Croyances de l’eau de mer.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Dans la médecine antique, l’eau de mer était fréquemment employée ; Pline l’Ancien (né en 23 avant J.C, mort en 79) donne un long inventaire des maladies pour lesquelles elle était recommandée. On administrait de l’eau de mer comme purgatif et pour faire rendre par en bas et par en haut la bile noire et les grumeaux de sang. Tous veulent que l’eau de mer soit puisée au large, et pure de mélange d’aucune substance douce, et que l’on vomisse avant d’en faire usage. Il faut alors y mêler du vinaigre et du vin. Ceux qui conseillent l’eau de mer pure recommandent de manger par-dessus des raiforts avec du vinaigre miellé pour faciliter le vomissement. D’après Pline encore, les médecins sont convaincus que l’eau de mer est appropriée pour résoudre les tumeurs et, qu’une bouillie avec de la farine d’orge, est efficace pour guérir les glandes parotides. On la mêle encore dans les emplâtres, surtout les emplâtres blancs et les cataplasmes. Il n’est rien qu’on lui préfère pour fomenter les testicules tuméfiés, ainsi que les engelures avant l’ulcération. On l’emploie de même pour les affections de la peau, les démangeaisons et le lichen. Elle détruit encore les lentes et les vermines de la tête. Elle ramène à la couleur naturelle les parties livides. On fait chauffer l’eau de mer pour les douleurs de nerfs. On la regarde aussi comme très salutaire pour les piqûres venimeuses.

En Espagne, l’eau de mer était considérée comme excellente pour purger. Aux îles Andaman (océan Indien), on boit de l’eau de mer pour se préserver de la toux. En Ecosse, on se servait très souvent de l’eau de mer comme purgatif, et on la buvait le matin avant le déjeuner. On en buvait le plus possible et on la faisait suivre d’une absorption d’eau ferrugineuse, s’il s’en trouvait dans le voisinage ; à défaut d’eau minérale, on buvait de l’eau de source. Une autre croyance émet que si l’on est mouillé par l’eau de mer, cela n’entraîne pas des conséquences aussi fâcheuses que si c’était de l’eau douce, et l’on ajoute que si l’eau salée était aussi mauvaise que l’autre aucun pêcheur ne pourrait survivre.

En Haute-Bretagne, si on est enrhumé, il faut boire de l’eau de mer le matin et le soir ; après un jour de traitement, on est parfaitement guéri. En vertu de sa salaison, l’eau de mer passe pour jouir de certains privilèges. Sur le littoral breton, il se colporte que l’eau océane assouplit les membres, tandis que l’eau douce les glace. Sur les côtes du Finistère et du Morbihan, on raconte en proverbe que « l’eau de mer n’enrhume pas » et les marins en sont persuadés. Ils sont persuadés que, si elle enrhumait comme l’eau douce, personne ne voudrait mettre un pied dans un bateau où l’on est à chaque instant mouillé. Toujours dans le Finistère, ils assurent qu’il n’est pas rare de voir des hommes fortement enrhumés en quittant la terre, se débarrasser comme par enchantement de cet inconvénient, si quelque paquet de mer vient à « les tremper comme une soupe ».

Dans le pays de Tréguier (Côtes d’Armor), il est d’usage lorsqu’on se purge avec de l’eau de mer, au printemps ou à l’automne, de souffler dessus pour éloigner toute impureté et d’en répandre un peu sur le sol avant de la boire. Cette espèce de libation est aussi observée par ceux qui vont puiser de l’eau à la mer pour d’autres usages. On assure que, pour être efficace, elle doit être prise au moment du reflux. On assure encore que quand il fait froid, si l’on veut être certain de se réchauffer, on n’a qu’à plonger dans la mer.

En Poitou, on croit que l’eau de mer guérit les bronchites anciennes et qu’un verre d’eau prit à jeun fait disparaître le mal de gorge. Les anciens Basques croyaient à l’efficacité des bains de mer pour guérir la folie. Quelles-unes de ses croyances ont subsisté jusqu’à nos jours.

C’était une époque lointaine, une époque où les marées n’étaient jamais noires !

