Marine à voile.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

               Avec le développement de l’artillerie, les batailles changèrent d’aspect car les vaisseaux de guerre furent dotés de canons qui leur permettaient de guerroyer à distance. Et la tactique s’en trouva modifiée, chaque bâtiment s’efforçant d’effectuer des tirs précis tout en esquivant ceux de l’adversaire. La technique la plus courante consistait à viser les mâts du bateau ennemi pour l’immobiliser ou à tirer  en dessous de sa ligne de flottaison pour le couler. Les rames ne suffisant plus à faire avancer des bateaux devenus très lourds à cause du poids des canons, les voiles durent alors être modifiées et agrandies. La stratégie militaire changea : ce n’étaient plus 2 armées qui s’affrontaient, mais toute une escadre qui devait se soumettre à un plan établi à l’avance. Désormais, la guerre sur mer fut dominée, jusqu’à la fin du XIXème siècle, par de grands vaisseaux à voiles armés de plusieurs dizaines de canons, l’abordage n’étant plus qu’une étape ultime et occasionnelle de grands affrontements maritimes dont l’amiral anglais Nelson fut sans conteste l’un des plus brillants stratéges.

     En 1588, l’Angleterre, alors en guerre froide contre l’Espagne, soutenait les Flamands révoltés contre son autorité et encourageait la guerre de course et les actes de piraterie dans l’Atlantique et dans le Pacifique. Aussi, Philippe II décida t-il d’envahir l’Angleterre, et prépara une flotte de 40 000 hommes à laquelle il donna le nom d’Invincible Armada. La flotte réussit à atteindre Calais malgré le harcèlement continuel des Anglais commandés par lord Howars de Effrenheim. Mais une nuit, alors que tout était calme, des brûlots (petits navires remplis de matières inflammables utilisés pour incendier les vaisseaux ennemis) attaquèrent les Espagnols qui furent obligés de se réfugier en haute mer. L’Armada fut alors prise dans une tempête et tomba aux mains des Anglais et Hollandais. Seuls 40 navires purent retourner en Espagne, après avoir fait le tour de l’Ecosse. Ce fut un coup mortel pour le prestige de l’Espagne et de sa suprématie sur mer. Sa marine fut totalement discréditée et devint incapable de protéger ses liaisons commerciales avec les Indes Occidentales, laissant ainsi le champ libre aux corsaires et aux pirates. D’autres homériques batailles sur l’eau eurent lieu. Une prochaine fois sera l’occasion de raconter les combats de différents pays afin de s’accaparer la maitrise des mers.

La Calypso du Commandant Cousteau.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

        

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La Calypso du Commandant Cousteau entreprend sa première expédition en Mer Rouge en décembre 1951. 

     La Calypso est un ancien dragueur de mines construit au Etats-Unis en 1942 pour le compte des Anglais et racheté à Malte par le commandant Yves Cousteau grâce à la générosité d’un mécène anglais, Loël Guinness.  Long de 43 mètres, large de 7,15 mètres, ce bateau de 329 tonneaux est d’une constitution robuste : double coque en bois, double bordé, membrures rapprochées. Un bâtiment très maniable avec un faible tirant d’eau, très à l’aise dans des espaces réduits. Ses moteurs et ses 2 hélices lui donnent une vitesse de 10,5 nœuds. Une trentaine de personnes peuvent vivre à bord mais s’y trouvent plutôt à l’étroit en raison du matériel considérable qu’exige l’exploration scientifique des profondeurs. 

D’importantes modifications ont été apportées à l’ancien dragueur de mines. Un faux-nez a été placé à l’avant de l’étrave : c’est un puits qui descend à 2,50 mètres sous la flottaison et qui grâce à 5 hublots, permet d’observer et de filmer ce qui se passe dans l’eau, même pendant la marche du navire. Une mâture double, formant un portique, a été édifiée le plus à l’avant possible. Elle constitue une véritable passerelle supérieure qui supporte le radar et offre un poste d’observation qui rend les plus grands services. C’est de ce portique qu’il est possible de surveiller les écueils et les passages difficiles. Déjà à cette époque, la Calypso possède un équipement comme n’en dispose aucun navire océanique : une vingtaine de scaphandres autonomes, des "scooteurs" sous-marins, un sous-marin "humide", deux sous-marins miniatures dits "soucoupes plongeantes", deux chalands insubmersibles, plusieurs canots pneumatiques rapides ainsi que le matériel nécessaire aux prises de vues cinématographiques : caméras, projecteurs, lampes, câbles. Et pour compléter ce dispositif, plusieurs laboratoires et aquariums, ont été installés à bord. Grâce à un circuit fermé de télévision il est possible de suivre du poste central tout ce qui se passe à bord et dans l’eau. Un téléphone à ultra-sons assure les communications entre les sous-marins miniatures, les plongeurs et la Calypso. Des magnétophones, des hydrophones enregistrent les sons émis par les animaux marins. Enfin en plus de tous les moyens modernes d’aide à la navigation, la Calypso est dotée d’un sondeur spécial pour les grands fonds.

