promenade pédestre facile, à portée de tous. 

La rue principale parallèle au canal sert de fil d’Ariane. Le canal ruisselle devant les pas de porte des maisons, parfois il est souterrain, parfois il s’écoule rageusement au grand jour. L’accès au parcours balisé s’effectue après la traversée du village. A quelques dizaine de mètres avant le pont sur la Têt, à droite, monter quelques marches d’un escalier en ciment. Là, sous les frondaisons, se trouve le point de départ de la randonnée. Le chemin, plus ou moins étroit longe le canal d’arrosage du « rec de Corbèra ». La marche se poursuit sur 1 kilomètre sur la rive droite, en surplombant la Têt et à travers un agréable sentier en pente douce, quelques rocs affleurent de la terre, un garde-fou métallique sécurise les promeneurs petits et grands. Les flots emprisonnés dans le lit cimenté du « rec » (ruisseau) dévale à grande vitesse, impatients de retrouver la plaine puis la Méditerranée. Le soleil éprouve des difficultés à percer le toit végétal touffu fournissant aux randonneurs une ombre bien agréable à la belle saison. Les gorges de la Guillera, un couloir géologique insolite, où émerge une roche grise lustrée par les eaux bouillonnantes du cours d’eau pyrénéen, au-dessus, collé sur la falaise les bâtiments de l’ancienne carrière suspendus dans le vide jouent les équilibristes. Le pont-aqueduc d’En Labau caressé par un agréable soleil automnal possède de beaux restes malgré des blessures irréversibles. Son audacieuse arche constituée de pierres patinées par le temps rendent l’ouvrage surprenant et sympathique. On peut imaginer dans ce cadre bucolique la beauté juvénile de cette œuvre d’art façonnée par le génie de nos ancêtres. Après le pont-aqueduc une passerelle convie à passer de l’autre côté du canal, conseille de suivre le chemin qui conduit au sommet de la colline de la Collade qui permet ensuite de se diriger vers le château en ruine sur lequel flotte la bannière catalane. Ce piton rocheux culminant à 308 mètres offre une superbe vue du bourg et un panorama extraordinaire sur le massif du Canigou, le barrage de Vinça. Un chemin pentu permet de regagner le bourg.

Les ruelles de Rodés propres et fleuries invitent à la flânerie. Une ballade bucolique et familiale au bord de la fraîcheur d’un canal par une chaude journée de septembre demeure intéressante, Rodés peut se targuer d’avoir fait de son mieux pour garder le cachet bien particulier des villages médiévaux catalans. Dans le village plusieurs parkings sont à la disposition des automobiles.

Difficulté : ce circuit est adapté à des sorties en famille.      Durée du parcours : 1 heure 30.      Dénivelé : 108 m.

Centre d’intérêt sur le territoire communal : le pittoresque village adossé sur la falaise dominé par les vestiges du château médiéval, son église Notre Dame de l’Assomption reconstruite vers 1637, maisons typiques desservies par des ruelles pavées agrémentés d’escaliers fleuris, ermitage Notre Dame de Damanova (942), la chapelle saint Pierre de Belloch (1142), le canal royal de Corbère-Thuir, les vestiges du pont-aqueduc d’en Labau, les ruines du canal sur la rive opposée, la carrière de granit accrochée sur la falaise granitique.