Riche comme la mer…

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

            Dans les abîmes des océans, généralement à plus de 4 000 mètres de fond, les chercheurs océaniques ont découvert du minerai, des champs de nodules sombres. Les analyses effectuées sur ces masses ont révélé la présence de nombreux métaux, principalement du manganèse et du fer, mais aussi nickel, cuivre, cobalt et quelques métaux rares comme le zirconlium. La formation des ces boules métalliques de 5 à 10 cm de diamètre prend plusieurs milliers d’années : les métaux s’accumulent lentement en couches successives autour d’un noyau, petite coquille ou fragment de basalte.

Si les nodules polymétalliques sont présents dans tous les océans et représentent, suivant les estimations, 500 milliards de tonnes de minerai, leur répartition est inégale. Ces concrétions sont regroupées en bassins plus ou moins denses. Le plus grand d’entre eux, localisé dans l’océan Pacifique, au large de Clipperton, couvre une superficie d’environ 9 millions de km2.

        Ces concentrations en minerais au fond des mers intéressent fortement les industriels qui envisagent l’extraction de ces nodules malgré la profondeur des gisements. Mais des études d’impact sur ce milieu si particulier doivent d’abord être menées avec beaucoup de précaution. L’exploitation des richesses des abysses n’est pas envisagée avant quatre ou cinq décennies. Peut-être davantage. 

Colossal garde-manger nourricier pour les humains, extraordinaire gisements d’énergie de gaz et de pétrole, maintenant fantastiques réserves de divers métaux rares, décidément « riche comme la mer » confirme l’emploi de ce mot utilisé par nos ancêtres.

Les bains de mer réchauffent

le corps et lui ôtent les humeurs.

Pline l’Ancien naturaliste et écrivain latin né en 23 après J-C, mort en 79 à Pompéï.

 

Porteur d’eau à Paris

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Dans les grandes villes, il y a bien longtemps, livrer de l’eau à domicile était un métier. Au XVIIIème siècle, on compte sur Paris environ 20 000 porteurs d’eau. Il existait trois catégories de porteurs : celui dont un gros tonneau attelé et tiré par un cheval, celui qui déplace lui-même le tonneau monté sur deux roues et le porteur à sangle ou à dos d'homme, moyen le plus éreintant. Chaque porteur a un numéro d’ordre délivré par la Préfecture de police et il paie à la ville un droit par hectolitre. Ils s’approvisionnent tous les jours aux fontaines publiques. Certains ont une clientèle d’abonnés, d’autres déambulent dans les rues en clamant « de l’eau, de l’eau ». Les habitants qui n’ont pas les moyens financiers s’approvisionnent gratuitement à la fontaine publique. D’autres encore s’alimentent au puits collectif situé dans la cour dont l’eau est réservée aux résidents de l’immeuble. Le prix de la ressource et la livraison à domicile du porteur d’eau est fixé en fonction de l’étage de l’immeuble et du déplacement. Il est régi suivant les règles de n’importe quel commerce de l’époque.

            A la veille de la Révolution, on se plaint de la cherté de l’eau à Paris où l’on jalouse les habitants de Londres (Angleterre) alimentés par des pompes à eau aspirantes-refoulantes surpuissantes qui puisent l’eau de la Tamise. Il faudra attendre encore de longues années pour que la capitale française soit entièrement approvisionnée en eau potable au robinet. Le métier de porteur d’eau survécu jusqu’au début du XXème siècle.

Porteur deau nà Paris

Le balancier sur les épaules, le porteur d'eau ravitaille les habitants d'un immeuble à Paris. Photo de 1900 environ. 