Les périples de la Calypso ne sont sponsorisés par aucune subvention publique ou privée. Seul, le Musée de Monaco lui apporte son appui scientifique. La Calypso est gérée par une fondation créée par le Commandant  Cousteau en 1950, « Les Campagnes Océaniques Françaises », cet organisme n’est alimenté financièrement que par les droits d’auteur de l’homme au béret rouge, les droits de télévision, des redevances industrielles et des contrats de recherches.

La Calypso a fait son expédition inaugurale en 1951 en mer Rouge. Puis au large de Marseille, au Grand Congloué, elle a participé à une fouille archéologique sur un navire romain du IIIème siècle avant J-C. elle a sillonné l’océan Indien, l’Atlantique jusqu’aux Antilles pour tourner des films, notamment "Le monde du silence" qui fut un succès mondial. Ensuite elle effectue des travaux scientifiques : la photographie de plusieurs fosses océaniques avec la collaboration du célèbre professeur américain Harold Edgerton. Au cours de son dernier grand déplacement (1967-1971) la Calypso a parcouru 140 000 milles nautiques à travers la Méditerranée, la mer Rouge, les océans Indien, Atlantique, Pacifique, prolongeant dans le Grand Nord jusqu’au détroit de Béring. C’est au cours de cette longue tournée qu’ont été tournés 24 films pour les télévisions mondiales.

Après un séjour à Marseille, entrecoupé par le tournage de différents films en Méditerranée, la Calypso est repartie le 29 septembre 1972 pour une nouvelle expédition de longue durée en Antarctique dont le but était d’étudier les effets de la chasse et la pêche abusive et les pollutions chimiques auxquelles sont confrontés les animaux à sang chaud les plus vulnérables : baleines bleues, rorquals, baleines à bosse, baleines franches, orques, phoques, manchots, albatros. La Calypso effectue des étapes plus ou moins longues en Argentine, en Patagonie, sur les iles Falkland, la Terre de Feu avant d’aller explorer l’Antarctique. Pour cette campagne, la Calypso a reçu un équipement exceptionnel. Elle dispose d’un hélicoptère démontable qui se loge dans la cale, et une plateforme spéciale a été aménagée à cet effet sur l’étrave du navire. Elle a également à son bord un ballon à air chaud, des équipements spéciaux pour les plongées dans l’eau glacée, de nouvelles caméras, de nouveaux éclairages, etc…

Offrandes et injures.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

                Il n’y a que les très vieux livres pour garder en mémoire les mythologies, tantôt bienfaisantes, tantôt malveillantes, pour raconter les pratiques ancestrales qu’entretenaient sur tous les continents les hommes avec les poissons d’eau salée, saumâtre ou douce.

