Petits fantômes de l’océan.

Écrit par Super User. Publié dans Junior à la Font Nova.

    Les feux de Saint Elme, qu’autrefois les Anciens appelaient des « étoiles » ont impressionné longtemps les gens de la mer. Ce phénomène physique est un feu météorique lié à l’atmosphère orageuse saturée d’électricité qui apparaît au sommet des mâts des navires, parfois pendant la tempête, le plus souvent après. Selon la densité des charges électriques, les couleurs principales sont le vert, le bleu et le violet. Ils étaient regardés comme un signe de protection surnaturelle. Pendant la traversée des Argonautes ces feux étaient descendus  sur le front des Dioscures, les jumeaux Castor et Pollux, protecteurs des marins, tandis que s’apaisait la tempête. Si, par malheur, le feu était unique, on y voyait l’intervention d’Hélène, la plus belle femme du monde de l’époque, responsable de la guerre de Troie, sœur de Castor et Pollux et le présage devenait néfaste.

Il y a fort longtemps, saint Elme habitait une grotte du détroit de Messine. Une nuit, saint Christophe remit au sage ermite une lanterne avec la charge de l’allumer les soirs de tempête, afin de guider les navires en perdition.Les feux devinrent ainsi, aux temps chrétiens, les feux de saint Elme. Mais peut-être le nom de cet ermite provient-il tout simplement d’une déformation de la moins recommandable Hélène. Le phénomène météorologique des feux saint Elme, très impressionnants en mer, peut, lorsqu’il apparaît au-dessus de la tête d’un marin, annoncer sa mort prochaine. Selon d’autres croyances, il s’agit au contraire du signe bénéfique de la protection de la Vierge. Le feu saint Elme est alors connu sous le nom de Stella Maris. Les feux apparaissent souvent alors que la tempête est passée; les feux annoncent donc le beau temps ! Cette « étoile » est dangereuse quand il n’en tombe qu’une mais s’il en vient au moins deux c’est un signe protecteur !

Bébé requin sans papa.

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Des scientifiques ont résolu une énigme récemment. Ils ont découvert que la femelle du requin marteau peut mettre au monde un bébé sans avoir eu de contact avec aucun mâle. Pour l’instant, une telle naissance n’a eu lieu que dans un aquarium, il y a 5 ans, aux Etats-Unis. Il était occupé par 3 femelles requins marteaux, ainsi qu’un requin léopard et une raie. Après plusieurs tests génétiques, il a fallu se rendre à l’évidence : la fécondation virginale, qui ne survient que très rarement chez certaines espèces d’oiseaux, amphibiens, reptiles ou poissons, a bien eu lieu chez le requin marteau. Un phénomène inquiétant pour la survie de l’espèce, menacée par la surpêche. La diminution de la population des requins risque d’entraîner des grossesses sans accouchement, parce que les femelles auront de plus en plus de mal à trouver un mâle. Or, ce type de reproduction excelle réduisant la diversité génétique. Les requins auront donc plus de difficultés à s’adapter aux nouvelles conditions environnementales et seront davantage sujets aux maladies.

Erik le Rouge.

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            Interdit de séjour en Norvège et en Islande pour avoir assassiné un de ses voisins, Erik le Rouge parti vers l’Ouest, contourna la côte, et s’y établit. Découvreur du Groenland, il doit être considéré comme le premier des agents publicitaires : s’il réussit une telle migration c’est parce qu’il avait baptisé la terre de montagnes couvertes de neige et de glaciers le Groenland, la « Terre Verte », pour qu’un aussi joli nom y attire beaucoup de colons. C’est au cours d’un voyage Islande-Groenland qu’en l’an 1 000 son fils Leif, emporté par une violente tempête du nord-est, vit apparaître devant ses yeux une côte basse boisée de sapins : la côte du Labrador, découvrant ainsi l’Amérique 500 ans avant Christophe Colomb.

Le goéland.

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            Le goéland leucophée (Larus cachinnans) diurne et grégaire, pratiquement sédentaire sur le Golfe du Lion, est en constante extension démographique sur le littoral méditerranéen. En Languedoc, en Roussillon et en Catalunya, c’est un fidèle qui aime rôder autour des chalutiers, des stands de vente de poisson ou près des étangs littoraux mais qui depuis quelques années n’hésite pas remonter les cours d’eau très loin à l’intérieur des terres.

Aux ailes larges et longues, d’une envergure de 1,5 m environ, c’est un oiseau massif, au gros bec anguleux couleur jaune vif, marqué de rouge à la mandibule inférieure, aux pattes palmées, à l’œil jaune, ourlé de rouge vif. Il se nourrit de poissons et de crustacés, bien qu’il ne dédaigne pas les insectes et les végétaux, voire le pain et les détritus urbains ou dans les décharges publiques qu’il fréquente assidûment depuis quelques décennies. La femelle pond une fois par an à même le sol, dans un creux capitonné d’herbes sèches, trois œufs qui incuberont environ 25 jours.

A la queue leu leu.

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                    Chaque année au cours de l’automne, les langoustes à épines migrent des eaux côtières vers le large pour échapper aux tempêtes et aux tornades. D’ordinaire solitaires, elles se rassemblent soudain par centaines et marchent en file indienne dans la mer des Caraïbes sur plusieurs dizaines de kilomètres. Pour ne pas se perdre en chemin, elles se tiennent les unes aux autres en posant leurs antennes sur le dos de la précédente. Elles défilent ainsi pendant plusieurs jours, guidées par leur boussole intérieure, jusqu’à atteindre les grosses profondeurs. A la belle saison, elles font le trajet en sens inverse. Comment savoir à l’avance qu’il est temps de partir ? C’est encore un mystère !