La mer à boire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

           Si, de l’océan, on enlève le sel, il reste de l’eau, mais la nuance est énorme : de l’eau douce. Comparé au pétrole, l’eau douce n’a pas de valeur dans nos pays tempérés où le régime des pluies est suffisant pour gonfler nos cours d’eau, ravitailler nos lacs et reconstituer les nappes phréatiques que nous pouvons capter. Pourtant, l’utilisation intensive que nous en faisons commence à créer dans les pays les plus développés quelques problèmes d’approvisionnement. Aux Etats-Unis, par exemple, la consommation d’eau, qui ne dépassait pas 20 millions de mètres cubes par jour vers 1900, a doublé en l’an 2000, 100 ans plus tard. C’est simplement énorme !

Actuellement, partout sur notre planète, la situation s’aggrave avec le changement climatique. Toute la côte Ouest, de San Francisco à Los Angeles, est impactée par le manque d’eau, une situation nouvelle et dramatique. Après avoir gaspillé sans retenue la ressource pendant des années, le temps du rationnellement et des vaches maigres s’impose pour l’agriculture. Il y a encore quelques décennies, l’une des solutions envisagées consistait à remorquer d’énormes icebergs jusqu’au voisinage immédiat des grandes agglomérations et utiliser l’eau de la fonte. Ce projet n’était pas impossible puisque depuis plusieurs années de puissants remorqueurs travaillaient déjà dans l’océan Arctique pour ceinturer les icebergs dont la route dérivante menaçait les navires de commerce et les plateformes de forage pétrolier en activité.

Le problème de l’eau est encore plus crucial dans les pays arides, ceux aux sources d’eau douce inexistantes. Pour ceux qui bordent l’océan, le dessalement de l’eau de mer fournit une solution car entretemps le besoin vital d’eau douce de certaines régions du monde ont accéléré la recherche des techniques nouvelles et diverses de dessalement notamment la filtration par osmose inverse, des membranes performantes qui finalement s’avèrent les plus fiables.

Il n’existe pas de système parfait et cette option possède aussi des désavantages. D’abord écologique : les rejets massifs des saumures (concentration au double de la salinité naturelle) en mer inquiète l’ONU. Ensuite la construction d’une usine de désalinisation et le fonctionnement complexe  demande beaucoup d'énergie auquel il faut ajouter l’entretien onéreux des membranes (la salinité dégrade inéluctablement tous les matériels) et le  personnel qualifié qui additionnés les uns aux autres augmentent drastiquement les tarifs. Néanmoins, le dessalage à osmose inverse demeure indiscutablement, pour le moment, le procédé le plus fiable et le plus avantageux ! 

Les responsables comme les responsabilités sont partagées

mais se font toujours sur le dos des citoyens-contribuables ! 

Brasil sur Aguas Doces.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Brasil sur Aguas Doces.            Brésil sur eaux douces. 

Pour de multiples raisons, le Brésil m’a toujours fasciné, ne l’avoir jamais visité sera un regret infini. L’écriture, à un modeste niveau, et le rêve me permettent de combler, en partie, cette lacune. On sait partout dans le monde que le Brésil est le pays du football et du carnaval mais peu de gens au monde, y compris les autochtones, savent que ce pays mythique baigne, sur sa plus grande surface, sur l’élément aquatique. Nulle part au monde, le mélange de la terre et de l’eau n’est aussi intime. Mère Nature, la maîtresse des lieux, régente ce trésor exceptionnel, un gigantesque espace reconnu comme le « poumon vert » de la planète et pour être la réserve mondiale de biosphère.