Au Sénégal, les pêcheurs ont des divinités différentes en eau douce et en eau salée. A celles qui règnent en mer, il faut du kola blanc au lait, tandis que le kola blanc sucré est réservé aux dieux du fleuve. La déesse Méru du lac Tanganyika (Afrique) protège les pêcheurs qui rejettent à l’eau, pour elle, le plus beau poisson, de même qu’une divinité aquatique slave du nom de Curch. Certains aborigènes australiens se coupaient un doigt pour plaire aux divinités des eaux. D’autres comme les Indiens d’Océanie se saignaient pour faire absorber à la mer un peu de leur sang. Au Maroc, à des endroits on répandait sur le rivage le sang d’un bouc et au large du fleuve Casamance, au Sénégal, la saison de pêche s’ouvre toujours par un rassemblement de barques en haute mer. Chaque fois, que la flottille revient, ils déclarent avec le plus grand sérieux que trois matelots ont disparus…Mais gâter les dieux ne suffit pas. Il faut aussi de temps à autre battre froid, pour les tirer en quelque sorte de leur léthargie. Dans le nord sibérien, les pêcheurs qui reviennent d’une mauvaise pêche, s’en prennent à un dieu qu’ils appellent le Vieux d’Obi. Ils pendent sa statuette et la flagellent avec force d’injures. Plus prévoyants, les Congolais donnent une raclée à leur fétiche avant la pêche. Il se trouve du côté de Tréboul, (ancien village de Bretagne rattaché à Douarnenez) des pêcheurs bretons qui se vengent sur une statue de saint Pierre d’être rentrés avec des filets vides. Et ce avec la pieuse complicité de leurs femmes. Plus poétiques, les femmes des pêcheurs néo-calédoniens s’adressent au dieu des poissons en chantant les anciens exploits de leurs maris. Nous avons vu comment les enfants et les vierges de Malaisie apaisent les vagues avec des fleurs. Dans d’autres contrées les gens de la mer n’ont pas besoin d’intermédiaires et s’adressent directement aux poissons eux-mêmes. L’Esquimau qui va chasser la baleine porte une amulette représentant ce cétacé. Chez certaines tribus d’Afrique et d’Océanie qui pêchent les migrateurs périodiques, on jette dans les flots des images de ces poissons au cas où ceux-ci tardent à venir. Et les baleiniers du Kamtchatka (péninsule volcanique en Extrême-Orient) promènent une statue de cette bête en procession et l’immergent avant de partir en campagne. Au Cambodge, si le poisson ne mord pas, un des pêcheurs se jette à l’eau et, pour donner l’exemple, remonte en criant : je suis pris, je suis pris. Chez les Indiens de la Colombie britannique comme chez les pêcheurs écossais, l’exécution de ce simulacre était monnaie courante.

L’insubmersible Titanic.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

        Par ses dimensions et le luxe de ses aménagements intérieurs, on disait de lui qu’il était « le plus grand et le plus beau navire de tous les temps ». Il mesurait 53 mètres de la quille au sommet des cheminées, soit la hauteur d’un immeuble de 12 étages ! Avec 46 300 tonnes de tôles et de membrures en acier, un déplacement de 75 000 tonnes, c’était un véritable « monstre ». Un monstre luxueux, cependant, dont les « suites » de première classe n’avaient rien à envier à leurs équivalents terrestres des grands palaces internationaux : bois rares, cuivres, velours, dorures à foison, et même, des tableaux de maître de grande valeur décoraient élégamment les « cabines ». En outre, la machinerie était constituée par des moteurs qui développaient 55 000 chevaux, puissance colossale pour l’époque qui propulsaient le vaisseau à une vitesse de 24 à 25 nœuds à plein régime ; trois hélices, deux latérales et une centrale lui assuraient une stabilité remarquable dans la houle longue. Mais la caractéristique la plus originale du Titanic, car c’est de lui qu’il s’agit, c’était son système de cloisonnement étanche. L’architecte Carlisle, qui avait conçu tout le plan, l’avait doté de doubles fonds et surtout, il avait divisé la coque en 16 compartiments étanches, délimités par des cloisons d’acier dans le sens de la largeur. Ces cloisons à la fermeture automatique n’étaient curieusement pas assez hautes pour fermer hermétiquement chaque compartiment ! On pensait qu’en cas d’ennuis il serait toujours temps d’intervenir avant que l’eau n’atteigne le haut de la cloison et ne déverse dans le compartiment voisin. Cela n’empêcha pas le constructeur, ni les services de l'assureur Lloyd, de décerner au navire un brevet d’insubmersibilité ! Lors de ce voyage inaugural la confiance était telle qu’un officier de l’équipage crut pouvoir rassurer une passagère à l’embarquement en lui déclarant sans ambages : « Dieu lui-même ne pourrait pas faire couler ce navire » !

Aveuglément persuadés que « rien ne peut arriver » au gigantisme du Titanic, auquel il faut ajouter l’insouciance d’un capitaine et de son équipage qui n’ont tenu aucun compte des messages qui signalaient la présence d’icebergs sur la route maritime que le paquebot devait suivre, sa première sortie officielle fut une horrible tragédie. Près de 1 500 personnes payèrent de leur vie toutes les imprudences !