Riche comme la mer…

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

            Dans les abîmes des océans, généralement à plus de 4 000 mètres de fond, les chercheurs océaniques ont découvert du minerai, des champs de nodules sombres. Les analyses effectuées sur ces masses ont révélé la présence de nombreux métaux, principalement du manganèse et du fer, mais aussi nickel, cuivre, cobalt et quelques métaux rares comme le zirconlium. La formation des ces boules métalliques de 5 à 10 cm de diamètre prend plusieurs milliers d’années : les métaux s’accumulent lentement en couches successives autour d’un noyau, petite coquille ou fragment de basalte.

Si les nodules polymétalliques sont présents dans tous les océans et représentent, suivant les estimations, 500 milliards de tonnes de minerai, leur répartition est inégale. Ces concrétions sont regroupées en bassins plus ou moins denses. Le plus grand d’entre eux, localisé dans l’océan Pacifique, au large de Clipperton, couvre une superficie d’environ 9 millions de km2.

        Ces concentrations en minerais au fond des mers intéressent fortement les industriels qui envisagent l’extraction de ces nodules malgré la profondeur des gisements. Mais des études d’impact sur ce milieu si particulier doivent d’abord être menées avec beaucoup de précaution. L’exploitation des richesses des abysses n’est pas envisagée avant quatre ou cinq décennies. Peut-être davantage. 

Colossal garde-manger nourricier pour les humains, extraordinaire gisements d’énergie de gaz et de pétrole, maintenant fantastiques réserves de divers métaux rares, décidément « riche comme la mer » confirme l’emploi de ce mot utilisé par nos ancêtres.

Les bains de mer réchauffent

le corps et lui ôtent les humeurs.

Pline l’Ancien naturaliste et écrivain latin né en 23 après J-C, mort en 79 à Pompéï.

 

Porteur d’eau à Paris

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Dans les grandes villes, il y a bien longtemps, livrer de l’eau à domicile était un métier. Au XVIIIème siècle, on compte sur Paris environ 20 000 porteurs d’eau. Il existait trois catégories de porteurs : celui dont un gros tonneau attelé et tiré par un cheval, celui qui déplace lui-même le tonneau monté sur deux roues et le porteur à sangle ou à dos d'homme, moyen le plus éreintant. Chaque porteur a un numéro d’ordre délivré par la Préfecture de police et il paie à la ville un droit par hectolitre. Ils s’approvisionnent tous les jours aux fontaines publiques. Certains ont une clientèle d’abonnés, d’autres déambulent dans les rues en clamant « de l’eau, de l’eau ». Les habitants qui n’ont pas les moyens financiers s’approvisionnent gratuitement à la fontaine publique. D’autres encore s’alimentent au puits collectif situé dans la cour dont l’eau est réservée aux résidents de l’immeuble. Le prix de la ressource et la livraison à domicile du porteur d’eau est fixé en fonction de l’étage de l’immeuble et du déplacement. Il est régi suivant les règles de n’importe quel commerce de l’époque.

            A la veille de la Révolution, on se plaint de la cherté de l’eau à Paris où l’on jalouse les habitants de Londres (Angleterre) alimentés par des pompes à eau aspirantes-refoulantes surpuissantes qui puisent l’eau de la Tamise. Il faudra attendre encore de longues années pour que la capitale française soit entièrement approvisionnée en eau potable au robinet. Le métier de porteur d’eau survécu jusqu’au début du XXème siècle.

Porteur deau nà Paris

Le balancier sur les épaules, le porteur d'eau ravitaille les habitants d'un immeuble à Paris. Photo de 1900 environ. 

La mer à boire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

           Si, de l’océan, on enlève le sel, il reste de l’eau, mais la nuance est énorme : de l’eau douce. Comparé au pétrole, l’eau douce n’a pas de valeur dans nos pays tempérés où le régime des pluies est suffisant pour gonfler nos cours d’eau, ravitailler nos lacs et reconstituer les nappes phréatiques que nous pouvons capter. Pourtant, l’utilisation intensive que nous en faisons commence à créer dans les pays les plus développés quelques problèmes d’approvisionnement. Aux Etats-Unis, par exemple, la consommation d’eau, qui ne dépassait pas 20 millions de mètres cubes par jour vers 1900, a doublé en l’an 2000, 100 ans plus tard. C’est simplement énorme !