Le Brésil est traversé par un fleuve hors normes, l'Amazone, le deuxième plus long fleuve au monde après le Nil mais le fleuve au  débit le plus puissant au monde qui a donné son nom à l’Amazonie, un vaste territoire de 6 915 000 km2, A son embouchure l’Amazone déverse dans l’océan Atlantique 209 000 m3 d’eau douce par seconde. Le double du Congo, le fleuve africain, son principal concurrent en débit. Simplement phénoménal ! Ce fleuve et ses milliers d’affluents répandent la vie, l’onde s’écoule lentement à travers la plaine par une pente si faible que c’est en réalité la poussée de la masse d’eau en amont qui pousse le flux vers l’océan Atlantique. Dans le ciel survolent les grands « fleuves volant », des flux d’air humides qui naissent au-dessus de la forêt amazonienne et apporte des pluies jusqu’au Rio Grande Do Sul et au nord de l’Argentine. Les précipitations annuelles sont de 8 736 km3 par an. Pendant la saison des pluies l’Amazone et ses affluents inondent une superficie de plusieurs centaines de km2. La plus importante et la plus vaste zone inondable du globe. Elle se remplit pour devenir un marais de la taille de la Grande Bretagne avec un niveau atteignant les 13 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le fleuve et ses affluents, qui sont eux-mêmes des fleuves, sont des autoroutes fluviales empruntées par les navires de commerce et de passagers. Jadis, c’est par ces grandes voies de pénétration que cette terre a été explorée, conquise et exploitée.

La forêt humide de l’Amazonie, dont 42 % se situe au Brésil est la plus grande au monde. Ce grand pays est riche d’un point de vue hydrologique car il possède 12% de l’eau douce qui s’écoule à la surface du monde. Cette abondance ressource désaltère la forêt vierge, le monde végétal d’où s’élancent des arbres géants dont le faîte domine le toit de verdures, sans oublier les nombreux animaux sauvages évoluant dans ce vaste territoire luxuriant. L’or bleu occupe le territoire partout, au plus profond de la forêt, offrant la richesse, la diversité, la nourriture, contribuant à l’explosion de la végétation et à la beauté des paysages, multipliant la création dans tous les domaines. Dans cette région reculée du monde, Dame Nature a repris tous ses droits, elle mène la "samba", impose ces rythmes endiablés, grâce à elle la vie foisonne dans la jungle. Méfiants, les mammifères comme le jaguar, le tamanoir ou encore l’ocelot se camouflent dans la végétation épaisse. Sur les rivières nonchalantes, les hommes doivent s’adapter, vaquent à leurs occupations le long des cours d'eau : les pirogues caressent l’eau, les pêcheurs lancent inlassablement les filets, les dauphins roses s’ébattent, les chasseurs traquent le gibier, les aigrettes blanches rasent les flots, des oiseaux tropicaux au plumage bariolés volent de branche en branche. La forêt bruisse de mille bruits étranges.

Cet index n’est que la partie voyante que l’on peut explorer et visiter. Par ailleurs sous les pieds, il y a la partie invisible; le sous-sol de la forêt, promet aussi, l’opulence. Il contient des richesses naturelles extraordinaires en minerai (fer, cuivre, bauxite, or). Hélas, à toute bonne chose, il y a un revers. Attirés par l’appât du gain, des hordes de colons viennent s’y établir. Le déboisement massif pour dégager des terrains agricoles, la construction de méga- barrages portés par le gouvernement brésilien et les multinationales, le déplacement de milliers de personnes au mode de vie ancestral chassées, la pollution de l’eau par l’utilisation abusive de pesticides et de métaux lourds, la destruction de la biodiversité, la construction de routes à travers la jungle. Selon l’avis de plusieurs scientifiques, l’Amazone est en « transition », cause de l’activité humaine. Initialement puits de carbone, l’Amazonie pourrait bien basculer en émettrice du CO2 et accroître l’effet de serre.

Les forêts ancestrales sont des atouts clés face au réchauffement climatique, les arbres qu’elles contiennent absorbent le CO2 lors du phénomène naturel de photosynthèse. Mais lorsque, ils sont brûlés ou déboisés au profit de l’agriculture, le carbone retourne dans l’atmosphère et ceci à un contre-effet : celui d’accroître l’effet de serre. Les constructions de méga-barrages financées par les capitaux internationaux, les consortiums d’entreprises minières, l’agriculture et l’emploi massif de pesticides, les éleveurs de bétail, les « garimpeiros » (chercheurs d'or), les bûcherons clandestins, les trafiquants de drogues ne peuvent aller sans déforestation, ni de remise en cause du mode de vie traditionnel des Indiens, ni de pollutions qui impactent les eaux, sont des dommages irréversibles. Freiner la frénésie des uns et des autres à piller les mille ressources de la forêt amazonienne devient incontournable. La déforestation de la forêt est sans doute à l’origine de la grande sécheresse de 2005 qui a entraîné une baisse spectaculaire du niveau d’eau de l’Amazone d’une amplitude auparavant jamais vue. Un phénomène grandeur nature qui offre à nous humains, l’opportunité de mesurer la fragilité de cet équilibre écologique.