Croyances de l’eau de mer.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

       Dans la médecine antique, l’eau de mer était fréquemment employée ; Pline l’Ancien (né en 23 avant J.C, mort en 79) donne un long inventaire des maladies pour lesquelles elle était recommandée. On administrait de l’eau de mer comme purgatif et pour faire rendre par en bas et par en haut la bile noire et les grumeaux de sang. Tous veulent que l’eau de mer soit puisée au large, et pure de mélange d’aucune substance douce, et que l’on vomisse avant d’en faire usage. Il faut alors y mêler du vinaigre et du vin. Ceux qui conseillent l’eau de mer pure recommandent de manger par-dessus des raiforts avec du vinaigre miellé pour faciliter le vomissement. D’après Pline encore, les médecins sont convaincus que l’eau de mer est appropriée pour résoudre les tumeurs et, qu’une bouillie avec de la farine d’orge, est efficace pour guérir les glandes parotides. On la mêle encore dans les emplâtres, surtout les emplâtres blancs et les cataplasmes. Il n’est rien qu’on lui préfère pour fomenter les testicules tuméfiés, ainsi que les engelures avant l’ulcération. On l’emploie de même pour les affections de la peau, les démangeaisons et le lichen. Elle détruit encore les lentes et les vermines de la tête. Elle ramène à la couleur naturelle les parties livides. On fait chauffer l’eau de mer pour les douleurs de nerfs. On la regarde aussi comme très salutaire pour les piqûres venimeuses.

En Espagne, l’eau de mer était considérée comme excellente pour purger. Aux îles Andaman (océan Indien), on boit de l’eau de mer pour se préserver de la toux. En Ecosse, on se servait très souvent de l’eau de mer comme purgatif, et on la buvait le matin avant le déjeuner. On en buvait le plus possible et on la faisait suivre d’une absorption d’eau ferrugineuse, s’il s’en trouvait dans le voisinage ; à défaut d’eau minérale, on buvait de l’eau de source. Une autre croyance émet que si l’on est mouillé par l’eau de mer, cela n’entraîne pas des conséquences aussi fâcheuses que si c’était de l’eau douce, et l’on ajoute que si l’eau salée était aussi mauvaise que l’autre aucun pêcheur ne pourrait survivre.

En Haute-Bretagne, si on est enrhumé, il faut boire de l’eau de mer le matin et le soir ; après un jour de traitement, on est parfaitement guéri. En vertu de sa salaison, l’eau de mer passe pour jouir de certains privilèges. Sur le littoral breton, il se colporte que l’eau océane assouplit les membres, tandis que l’eau douce les glace. Sur les côtes du Finistère et du Morbihan, on raconte en proverbe que « l’eau de mer n’enrhume pas » et les marins en sont persuadés. Ils sont persuadés que, si elle enrhumait comme l’eau douce, personne ne voudrait mettre un pied dans un bateau où l’on est à chaque instant mouillé. Toujours dans le Finistère, ils assurent qu’il n’est pas rare de voir des hommes fortement enrhumés en quittant la terre, se débarrasser comme par enchantement de cet inconvénient, si quelque paquet de mer vient à « les tremper comme une soupe ».

Dans le pays de Tréguier (Côtes d’Armor), il est d’usage lorsqu’on se purge avec de l’eau de mer, au printemps ou à l’automne, de souffler dessus pour éloigner toute impureté et d’en répandre un peu sur le sol avant de la boire. Cette espèce de libation est aussi observée par ceux qui vont puiser de l’eau à la mer pour d’autres usages. On assure que, pour être efficace, elle doit être prise au moment du reflux. On assure encore que quand il fait froid, si l’on veut être certain de se réchauffer, on n’a qu’à plonger dans la mer.

En Poitou, on croit que l’eau de mer guérit les bronchites anciennes et qu’un verre d’eau prit à jeun fait disparaître le mal de gorge. Les anciens Basques croyaient à l’efficacité des bains de mer pour guérir la folie. Quelles-unes de ses croyances ont subsisté jusqu’à nos jours.

C’était une époque lointaine, une époque où les marées n’étaient jamais noires !