Actuellement, partout sur notre planète, la situation s’aggrave avec le changement climatique. Toute la côte Ouest, de San Francisco à Los Angeles, est impactée par le manque d’eau, une situation nouvelle et dramatique. Après avoir gaspillé sans retenue la ressource pendant des années, le temps du rationnellement et des vaches maigres s’impose pour l’agriculture. Il y a encore quelques décennies, l’une des solutions envisagées consistait à remorquer d’énormes icebergs jusqu’au voisinage immédiat des grandes agglomérations et utiliser l’eau de la fonte. Ce projet n’était pas impossible puisque depuis plusieurs années de puissants remorqueurs travaillaient déjà dans l’océan Arctique pour ceinturer les icebergs dont la route dérivante menaçait les navires de commerce et les plateformes de forage pétrolier en activité.

Le problème de l’eau est encore plus crucial dans les pays arides, ceux aux sources d’eau douce inexistantes. Pour ceux qui bordent l’océan, le dessalement de l’eau de mer fournit une solution car entretemps le besoin vital d’eau douce de certaines régions du monde ont accéléré la recherche des techniques nouvelles et diverses de dessalement notamment la filtration par osmose inverse, des membranes performantes qui finalement s’avèrent les plus fiables.

Il n’existe pas de système parfait et cette option possède aussi des désavantages. D’abord écologique : les rejets massifs des saumures (concentration au double de la salinité naturelle) en mer inquiète l’ONU. Ensuite la construction d’une usine de désalinisation et le fonctionnement complexe  demande beaucoup d'énergie auquel il faut ajouter l’entretien onéreux des membranes (la salinité dégrade inéluctablement tous les matériels) et le  personnel qualifié qui additionnés les uns aux autres augmentent drastiquement les tarifs. Néanmoins, le dessalage à osmose inverse demeure indiscutablement, pour le moment, le procédé le plus fiable et le plus avantageux ! 

Les responsables comme les responsabilités sont partagées

mais se font toujours sur le dos des citoyens-contribuables ! 

Brasil sur Aguas Doces.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Brasil sur Aguas Doces.            Brésil sur eaux douces. 

Pour de multiples raisons, le Brésil m’a toujours fasciné, ne l’avoir jamais visité sera un regret infini. L’écriture, à un modeste niveau, et le rêve me permettent de combler, en partie, cette lacune. On sait partout dans le monde que le Brésil est le pays du football et du carnaval mais peu de gens au monde, y compris les autochtones, savent que ce pays mythique baigne, sur sa plus grande surface, sur l’élément aquatique. Nulle part au monde, le mélange de la terre et de l’eau n’est aussi intime. Mère Nature, la maîtresse des lieux, régente ce trésor exceptionnel, un gigantesque espace reconnu comme le « poumon vert » de la planète et pour être la réserve mondiale de biosphère.

Le Brésil est traversé par un fleuve hors normes, l'Amazone, le deuxième plus long fleuve au monde après le Nil mais le fleuve au  débit le plus puissant au monde qui a donné son nom à l’Amazonie, un vaste territoire de 6 915 000 km2, A son embouchure l’Amazone déverse dans l’océan Atlantique 209 000 m3 d’eau douce par seconde. Le double du Congo, le fleuve africain, son principal concurrent en débit. Simplement phénoménal ! Ce fleuve et ses milliers d’affluents répandent la vie, l’onde s’écoule lentement à travers la plaine par une pente si faible que c’est en réalité la poussée de la masse d’eau en amont qui pousse le flux vers l’océan Atlantique. Dans le ciel survolent les grands « fleuves volant », des flux d’air humides qui naissent au-dessus de la forêt amazonienne et apporte des pluies jusqu’au Rio Grande Do Sul et au nord de l’Argentine. Les précipitations annuelles sont de 8 736 km3 par an. Pendant la saison des pluies l’Amazone et ses affluents inondent une superficie de plusieurs centaines de km2. La plus importante et la plus vaste zone inondable du globe. Elle se remplit pour devenir un marais de la taille de la Grande Bretagne avec un niveau atteignant les 13 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le fleuve et ses affluents, qui sont eux-mêmes des fleuves, sont des autoroutes fluviales empruntées par les navires de commerce et de passagers. Jadis, c’est par ces grandes voies de pénétration que cette terre a été explorée, conquise et exploitée.