Tous les explorateurs, aventuriers ou voyageurs qui ont navigués sur ce fleuve sont unanimes, l’Amazone est en réalité un beau et noble fleuve, que l’on ne peut contempler pour la première fois sans une certaine émotion ! 

P-S. J'ai écris ce texte bien avant les incendies qui dévastent actuellement la forêt amazonniene, "poumon vert" de la planète. Je consacrerais un article le mois prochain sur le sujet qui affecte gravement, à l'échelle mondiale la biodiversité, bouleverse le cycle météorologique et accélère le changement climatique.

Hommes-grenouilles de Syracuse.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

             La cité grecque d’Athènes désirait contrôler toute la Méditerranée. Le seul obstacle était Syracuse, riche et puissante cité portuaire de Sicile. Et voilà que les Grecs font voile vers la Sicile avec une armada de guerre. Thucydide, l’historien de service, raconte que l’entrée du port de Syracuse était protégée par des rangées de pieux tranchants piqués dans le fond de la mer. Les pointes acérées des pieux devaient percer les coques des bateaux des assaillants et les couler. Mais comme l’écrit Thucydide, les Athéniens usèrent d’un ingénieux stratagème contre ces défenses. Armés de scies, les soldats-plongeurs sautèrent de leurs bateaux, nagèrent sous l’eau en direction des pieux, et les scièrent à la base. La flotte grecque put alors attaquer et s’emparer de la ville. Thucydide, le « reporter de guerre » s’intéressait bien plus aux lauriers des guerriers grecs qu’à l’histoire de la plongée, ne dit rien de ce qu’étaient les moyens de plongée de ces premiers hommes-grenouilles de l’histoire. Nous ne saurons jamais si les Grecs ont utilisé lors de cette attaque un quelconque appareil de respiration, fût-il primaire, mais tous les spécialistes de la plongée sont d’accord pour affirmer que sans un appareil quelconque pour suppléer au manque d’air, l’opération était vouée à l’échec. La science moderne a donné la réponse. La profondeur qu’atteint un plongeur donne le poids de l’eau qui pèse sur lui, et plus il s’enfonce, plus cette pression augmente. Cela signifie qu’à dix mètres sous l’eau la pression qui s’exerce sur le corps du plongeur est le double de ce qu’elle est en surface ! A la surface de la terre nous pouvons respirer facilement parce que l’air qui nous entoure possède la même pression que celui qui se trouve dans nos poumons. Sous l’eau il en va autrement. Si un homme sous l’eau essayait d’inhaler de l’air à la pression normale, il ne pourrait le faire qu’avec une grande difficulté, parce que son thorax et ses poumons, et même son cœur, seraient comprimés par la pression de l’eau et dès lors ne pourraient fonctionner normalement. Pour qu’un homme puisse respirer sous l’eau, ses poumons doivent absorber un air à la même pression que celle de l’eau qui l’entoure ! Dans les temps anciens ce fait était inconnu.Au milieu du XIVème siècle, le célèbre Léonardo de Vinci réactualise le procédé de la respiration par un long tube, comme le tuba que nous connaissons aujourd’hui. Il renforçait les tubes avec de solides anneaux pour les empêcher de s’écraser, il ne songeait pas que le thorax et les poumons des plongeurs seraient soumis à la même pression.Que d’accidents depuis les premières brassées sous l’eau, que de drames mortels pour évoluer librement dans le milieu aquatique, que de sacrifices pour être heureux, heureux comme un poisson dans l’eau !