La forêt humide de l’Amazonie, dont 42 % se situe au Brésil est la plus grande au monde. Ce grand pays est riche d’un point de vue hydrologique car il possède 12% de l’eau douce qui s’écoule à la surface du monde. Cette abondance ressource désaltère la forêt vierge, le monde végétal d’où s’élancent des arbres géants dont le faîte domine le toit de verdures, sans oublier les nombreux animaux sauvages évoluant dans ce vaste territoire luxuriant. L’or bleu occupe le territoire partout, au plus profond de la forêt, offrant la richesse, la diversité, la nourriture, contribuant à l’explosion de la végétation et à la beauté des paysages, multipliant la création dans tous les domaines. Dans cette région reculée du monde, Dame Nature a repris tous ses droits, elle mène la "samba", impose ces rythmes endiablés, grâce à elle la vie foisonne dans la jungle. Méfiants, les mammifères comme le jaguar, le tamanoir ou encore l’ocelot se camouflent dans la végétation épaisse. Sur les rivières nonchalantes, les hommes doivent s’adapter, vaquent à leurs occupations le long des cours d'eau : les pirogues caressent l’eau, les pêcheurs lancent inlassablement les filets, les dauphins roses s’ébattent, les chasseurs traquent le gibier, les aigrettes blanches rasent les flots, des oiseaux tropicaux au plumage bariolés volent de branche en branche. La forêt bruisse de mille bruits étranges.

Cet index n’est que la partie voyante que l’on peut explorer et visiter. Par ailleurs sous les pieds, il y a la partie invisible; le sous-sol de la forêt, promet aussi, l’opulence. Il contient des richesses naturelles extraordinaires en minerai (fer, cuivre, bauxite, or). Hélas, à toute bonne chose, il y a un revers. Attirés par l’appât du gain, des hordes de colons viennent s’y établir. Le déboisement massif pour dégager des terrains agricoles, la construction de méga- barrages portés par le gouvernement brésilien et les multinationales, le déplacement de milliers de personnes au mode de vie ancestral chassées, la pollution de l’eau par l’utilisation abusive de pesticides et de métaux lourds, la destruction de la biodiversité, la construction de routes à travers la jungle. Selon l’avis de plusieurs scientifiques, l’Amazone est en « transition », cause de l’activité humaine. Initialement puits de carbone, l’Amazonie pourrait bien basculer en émettrice du CO2 et accroître l’effet de serre.

Les forêts ancestrales sont des atouts clés face au réchauffement climatique, les arbres qu’elles contiennent absorbent le CO2 lors du phénomène naturel de photosynthèse. Mais lorsque, ils sont brûlés ou déboisés au profit de l’agriculture, le carbone retourne dans l’atmosphère et ceci à un contre-effet : celui d’accroître l’effet de serre. Les constructions de méga-barrages financées par les capitaux internationaux, les consortiums d’entreprises minières, l’agriculture et l’emploi massif de pesticides, les éleveurs de bétail, les « garimpeiros » (chercheurs d'or), les bûcherons clandestins, les trafiquants de drogues ne peuvent aller sans déforestation, ni de remise en cause du mode de vie traditionnel des Indiens, ni de pollutions qui impactent les eaux, sont des dommages irréversibles. Freiner la frénésie des uns et des autres à piller les mille ressources de la forêt amazonienne devient incontournable. La déforestation de la forêt est sans doute à l’origine de la grande sécheresse de 2005 qui a entraîné une baisse spectaculaire du niveau d’eau de l’Amazone d’une amplitude auparavant jamais vue. Un phénomène grandeur nature qui offre à nous humains, l’opportunité de mesurer la fragilité de cet équilibre écologique.

Tous les explorateurs, aventuriers ou voyageurs qui ont navigués sur ce fleuve sont unanimes, l’Amazone est en réalité un beau et noble fleuve, que l’on ne peut contempler pour la première fois sans une certaine émotion ! 

P-S. J'ai écris ce texte bien avant les incendies qui dévastent actuellement la forêt amazonniene, "poumon vert" de la planète. Je consacrerais un article le mois prochain sur le sujet qui affecte gravement, à l'échelle mondiale la biodiversité, bouleverse le cycle météorologique et accélère le changement climatique.